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Hisba


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Sommaire

Histoire

Le concept de hisba est absent du Coran et tout aussi inconnu du corpus des hadiths sahihs (i.e. rapportées par les recueils canoniques de hadiths). Les quatre premiers califes abbassides ne la mirent pas en œuvre non plus.

Origine

Au départ, sous le calife Omar, il s'agit d'une institution d'instruction civique, destinée à surveiller le bon déroulement des affaires économiques et commerciales, ainsi que la légalité des contrats. Son premier responsable est une femme, Shifa, compagne de Mahomet, chez laquelle le calife aimait à se reposer. Elle enseignait l'écriture aux femmes.

C'est le calife Al Mansûr (754-775) qui introduisit la loi sur l'apostasie et, par ricochet, la version inquisitoriale de la hisba.

Au début du règne du calife Al-Mahdi (775-785) apparut le premier mutasih (chargé de hisba) dont la mission consistait à traquer les apostats et autres hérétiques pour les tuer. Curieusement, étaient déclarés tels les opposants du calife comme le prouve l'impunité accordée par le calife Haroun al Rashid (786-809) à un hérétique comme Abu al 'Atâhiya tandis qu'il évinçait la puissante famille des Barmécides à l'aide de cette accusation.

On peut donc considérer que dans chacun de ces cas, la hisba s'est révélée un instrument de répression politique sous couvert de crime contre Dieu ou contre le peuple.

Dérive contemporaine

Avec Hassan al Banna, fondateur des Frères Musulmans en Égypte, la hisba se transforma en une police des mœurs ; elle se dota d'une milice et favorisa la délation. Elle fouillait dans la vie privée des gens, contrôlait les pratiques et les observances canoniques. Sous l'influence de Ahmed Rifaat, elle se mit à punir les femmes qui ne s'habillait pas correctement, c'est-à-dire selon un standard défini par eux-mêmes. Ahmed Rifaat fut exclu des Frères Musulmans mais sa façon de penser s'est répandue par la publication de son programme en 50 points [1]

  1. dont toute mixité est exclue,
  2. qui prévoît un contrôle des médias,
  3. qui prétend interdire aux écrivains d'écrire sur des sujets autres que religieux.

Cette dérive de la hisba a connu une notoriété certaine, en atteignant deux intellectuels.

  1. En 2001, l'avocate Nawal al Saadawi, militante féministe, fut traînée devant les tribunaux et son mariage mis en cause sur la base d'une accusation d'apostasie portée par le mufti du Caire. Selon lui, ses propos « la conduisent hors de l'Islam ». Nawal al Sadaawi a 70 ans au moment de l'affaire. Il se rétracte et le procureur de la République accepte de lever les charges qui pèsent contre elle tandis que l'avocat du mufti, qui a engagé les poursuites contre elle au nom de la hisba, continue de porter les accusations devant d'autres tribunaux. Rien ne dit qu'elle ne sera pas condamnée au divorce ou à la prison ou encore qu'elle ne sera pas la cible d'un fanatique lors d'un passage à l'acte.
  2. Nasr Abu Zeid, théologien libéral eut moins de chance. Il se retrouva divorcé et dut s'exiler au Danemark.

Dans son cas, l'université Al Azhar ne se désolidarisa pas des auteurs de l'acte de délation, qui en étaient deux professeurs :

  1. Abd al Sabur Shahine, professeur de linguistique et prédicateur,
  2. Youssef al Badri-Badri, prédicateur et ancien parlementaire.

De manière ironique, Shahine a publié récemment un ouvrage sur La création de l'homme dans le Coran qui lui valut d'être jugé blasphémateur par son confrêre, l'autre shaykh al takfîr. L'activisme de ces 2 professeurs encourage la vindicte populaire et, par conséquent, encourage les assassinats d'intellectuels.

Le cas de ces personnes célèbres ne devrait pas recouvrir de silence celui, plus anonyme du pasteur Mehdi Dibay converti de l'Islam au christianisme en Iran. Condamné à mort, il fut divorcé et privé du droit de s'occuper de ses enfants. La pression internationale lui épargna l'exécution et il fut libéré en 1994. Le 7 juillet 1994, il fut retrouvé assassiné dans la banlieue de Téhéran.

L'acte de délation peut être dressé par n'importe quel délateur, s'érigeant ainsi en shaykh (c'est-à-dire cheikh, c'est-à-dire érudit). Dans le cas de Nasr Abu Zeid, l'université cautionne les actes de violation de la liberté d'expression et de conscience en demandant la censure des œuvres de penseurs, d'intellectuels ou d'artistes.

Comme partout où la hisba s'applique, la loi de la communauté tyranise la liberté individuelle quand elle répand le bruit que Nasr Abu Zeid, Nawal Al Sadaawi, Medhi Dibay ne sont pas des victimes exemplaires mais des paranoïaques.

Parvenu à ce moment de la réflexion, il faut de se demander :

  1. si les occidentaux ne confondent pas charia et hisba ?
  2. si toute loi sur l'apostasie n'est jamais autre chose qu'une arme pour se débarrasser de la dissidence et une muselière à la liberté d'expression sous couvert d'une loi religieuse ? Dans ce cadre de pensée, le peuple mis en branle, inconscient du rôle qu'on lui fait jouer, se rend complice du pouvoir qui l'opprime ?

Voir aussi

al hisba dans le droit musulman

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