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La langue française s'établit de façon permanente en sol américain avec la fondation de Québec par Samuel de Champlain en 1608, toutes les tentatives de colonisations antérieures s'étant soldées par des échecs. Il faudra cependant attendre la formation du Conseil souverain de 1663 pour que les colonies de la Nouvelle-France se développent réellement.
En 1627 et 1663, quelques milliers de colons français débarquèrent en Nouvelle-France, soit au Canada ou en Acadie. Les provinces françaises les mieux représentées lors de ces migrations sont les celles du nord-ouest, soit la Normandie, l'Aunis, la Perche, la Bretagne, Paris et l'Île-de-France, le Poitou, le Maine, la Saintonge et l'Anjou. Le premiers colons étaient donc majoritairement des non-francophones sauf pour les immigrants de la région de Paris, qui devaient vraisemblablement parler une forme de français populaire.
Parmi les locuteurs normands, picards, aunisiens, poitevins et bretons, plusieurs comprenaient la langue du Roy comme deuxième langue. Graduellement, un transfert linguistique s'est opéré en faveur du français, menant à l'unification linguistique de toutes les ethnies venues de France. Selon plusieurs sources, les Canadiens parlaient déjà tous le français vers la fin du 17e.
Le 13 septembre 1759, Québec, capitale politique de la Nouvelle-France, donc du Canada, est prise par l'armée anglaise. Les conséquences de cet événement transformeront la situation linguistique du Canada de façon drastique.
Selon les termes du traité de capitulation de Montréal de 1760, l'armée française quitte le territoire conquis. L'élite dirigeante, composée de membres de l'aristocratie française et de hauts commerçants français fait de même. Ne reste que le peuple, le clergé catholique, la petite bourgeoisie et les gens de l'administration civile, pour l'immense majorité nés au Canada. Les gens qui restent au pays deviennent sujet britanniques. Peu de temps après la conquête, le général britannique Jeffrey Amherst met sur pied un gouvernement militaire provisoire qui perdure jusqu'en 1763.
En 1763, la France cède le Canada à la Grande-Bretagne par le traité de Paris. Très rapidement, la nouvelle élite monarchiste décide du sort des colons francophones : ils seront assimilés, c'est-à-dire qu'ils seront amenés à se fondre dans la société anglophone et protestante du royaume britannique. Le 7 octobre, la Proclamation royale britannique vient définir les nouvelles conditions politiques du Canada. Le territoire de la colonie, renommé la « Province of Quebec » est réduit à la zone habitée le long du fleuve St-Laurent. James Murray est nommé gouverneur et devient responsable d'implanter la politique britannique concernant la colonie. Il doit favoriser l'immigration anglaise, implanter la religion officielle - l'anglicanisme - et les structures administratives et judiciaires anglaises.
Le transfert de pouvoir amène l'administration britannique et l'implantation graduelle de colons britanniques anglophones. En remplacement des nobles et des grands bourgeois français, débarquent des nobles et des grands bourgeois anglais et écossais en provenance des Îles britanniques et des colonies anglaises du sud. Le commerce passe rapidement aux Anglais qui s'installent à Québec. À cause du « serment du test », tous les catholiques sont légalement exclus des fonctions publiques. Il ne reste plus aux Canadiens qu'à cultiver leurs terres pour subsister.


