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Histoire de Bruxelles

Sommaire

Création de la ville

C'est au Xe siècle que l'on voit apparaître pour la première fois le nom de Bruxelles, lorsque l'empereur des Romains Othon II confie à Charles de Basse-Lotharingie - descendant de Charlemagne - un fief dans la vallée de la Senne. C'est sur ce cours d'eau, sur l'île Saint-Géry, que Charles fait bâtir une place forte en 977. À l'époque, le lieu est nommé Bruocsela, c'est-à-dire « la demeure sur le marais ». (De nos jours, la Senne, extrêmement polluée par les égouts de la ville, a été engloutie par l'urbanisation et n'est quasiment plus visible.)

Mais un siècle plus tard, l'île Saint-Géry, sans doute trop marécageuse, sera délaissée au profit du flanc sud de la vallée de la Senne, le lieu-dit du Coudenberg (emplacement de l'actuelle Place Royale). C'est à cet emplacement que seront ensuite construits les châteaux qui accueilleront tour à tour le duc Jean Ier duc de Brabant (XIIIe siècle) et ses successeurs, puis les ducs de Bourgogne (XVe siècle) ... jusqu'à la monarchie actuelle.

Débuts industriels

Au début du XIIe siècle, le commerce devient un acteur principal en Europe occidentale. Les centres commerçants deviennent rapidement de puissantes villes, grâce aux rivières et canaux de la région. Gand, Ypres, Anvers et Bruges deviennent les pivots du commerce des textiles de la mer du Nord, entre la France, l'Allemagne, l'Italie et l'Angleterre. Grâce à ses artisans, Bruxelles devient un centre commercial important. Des édifices imposants démontrent sa puissance comme la collégiale Sainte-Gudule, construite en 1225.

Bruxelles, ville brabançonne

Les deux siècles suivants voient Bruxelles s'enrichir. Le commerce se spécialise dans les belles étoffes qu'on exporte vers les marchés de France, d'Italie et d'Angleterre. Bruxelles se développe au sein du duché de Brabant qui, contrairement au comté de Flandre, n'était pas fief du roi de France mais était incorporé à l'Empire germanique depuis 925.

À l'opposé de la situation dans le comté de Flandre qui voit les artisans s'opposer à leur suzerain, le roi de France, et en battre la chevalerie lors de la bataille des éperons d'or (Courtrai, 1302), les relations entre les villes brabançonnes et le suzerain, le duc de Brabant, sont excellentes. Les villes reçoivent rapidement privilèges et libertés et financent librement la politique ducale. L'administration des villes est aux mains des patriciens qui écartent les artisans de la gestion administrative, à quelques exceptions près. Les métiers ne participent au pouvoir qu'à partir de la seconde moitié du XIVe siècle et au XVe siècle.

Au XIVe siècle, la portée de l'autorité du suzerain s'inscrit dans diverses chartes. Ce processus culmine dans la signature de la « joyeuse entrée » en 1356, année où les patriotes bruxellois conduits par Everard t'Serclaes boutèrent l'envahisseur flamand hors de Bruxelles lors de la guerre de succession brabançonne. Ce document organise la division du pouvoir entre le duc et les représentants du peuple, les États du Brabant. Trois classes sociales sont représentées : la noblesse, le clergé et le tiers-état. Le suzerain ne peut déclarer la guerre, conclure des traités, dévaluer la monnaie ou établir des taxes sans l'autorisation des États.

De la période bourguignonne à celle des Habsbourg

En 1430, le duc de Bourgogne, Philippe le Bon, hérite du Brabant. Bruxelles devient alors capitale bourguignonne. Elle s'impose alors comme centre administratif et culturel, célèbre pour l'architecture grandiose de ses églises, son palais et son commerce d'artisanat de luxe. En 1477, Marie de Bourgogne épouse Maximilien d'Autriche. Elle meurt en 1482, laissant son époux et la dynastie des Habsbourg gouverner Bruxelles.

À la mort de Maximilien, sa fille, l'impératrice Marguerite d'Autriche, déplace la capitale à Malines, où elle élève son neveu, le futur empereur Charles Quint.

La domination espagnole

En 1515, Charles Quint devient à 15 ans souverain de Bourgogne et à 16 ans hérite du trône d'Espagne. Cette date marque le début de la domination espagnole sur toute la région. Né à Gand, il considère les Pays-Bas comme sa vraie patrie : il rétablit Bruxelles comme capitale, siège de trois conseils du gouvernement. Bruxelles abrite pour la première fois une cour et émerge rapidement comme la plus puissante ville brabançonne, dépassant ses rivales flamandes Bruges et Anvers. Mais Philippe II succède à Charles Quint en 1555 et apporte une période trouble, marquée par de rudes guerres de religion. Finie la glorieuse époque, bonjour tristesse et décadence. Elle durera près de deux siècles.

La lutte pour l'indépendance

Après plusieurs siècles de domination espagnole, puis autrichienne, la population commence à éprouver un nouveau besoin d'indépendance. Un premier soulèvement, appelé révolution brabançonne aura lieu en 1789 contre l'empereur Joseph II, mais l'indépendance acquise sera de courte durée. Entre 1794 et 1830, la future Belgique est occupée par des puissances étrangères. D'abord par les armées républicaines françaises, puis, après la défaite de Napoléon à Waterloo en 1815, par les Hollandais. Après 1815, Guillaume Ier d'Orange a en effet été nommé roi des Pays-Bas, Belgique incluse. Son style autoritaire engendre le mécontentement. C'est dans la nuit du 24 au 25 août de cette année que les Belges mènent leur révolution. Elle démarre à Bruxelles mais gagne vite les provinces. Le roi de la nouvelle nation indépendante sera Léopold Ier.

Le régime belge

En 1830, Bruxelles devient la capitale de la Belgique indépendante, attirant une nouvelle population administrative tandis que les faubourgs industrialisés connaissent une grande densification démographique. Bruxelles accueillait aussi beaucoup de réfugiés français, et de Wallons, recherchés pour peupler les administrations de ce jeune État où le pouvoir politique était aux mains de la haute bourgeoisie francophone de Wallonie comme de Flandre, alors que la majorité des belges était flamande. Un processus de lente francisation des masses populaires s'y mit en route, le français étant jusqu'alors essentiellement la langue de la Cour et des notables.

De gigantesques travaux confèrent à Bruxelles son statut de capitale : édification des galeries Saint-Hubert (1846), voûtement de la Senne (1865), construction du Palais de Justice (1866-1883) et du Parc du Cinquantenaire (1880). De nouveaux quartiers sont dessinés et font l'objet d'un plan d'urbanisme révolutionnaire. Sous l'impulsion de Victor Horta, de superbes demeures d'Art Nouveau s'érigent au début du XXe siècle. Bruxelles connaît alors un important retentissement culturel.

Le processus de francisation se poursuivant, dès le milieu du vingtième siècle, la majorité des bruxellois (7 communes au départ, 19 actuellement) sont francophones. En réaction à la suprématie francophone dans l'État belge, le mouvement flamand commenca à s'organiser dès le début du XXe siècle.

Un rôle international

À la pointe de l'Europe, Bruxelles est une cité multiculturelle et cosmopolite majoritairement francophone. Comme la majorité de l'Europe, la Belgique passe du boom économique des années 1960 à la récession des années 1970-1980. Durant ces décennies, la place de Bruxelles renforce son rôle de capitale de l'Europe : en 1958, elle devient le siège de la Communauté européenne. L'OTAN s'y installe en 1967.

Une région à part entière

L'histoire de la Belgique dans la dernière moitié du XXe siècle est dominée par l'incessant débat linguistique entre Flamands et Francophones. Entre 1970 et 1994, la Constitution est remaniée, créant un État fédéral à trois régions : la Région flamande, majoritairement néerlandophone, la région wallonne, majoritairement francophone et la Région de Bruxelles-Capitale bilingue, et à trois communautés linguistiques flamande, francaise et germanophone.

Après de longues tractations entre les différentes communautés, Bruxelles reçoit en 1989 les différentes institutions propres à son statut de région. Elle est depuis lors dotée de son propre Parlement et de son propre Gouvernement, ainsi que de diverses institutions régionales spécifiques. La COCOF (Commission Communautaire Française), largement indépendante de la Communauté française de Belgique et dotée du pouvoir décrétal dans les matières dont l'exercice lui a été transféré par la Communauté française ainsi que du pouvoir réglementaire dans les matières restées sous tutelle de ladite Communauté française), la VGC (Vlaamse GemeenschapsCommissie, dépendant étroitement du gouvernement flamand et dotée d'un simple pouvoir réglementaire) et la CCC-GGC (Commission Communautaire Commune-Gemeenschapelijke Gemeenschapscommissie) compétente pour les matières personnalisables qui ne peuvent être directement rattachées à la Communauté française ou à la Communauté flamande.

Bruxelles reste ainsi une région bilingue assurant une protection de la minorité linguistique néerlandaise.




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