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La Malaisie avant le XIVe siècle.
La péninsule malaise est dévenue un pôle de commerce majeur en Asie du Sud-Est du fait de la fréquentation élevée du détroit de Malacca, point de passage obligé pour les échanges maritimes entre l'Inde et la Chine. Les marchands arabes furent les premiers à s'installer sur le territoire au XIVe siècle. Leur influence fut décisive sur le futur des Malais, puisqu'ils convetirent la population à l'Islam. Au XVIe siècle, les Européens attirés par le commerce des épices arrivèrent après avoir cherché la route des Indes orientales pour supplanter le monopole arabe du commerce. Les Portugais, les Néerlandais et les Britanniques se sont successivement disputés le contrôle du détroit.
La colonisation par les Anglais a débuté par la prise de possession et le développement des Comptoirs des détroits au milieu du XVIIIème Siècle. Ils incluaient Penang, Singapour et Malacca (aujourd'hui Melaka). À partir de ces établissements, l'Angleterre a progressivement diffusé son contrôle sur le reste de la péninsule. La colonie de Penang a été créée en 1786, par le capitaine Francis Light, comme une base militaire et un comptoir commercial. Son développement a été très rapidement dépassé par celui de Singapour colonisé à partir de 1819 par Sir Stamford Raffles. Malacca revint aux britanniques après le traité Anglo-néerlandais de 1825 et un an plus tard les [[Comptoirs des détroits]] ont été légalement créés. Ces colonies étaient initialement dirigées par la Compagnie anglaise des Indes orientales depuis Calcutta jusqu'en 1867 date à laquelle l'administration coloniale a été transférée à Londres. C'est à peu près à ce moment là que l'attitude des Britanniques à l'égard des états malais est devenu plus agressive. En l'espace de dix ans la plupart de la côte occidentale malaisienne est tombée sous influence britannique.
Les négociants de ces comptoirs ont vu le gouvernement britannique intervenir dans leurs affaires, notamment dans les états malais producteurs d'étain. L'administration britannique entreprit une politique raciale de spécialisation des activités et recourut à l'immigration de main d'œuvre à bon marché, les Malais étant 'impropres' au travail. Des milliers de Coolies venus de Chine travaillèrent dans les mines puis rapidement s'établirent comme négociants. L'exploitation des palmeraies nécessita l'importation d'Indiens venu surtout du Sud de l'Inde. Les Indiens du Nord furent choisis comme suppléants de l'administration et de la police. Cette politique explique la diversité des populations dans la Malaisie d'aujourd'hui. Ces politiques racistes et classistes furent rapidement dénoncées. Suite aux perturbations créées par les sociétés secrètes chinoises et la guerre civile, la diplomatie britannique de la canonnière a dû être utilisée pour parvenir à une résolution qui a favorisé les négociants.
Finalement, le traité de Pangkor en 1874 a facilité l'expansion britannique : Au début du XXe siècle les états du Pahang, du Selangor, du Perak et de Negeri Sembilan, regroupés sous le nom des « États Malais Fédérés » (à ne pas confondre avec la Fédération des états Malais) sont passés sous la tutelle britannique avec à la tête le haut-commissaire à Singapour également gouverneur des trois comptoirs (Comptoirs des détroits). Ce dernier était lui-même sous l'autorité de l'administration coloniale londonienne. Les autres états de la péninsule, aussi appelés les « États Malais non-Fédérés » n'étant pas sous l'autorité anglaise, avaient quelques conseillers à la cour du Sultan. Les quatre états du nord Perlis, Kedah, Kelantan et Terengganu étaient initiallement sous le contrôle de la Thaïlande. La partie nord de Bornéo (appelée aujourd'hui Sabah) était une colonie anglaise anciennement gouvernée par le Sultan de Sulu. Enfin, le territoire de Sarawak recouvert de jungle avait été transformé en fief par l'aventurier Brooke et sa famille. Il s'était auto-proclamé « Raja Blanc ».
Après l'occupation japonaise de la Seconde Guerre mondiale, le sentiment d'indépendance est devenu de plus en plus populaire, encouragé par l'insurrection communiste. Les objectifs anglais d'après guerre, de créer une 'Union des Malais' ont été sabotés par l'opposition de la Fédération des états malais qui a voulu un système beaucoup plus pro-malais. Ce dernier n'incluant pas Singapour et imposant une unique citoyenneté, afin de s'assurer la loyauté des descendants de Chinois et d'Indiens suspectés d'un patriotisme très mesuré.
L'indépendance a été proclamée en 1957 sous le nom de Fédération des états malais qui n'incluait pas Singapour qui, a 80% chinoise refusait la prépondérence malaise.
Une nouvelle fédération sous le nom de Malaisie a été créée le 16 septembre 1963 en fusionnant la Fédération des états malais, la colonie britannique de Singapour, Bornéo du Nord (renommé Sabah), et Sarawak (également sur l'île de Bornéo).
Rapidement, de nombreux problèmes sont apparus. L'Indonésie a essayé de prendre le contrôle de la Malaisie, les Philippines réclament Sabah et Singapour déclare son indépendance en 1965.
Les années soixante ont aussi connu des troubles raciaux qui ont connu leur apogée lors des émeutes de mai 1969. L'opposition de
la majorité malaise appauvrie à la minorité chinoise détenant les clés du commerce a conduit à cette impasse. Afin de sortir des
clivages ethniques et économiques, la politique de discrimination positive des Bumiputras (« Enfants du sol » = les Malais) a été renforcée.
Désormais le gouvernement prône l'unité nationale et souahite promouvoir une race 'malaisienne' qui transcende les définitions actuelles (malais, chinois, indiens, autres). Cependant les politiques de discrimination positive basées sur des critères ethniques démentent cette aspiration.


