Histoire du sionisme
XIXe siècle
- 1806 : La ville de Jérusalem
compte environ 12 000 habitants dont 3 000 Juifs
- 1811 : Avec Napoléon, Chateaubriand écrit « Le Voyage de Paris à
Jérusalem » qui fut à l'époque une des meilleures ventes de la littérature.
- 1840 : Affaire de Damas, à un moment (1840-1841) où la Syrie était
occupée par les troupes de l’Egyptien Ibrahim Pacha.
- 1841 : La création du poste de grand Rabbinat de Jérusalem est l'une des conséquences directes de l'affaire de Damas,
- 1860 : Fondation de l’Alliance israélite universelle ou (AIU), par la volonté d'Adolphe Crémieux, un Juif d’une très ancienne famille provençale qui
joua un grand rôle en tant que révolutionnaire en 1848 et de ministre sous la Troisième
République française. L'AIU devint un vecteur des valeurs culturelles et spirituelles de la France républicaine et un agent
d’influence et de renseignements du Quai d’Orsay (ministère des Affaires étrangères).
- La ville de Jérusalem compte environ 15 000 personnes, dont la moitié de
Juifs, le quart de musulmans, le quart de chrétiens.
- 1862 : Moses Hess publie « Rome et Jérusalem ».
- 1866 : Le Suisse Henri
Dunant (1828-1910), fondateur de la Convention de Genève et de la Croix Rouge, constitue La Société Nationale Universelle pour le Renouvellement de
l'Orient, et lance un appel suggérant que les colonies juives naissantes en Palestine soient déclarées diplomatiquement
neutres, tout comme la Suisse.
- 1869 : L'Alliance israélite universelle crée l'école agricole de Mikveh Israîl près de Jaffa à l'instigation de
Charles Netter, un de ses
fondateurs. De cette école vont sortir des générations d’agriculteurs juifs qui sauront faire « fleurir le
désert ».
- 1871 Création de l’Anglo-Jewish
Association (AJA) qui sera l'alliée critique de l’Alliance israélite universelle.
- 1873 : Les territoires allant de Ramallah-Jaffa, au nord, jusqu’à l’Égypte, au
sud, relèvent désormais directement des autorités de Constantinople.
Jusque là, la Judée et la Samarie relevaient de l’administration de Damas, alors
que la Galilée relevait de Beyrouth.
- Création à Vienne d'une branche dissidente de l'Alliance israélite universelle avec l’Israelitische
Allianz.
- Création du terme antisémite par un journaliste de Hambourg, Wilhelm Marr, dans son article : La Victoire du judaïsme sur le germanisme.
- 1879 : Le député britannique Laurence Oliphant après un
voyage en Transjordanie, chercha à persuader le Sultan d'accorder des terres aux Juifs sous une charte de colonisation. En
1880, il publia « Le pays de Gilead », dans lequel il préconise
l'installation de Juifs à l'Est du Jourdain, sous la suzeraineté ottomane et la protection britannique
- La population juive de Palestine est estimée à 24 000 personnes.
- 1881 : Eliezer
Ben-Yehuda s'installe à Jérusalem et renouvelle l'usage de l'hébreu. L'assassinat du tsar Alexandre Ier est suivi de la première vague de pogroms à
l'encontre des Juifs dans l'Empire russe. C'est le début de la première vague d'immigration juive (aliya ou
alyah), des Juifs venus de Russie, de Roumanie, et du Yémen viennent s'installer en Palestine.
- 1882 : Léon Pinsker publie « L'auto-émancipation des Juifs » dans lequel il défend l'idée de
la création d'un État juif.
- Fondation de l'organisation Bilou (Beith Israël Lekhou Vena'ale), premier mouvement haloutsique (pionnier) en Ukraine.
- Des lois antisémites sont promulguées en Russie.
- Première aliya de Juifs en Palestine.
- Ouverture de l’école juive de garçons de Jérusalem.
- 1883 :
- Début des activités d'implantation de colonies juives (Eretz Israël) par le baron Edmond de Rothschild en
Palestine. Il voulait, en s’inspirant des méthodes de culture expérimentées par
ses jardiniers en Algérie et importer dans ses colonies la culture du vin du
Bordelais (où son père avait un cru) et des parfums de Grasse (où sa tante avait une villa qu'elle lui légua).
- Inauguration de la ligne Orient Express reliant Paris à
Constantinople.
- 1884 : Création à Kattowicz en Pologne du mouvement des
Amants de Sion, créé lors de la conférence des Hoveveï Sion, à Jassy, en Roumanie.
- 1886 : Le terme sionisme est employé
pour la première fois par Nathan Birnbaum, et va rentrer rapidement dans le langage courant.
- 1890 : Le comité d'Odessa reçoit une reconnaissance légale.
- Début de la deuxième vague d'immigration juive (aliya ou alyah), de Juifs en provenance de Russie.
- 1891 : Création de la Jewish
Colonization Association (ICA ou JCA) par le baron de Hirsch.
- 1892 : Le terme "sionisme" commence à entrer dans le langage courant.
- 1894 : Condamnation en France de l'officier Dreyfus.
Fondation du mouvement sioniste
Le fondateur du mouvement sioniste fut Theodor Herzl (1860-1904), par
son ouvrage « L'État juif, recherche d'une réponse moderne à la question juive », (Der Judenstaat),
publié en 1896. C'était un jeune journaliste hongrois d'origine juive qui avait suivi à
Paris le déroulement de l'Affaire Dreyfus, et avait assisté à la cérémonie de dégradation dans la cour des Invalides en 1894. Révolté par l'antisémitisme ambiant, il en avait tiré la conclusion qu'il est illusoire pour
les juifs de chercher leur salut dans l'assimilation et qu'ils doivent posséder leur propre État. Cet État doit être en mesure
d'offrir un refuge à tous les juifs qui viendraient à être persécutés.
Les habitudes d'organisation du peuple en juif en exil en communauté politique homogène, le climat d'antisémitisme qui les
entourait, ne pouvait aboutir qu'à un heurt idéologique et religieux avec le peuple arabe vivant sur le même espace. Pour
préparer leur implantation, il leur fallait donc conquérir la terre, et pour cela le mouvement sioniste s'est organisé sur
plusieurs niveaux : la diplomatie, la mobilisation des ressources financières, l'achat de terres, les lois, le bras armé, le
déplacement de population et la préparation de l'occupation. En 1895, il se convertit au
[[sionisme] et le 15 février 1896,
il publie « L'État juif - Der Judenstaat ».
Le mouvement réussit à mettre en place les structures de son projet avec :
- 1897 : ** 1er Congrès sioniste à Bâle sous la direction de Theodor Herzl, avec la promulgation de la Déclaration de
Bâle selon laquelle le sionisme a pour but la création d'un foyer national
juif, et la création des organes de l'Organisation sioniste mondiale, chargée de la mobilisation politique. Theodor Herzl en est nommé son premier président.
- Lors de ce congrès le pasteur luthérien allemand Johann Lepsius, défenseur de la cause arménienne, persécuté par les autorités allemandes qui
soutenaient le gouvernement ottoman, tenta de lier la cause des deux peuples dispersés, dans son rapport intitulé :
« Arméniens et Juifs en exil, ou l'avenir de l'Orient compte tenu de la question arménienne et du mouvement
sioniste ».
- Crise antijuive en Algérie.
- 1898 : 2e Congrès sioniste de nouveau à Bâle.
- Rachid Rida parle pour la
premiére fois du sionisme.
- 1899 : 3e Congrès sioniste toujours à Bâle,
- lancement de la Banque coloniale juive, chargé de générer le financement des activités pour l'achat de terres en
Palestine.
- Le baron Edmond
de Rothschild décide du transfert de ses colonies en Palestine à la ICA.
- Echange de correspondance entre Herzl et Khalidi, notable d'une des grandes familles arabes palestiniennes de Jérusalem.
- Révision du procés de l'officier Dreyfus en France
- 1900 : 4e Congrès sioniste à Londres.
- La ville de Jérusalem compte environ 60 000 personnes. Les Juifs
représentent les deux tiers de la population soit 40 000 Juifs dont 25 000 sépharades.
- 1901 : 5e Congrès sioniste à Bâle,
- création du Fonds
national juif, chargé de l'achat des terres en Palestine.
- Création du Keren Kayemeth LeIsraël (K.K.L.), base du domaine foncier public israélien.
- Création à Berlin de la Hilfsverein der Deutschen Juden par James Simon, industriel des cotons et ami
du Kaiser.
- Accord de
Mytiléne entre la France et l'Empire ottoman concernant les intérêts français en Palestine.
- 1902 :
- Projet de colonisation juive du Sinaï. Mais, pour que ces organisations
deviennent réellement efficace, il fallait que leur action soit libre dans un cadre territorial et juridique nouveau. Seule la
grande guerre, lors de laquelle le vieil Empire ottoman va s'engager
dans le conflit de la Première Guerre mondiale
aux côtés de l'Allemagne et de l'Autriche-Hongrie, puis le mandat britannique qui s'ensuivit sur la Palestine, fournira le cadre favorable
à l'établissement d'un Foyer national juif.
- Dans son ouvrage roman d'anticipation « Terre ancienne, terre nouvelle (en hébreu, Tel Aviv), Theodor Herzl, évoque la vie dans le futur État et décrit le sionisme comme « un poste avancé de la civilisation, un rempart de l'Europe contre
l'Asie, s'opposant à la barbarie ».
- Albert Antébi et le
grand rabbin sépharade Meir se sont agresser par des extrémistes ashkénazes manipulé par Ephraïm Cohn, directeur de l’école
allemande Lämel. Antébi déclare alors : « Ils prétendent que notre organisation est anti-juive parce qu’elle
refusait de donner du travail aux israélites et anti-religieuse parce qu’elle préfère les musulmans ou les chrétiens...
Allons-nous nous montrer intolérants, sectaires et exclusivistes parce que nous formons la majorité à
Jérusalem ? ». Tout le débat sur le sionisme est posé dans cette
phrase.
- 1903 : Le 6e Congrès sioniste, adopte le principe d'une installation en Palestine, dont le territoire était alors province de l'Empire ottoman. C'était un projet majeur pour le peuple juif qui impliquait une immigration en masse
des Juifs vers un territoire où vivaient déjà un peuple arabe, les Palestiniens.
- Ce congrès de 1903, donne une impulsion décisive au mouvement sioniste qui regroupe les
partisans du retour des Juifs vers la Terre promise de Sion. Il encourage les initiatives désordonnées de riches juifs, comme le
baron de Rothschild, et de juifs plus modestes en faveur d'une colonisation agricole. Cette colonisation est conduite au nom du
slogan : « Une terre sans peuple pour un peuple sans terre », et ne prend pas en compte la présence sur
place, en Palestine, d'habitants musulmans, chrétiens... ou même juifs, n'excluant pas d'expulser les indésirables.
- Création de l’Anglo-Palestine Bank (future Banque Leumi LeIsraël).
- Suite aux pogromes de Kishinev, le gouvernement britannique de Chamberlain propose à Theodor Herzl de lui donner l'Ouganda pour y créer un foyer
juif.
- Deuxième vague de pogroms dans l'Empire russe qui dure jusqu'en 1906.
- 1904 :
- Décès de Theodor Herzl, David Wolffsohn (1856-1914), prend
la direction du mouvement sioniste.
- Début de la troisième vague d'immigration des juifs (aliya) vers la Palestine.
- Création du Comité de la langue hébraïque (Va'ad Halashon).
- 1905 : 7e Congrès sioniste à Bâle au cours duquel il est décidé de repousser
définitivement la proposition de l'Ouganda, ainsi que toute alternative à la Palestine. Les « territorialistes », qui
voulaient absolument « un territoire », opérent une scission.
- Azoury publie au Proche-Orient « Le réveil de la nation arabe ».
- 1906 : David Ben Gourion (David Green) arrive en Israël.
- Fondation du premier lycée hébraïque à Jaffa.
- Fondation de l'École des Arts Bezalel à Jérusalem.
- 1907 : 8e Congrès sioniste à La
Haye.
- 1908 : Ouverture près de Jaffa du Bureau
palestinien destiné à organiser l'achat de terres par le Dr Arthur Ruppin (1876-1943), ainsi que du Palestine Land Development Company (PDLC). En mars, incidents à Jaffa entre Juifs et
Arabes.
- Suite à la révolution des " Jeunes Turcs " en juillet, des élections ont lieu dans l'Empire ottoman et en Palestine.
- 1909 : Fondation d'un petit bourg juif à proximité de Jaffa qui deviendra la
ville nouvelle de Tel Aviv.
- Création du premier kibboutz.
- Campagne antisioniste du journal arabe « al-Karmil » (le Carmel) d'Haïfa.
- Incidents entre Juifs et Arabes en Galilée qui aboutissent à la création de la premiére milice juive, le Hashomer, et du premier groupe organisé
d'auto-défense (Haganah)
- 1910 : 9e Congrès sioniste à Hambourg.
- Fondation de Degania Alef, la « mère des kiboutzim ».
- Dans la ville de Jérusalem, le rapport entre sépharades et ashkenazes
s'inverse.
- Révolte des Bédouins de Transjordanie.
- Développement d'un autonomisme arabe dans l'Empire ottoman.
- 1911 : 10e Congrès sioniste à Bâle.
- Début de la parution du journal nationaliste arabe "Falastin" (Palestine) à Jaffa.
- 1912 : Déclaration du président de la république française Raymond Poincaré sur l'avenir de la Syrie.
- 1913 : 11e Congrès sioniste à Vienne.
- Création du Comité France-Palestine par Albert Antébi, sous les auspices du rabbin Maurice Liber et du ministre français,
socialiste et pacifiste, Aristide Briand (1862-1932). Albert Antébi est le fils du
rabbin Joseph et petit-fils d'un patriote ottoman mort dans les troubles de 1860.
- Guerre des
langues pour le choix de la langue d’enseignement (allemand ou hébreu) au Technion de Haïfa.
- En avril, contacts entre sionistes et nationalistes arabes au Caire.
- En juin, Congrés arabe à Paris.
- 1914 : Unification du mouvement sioniste américain (août). La population juive de
Palestine est estimée à 60 000 personnes, contre 570 000 Arabes musulmans et 75 000 Arabes chrétiens.
- Nouvelle négociation arabo-sioniste.
- La guerre des langues s'étend dans les écoles juives de Palestine.
- En août, Brandeis unifie le mouvement sioniste américain.
- Le 3 novembre, l'Entente déclare la guerre à la Turquie lors de la Premiére Guerre Mondiale. Fin 1914, expulsion des
ressortissants des puissances ennemies hors de la Palestine (juifs et non-juifs). En décembre, établissement du protectorat
britannique sur l'Égypte.
- 1915 : En pleine guerre, la Grande-Bretagne, la France et la Russie, planifient, dans le plus grand secret, le partage du Proche-Orient et définissent les contours de leurs
futures zones d'influence. Ils pensent que la Palestine est un cas particulier, du fait de l'enjeu symbolique que constituent les
lieux saints, et doit bénéficier d'un statut international.
Cependant, pour gagner la guerre, la diplomatie britannique va chercher à gagner, des peuples jusqu'alors soumis à l'Empire ottoman et les associer indirectement à ce projet de
démantèlement : les Arabes, bien sûr, mais aussi les Juifs et en particulier les puissantes communautés juives de Russie et des États-Unis, en leur promettant de satisfaire la revendication du mouvement sioniste, dans son projet
de création d'un État juif en
Palestine.
-
- En janvier 1915, pénétration des troupes britanniques dans l'Empire ottoman.
- Mémorandum d'Herbert
Samuel sur l'avenir de la Palestine.
- En juillet, négociations secrètes des Britanniques avec Hussein le Chérif de La Mecque pour la mise en place au Proche-Orient
d'une entité musulmane indépendante de la Turquie.
- En août, exécutions des nationalistes arabes par les Ottomans.
- 1916 : En mars, début du soulévement arabe contre les Turcs.
- Accord secret anglo-russe sur la délimitation de zones d'influence au Moyen-Orient. Cet accord sera rendu caduc par la
révolution russe d'octobre 1917.
- Le 16 mai, l'accord
Sykes-Picot redéfinit la nouvelle carte géo-politique du Moyen-Orient. La Palestine est défini comme zone internationale,
comprenant Saint-Jean-d'Acre, Haïffa et Jérusalem.
La déclaration Balfour
- 2 novembre 1917, Arthur Balfour, ministre britannique des Affaires étrangères par sa déclaration, adressée au
Baron Edmond de
Rotschild en Angleterre, promet au peuple Juif, la création d'un Foyer national juif en
Palestine, mais il ne s'agit pas encore d'un État juif, en ce sens il respectait aussi la doctrine évangélique qui affirme que « Les Juifs doivent
d'abord retourner à Sion et ensuite viendra le drame final », et « Il enverra ses anges avec la trompette
retentissante et ils rassembleront ses élus des quatre vents » (Mathieu 24,31).
- Décembre 1917 : conquête de la Palestine par l'armée britannique. Le général
Allenby entre à Jérusalem.
- Novembre 1918, les gouvernements français et britannique proclament leur soutien à l'
« émancipation » des peuples libérés du joug ottoman, mais les arabes de Jérusalem s'inquiètent du fait que les territoires palestiniens soient séparés de la Syrie historique, et
revendiquent l'unité Syrienne. Le quotidien juif « Haaretz » est fondé.
- 1919 :
- À la mort d'Albert
Antébi, en mars, on trouva, les notes suivantes : « Le monde est à la réalisation des rêves. - Le principe des
nationalités devient la charte de l’Europe, pourquoi donc le peuple juif ne réussirait-il pas comme son contemporain le
Grec ? - Il est dispersé ? (...) Mais l’on transplanterait vite quelques millions de la Russie. - L’étendue de la terre
palestinienne est minime, elle n’atteindrait pas 30 000 km² ? (...) On n’a qu’à lui adjoindre la Transjordanie, la
presqu’île du Sinaï, le désert de la Syrie (...) - Que ferait-on d’un million d’Arabes qui y résident ? (...) On les
transfèrerait progressivement dans les territoires libre de la Mésopotamie et de la Caramanie. - Mais pour cette transplantation,
il faut du temps et de l’argent ? (...) Les Juifs sont riches, ils ont connu trois exils, ils sont dispersés depuis deux
mille ans, ils mettraient cent ans pour se rassembler (...) Mais qui règlerait ces données et aplanirait ces difficultés ?
(...) La conférence de la paix et Wilson (...) Et ainsi, tout devient facile et plausible aux rhéteurs et discoureurs. Les
réalistes restent sceptiques (...) Ils voient comment les généreux rêves de Wilson fondent à la discussion des réalités. (...)
Oui, les Juifs triompheront par la reconnaissance de leur nationalité ; jouissant d’une autonomie administrative, partout où
ils forment des agglomérations compactes comme dans certains secteurs en Galicie, Ukraine, Pologne, Bohême, etc., possédant droit
de cité en Palestine avec une immigration illimitée et organisée, une colonisation élargie, une autonomie administrative et une
coopération politique favorisée, sans sacrifier pour cela le droit des habitants indigènes actuels, Chrétiens levantins ou Arabes
musulmans, et les privilèges des Lieux-Saints. (...) Le système cantonal suisse, avec un conseil fédéral, sous le protectorat
interallié ou un condominium franco-anglais attribuant aux immigrants juifs les terres sans propriétaires, sans donner libre
passage aux bolchevistes germano-russes, constituera la formule diplomatique conciliant tous les intérêts ».
- À Jérusalem, le 1er Congrès des Associations islamo-chrétiennes de Palestine, au
moment même où se tenait la Conférence de la paix à Versailles, élève une « véhémente
protestation » contre la déclaration Balfour,
car selon leurs informations : « leur pays deviendrait une patrie nationale » pour les Juifs.
- Une commission américaine (commission King-Crane), venue au Proche-Orient s'enquérir des « vœux des
populations » préconise la sauvegarde de cette unité syrienne.
- Accord entre Fayçal 1er de Syrie et Ham Weizmann, qui deviendra président de l'Organisation sioniste mondiale l'année d'après. La possibilité d'une coopération judéo-arabe
apparaît.
- David Ben Gourion, Berl Katznelson et Itzhak Tabenkin fondent le parti
travailliste israélien (Mapaï).
- En 1920 :
- 29 février : Joseph Trumpeldor, tombe héroïquement en défendant Tel Haï, en Haute-Galilée.
- 4 avril : Lors de la fête traditionnelle musulmane du Nabi Moussa, transformée en manifestation pour l'unité syrienne,
des violences éclatent entre Juifs et Arabes, et la situation tourne à l'émeute.
- 25 avril : L'activisme politique du président de la Fédération sioniste britannique, Chaïm Weizmann, aboutit à ce
qu'à la Conférence de San Remo, la déclaration Balfour soit incluse dans les attendus du mandat britannique sur la Palestine que la Société des Nations approuvera deux années plus tard. Par cet acte, la Grande-Bretagne, choisit de
soutenir le sionisme plutôt que l' arabisme pour imposer son contrôle sur la
Palestine.
- Sir Herbert Samuel est
nommé haut-commissaire du Mandat britannique sur la Palestine.
- En 1921 : De passage à Jérusalem, le jeune secrétaire d'État britannique aux Colonies, Winston Churchill, reçoit une délégation islamo-chrétienne qui lui déclare : « Si les
sionistes n'étaient venus en Palestine que comme des hôtes, ou si les choses en étaient restées à ce qu'elles étaient avant la
guerre, il n'y aurait pas de problème Juifs et de non-Juifs. Mais c'est l'idée d'une Palestine transformée en un Foyer national
juif que les Arabes rejettent et combattent ».
- Publication du Livre blanc du secrétaire d'État britannique aux Colonies, Winston Churchill, où il définit le « foyer national juif ».
- En juin, le Haut-Commissaire Herbert Samuel décide de la restriction de l'immigration juive en Palestine.
- Les mouvements palestiniens refusant de cautionner la construction d'un Foyer national juif, ils
rejettent toute participation aux institutions politiques du mandat britannique, à l'exception de la gestion des affaires
religieuses.
- David Ben Gourion (1886-1973) fonde la centrale syndicale
« Histadrouth » (Confédération générale des travailleurs juifs).
- 1922 : La Transjordanie (partie orientale du territoire mandataire britannique)
devient un émirat automonme. Elle est soustraite à l'immigration juive.
- 1923 : En août, 13e Congrès sioniste à Carlsbad.
- 1924 : Début de la 3e vague d'immigration des juifs (aliya) vers la
Palestine, en provenance essentiellement de la Pologne.
- Fondation du Technion de Haïfa.
- 1925 : Fondation de l'Université hébraique de Jérusalem sur le Mont Scopus.
- En août, 14e Congrès sioniste à Vienne. Début de la crise économique en
Palestine.
- 1926 : Grave crise économique dans la communauté juive (yichouv), avec une forte
extension du chômage.
- 1927 : 15e Congrès sioniste à Vienne.
- 1928, la Palestine vivait jusqu'en 1926 dans un
calme relatif, mais la communauté juive -le yichouv - depuis, traversait une crise profonde. Le tarissement de l'immigration
juive permet même de parler de « banqueroute du projet sioniste ». Cette année là, la commémoration par les
juifs sionistes de la destruction du Temple par les Romains se radicalise et est ressentie comme une provocation par la
communauté musulmane. De nombreux incidents ont lieu près du mur des Lamentations.
- Peu après des rumeurs commencent à circuler, au sujet d'un complot juif, dont le but de s'emparer de l' Esplanade des
mosquées.
- 1929 : La rumeur aboutit à des émeutes qui prennent des allures de pogrom
anti-juif; massacres à Hébron puis à
Safed : 113 juifs tués et 339 autres
blessés. Or devant la montée du nazisme, de nombreux juifs d'Europe centrale continuent d'arriver en Palestine, apportant des
capitaux et achetant de plus en plus de terres arabes.
- En juillet, 16e Congrès sioniste. l'Agence juive pour la Palestine s'élargit à des non-sionistes et devient officiellement
l'Agence juive.
- 1930 : Publication du second Livre Blanc britannique, prévoyant de limiter pour la
première fois l'immigration des Juifs en Palestine.
- En 1931 : Fondation de l' Irgoun Tzva'i Leumi
(Etzel), organisation juive clandestine de tendance révisionniste, qui est une dissidence de la Hagana.
- Création aux États-Unis de l'American
Palestine Committee.
- 13 février : Lettre du Premier ministre britannique McDonald à haïm Weizmann dans laquelle il
s'engage à abroger les dispositions prises dans le Livre blanc Passfield.
- Juin : 17e Congrès sioniste à Bâle lors duquel Sokolow remplace Haïm Weizmann à la direction de
l'Organisation sioniste.
- En 1933 :Adolf Hitler accède
au pouvoir en Allemagne. C'est le début de la 5e aliya, principalement
en provenance d'Allemagne et des territoires contrôlés par les Allemands.
- en octobre, à Haïfa, des émeutiers
arabes s'en prennent aux autorités britanniques qu'ils considèrent comme responsables des progrès du sionisme.
- 1934 : Début de la Hapa'alah, entreprise d'immigration illégale de réfugiés juifs alors que leur nombre dépasse
les quotas imposés par les Anglais.
- Automne 1935 : une révolte populaire arabe éclate, avec une nette coloration
d'islam populiste et de guerre sainte, menée par le cheikhIzz al-Din al-Qassam. Après la mort de leur chef, en novembre, une
grève générale est lancée pour obtenir l'arrêt de l'immigration juive et la vente des terres aux juifs. Elle se prolongera
jusqu'en octobre 1936.
- En 1936 : Début de l'opération Homa Oumigdal (murailles et
tour), qui est une entreprise d'implantations aboutissant, de 1936 à 1939, à 51 nouvelles localités créées chacune en une seule nuit.
- Avril 1936 : Une révolte arabe, poussée par le grand mufti de Jérusalem, Haj Amin al Husseini,
déclenche des troubles sanglants. La Hagana
réagit efficacement.
- 1937 : La commission britannique Peel, propose un projet de partition de la
Palestine entre Juifs et Arabes. Le gouvernement britannique finit par accepter
le principe de cette recommandation. Il s'agit là du premier texte suggérant le partage du pays entre Juifs et Arabes. En ce sens
il peut être considéré comme le texte fondateur de l'Israël moderne.
- Des groupes armés arabes s'en prennent aux Britanniques, aux Juifs et aux « traîtres arabes ». Les
Britanniques mènent une dure répression, et en deux années réussissent à vaincre et à décapiter ce mouvement national
palestinien.
- En 1939 :
- 3 mai : Publication du 3e Livre Blanc (de MacDonald) qui prévoit de limiter très fortement le quota
d'immigration des Juifs en Palestine.
- 1er septembre : début de la Seconde Guerre
mondiale. David Ben Gourion déclare : « Nous
ferons la guerre comme s'il n'y avait pas de Livre Blanc, et nous combattrons le Livre Blanc comme si la guerre n'existait
pas ». Création du mouvement clandestin Le'hi.
- En 1941 : Création des commandos de guerrilla de la Haganah : Palma'h (sections de choc).
- 20 janvier : la Conférence de Wannsee
décide de la Solution finale pour l'extermination du peuple juif, qui aboutira
à l'élimination d'un tiers du peuple juif.
- Février : naufrage du bateau Struma contenant 767 réfugiés juifs qui s'étaient vus refuser l'entrée en Palestine.
- Haj Amin al
Husseini scelle une alliance avec Hitler, et plaide pour résoudre le problème des Juifs au Moyen-Orient « selon les
méthodes de l'Axe ».
- De 1943 à 1944 : Les parachutistes
juifs-palestiniens de l'armée britannique tentent de renouer le contact avec les Juifs des pays occupés; sept d'entre eux y
laisseront leur vie.
- La Brigade juive de Palestine forte de 30 000 combattants, participe à la guerre, comme partie intégrante de l'armée
britannique.
- De 1945 à 1946 : La Haganah, l'Etzel et le Le'hi, se réunissent de façon temporaire.
- 1946 : Les immigrants juifs illégaux sont déportés par les Anglais dans des camps
de personnes déplacées à l'île de Chypre.
- 22 juillet : l' Irgoun (le Etzel ) fait sauter l'aile droite de l'Hôtel King David à Jérusalem (qui abritait l'état-major du Mandat britannique).
- La Transjordanie acquiert
son indépendance et devient le Royaume Hachémite de Jordanie.
- Juillet 1947 : le bateau Exodus est expulsé des côtes de Palestine vers l'Europe, portant à son bord 4,500 survivants de la
Shoah.
Création d'Israël
- En novembre 1947 : Alors que l'idée d'un État-refuge en Terre sainte pour les rescapés de l'holocauste s'impose dans l'opinion occidentale, comme si elle se déchargeait ainsi de sa propre culpabilité sur
la Palestine, le plan de partage de la Palestine, est présenté par l'ONU comme solution au conflit entre les Juifs et les Arabes,
octroyant, au nouveau État juif, 54% du territoire. Le vieux projet sioniste a finit par aboutir le 29 novembre
1947.
- Pour les mouvements sionistes, ce plan de novembre 1947, rejetté par les dirigeants palestiniens, est une énorme victoire,
car ce partage est la reconnaissance de la fondation du nouveau État d'Israël,
qu'ils appellaient de tous leurs vœux et un point d'appui susceptible d'extensions ultérieures.
- Entre mai et octobre 1948, la guerre israélo-arabe va chasser de leurs terres et de
leurs maisons, plus de huit cent mille palestiniens, en majorité des paysans, sur les routes de l'exil. La palestine qui comptait
plus d'un million d'habitants (musulmans et chrétiens) se vide de 90% de sa population.
- Les dirigeants des mouvements sionistes estimaient, à l'époque, que les pays arabes voisins, en particulier l'Irak et la
Syrie, avaient les capacités en terme de place, de finances et de culture, d'intégrer les réfugiés sur leur territoire et dans
leur population.
- À partir de là, et pendant les années qui suivirent, six à neuf cent mille juifs des pays arabes vont être exilés de chez
eux, dépossédés de leurs terres et biens, harcelés par les populations et les autorités. Cela mit fin à l'antique civilisation
juive d'Orient, les pays arabes s'étant vidés de la quasi-totalité de leurs Juifs, dorénavant réfugiés en Israël, en Europe et en
Amérique du Nord.
Voir aussi

