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L'Histoire de toute la période pré-coloniale est sujette à caution : des interprétations idéologisées du passé, soit par le colonisateur pour son propre profit, soit par l'une deux principales ethnies ayant pu altérer la réalité historique (si tant est qu'elle existe). Aucune trace écrite n'existant, seules quelques indices peuvent renseigner les historiens. De plus la région est loin d'offrir le calme nécessaire à de telles recherches.
Au début de l'Histoire connue de la région, les Twa, que leur petite taille apparente aux tribus pygmées, peuplaient les rives du lac Kivu et vivaient de la chasse. Puis, vers le XIVe siècle seraient venus les Hutu, agriculteurs bantous qui défrichent la forêt, puis les Tutsi, pasteurs venus du Nord, que certains auraient voulu rattacher à [Cham]]. Les recherches récentes montrent que les Hutu et les Tutsi seraient présents dans la régionau moins depuis le premier millénaire après JC, et que les mouvements de population peuvent être de nature très différente que celle des premières hypothèses.
Certains mettent en doute la nature du peuplement (mais jamais la présence antérieure des Twas) : l'origine chamitique des Tutsis en particulier, avancée par les premiers colons, est mise en doute par des historiens depuis une trentaine d'années. Cette version est aussi refusée par les Hutu qui y voient une référence prestigieuse propre à renforcer l'aura des Tutsi. (Le peuple de Cham étant cité dans la Bible comme issu de Cham, fils de Noé). En réalité très peu de Tutsi revendiquent cette ascendance qui est nécessairement liée à l'évangélisation du pays et non aux cultures de l'Afrique des grands lacs.
Pendant les temps royaux, il est généralement admis que les Tutsis, par un code à l'avantage des pasteurs s'étaient affirmés comme la caste dominante et gardaient les Hutus sous le joug. Cette perception est en fait due à la colonisation belge, qui imposa la domination Tutsi décrétée race supérieure, et perçue comme initiale. Il est souvent méconnu qu'une lignée princière, les Ganwa, dominait l'ensemble de la population, Hutu, Tutsi et Twa et que d'autres références d'identification, les clans, avaient une prégnance qui relativisait alors la structure socioprofessionnelle Hutu, Tutsi et Twa.
En 1890, arrivant de Tanzanie, les Allemands s'installent dans la région des Grands Lacs et signent le 6 juin 1903 un traité de protection avec le mwami Mwezi Gisabo. Au sortir de la Première Guerre mondiale, les Allemands doivent renoncer à leurs colonies et, lors de la conférence de Versailles en 1919, le royaume de Belgique obtient un mandat sur la province du Rwanda-Urundi, constituée des Rwanda et Burundi actuels.
Comme au Rwanda, les Belges instrumentalisèrent la perception socioprofessionnelle Hutu, Tutsi et Twa, qui leur était sans doute plus familière, au détriment d'autres réalités sociologiques du Burundi, les clans. Le colonisateur belge choisit de s'appuyer pour gouverner sur la minorité Tutsi en laissant les Hutu et Twa dans des emplois subalternes, sur l'évangélisation des autochtones et la transformation du mwami (le roi) en potiche.
Aux législatives du 18 septembre 1961, les Burundais choissisent l'UPRONA (Union pour le PROgrès NAtional), fondée en 1958, qui emporte 58 des 64 sièges de la nouvelle assemblée. L'indépendance du pays est proclamée le premier juillet 1962 : ce jour est choisi pour célébrer la fête nationale.
En 1965 le premier ministre hutu Pierre Ngendandumwe est assassiné. Le colonel Michel Micombero prend le pouvoir le 28 novembre 1966 et abolit la monarchie du mwami Ntare V qui vient de déposer son père Mwambusta IV le 8 juillet et proclame la République. 1972, tentative de génocide contre les Tutsis, le conflit se transforme en guerre civile avec une tentative de coup d'État puis se termine par le massacre de plus de 200 000 Hutus. 1976 Col. Jean-Baptiste Bagaza P., paix relative
Après les massacres de 1988 et pour éviter d'autres bains de sang, le major Buyoya décide de lancer le pays dans une transition politique. En 1992, l'UPRONA perd son statut de parti unique et le premier juin 1993 les premières éléctions pluralistes ont lieu dans le pays indépendant : Buyoya perd la présidentielle face au candidat du FroDéBu (Front pour la Démocratie au Burundi) Melchior Ndadaye. Le 26, les législatives confirment la tendance et le FroDéBu devient majoritaire à l'assemblée. Le 10 juillet, Sylvie Kinigi est nommée première ministre. Les Tutsis qui avaient la mainmise sur l'appareil d'État depuis longtemps (au moins depuis la colonisation) alors qu'ils ne représentent que 15% de la population prennent peur du pouvoir que gagnent, de manière légale, les Hutus ; d'autant plus peur qu'après avoir été considérés comme des êtres inférieurs, les Hutus veulent une revanche . De plus les Tutsis considèrent le pouvoir comme un de leurs attributs et refusent que de simples Hutus puissent gouverner. Peur, revanche, mépris...
Le 21 octobre 1993, après plusieurs tentatives, les militaires tutsis réussissent leur coup d'État et exécutent le Président Ndadaye avec 6 de ses ministres. Le pays s'embrase en violences ethniques : la population hutu dirigée par les autorités locales massacre les tutsi et, en passant, les upronistes hutu, considérés comme traîtres. L'armée, au mains des tutsi, réprime tout aussi durement. Le 14 janvier 1994, alors que Bujumbura vit au rythme des massacres, Cyprien Ntaryamira du FroDéBu est nommé Président de la République pour calmer la situation, le Premier ministre reste Sylvie Kinigi jusqu'à la nomination d'un Uproniste, Anatole Kanyenkiko à ce poste le 11 février pour diriger un gouvernement d'union nationale. La situation se stabilise sur un champ de désolation : 800 000 exilés et 180 000 déplacés à l'intéieur du pays. Mais on n'arrête pas un pays qui gagne : le 6 avril 1994 l'avion qui ramenait le Président Ntaryamira ainsi que son collègue rwandais Juvénal Habyarimana est détruit en plein vol par un missile (qui était visé ?, qui a tiré ? restent des questions sans réponse claire). Sylvestre Ntibantuganya est nommé Président intermédiaire , le pays évite de sombrer dans le génocide qui ravage son pays frère, le Rwanda. Le major Pierre Buyoya reprend le pouvoir par un coup d'État le 25 juillet 1996.
Le 28 août 2000 est signé à Arusha, Tanzanie et sous l'égide de Nelson Mandela un accord de paix . L'Afrique du Sud envoie 700 militaires pour veiller à la mise en place de l'accord et assurer la sécurité des membres de l'opposition de retour d'exil. Le 10 janvier 2001 une assemblée nationale de transition est élue et son Président est Jean Minani, président du FroDéBu. L'accord d'Arusha entre en vigueur le premier novembre 2001 , il prévoit, en attentant des élections législatives et municipales pour 2003 et présidentielles en 2004, une période de transition de 3 ans avec pour les 18 premiers mois, le major Buyoya à la présidence et Domitien Ndayiseye du FroDéBu au poste de vice-président avant que les rôle ne soient échangés. Les différents portefeuilles du gouvernement sont partagés entre UPRONA et FroDéBu. Le 4 février 2002, le Sénat de transition élit l'Uproniste Libère Bararunyeretse à sa présidence.
Malgré les critiques du comité de suivi des accords d'Arusha à l'encontre du gouvernement, en particulier en ce qui concerne la modification de la composition ethnique de l'armée et de l'administration i.e. une dé-tutsiification de ces deux institutions, l'exécutif hutu-tutsi fonctionne. Le 7 juillet 2003, les forces des FNL-FDD (Forces de Libération Nationales-Forces de Défense de la Démocratie, hutues) attaquent Bujumbura ; 40000 habitants fuyent la capitale.
Les Twa ne représentent plus que 1% de la population burundaise mais n'ont jamais été l'objet de massacres. Ils sont toutefois considérés par les 2 autres ethnies come « impurs » : on ne doit ni boire, ni manger avec eux. En contrepartie ils bénéficient d'une liberté de parole dans la société (même du temps des mwamis). Ils peuvent être comparés aux fous des cours royales européennes du Moyen Âge.
Les deux autres ethnies du Burundi sont les Hutus et les Tutsis, mais cette vision n'est pas exempte d'interprétation idéologique : au-delà de la notion d'ethnie, sujette à débat dans la communauté africaniste, beaucoup voient dans les Hutu et Tutsi un peuple de même origine que seule une différence de classe entre les pasteurstutsi et les agriculteurs Hutu sépare.


