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L'Empire romain, jusqu'alors unitaire, subit une division majeure en 293 sous l'empereur
Dioclétien. Il instaure la tétrarchie dans laquelle lui-même administre les régions située en Orient, et son compagnon d'arme Maximien celles en Occident. Chacun était assisté d'un co-empereur.
Cette division était conçue comme une division administrative et non politique, le collège des empereurs représentant l'autorité
sur l'ensemble, et chaque empereur devant prendre ses décisions en accord avec son collègue.
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En 305, Dioclétien abdiqua, ce qui fut une première dans l'histoire de l'empire, en obligeant Maximien à l'imiter en faveur de leurs coempereurs Galère et Constance Chlore, père de Constantin Ier. Au terme de nombreuses luttes de pouvoir entre les prétendants, dont Constantin sortit vainqueur fin 323, l'unité administrative de l'empire fut temporairement rétablie.
Constantin peut être considéré comme le père spirituel de l'empire byzantin, étant le fondateur de Constantinople qu'il bâti à l'emplacement d'une colonie grecque du nom de Byzance (Byzantium, aujourd'hui Istanbul ). Cette capitale fut tout d'abord nommée Nova Roma (« Nouvelle Rome ») puis, dans l'usage courant, Constantinople (Constantinou polis, ville de Constantin). Constantin Ier fut aussi le premier empereur à favoriser le christianisme. Il contribuera même à la fondation de sa doctrine en convoquant le premier concile oeucuménique chrétien à Nicée en 325.
L'unité de l'empire ne fut que temporairement rétablie sous Constantin, car après sa mort, le recours à un coempereur devint presque systématique. Elle est définitive à la mort de Théodose le Grand en 395. Les parties occidentales et orientales échoient à ses deux fils. Honorius établit sa capitale à Rome et Arcadius à Constantinople. Dès lors, les ambitions politiques des coempereurs ne viendront plus jamais empiéter les prérogatives de l'autre. Et avec l'accession au trône de Léon Ier à Constantinople en 457, les liens dynastiques qui unissaient jusque là les empereurs d'Orient et d'Occident sont définitivement rompus.
En 476, lors de la chute de l'empire romain d'occident, l'empereur d'orient Zénon Ier devient l'unique dépositaire de l'autorité impériale romaine. Comme au moment de la séparation de 395, l'événement ne fut pas perçu à l'époque comme définitif (Odoacre reconnaissait l'autorité – nominale – de Zénon en Italie, de même que Théodoric lui fera allégeance), mais cet évènement marque la naissance de l'empire byzantin, qui se détache de l'antiquité romaine. Elle s'était d'abord réalisée sur le plan administratif, puis s'étend à la dimension religieuse lors du concile de Chalcédoine en 451. Le titre de patriarche fut alors reconnu à l'évêque de Constantinople, ce qui en fit l'égal de l'évêque de Rome, le pape. Enfin en 484, le pape Félix III excommunie le patriarche de Constantinople Acace pour protester contre la nomination d'un évêque monophysite à Alexandrie ; en représailles, Acace excommunie à son tour Félix III.
L'empire byzantin est considéré comme « romain » par ses habitants, mais est en fait un État de culture grecque. La langue grecque était langue courante, de culture, d'église et commerciale. L'empire oriental était multi ethnique, avec des centres de rayonnement hellénistiques comme Constantinople, Antioche, Éphèse, Thessalonique, et Alexandrie.
En 488, Théodoric emmène les Goths fédérés, installés depuis un siècle dans le nord de la Thrace, pour un grand exode vers l'Italie, en accord avec l'empereur Zénon. Il doit destituer Odoacre et régner à sa place au nom de l'empereur. L'empire byzantin a finalement surmonté la période des invasions germaines en cette fin de Ve siècle grâce à sa diplomatie.
Après la mort de Théodoric, l'assassinat de sa fille en 535 offre à l'empereur Justinien Ier le prétexte pour achever la restauration de l'unité de l'empire qu'il a initié en œuvrant à la réconciliation des églises d'orient et d'occident en 519, puis en reconquérant l'Afrique du Nord en 533. L'armée byzantine, commandée par le général Bélisaire, débarque en Sicile en 536, puis, quatre ans plus tard, reconquière toute l'Italie. Mais les Goths reprennent Rome, obligeant Justinien à envoyer une nouvelle armée en 552 sous le commandement de l'eunuque Narsès. Les Goths sont définitivement vaincus cette même année, dans la vallée du Sarno, et chassés d'Italie. Quelques troupes sont envoyées en Espagne, faisant passer le Sud-Est sous suzeraineté byzantine. Ainsi, Justinien a refait de la méditerranée un lac romain, cependant que Constantinople devientÀÀ la plus grande ville au monde.
Mais son neveu Justin II sera totalement impuissant devant l'invasion des Lombards en Italie en 568. Cette même année, les Avars envahissent les balkans, suivis en 577 par les Slaves. En 588, les Wisigoths boutent les byzantins hors d'Espagne. Pendant ce temps, l'empire est entré en conflit avec les Perses en 572. Face à l'effondrement de l'œuvre de Justinien, l'empereur Maurice réorganise les dernières possessions byzantines en Italie et en Afrique. Il constitue les exarchats de Ravenne et de Carthage, destinés à faciliter la défense de ces régions par la concentration des pouvoirs civil et militaire dans les mains d'un seul homme, l'exarque. Ils permettront d'assurer à l'empire une présence durable en occident. Enfin, la paix obtenue avec les Perses en 591 permet à Maurice de lancer une offensive dans les Balkans. Mais la guerre est longue et pénible, et en 602, l'armée et le peuple se révoltent et conduisent un nouvel empereur au pouvoir. Les byzantins renoncent définitivement à chasser les Slaves de l'empire.
Ce VIe siècle aura aussi été marqué par les crises théologiques avec le développement du monophysisme, malgré sa condamnation lors du concile de Chalcédoine. Ce problème sera la cause des mésententes entre Rome et Constantinople durant tout ce siècle. L'œuvre de Justinien ne se résume pas à sa tentative de restaurer l'unité territoriale et religieuse de l'empire. Il demande à Tribonien de réviser les lois romaines. Son travail monumental aboutira à la rédaction du Corpus Juris Civilis en 529. Il fit reconstruire par ailleurs l'église de Sainte-Sophie (La Sainte Sagesse (de Dieu), Αγια Σοφια), détruite lors de la sédition Nika au cours de laquelle il faillit perdre le pouvoir en 532. Elle fut achevée au bout de cinq ans, en 537. Après le règne de Justinien, l'Italie fut perdue au profit des Lombards, et au cours du VIIe siècle, les Arabes musulmans conquirent les provinces du sud sous le règne de Héraclius Les conquêtes des musulmans laissèrent l'empire plus homogène : plus grec et plus chrétien qu'il n'était auparavant.
La guerre contre les Perses a commencé dès le milieu du IIIe siècle suite à la renaissance de la Perse sous les Sassanides. Dioclétien décide alors de conserver l'administration de l'orient en 293. Avec la même lucidité, Constantin le Grand fonde en 325 sa nouvelle capitale aux portes de l'Orient afin de mieux surveiller le nouveau royaume. Leur armée étant redoutée pour ses éléments hippomobiles, il renforce sa cavalerie et fait construire un hyppodrome à Constantinople où il institue les courses de chars à la place des antiques combats de gladiateurs. Cette clairvoyance, partagée par l'empereur Julien, n'empêchera pas celui-ci d'essuyer une défaite désastreuse en 363, lors de la bataille de Ctésiphon, au cours de laquelle il perdra la vie. Justinien préfèrera acheter la paix en versant un tribut aux Perses.
Lorsque la guerre reprend, l'empereur Maurice use de sa diplomatie, en aidant Khosrô II à accéder au trône en 591, pour rétablir la paix. La mort de Maurice, à qui le roi perse doit son trône, libère celui-ci de ses scrupules, et en 603, Khosrô II lance une grande offensive contre l'empire byzantin. Rapidement, son armée s'empare de l'est de l'Anatolie puis se dirige vers la Syrie. Ce sera l'exarque de Carthage qui agira pour sauver la situation. Il envoie son fils Héraclius à la tête d'une flotte en direction de Constantinople où il renverse Phocas en 610 avec l'assentiment du peuple. En 613, les Perses s'emparent de la Syrie et en 614 de Jérusalem. L'église du Saint-Sépulcre, bâtie par Constantin le Grand, est brûlée, et la sainte croix, miraculeusement déterrée par la mère de Constantin, est emportée par les Perses.
Pris en étau entre les Perses, qui s'emparent de toutes les provinces orientales de l'empire, et les Slaves qui se déversent en flots continus dans la péninsule balkanique, Héraclius réorganise tout d'abord les dernières provinces d'Asie mineure encore sous son contrôle. Il divise l'ouest anatolien en quatre thèmes dont l'administration militaire est confiée à un stratège. Depuis l'installation des germains en Europe occidentale au Ve siècle, l'empire manque de mercenaires pour couvrir ses besoins militaires. Héraclius instaure alors le régime des stratiotes. À chaque paysant-soldat est attribué une terre et une charge militaire, l'une et l'autre étant inaliénable et héréditaire. Ce système, combinant une division de l'empire en thèmes et une armée composée de stratiotes, sera la base sur laquelle reposera la puissance militaire de l'empire byzantin jusqu'au XIe siècle.
Ainsi, l'État byzantin se redresse spectaculairement avec, en outre, le soutient financier et spirituel de l'Eglise. Ainsi en 622, Héraclius met en déroute l'armée perse, puis en 623, il emmène son armée dans une campagne militaire de plusieurs années. Il reconquière l'Arménie et le Caucase, et en 625 son frère défait une puissante armée perse. Profitant de la campagne de l'armée byzantine en Asie mineure, les Perses et les Avars s'allient pour assiéger Constantinople en 626. Mais le mur de Théodose résiste et la flotte byzantine montre sa supériorité, si bien que le siège est levé avant la fin de l'année. La dernière grande bataille a lieu en 627 à Ninive. L'armée perse est anéantie. En 628, les Perses, qui ont renversé Khosrô II, concluent un traité de paix par lequel ils restituent tous les anciens territoires byzantins. Enfin, Héraclius ramène la sainte croix à Jérusalem en 630. Ainsi se termine la première [[guerre sainte] de l'histoire.
Les Byzantins ont à peine vaincu la Perse qu'un nouvel ennemi se présente aux frontières. L'année 622 où Héraclius a lancé son offensive contre la Perse est également marquée par le commencement de l'Hégire. Onze ans plus tard débute la formidable expansion des conquêtes arabes.
Héraclius ne prend pas tout de suite la menace au sérieux. Mais après quelques défaites, son armée est massacrée en 636 à la bataille de Yarmouk par celle du calife Omar, qui prend le contrôle de la Syrie la même année. En 638, les Sarrasins prennent Jérusalem suite à un long siège, en 640 assujettissent l'Arménie et l'ouest de l'Anatolie, et en 642 s'emparent de l'Égypte qui est définitivement perdue pour l'empire. L'exarchat de Carthage est pillé en 647 et disparaîtra en 698, ce qui donnera aux Sarrasins la maîtrise de tout le littoral nord-africain. La guerre contre les Perses n'a finalement servi à rien.
Maintenant maîtres de la Syrie et de l'Égypte, les Arabes décident, à partir de 644, de bâtir une flotte militaire. Dix ans plus tard, ils s'emparent de la Crète, de Rhodes et de Kos, le long du littoral anatolien. Puis en 655 a lieu la première grande bataille navale entre les Byzantins et les Arabes. La flotte romaine est anéantie au large de Finike. Enfin, en 674 commence le siège de Constantinople par la voie maritime.
Mais le nouveau basileus Constantin IV dispose d'une arme secrète qui lui assurrera dorénavant la domination sur les Arabes : le feu grégeois. Après cinq ans de siège, qui voit se consummer la flotte du calife Mo'awiya, celui-ci accepte finalement la restitution de toutes les îles de la Méditerranée, ainsi que le paiement d'un tribut. En 717, le frère du calife Maslama repasse à l'offensive et établit cette fois un blocus total autour de Constantinople. Mais Léon III dit l'Isaurien a eu le temps de se préparer et le siège est repoussé l'année suivante avec le soutient des Bulgares.
Il faudra attendre la fin de la dynastie des Omeyyades en 750 pour que les Arabes ne représentent plus de danger pour l'empire. À cette date, la nouvelle dynastie des Abbassides transfert sa capitale de Damas à Bagdad et se tourne maintenant vers la Perse. En 838, le calife Moutassim avancera bien son armée jusqu'à Amorium en Anatolie, mais sa mort mettra fin à l'opération militaire. Sous les Abbassides, la guerre continue mais ne concerne plus que les frontières, elle se concentrera en particulier sur la Sicile, la Crète.
La dynastie des Héraclides disparaissaitt avec Justinien II en 711. Trois basileus se succédèrent les six années suivantes, au cours desquelles les Bulgares avancèrent jusqu'à Constantinople avant d'être repoussés. Puis un nouveau basileus s'empara du pouvoir en 717, juste à temps pour faire face à un deuxième siège des Sarrasins. Cette fois le blocus fut total, mais Léon III avait eu le temps de se préparer, et après des pertes considérables, les Sarrasins levèrent le siège en 718. Les hostilités se poursuivirent en Anatolie, mais le danger était repoussé. C'est alors qu'en 726, Léon III fit retirer l'icône vénérée de la porte de Chalké représentant le Christ, et en 730, il décréta la destruction de toutes les icônes. La querelle des images, qui fut condamnée aussitôt par les papes Grégoire II puis Grégoire III, allait profondément modifier les rapports entre Rome et Constantinople.
Constantin V, dont le début de règne fut troublé par un usurpateur iconophile, poursuivit la politique iconoclaste de son père avec encore plus de détermination et d'acharnement. Il se livra à des persécutions et des exécutions jusque dans les cercles du pouvoir. Néanmoins, il fut un grand meneur d'hommes et, en orient, il remporta de nombreuses victoires sur les Sarrasins. Puis, finalement, en 750, la dynastie Abbasside s'empara du pouvoir et transféra la capitale arabe à Bagdad. Constantin V pu ensuite se concentrer sur la Bulgarie où, là encore, il remporta de nombreuses victoires. Mais, s'il avait conforté les frontières de l'empire en orient, il se désintéressait totalement de l'Italie. En 751, il ne fit rien pour empêcher les Lombards de s'emparer de l'exarchat de Ravenne. Si bien que le pape, qui se cherchait un nouveau protecteur, couronna le roi franc Pépin le Bref en 754. En retour, celui-ci lui offrit en 756 l'ancien exarchat repris aux Lombards. Et, tandis que les possessions byzantines en occident s'était réduite au sud grécisé de l'Italie, Constantin V réunissait en 754 un concile fantoche pour faire approuver l'iconoclasme. Le fossé d'incompréhension entre Rome et Constantinople s'élargissait.
L'iconoclasme avait connu son paroxisme avec Constantin V. Le règne de son fils Léon VI fut celui de l'apaisement. Bien qu'il ordonna quelques châtiments exemplaires, le temps des persécutions cruelles et acharnées était révolu. Mais Léon VI était surtout sous l'influence de son épouse Irène et, à sa mort prématurée en 780, celle-ci assura la régence de l'empire au nom de leur fils Constantin VI. Irène était notoirement iconophile et, avec elle, la politique changea totalement. En 787, elle réussi à faire condamner l'iconoclasme lors d'un concile réunit à Nicée, cela malgré l'opposition d'une partie de l'armée encore attachée au souvenir glorieux de Constantin V. Car entretemps, l'armée byzantine essuyait des défaites humiliantes. En 781, les Abbassides, qui avaient rétablit la prospérité à Bagdad, faisaient reculer la frontière anatolienne, contraignant l'empire à leur verser un tribut. Le rétablissement des images sous la régence d'Irène s'accompagnait d'une profonde crise qui allait encore connaître deux retentissements. En 797, à l'assassinat de son fils, dont elle fut sans doute l'instigatrice, Irène devint la première femme basileus de plein droit. Puis le jour de Noël de l'an 800, le pape Léon III couronnait empereur le roi franc Charles le Grand. L'influence de Byzance était gravement ébranlée en occident et finalement, Irène fut destituée en 802. Son successeur Nicéphore Ier, qui maintint la ligne iconophile d'Irène, n'eut de cesse de restaurer les finances et la puissance de l'empire. Après une nouvelle défaite humiliante contre les Arabes en 806, la mort du calife Haroun al Rachid en 809 permit à Nicéphore de se tourner vers les Balkans. Il entreprit une politique de colonisation du Péloponèse, après plus de deux siècles de domination slave, puis voulut soumettre la Bulgarie. Mais, malgré une supériorité certaine au début, l'armée byzantine fut prise au piège et totalement massacrée en 811 par l'armée de Kroum, le basileus comptant parmi les victimes. Son fils Staurakios, qui avait été grièvement blessé au cours de la bataille, fut acclamé empereur, mais son état ne lui permettait pas d'exercer son autorité. Son beau-frère Michel Rangabé lui succéda cette même année 811. Celui-ci est resté dans l'histoire pour avoir été celui qui a reconnu à Charlemagne la qualité de basileus en 812. Après une lourde défaite face aux Bulgares, il fut renversé en 813. L'armée de Kroum était arrivée sous les murs de Constantinople.


