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Histoire d'Annecy

Sommaire

La Préhistoire

On trouve des traces de civilisation avec des cités lacustres sur le territoire d'Annecy au bord du Thiou et tout autour du lac. Ces traces montrent que des populations occupaient déjà le site entre 4000 et 900 avant J.-C. Il s'agissait essentiellement de cultivateurs et de pêcheurs.

L'époque gauloise

Les tributs gauloises Allobroges occupèrent très tôt les montagnes et les pré-alpes des pays de Savoie. En 218 av JC, à l'occasion du passage des Alpes par l'armée d'Hannibal, Polybe, puis Tite-Live évoquent le peuple des Allobroges. En 121 av JC, les Allobroges perdent la bataille contre le Consul Fabius Maximus « allobrogique ». Puis, malgré une forte résistance et des rebellions contre les lourds impôts romains, les Allobroges sont définitivement battus par les légions romaines, en 62 av JC, ouvrant leur terres à la colonisation romaine, et le stratégique contrôle du passage nord des Alpes.

L'époque romaine

La première installation des Romains a eu lieu en 50 avant J.-C. dans la plaine des Fins au nord du lac. Ils créent la ville de Boutae à partir d'un camp militaire dont la configuration se confond avec celle actuelle de la place des Romains, à Annecy.
Entre le deuxième et le cinquième siècle, la cité de Boutae regroupe près de 2.000 habitants ce qui était considérable pour l'époque. La cité disposait d'un forum, d'une basilique, de thermes, d'un théâtre, et du plus grand entrepôt de marchandises romain trouvé en Gaule.
La cité occupait une position stratégique au carrefour de trois voies romaines, dont la voie impériale menant au col du Petit Saint-Bernard qui reliait la Gaule et l'Italie. Elle était aussi sur l'axe stratégique permettant de relier Genève avec Lyon et Vienne.
À cette même époque un propriétaire romain du nom d'Annicius avait une villa baptisée Anniciaca, située sur le coteau en contrebas du Mont Veyrier à l'emplacement actuel du chef-lieu d'Annecy-le-Vieux.

Les grandes invasions

L'affaiblissement de l'empire romain voit déferler à travers la Gaule de nombreux peuples barbares. Les nombreuses attaques et incendies, les pillages et les tueries sonnent le glas de la cité romaine de Boutae. La population finit par abandonner la ville pour se réfugier sur les collines voisines.
La villa Anniciaca se fortifie afin de protéger sa population et continue de vivre essentiellement de l'exploitation agricole.

Le Moyen Âge

Il faudra attendre le XIIe siècle pour voir la ville renaître et se développer autour de son château. Un texte de 1107 confirme la naissance d'Annecy-le-Neuf sur les rives du Thiou. La première église Saint-Maurice marque le point de départ du nouveau village. Le château commence aussi à être construit à cette époque.
La cité nouvelle se développe le long du Thiou entre le château et l'église. Elle a alors l'apparence d'un gros bourg avec de nombreuses étables, mais dispose de nombreux atouts : le lac pour la pêche et la navigation, la vaste forêt du Semnoz pour le bois et la chasse, le canal du Thiou avec ses moulins et ses nombreux artisans, la fertile plaine des Fins pour l'agriculture.
En lutte permanente avec les évèques de Genève, les comtes de Genève, finissent par se réfugier à Annecy où ils occupent le manoir de Novel au fond de la plaine des Fins.
Le XIVe siècle est marqué par le long règne du comte Amédée III de 1320 à 1367, dont sa femme, la comtesse Mahaut de Boulogne, donnera naissance au château d'Annecy au dernier des comtes de Genève, qui créera le Grand Schisme d'Occident en devenant l'antipape Clément VII en résidence en Avignon.

Annecy savoyarde

Après le décès de Clément VII en 1394, le comté de Genève est vendu en 1401 au comte de Savoie Amédée VIII.
Ce fut un souverain d'une grande sagesse. Pour se rallier les habitants de son nouveau comté qui ne voyaient pas d'un bon œil leur rattachement à la Maison de Savoie, il créé en 1444 un apanage qu'il confie à un membre de sa famille et lui assure une grande autonomie. L'apanage d'Annecy regroupe les possessions que la Maison de Savoie avait dans le Genevois, le Faucigny et le Beaufortain. Cet apanage durera jusqu'au XVIIe siècle.
Amédée VIII n'hésite pas non plus à aider la ville d'Annecy à se reconstruire après le terrible incendie de 1412 qui la détruisit entièrement et pendant lequel même le château est touché par le feu.
En 1420 le cardinal de Brogny, originaire du comté, fait construire la grande église Saint-Dominique qui deviendra l'église Saint-Maurice actuelle après la Révolution.

Annecy « Rome des Alpes »

L'influence religieuse était très importante à Annecy qui comptait une bonne douzaine de couvents. La moitié de la ville étaient aux mains des ordres religieux qui possédaient non seulement les églises et les couvents mais aussi des ateliers, des moulins et de vastes terres et forêts. Au XVIe siècle, lors du triomphe de la réforme calviniste à Genève les catholiques fidèles se réfugient à Annecy. À partir de 1535, la ville accueille l'évêché et les ordres religieux catholiques. À cette époque, une série de beaux monuments sont construits comme le Logis de Nemours, la cathédrale Saint-Pierre, la Maison Lambert, et le clocher de l'église Notre-Dame de Liesse...

En 1602, François de Sales devient évêque d'Annecy. C'est un enfant du pays qui va marquer de façon durable la ville et toute la région grâce à son prestige intellectuel et spirituel, et va inspirer tout un renouveau religieux et culturel dynamique, connu sous le terme de Contre-Réforme. Annecy devient la « Rome des Alpes ».

La Révolution française

Les idées germes de la Révolution étaient connues et répandues, parmi les bourgeois et les ouvriers d'Annecy, grâce aux nombreux savoyards qui vivaient et travaillaient à Paris, sans oublier les écrits des Genevois Voltaire et Jean-Jacques Rousseau.
L'accueil fait aux troupes françaises a été de prime abord plutôt enthousiaste, car le duc de Savoie avait pris la fuite et les habitants avaient le réel sentiment d'être libérés. Cependant la mobilisation en masse des hommes, la fuite des édiles de la noblesse et du clergé, réfugiés au Piémont, et la politique antireligieuse des représentants de la Révolution, finirent par exaspérer et mener la population à se révolter.
En revanche, durant cette période, les importants marchés de France étaient ouverts, et ainsi de nombreuses fabriques s'installèrent au bord du Thiou, pour profiter de la force hydraulique et du savoir-faire industriel des annéciens.

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