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2.1 La CECA : la première pierre |
à rédiger
L'idée européenne s'est construite progressivement à partir du XVIIIe siècle. Les penseurs des Lumières évoquaient déjà cette idée, et la Révolution française tenta — sans grand succès — d'unifier les peuples d'Europe contre les pouvoirs monarchiques.
Mais ce fut surtout en réaction aux horreurs de la guerre qu'elle s'imposa avec plus de force. La première fois, après la guerre de 1870 : Victor Hugo appelait de ses vœux la construction d'un État paneuropéen, seul garant de la paix sur le continent.
Hélas, après la Première Guerre mondiale, la France ne sut résister à la tentation de la vengeance et loin de tendre la main à son ennemie, elle chercha à l'enfoncer : le traité de Versailles imposa à l'Allemagne vaincue le paiement de réparations démesurées, dans des conditions jugées humiliantes.
Ce ne fut donc qu'après les nouvelles horreurs de la Seconde Guerre mondiale que l'idée est reparue. Dans un célèbre discours prononcé en 1946 à l'Université de Zurich, le chancelier britannique Winston Churchill déclarait :
La création du Conseil de l'Europe fut ainsi la première étape vers la construction d'un avenir commun aux nations d'Europe.
Le 9 mai 1950, dans une déclaration considérée comme l'acte de naissance de l'Union européenne, Robert Schuman présenta une proposition relative à une organisation de l'Europe, indispensable au maintien de relations pacifiques.
Dans cette déclaration qu'il avait rédigée avec son conseiller et ami Jean Monnet, il appelle la France, l'Allemagne et les pays européens qui voudront les rejoindre à mettre en commun leurs productions de charbon et d'acier, ressources stragiques à l'époque, pour jeter les premières bases concrètes d'une fédération européenne et permettre une paix durable en Europe. Ce faisant, la France prend une démarche inverse de celle qui avait mené aux humiliations imposées par le traité de Versailles et rejoint au contraire le vœu de Victor Hugo.
C'est ainsi que, suivant la proposition de Robert Schuman, la France, la République fédérale d'Allemagne, l'Italie, la Belgique, les Pays-Bas et le Luxembourg fondent la Communauté européenne du charbon et de l'acier (CECA). Le traité instituant cette organisation fut signé à Paris le 18 avril 1951, soit moins d'un an après la déclaration du 9 mai. D'une validité de 50 ans, il entra en vigueur le 23 juillet 1952.
Le traité instaure un marché commun du charbon et de l'acier, supprime les droits de douanes et les restrictions quantitatives entravant la libre circulation de ces marchandises et supprime toutes les mesures discriminatoires, aides ou subventions, qui serait accordées par les États signataires à leur production nationale. La gestion de la production de la Communauté est placée sous le contrôle de la Haute Autorité, présidée initialement par Jean Monnet.
La mise en place du traité se fit en plusieurs étapes, avec la mise en place d'une période d'adaptation pour les industries nationales, et le marché ne fut totalement ouvert que le 18 février 1953 pour le charbon et le minerai de fer et le 1er mai 1953 pour l'acier.
En 1957, les six pays décident en signant le Traité de Rome d'aller plus loin dans la coopération. Tous les domaines économiques, mais aussi politiques et sociaux sont concernés. Le but est d'aboutir économiquement à un Marché commun. La Communauté économique européenne (C.E.E.) est l'entité internationale créée par le traité de Rome.
Le rapport stratégique de la Commission européenne du 9 octobre 2002 recommanda l'adhésion de huit pays candidats d'Europe de l'Est au cours de l'année 2004 : l'Estonie, la Lettonie, la Lituanie, la Pologne, la République tchèque, la Slovaquie, la Hongrie et la Slovénie. Les îles méditerranéennes de Malte et de Chypre adhérèrent également à l'Union au même moment bien que pour cette dernière seule la partie grecque devint membre suite au rejet du référendum sur la réunification de l'île avant son entrée dans l'Union.
Le Conseil de l'Union se prononça le 13 décembre 2002 à Copenhague en faveur de l'adhésion de ces dix pays et le Parlement l'accepta le 9 avril 2003. Le traité d'adhésion fut signé le 16 avril 2003 à Athènes.
La population totale de nouveaux entrants était à leur entrée dans l'Union d'environ 75 millions d'habitants et leur PIB d'environ 840 milliards de dollars, soit à peu près celui de l'Espagne à la même époque.
L'Union envisage de se doter d'une Constitution européenne, qui regrouperait, enrichirait et clarifierait les traités fondateurs. En 2002, une convention sur l'avenir de l'Europe à été chargée d'établir un projet de constitution.


