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Le Valais a été habité dès la préhistoire. Les seules traces de néanderthaliens retrouvés, vestiges datant du paléolithique, ont été découverts dans la région de Tanay et datent d'environ 32000 ans. En effet, la dernière glaciation, où de -25000 à -19000 le glacier du Rhône recouvrait l'ensemble du Valais, a probablement bouleversé irrémédiablement la plupart des traces humaines. Après le retrait glaciaire, des chasseurs-cueilleurs semblent avoir colonisé le Valais; néanmoins seule la grotte du Scex du Châtelard a livré quelques vestiges de ces chasseurs du paléolithique récent (-13000).
Un abri sous roche datant du mésolithique, vers -8000, a été découvert dans la région de Vionnaz. De la même époque des traces d'occupation humaine ont été retrouvés près de Zermatt attestant la présence de l'homme en altitude dès cette époque reculée.
On pense généralement que ce sont des pasteurs du sud des Alpes qui guidant les troupeaux à travers les cols alpins (Simplon, Théodule, col du Collon) ont amené les techniques agricoles du néolithique. Les villages sont alors situés en plaine, sur des cônes de déjection de rivière, sur le versant ensoleillé de la vallée. Le site de Sion semble déjà bien occupé au VIe millénaire et la chasse ne semble déjà plus n'être qu'une activité accessoire.
Au Ve millénaire, le néolithique moyen voit apparaître une culture originale, la culture de Saint-Léonard. Outre les influences du sud, des influences de l'ouest se font sentir. Alors que la métallurgie du cuivre est apparue sur le plateau suisse, aucune trace aussi ancienne de cette technique n'a été trouvée en Valais.
D'autres vestiges de cette époque ont été mis à jour (nécropoles à Glis, les premiers dolmens de la nécropole du Petit-Chasseur à Sion, par exemple). Près des cols alpins, de nombreux objets épars ont été retrouvés, témoin d'une probable intensification des échanges.
La culture de Saint-Léonard est particulièrement représentée à Sion et en amont. Elle est contemporaine de la culture de Pfyn qui, elle, connaissait déjà la métallurgie du cuivre natif. À la fin du néolithique final, on voit apparaître une métallurgie locale, mais très primitive.
Dès 2200 avant J.-C., différentes traces de l'âge du bronze ont été découvertes dans toute la vallée du Haut-Rhône.
Dès le IVe siècle avant notre ère, quatre tribus celtes se partagèrent la région : les Nantuates qui occupaient la région de Monthey, les Véragres dans la région de Martigny (alors appelée Octoduros), les Sédunes (leur oppidum était Drousomagos, l'actuelle Sion) et les Ubères (sur le territoire des actuels districts germanophones). Il convient de noter que ces quatre tribus ont plus de points communs avec les Lépontiens et les Salasses, leurs voisins du sud des Alpes, qu'avec les Helvètes leurs voisins du nord.
Jules César, à l'aide de la douzième légion romaine, sous le commandement de Servius Galba, tenta d'occuper Martigny, clé de l'accès au col du Grand-Saint-Bernard (Summus Poenus), mais les Romains furent repoussés lors de la bataille d'Octodure (automne -57).
En -15, après une campagne militaire menée par le futur empereur Tibère et Drusus, les tribus celtes des Alpes furent vaincues et l'empereur Auguste incorpora la région à l'empire romain (province de Rhétie-Vindélicie dont la capitale était Augsbourg). Chacune des quatre tribus forma une cité (civitas) romaine et elles semblent avoir gardé tout d'abord une grande autonomie: les documents parlent de chacune des cités indépendamment ou les désignent sous l'appellation générique des quatre cités valaisannes.
Sous le règne de Claude (41-54), le Valais fut détaché de la Rhétie-Vindélicie: Vallis poenina qui avait souvent le même gouverneur qu'une autre province alpine, la Tarentaise (Alpes grées). C'est à proximité immédiate de la celte Octodure que l'empereur fonda vers -47, le Forum Claudii Augustii bientôt renommé en Forum Claudii Vallensium, capitale de la civitas vallensium, unique cité regroupant les quatre anciennes cités.
La pax romana qui s'ensuivit permit l'essor de la région, située sur la route stratégique du Grand-Saint-Bernard. Durant l'incursion des Alamans, qui ont razzié tout le Plateau suisse vers 260, ceux-ci semblent avoir été repoussés à la cluse de Saint-Maurice. À la même époque, les localités en aval de la cluse, et en particulier Massongex, l'ancienne Tarnaiae capitale spirituelle des celtes du Valais, ont périclité.
Vers 303, la légion thébaine fut massacrée à Agaune (l'actuelle Saint-Maurice), son chef, Maurice, ayant refusé de renier le christianisme. Au IVe siècle, le premier évêque du Valais, Théodore, exhuma les restes des martyrs et y créa une basilique. Ces deux épisodes sont plus légendaires qu'historiques, étant relatés par une seule source du Ve siècle. C'est néanmoins dans la deuxième moitié du IIIe siècle que le Valais s'est peu à peu christianisé.
Lors de l'arrivée des Burgondes comme fédérés sur les terres de l'empire romain (434), le Valais semble ne pas avoir fait partie de la Sapaudia qui leur fut accordée. Il semble même qu'une immigration de notables en provenance de celle-ci eut lieu. Mais dès la fin de la puissance impériale en Gaule (454), préfigurant sa chute définitive de 476, le Valais fut rapidement incorporé au Royaume de Bourgogne: le futur roi Sigismond (en 515) fonda l'abbaye de Saint-Maurice. Fraîchement converti de l'arianisme au catholicisme, il fit de ce lieu le symbole de la foi de son peuple et un lieu de pèlerinage important.
L'histoire du Valais se confond alors avec celui de la Burgondie, bientôt annexée par la monarchie franque (534). En 574, l'abbaye de Saint-Maurice est détruite par les Lombards; le roi Gontran le fait reconstruire. Peu après, vers 585 et probablement pour le protéger des pillages et peut-être à la suite d'une tentative d'assassinat de l'évêque par des moines de Saint-Maurice, le siège épiscopal est déplacé d'Octodure à Sion, devenue entre-temps la principale cité de la région.
Le Valais fait partie de l'empire de Charlemagne, dont un corps expéditionnaire en route pour lutter contre les Lombards franchit le Grand-Saint-Bernard en 773, puis de la Lotharingie. C'est d'ailleurs à Worms en 839, lors du dépeçage de l'empire carolingien que l'on trouve la plus ancienne mention du comté du Valais, attribué à Lothaire. L'appartenance du Valais à la Lotharingie est confirmée lors du traité de Verdun en 843.
En 859, le Valais appartient à Louis II, roi d'Italie.
En 888, le comte d'Auxerre, Rodolphe, fonda le royaume de Bourgogne transjurane comprenant le Valais. Il fut d'ailleurs couronné roi à l'abbaye de Saint-Maurice.
C'est aux VIIIe et IXe siècle qu'une partie du Valais se germanisa, sous l'infiltration progressive, en provenance du Gotthard de populations parlant des dialectes alémaniques.
Les Sarrasins pillent Saint-Maurice en 940.
En 999, le roi Rodolphe III confia les droits comtaux à l'évêque de Sion et à ses successeurs. Ce document, La charte de donation de 999 ([1] ), établi à Cudrefin au bord du lac de Neuchâtel est le véritable acte fondateur du Valais comme État.
La féodalité se généralise peu à peu dans toute la région, alors que le trafic transalpin reprend peu à peu au cours du Xe siècle, conséquence de la stabilité retrouvée du continent.
En 1032, le comté du Valais est intégré au Saint Empire romain germanique au bénéfice de l'immédiateté impériale; l'évêque de Sion devient prince d'Empire.
Le Bas-Valais entra peu à peu dans le giron des comtes de Savoie; devant la menace, l'évêque Henri de Rarogne s'allie à Berne (1252), plaçant le comté dans la zone d'alliances relativement laches et incohérentes que l'on a dénommé la confédération bourguignonne : Pierre II de Savoie saisit le prétexte et envahit le Valais en 1260. Le château de la Bâtiaz à Martigny, celui du Crest à Ardon et le château de la Soie à Savièse tombent sous sa coupe et l'évêque est contraint de signer la paix fixant la frontière entre les deux États à la Morge de Conthey. Cette frontière fut réaffirmée en 1262. Le Valais était dès lors coupé en deux: le Haut-Valais indépendant au main de l'évêque de Sion, le Bas-Valais faisant partie des possessions savoyardes.
Dans le Haut-Valais quelques familles nobles arrivent à former des domaines conséquents: on peut noter particulièrement les seigneurs de la Tour qui dominent le Loetschental et la région de Niedergersteln.
La Savoie continue à avoir des prétentions sur le Haut-Valais; elle désire contrôler le col du Simplon. Les combats sont féroces, Sion est soumise plusieurs fois au pillage. En 1388, lors de la bataille de Viège, les patriotes haut-valaisans battent les troupes savoyardes. C'est la fin des vues savoyardes sur le Haut-Valais, qui se rapprochera alors des cantons confédérés.
Le prince-évêque doit alors se battre contre les grands féodaux du haut: les de la Tour, les de Rarogne sont tour à tour vaincus.
Une fois la noblesse affaiblie, c'est la bourgeoisie qui désire détenir le pouvoir temporel. Entre 1420, la chute de la famille des de Rarogne et 1634, l'abolition de la Caroline et la fin du pouvoir temporel de l'évêque, prince électif, c'est véritablement deux siècles de luttes, souvent violentes qui s'engagent, marquée par une participation aux guerres d'Italie et aux tentatives d'implantation de la Réforme, utilisée à des fins politiques.
En pleines guerres de Bourgogne, en 1475, l'évêque de Sion attaque Conthey possession de la Savoie, alliée de Charles le Téméraire. Ces derniers réagissent et la bataille de la Planta s'engage devant les murs de Sion (13 novembre 1475). La ville faillit tomber, mais l'arrivée de 3000 soldats confédérés ayant franchis le col du Sanetsch permet la défaite des troupes savoyardes. Les Valaisans occupent alors le Bas-Valais jusqu'au défilé de Saint-Maurice et l'annexent le 31 décembre 1476. Le Bas-Valais devient un pays sujet du Haut-Valais. La Savoie reconnaîtra cette annexion en 1526 seulement.
À la fin du XVe siècle, le Valais se trouve mêlé aux guerres d'Italie. Après dix ans de tentatives infructueuses d'envahir la vallée d'Ossola appartenant au duché de Milan, l'évêque de Sion, Jost von Silenen, allié de la France, signe un traité de paix avec le Milanais en 1495, le versant sud du Simplon jusqu'à Gondo est incorporé au Valais. Dans les années qui suivirent, l'évêque de Sion, le cardinal Matthieu Schiner fut un grand partisan du pape (contre la France). Ses intrigues incessantes entraîna les cantons confédérés dans les guerres d'Italie et à la défaite de Marignan en 1515.
En 1536, lorsque Berne envahit Vaud, également aux mains du duché de Savoie, les Valaisans envahiront le Chablais à l'ouest du Rhône jusqu'au lac Léman. Ils occupèrent même la région entre Saint-Gingolph et Thonon. En 1569, au traité de Thonon, le duc de Savoie leur accordera le Chablais et les Valaisans restitueront ce qui est aujourd'hui le Chablais français entre Saint-Gingolph et Thonon.
Dès que les premiers échos de la Révolution française, l'agitation s'installe dans les pays sujets des dizains. Ainsi en 1790, la région de Monthey est secouée par l'affaire du Gros Bellet et la conjuration des crochets.
En 1798, à la suite de l'invasion française, le Valais est incorporé à la nouvelle République Helvétique, mais il retrouva son indépendance en 1802. Appelée République rhodanienne, c'était en fait un protectorat français et Napoléon n'a autorisé son indépendance que pour mieux contrôler les passages vers l'Italie. François-René de Chateaubriand fut d'ailleurs, brièvement, le représentant de l'empereur. D'ailleurs, en novembre 1810, il fut intégré à l'empire français sous le nom de département du Simplon. À la chute de l'empire, le canton du Valais intégra la Confédération suisse (1815).
Après le départ des Français en 1813, le Valais se divisa entre le Haut et le Bas. Les dizains haut-valaisans désiraient rétablir la situation d'avant la Révolution, où le Bas-Valais était sujet; ils désiraient maintenir l'indépendance du Valais, allié de la Confédération helvétique. Soutenus par l'évêque, qui espérait récupérer certains de ses privilèges perdus, ils s'opposaient aux Bas-Valaisans, représentant 47,2 % de la population, qui étaient partisans du rattachement à la Suisse et s'inspiraient de la Constitution de 1802. Les Haut-Valaisans se tournèrent vers les Alliés; le Royaume-Uni envoya George Canning à Sion en septembre 1814. Le futur Premier ministre britannique proposa un découpage du haut en cinq dizains, du bas en cinq dizains et le centre en trois dizains: Sierre, Sion et Hérens. Le Bas-Valais accepte l'arbitrage alors que le Haut-Valais le refuse. Néanmons, sous la pression populaire, le clergé puis le Haut-Valais changent d'avis et la nouvelle constitution est adoptée le 12 mai 1815.
Le 4 août 1815 le Valais devient le vingtième canton de la Confédération helvétique.
Après l'adoption Constitution cantonale de 1815, les tensions entre les anciens dizains sujets, libéraux voire radicaux, et les dizains du Haut, conservateurs ne cessairent pas. Les épisodes de la guerre du Fromage en 1839 et le combat du Trient en 1844 en témoignent.
En 1845, le Valais fit partie des cantons catholiques séparatistes membre du Sonderbund. Néanmoins, le canton se rendit sans combattre en 1847 lors de l'arrivée des troupes fédérales commandées par le général Dufour.
L'arrivée du train au XIXe siècle (ligne Paris-Milan) modifia l'équilibre linguistique du canton. L'allemand perdit de son importance au profit du français et les villes de Sion et Sierre redevinrent francophones.


