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Les Héreros sont un peuple africain du groupe linguistique bantou, constitué actuellement d'environ 120 000 personnes. La plupart d'entre eux vivent en Namibie, quelques groupes au Botswana, en Angola, où ils occupent des emplois peu qualifiés d'ouvriers agricoles pour les ruraux, ou de domestiques ou vendeurs de rues pour les citadins.
En 1904, ils furent massivement victimes du premier génocide du XXe siècle, perpétrés par les Allemands dans leur colonie du Sud-ouest africain. Les opérations furent menées par le général Lothar von Trotha, à la suite de la révolte du 12 janvier 1904 et du massacre de 200 colons allemands.
« Chaque Herero trouvé à l'intérieur des frontières allemandes, armé ou non, en possession de bétail ou pas, sera abattu ».
Les Héreros furent massivement déportés dans le désert Omaheke, totalement dépourvus d'eau. Plusieurs dizaines de milliers d'entre eux périrent de soif, et de faim en quelques semaines.
On trouve en germe dans ce massacre tous les éléments constitutifs de ce que furent les génocides du XXe siècle :
Depuis quelques années, le souvenir de ce massacre revient peser sur la conscience allemande : un téléfilm tourné il y a quelques années avait ému l'opinion allemande, alors même que ce massacre est depuis toujours un grand oublié des livres d'histoire, non seulement en Europe, mais aussi en Afrique, bien qu'il fut un des plus grands massacres de l'époque coloniale.
En 2004, centième anniversaire, l'événement refait surface dans la presse allemande et soulève une polémique à propos d'une indemnisation possible due à la Namibie. Enfin le 14 Août 2004 la ministre allemande du Développement et de la coopération, Heidemarie Wieczorek-Zeul, participe en Namibie à la commémoration du massacre de plusieurs milliers de Hereros par des soldats du Reich le 11 août 1904. « La ministre a demandé au peuple Herero de Namibie de pardonner l'Allemagne et a déclaré que les Allemands, acceptaient leur responsabilité morale et historique et la culpabilité des Allemands à cette époque ». Mais l'indemnisation financière n'est toujours pas à l'ordre du jour...
Berliner Zeitung du 13 janvier 2004 : In Namen der Hereros - article de Maritta Tkalec, repris dans le numéro de Courrier International du 12 février 2004.


