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Monaco est actuellement une principauté indépendante. L'histoire qui
la lie aux Grimaldi dure depuis 1297.
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La grotte Saint-Martin a livré des traces d'occupation préhistorique.
Le site de la principauté était occupé par les Ligures. Un comptoir phénicien y fut établi. Un passage d'Hécatée de Milet mentionne une Monoikos polis ligustike (Monaco, ville ligure). Le nom de Monoïkos est associé au dieu Hercule, trace de la succession des Grecs aux Phéniciens.
Les Sarrazins occupent la côte jusqu'en 975.
Une forteresse commence à être construite le 10 juin 1215 par Gênes, qui établit une colonie sur le site. Cette autorité est
reconnue par l'empereur Frédéric Barberousse puis
par Henri VI.
Le 8 janvier 1297, François Grimaldi, descendant d'Otto Canella consul de Gênes en 1133, s'empare de la forteresse. Bien que disposant d'une petite armée, il se déguisa en moine franciscain pour y pénétrer, avant d'ouvrir à ses soldats. De cet épisode viennent son surnom, Malizia, et les armes de Monaco, deux franciscains armés d'une épée.
François était du parti des guelfes (soutenant le pape), qui venaient d'être sévèrement battus près de Gênes. Il en est chassé en 1301. Son cousin Rainier Ier, père de Jean Ier, vainc les Hollandais à Ziriksee (1304) avec sa flotte de galères qu'il a mise au service de Philippe le Bel. Il est nommé grand amiral de France. La dynastie sert fidèlement la monarchie française. Charles Ier mène une compagnie d'arbalétriers à la Crécy, puis tente de secourir par mer le camp français au siège de Calais en 1346.
Le 12 septembre 1331, Charles Ier occupe la ville. En 1357, Charles Ier meurt dans le siège mené par le Gênois Simon Boccanegra. La totalité de la principauté est alors réunie à Gênes, à l'exception de Menton, défendu par le fils de Charles, Rainier II. Menton est acquis en 1346 et Roquebrune en 1355.
Celui-ci reprend rapidement Roquebrune. Ses fils Ambroise, Antoine et Jean, tous coseigneurs (institution exceptionnelle au Moyen Âge), reprennent Monaco. Jean conserve ensuite seul Monaco et La Condamine. Il lutte continuellement contre Gênes. Son fils Catalan ne lui survit que trois ans, et sa petite-fille épouse un Grimaldi d'Antibes, Lambert. Celui-ci obtient en 1489 la reconnaissance de son indépendance par le roi de France et le duc de Savoie, ce qui met fin aux luttes avec Gênes. Celle-ci n'attaque la principauté qu'en 1509, qui lui résiste victorieusement au cours d'un long siège.
Lucien meurt assassiné en 1523 par son cousin Barthélemy Doria. Il ne laisse qu'un fils en bas-âge, Honoré, dont la tutelle est confiée à son oncle Augustin, évêque de Grasse, qui fut reconnu seigneur. Augustin ne trouvant pas auprès de François Ier l'appui auparavant octroyé aux Grimaldi, il plaça le Rocher sous le protectorat espagnol en 1524. Une garnison espagnole fut ainsi à la charge des Grimaldi pendant plus d'un siècle.
Le fils d'Honoré, Honoré II, mis sous la tutelle du prince de Valdetare, prit le titre de prince en 1612. Il retourna à l'alliance française par le traité de Péronne signé en 1641 et négocié auprès de Richelieu. Le prince expulsa manu militari la garnison espagnole, et obtint le duché de Valentinois (Dauphiné), la vicomté de Carlat (Auvergne) et le marquisat des Baux (Provence). Ces nouvelles sources de revenus, plus l'économie faite sur l'entretien de la garnison espagnole, permirent l'embellissement du palais.
Louis Ier commanda son régiment Monaco-Cavalerie obtint l'ambassade auprès du Saint-Siège jusqu'en 1701.
Après la nuit du 4 août 1789, les princes de Monaco perdirent toutes leurs possessions françaises, et les revenus qui en provenaient. La Société Populaire milita pour le rattachement à la République, décidée par la Convention le 15 février 1793.
Le seul intermède dans l'autonomie de Monaco est la période de 1793 à 1814 pendant laquelle Monaco est intégré à la France, sous le nom de Fort d'Hercule. Elle fait partie des Alpes-Maritimes, puis est rattachée à l'arrondissement de San Remo.
Une membre de la famille, Marie-Thérèse de Choiseul-Praslin, périt guillotinée à 27 ans, en compagnie d'André Chénier. D'autres membres de la famille servirent dans l'armée révolutionnaires.
Le traité de Paris du 30 mai 1814 replace Monaco dans la situation de 1789. Mais alors qu'Honoré IV arrive sur le Rocher en mars 1815 pour en prendre possession, il est arrêté par Pierre Cambronne : c'est le début des Cent-Jours.
Monaco est ensuite sous protectorat du royaume de Sardaigne par le deuxième traité de Paris (20 novembre 1815), confirmé par le traité de Stupinigi en 1817.
En 1848, Menton et Roquebrune (aujourd'hui Roquebrune-Cap-Martin) se soulèvent et se sont proclament villes libres. Lors du traité de 1861, elles ont été rattachées à la France. L'indépendance de Monaco est formellement reconnue, en dehors de toute protection de la France ou de l'Italie.
Ce traité prévoyait l'aide de la France pour la construction de la Moyenne corniche, et le passage du chemin de fer sur le territoire monégasque (avec deux gares).
La société des Bains de Mer et du Cercle des Étrangers est fondée en 1863, avec François Blanc à sa tête, pour
apporter des revenus à la Cour, par un casino, des hôtels, un théâtre. Charles III, qui
impulsa tous ces travaux, renomma le quartier des Spélugues Monte-Carlo en son propre honneur. L'achèvement du chemin de fer Nice-Vintimille en 1868 en assura la prospérité. Ceci permit la
construction d'un opéra en 1869, de plusieurs musées, la fondation de l'institut
océanographique en 1906.
Il fonda une administration des Postes, qui édite ses propres timbres dès 1865, créa un
évêché, des consulats à l'étranger.
Le premier rallye de Monte-Carlo a lieu en 1911, le premier Grand Prix automobile en 1929.
Le Prince de Monaco a les pleins pouvoirs jusqu'à la constitution de 1911. En juillet 1918, un traité est signé accordant une protection limitée de la principauté par la France. Le traité fait partie du Traité de Versailles et établit que la vie de Monaco sera alignée sur les intêrets politiques, militaires et économiques de la France.
Le Prince Rainier III, dirigeant actuel de la principauté (2004), accède au trône après la mort de son grand-père le Prince Louis II en 1949. Une nouvelle constitution est rédigée en 1962, abolissant la peine de mort, autorisant le vote des femmes, mettant en place une cour suprême garantissant les libertés fondamentales et rendant difficile le transfert de sa résidence pour un citoyen français.
En 1991, la première pierre du quartier de Fontvieille est posée, il s'agit d'un quartier gagné sur la mer. En 1993, Monaco devient officiellement membre des Nations unies.
En 2002, un nouveau traité entre la France et Monaco stipule que la principauté restera un état indépendant dans le cas où il n'y aurait pas de descendant dans la dynastie.
Liste des seigneurs puis princes de Monaco
Jean-Baptiste Robert, Histoire de Monaco, Paris, PUF, collection « Que sais-je ? » n°1497, 128 pages, 1973, 2ème édition mise à jour 1997, ISBN 2-13-048264-3


