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A l'époque antique, le Languedoc-Roussillon formait la province Narbonnaise, rattachée très tôt à l'empire romain. Au Ve siècle, les Wisigoths s'y installèrent, formant la Septimanie.
Cette province fut temporairement dominée par les Arabes, avant d'être conquise par Charlemagne, qui la nomma marche de Gothie. À l'époque féodale eu lieu une grande fragmentation politique : les comtés de Roussillon et de Cerdagne, de langue catalane passèrent dans l'orbite des comtes de Barcelone, devenus rois d'Aragon, alors que les vicomtés du nord (Carcassonne, Béziers, Nîmes, Agde) passèrent sous la domination de la maison Trencavel, puis après la Croisade des Albigeois sous celle du roi de France. Le traité de Corbeil de 1258 entérina cette division : les Corbières formèrent la frontière entre le royaume de France et le royaume d'Aragon. Seule unité à cette époque entre le Bas-Languedoc et le Rousillon-Cerdagne : la province ecclésiastique de Narbonne de laquelle dépendaient les évéchés de Béziers, d'Elne, de Saint-Pons-de-Thommières, de Saint-Papoul, de Maguelonne, de Nîmes, d'Uzès, d'Agde et de Mende. Le royaume de Majorque qui exista aux XIIIe et XIVe siècles fut le seul à rassembler des territoires des deux côtés des Corbières, puisqu'il rassemblait outre le royaume de Majorque proprement dit, le comté de Roussillon, celui de Cerdagne et la seigneurie de Montpellier. Montpellier fut vendue au roi de France en 1344 et Majorque annexé par les rois d'Aragon.
En 1659 le traité des Pyrénées rattacha le Roussillon et le nord de la Cerdagne au royaume de France, mais les provinces de Languedoc et de Roussillon restèrent séparées administrativement
Lors du découpage des régions, le Languedoc-Roussillon paraît une construction géographique fragile. Plusieurs de ses départements regardent en effet vers des préfectures régionales voisines: le Gard vers Marseille, la Lozère est enclavée au sud du Massif central, l'Aude et les Pyrénées-Orientales vers Toulouse voire vers la Catalogne espagnole.
La ville de Montpellier dans l'Hérault est choisie pour préfecture régionale par sa position géographique peu excentrée, alors que son importance est équivalente à Perpignan, Carcassonne, Nîmes et même Béziers.
Cet équilibre change rapidement dans les années 1960 avec l'arrivée de 25 000 rapatriés à la fin de la guerre d'Algérie et l'implantation de la société d'informatique IBM (4000 emplois directs plus les sous-traitants locaux). Le moteur économique est en place.
Ensuite, le moteur politique est le maire Georges Frêche (PS) élu à la fin des années 1970 et qui lance de nombreux projets d'aménagements urbains pour attirer habitants et entreprises. Montpellier devient une véritable métropole régionale que jalousent les autres départements de la région. Cette mésentente entre « Montpellier la surdouée » (slogan publicitaire de la mairie de Montpellier) et le reste de la région se traduit dans l'opposition entre le maire de la capitale régionale et le président du Conseil régional d'alors, Jacques Blanc (UMP).
Alors que la région est sociologiquement à gauche (les conseils généraux de l'Aude, du Gard, de l'Hérault et des P-O, les grandes villes), Jacques Blanc parvient durant 18 ans à rassembler une majorité à chaque élection, quitte pour cela, à s'allier ponctuellement au Front national, comme en 1998. Élu de Lozère il encourage cependant une politique de développement de l'ensemble de la région. C'est lors des élections régionnales de 2004 que Jacques Blanc est battu par son vieux rival socialiste. Parmi les propositions les plus médiatisées de Georges Frêche, en tant que nouveau président du conseil régional, se trouve la volonté d'abandonner le nom de Languedoc-Roussillon au profit de celui de la Septimanie, nom de la région de l'époque romaine jusqu'au début du Moyen Âge.
En 1993, la région organise les Jeux Méditerranéens.
Histoire de la province du Languedoc. Histoire de la province du Roussillon.


