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Histoire de la conquête musulmane

Sommaire

En Orient

Péninsule arabique

Proche Orient

Au Proche-Orient à l'arrivée des Arabes, l'Empire Romain (dont la capitale se trouve à Byzance) est fortement affaibli par sa lutte contre les Perses sassanides. Ces derniers avaient pris Jérusalem en 614 et l'avaient gardée quinze ans, jusqu'en 629. Les musulmans prennent donc une ville affaiblie en 638.

Moyen Orient

Les conquérants arabes se frottent aussi à la Perse et vont jusque dans les royaumes moghols. En Inde se produiront nombre de syncrétismes dont la tentative de l'empereur Akbar, qui promulgue l'un des premiers édits de tolérance.

En Occident

L'Afrique

Les troupes de Oqba entrent en Ifriqya, nom donné à cette ancienne province romaine. La conquête a lieu à partir de Kairouan, mais elle s'avère difficile du fait de la résistance berbère autour de Dihya (Kahina) dans la région actuelle des Aurès à l'est de l'Algérie.

Carthage est prise en 698, la résistance est dominée à partir de 702 et l'Afrique du nord est conquise en 708. À noter que les troupes qui vont se lancer à l'assaut de la péninsule ibérique sont en réalité majoritairement composées de Berbères.

L'Europe

Dès le VIIe siècle, de la péninsule arabique jusqu'en Espagne. l'expansion de l'Islam se fait selon le principe de la guerre juste ou Djihad, concept exprimé par Augustin d'Hippone [1] (mais qui sera plus tard considéré comme pernicieux par Thomas d'Aquin) selon lequel il serait juste de combattre pour la vraie foi : on comprend là que le concept fauteur de guerre est celui de la vraie foi, le christianisme pour Augustin d'Hippone, l'islam pour Mahomet. Reste que si dans les premiers siècles de notre ère, il n'y a pas eu de guerre de conquêtes menées explicitement au nom de la foi chrétienne, il y en a eu au nom de la foi islamique.

Cette terre, alors chrétienne, avait été usée par les luttes intestines concernant l'hérétique (arianiste dans la péninsule ibérique et donatistes dans le Maghreb) et, de ce fait, longuement persécutée par le pouvoir impérial. Ce qui explique l'accueil facile aux conquérants fait par la majorité d'entre eux au moins en Afrique du Nord.

En revanche les courants du christianisme ont considéré d'abord très négativement l'émergence de l'Islam. Cette nouvelle religion faisait obstacle à leur revendication d'universalisme (« catholique » signifiant universel), et les références aux messages de la Bible leur apparaissaient, ainsi qu'aux Juifs, plutôt comme une hérésie schismatique (pour les courants qui utilisent ce concept) que comme une reconnaissance. Les Juifs ayant contesté sur place les interprétations de Mahomet furent massacrés, mais pas les chrétiens qui se trouvaient hors d'atteinte.

La référence au message chrétien utilisée dans le Coran était parvenue à Mahomet via des chrétiens monophysites, diocètes ou nestoriens, c'est-à-dire de courants réputés hérétiques depuis les conciles de Nicée et Constantinople.

Au mieux, l'Islam leur apparaissait comme une forme de concurrence légère, partageant sa reconnaissance du Dieu unique, mais réfutant en revanche l'idée de Trinité et ayant par ailleurs besoin d'une évangélisation. L'attitude évangéliste se retrouve encore aujourd'hui dans des courants conservateurs du christianisme, entre autre les Témoins de Jéhovah.

Jusqu'à l'arrive des Turcs Seldjoucides, pourtant, la cohabitation à Jérusalem se passe sans difficulté majeure, malgré les invasions répétées de l'Europe par des troupes maures se réclamant de l'Islam. La situation change totalement avec l'occupation turque, qui entend interdire aux chrétiens le passage vers les lieux saints.

Une tension se crée alors. Pour l'Occident, le mahométan devient l'infidèle par excellence, et Mahomet (déformé par exemple en baphomet) celle d'un démon perfide, qui prêche au nom de dieu pour détourner les fidèles de la vraie foi. Parfois on l'assimile à l'Antéchrist, parfois plus simplement on rappelle une parole attribuée par les Évangiles à Jésus et mettant en garde contre de faux prophètes qui viendront après lui.

La conquête islamique, comme plus tard les croisades, sont en fait aussi motivées

L'acmé de la civilisation musulmane (en terme de développement scientifique et technique) se situe aux VIIIe et IXe siècles et les bénéfices culturels et techniques retirés par les territoires occidentaux issus de l'expansion musulmane sont décrits dans Al-Andalus. Ces bénéfices s'entendent tant en termes de transfert technologique qu'en terme de création artistique et littéraire. Citons les deux exemples les plus connus :

On peut parler de 1re Renaissance. Les conquérants n'en sont pas les auteurs, mais ils les ont reçus des pays de vieille civilisation qu'ils ont conquis par la force : (Syrie, Liban, Égypte, Mésopotamie, province romaine d'Afrique). L'Europe a alors environ deux siècles de retard sur le monde musulman, bien que des villes comme Venise aient à cet égard un statut un peu hors norme. L'imprimerie viendra ensuite inverser le sens du décalage chronologique.

Plus que la victoire de 732 par Charles Martel, qui repousse l'invasion à Poitiers, c'est l'échec du siège de Constantinople qui stoppe la progresion des armées arabes. Les établissements maures perdureront longtemps comme en atteste la toponymie de Ramatuelle, une ville de Provence dans le sud de la France, issue de Rahmat Allah, la grâce de Dieu.

On connaîtra le mouvement inverse de guerre juste aussi, quelque siècles plus tard, dans la Reconquista de la péninsule ibérique qui débute véritablement à la bataille de Las Navas de Tolosa, la première victoire de cette campagne, et s'achève au XVe siècle par la conquête des derniers reinos de Taïfa en 1492. Cette date correspond aussi selon Jacques Attali et Arnold Toynbee à l'extermination des derniers noyaux de résistance chrétiennes en Egypte. Quelques croisades préalables destinées à reconquérir le tombeau du Christ avaient rouvert aux pays chrétiens la route des épices en s'emparant des échelles du Levant tel le port d'Ascalon, en Palestine, l'origine du mot « échalote ».

Note [1] Attesté dans les travaux sur l'islam de l'équipe Henri Corbin et Christian Jambet

Chronologie de la conquête

Repères chronologiques

Voir aussi

Articles connexes

Al-Andalus - La Tunisie à l'époque arabe - Histoire de l'Égypte, Période islamique - Guerres entre Arabes et empire byzantin

Sources et bibliographie



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