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Les juifs d'Algérie constituaient avant l'indépendance de l'Algérie une population de 150 000 personnes environ. Ils étaient pour la plupart d'origine nord-africaine et appartenaient à l'ensemble du judaïsme nord-africain, présent également au Maroc et en Tunisie (environ 450 000 personnes), qui a aujourd'hui disparu presque totalement après plus de 2000 ans d'existence. Cette population a émigré en France principalement, et en Israël.
L'origine des Juifs d'Algérie est très ancienne et mal connue. On estime que les premiers Juifs sont arrivés en Afrique du Nord avec les Phéniciens à l'époque de la fondation de Carthage, vers le milieu du VIIIe siècle avant Jésus-Christ. Au IIe siècle avant J.-C. les Ptolémée transférèrent en Égypte de nombreux Juifs, dont beaucoup émigrèrent en Afrique du Nord.
D'autres arrivèrent plus tard, notamment lors de la répression exercée par l'empereur Titus en Palestine après la destruction du Temple en 70 après J.-C., puis sous le règne de Trajan à la suite d'explusions de Juifs de Cyrénaïque.
Au moment de l'invasion arabe, certaines tribus berbères avaient été judaïsées et résistèrent longtemps aux tribus arabes, sous la direction d'une figure légendaire, La Kahena, faits rapportés par l'historien Ibn Khaldoun.
Relativement tolérés jusqu'alors, les Juifs d'Afrique du Nord furent au XIIe siècle soumis à une dure répression de la part des Almohades.
A partir du XIVe siècle et jusqu'au XVIIe arrivèrent des Juifs d'Espagne. La plus grande vague intervenant après l'orde d'explusion prononcé en mai 1492 après la prise de Grenade par les rois catholiques. Relativement peu nombreux et plus évolués, les juifs d'Espagne s'installèrent dans les villes du littoral et ne fusionnèrent pas rapidement avec les juifs autochtones.
Plus tard, au XVIIIe siècle, arrivèrent les Juifs de Livourne (Italie), très peu nombreux mais occupant une position sociale élevée, notamment auprès du Dey d'Alger, eux aussi d'origine ibérique. C'est l'une de ces familles, Bacri-Bousnach, impliquée dans le commerce du blé entre la France et la Régence d'Alger, qui sera à l'origine de l'affaire du coup d'éventail et donc de l'expédition d'Alger.
C'est donc une population assez complexe. Une étude d'onomastie statistique, réalisée en 1936 par le rabbin Eissenbeth, cité par Jean Despois (L'Afrique du Nord, PUF, 1964) indique que 50 % des Juifs d'Afrique du Nord ont un nom d'origine arabo-berbère, 18 % d'origine hébraïque et 12,5 % d'origine latine (espagnole, italienne, portugaise).
Pendant la période turque, les Juifs d'Algérie et de Tunisie furent soumis assez strictement au statut de « dhimmi ». Ce statut, parfois considéré comme synonyme de « protégé » était discriminatoire, avec la soumission à l'impôt de capitation, et comportait des mesures vexatoires comme l'obligation d'habiter dans un ghetto séparé, appellé mellah ou chara, de porter des vêtements distinctifs de couleurs sombres et de céder le pas aux Musulmans dans la rue. Ils étaient en permanence sous la menace de représailles ou de pogroms. Cela explique qu'ils accueillirent à bras ouverts les Français lors de la prise d'Alger en 1830.
Le côté protecteur de ce statut résidait dans le fait que les Juifs restaient soumis à leurs juridictions propres pour toutes les affaires relevant de leur communauté (tribunaux rabbiniques).
L'Algérie ne comptait pas un nombre important de juifs, suite à la reconquista, les juifs avec les musulmans de la péninsule ibérique chassés par les rois catholiques se réfugièrent en Afrique du Nord.
Implantés un peu partout dans les villes comme commerçants et artisans, on les appelait « israélites ».
Au XIXe siècle, lors de la colonisation française de l'Algérie, les israélites ont collaboré avec les colons et, en 1870, suite au décret Crémieux, les juifs d'Algérie ont accès à la nationalité française.
Lors la guerre d'Algérie, les juifs d’Algérie, vu leur statut de Français, étaient aux côtés des pieds-noirs, et la quasi-totalité d'entre eux est partie pour la France lors de l'indépendance de l'Algérie en 1962.


