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L'homéopathie, du grec homoios (similaire) et pathos
(souffrance), est un système controversé de médecine alternative qui
consiste à traiter les malades à l'aide d'agents hautement dilués qui détermineraient — utilisés seuls et à plus haute
dose — une affection analogue à celle que l'on veut combattre. La théorie de l'homéopathie a été inventée par le médecin
saxon Samuel Hahnemann
(1755-1843) et publiée pour la première fois en
1796.
Le médecin ou pharmacien pratiquant l'homéopathie est un homéopathe. La médecine traditionnelle est parfois appelée (par les homéopathes), par opposition, allopathie (soins par les contraires).
La communauté scientifique refuse tout crédit à cette pratique en raison de l'absence totale de preuve de son efficacité, et l'absence même de fondements biologiques qui justifieraient l'homéopathie.
En France, où un tiers de la production mondiale est assuré notamment par Boiron, le 7 septembre 2004 l'académie de médecine demande l'arrêt du remboursement des médicaments homéopathiques qui représente 10% de la vente de cette catégorie ayant fortement augmenté depuis 1967, relançant le débat : aucune étude clinique suivant des protocoles rigoureux n'a pu prouver une quelconque efficacité de l'homéopathie.
L'homéopathie est construite sur quatre principes imaginés par Hahnemann à la fin du XVIIIe siècle.
L'homéopathie reprend le principe de la similitude : on peut combattre le mal par le mal, la fièvre des marais par un extrait d'arbre des marais, la chaleur par une boisson chaude, l'empoisonnement par un venin, la rougeur par des fruits rouges, etc.
Le principe de similitude affirme donc que la substance donnée au patient contre une maladie doit reproduire les symptômes de ladite maladie quand il est administré sur un individu sain. Il a été formalisé par Hahnemann après l'observation de l'effet de la quinine.
Cependant, ce principe est parfois oublié par l'homéopathie moderne qui utilise, par exemple, l'arnica exactement comme l'allopathie, hormis une dilution extrême.
Il énonce que l'effet d'une substance augmente voire change radicalement de qualité lorsque on la dilue, à l'inverse de l'allopathie.
Le solvant, le plus souvent l'eau ou l'alcool, est utilisé pour effectuer des dilutions au centième successives d'une solution de teinture mère. Le nombre de dilutions est la centésimale hahnemannienne : la dilution d'une solution de teinture mère dans 99 volumes de solvant est une dilution d'une centésimale hahnemanienne (1 CH), la dilution au centième de celle-ci est une dilution de 2 CH, etc. Certains médicaments vont jusqu'à 30 CH, la concentration initiale est donc divisée par 1060.
En revanche, il est à noter que les recommandations de dilution ne prescrivent pas des doses plus faibles de produits homéopathiques en cas de mal plus violent.
Il est également à noter qu'à de telles dilutions (30 CH), le mileu dilué ne contient plus de molécules de la substance présente au départ. De ce fait, l'effet médicamenteux de la préparation obtenue reposerait sur un phénomène non lié à la présence physique de la matière. Un tel effet n'est pas à ce jour démontré de manière scientifiquement indiscutable, même si des investigations ont été menées dans ce sens, comme la controversée mémoire de l'eau.
De plus, les homéopathes actuels vendent également des produits non dilués, mais il ne s'agit pas de médicaments homéopathiques au sens strict du terme.
Ce principe énonce qu'il n'y a pas de soin universel d'une maladie et qu'il faut au contraire adapter celui-ci en fonction du patient.
L'homéopathie reprend la théorie antique des types pathologiques (humoral, sanguin, sec, etc.) pour classer les patients et adapter le traitement.
En pratique, ce principe fondamental est souvent négligé des homéopathes : les deux spécialités homéopathiques les plus connues sont un produit antigrippal et un sédatif, et sont prescrites à la majorité des patients sans distinction.
Ce principe est le seul qui ne soit pas spécifique à l'homéopathie, est également reconnu par les médecins traditionnels (et tout aussi diversement appliqué).
Le principe impose de secouer la solution après chaque dilution pour obtenir un médicament efficace. Il ne s'agit pas de mélanger la solution avant de la diluer à nouveau, mais de produire des chocs qui permetteraient aux qualités thérapeutiques de bien diffuser.
Il n'existe aucune étude scientifique admise prouvant l'efficacité de l'homéopathie.
Ses partisans font état d'un certain nombre d'études scientifiques probantes qui ont toujours été rejetées par leurs adversaires
car jugées partisanes, orientées, voire truquées et dans les autres cas insuffisantes ou mal conduites. Aussi la grand majorité
des scientifiques et des médecins jugent-ils l'homéopathie sans fondement. En même temps, les intérêts économiques sont accusés
d'influencer la recherche : ce sont en effet les laboratoires qui subventionnent certaines recherches médicales.
Néanmoins, de nombreuses propositions ont émané qui tentent d'identifier les raisons de l'efficacité alléguée et les modes de fonctionnement sous-jacents.
De nombreux scientifiques et médecins retiennent la possibilité de l'autosuggestion des malades par l'intermédiaire de l'effet placebo : on observe une efficacité non nulle d'un produit neutre si le patient croit en son efficacité thérapeutique. En pratique, on observe très peu de cas où l'effet placebo ne se produit pas, et cela pour une raison simple : s'occuper d'un patient a un effet heureux sur son moral, donc au moins sur son impression subjective d'amélioration.
Les défenseurs des homéopathes objectent que des études validant la discipline ont été menées sur des enfants en bas âge et des animaux, incapables de comprendre la portée des soins et d'être soumis à l'effet placebo. Il n'en reste que l'effet placebo est observé par le biais des parents de l'enfant ou du maître des animaux en question, rétorquent les détracteurs.
On a très tôt remarqué que les médecins homéopathes apportent une attention considérable à l'établissement d'une relation solide entre le patient et son thérapeute : de nombreuses études ont montré que le temps consacré à chaque patient peut largement être doublé par rapport à une consultation classique.
L'effet principal de l'homéopathie serait alors non pas dans le médicament (puisque prouvé inefficace) mais dans l'accompagnement médical lui-même. Un certain nombre d'homéopathes insistent eux-mêmes vivement sur l'importance de la conversation avec le patient qui permet de choisir le meilleur médicament homéopathique dans la panoplie existante, conversation qui, lorsqu'elle a lieu, pourrait expliquer une grande part de l'amélioration ressentie des symptômes.
Le développement de cette idée relationnelle, sans rapport avec l'homéopathie cette fois-ci, conduira aux groupes Balint.
Cette proposition fut formulée à une époque où l'on ne comprenait pas pourquoi la vaccination avait un effet. Aujourd'hui, les scientifiques la considèrent erronnée.
En effet la vaccination et le médicament homéopathique deux différences notables :
Une telle généralisation du principe de vaccination à une époque où le mode fonctionnement en était inconnu constitue un exemple de culte du cargo.
Les maladies que l'homéopathie déclare « soigner » sont des maladies bénignes, qui guérissent également seules (aussi bien chez les humains que chez les animaux) : entorse, rhume, hématome, etc. Il se trouve que le temps suffit généralement à guérir ces maladies. Le mérite de l'homéopathie par rapport à l'allopathie serait en ce cas son absence d'effets secondaires, même si les effets primaires ne sont pas au rendez-vous non plus. Ce n'est pas sans évoquer la définition du médecin selon Ambrose Bierce : « Individu qui occupe le terrain en attendant que la nature ait guéri les patients, ou que les médicaments les aient tués ». Ce second risque n'existe somme toute pas pour l'homéopathie.
Le principal point de controverse porte sur le principe de dilution. En effet, le produit final est obtenu après une succession de dilutions, chacune d'un facteur 100 ou 1 CH (centésimale hahnemanienne). À 15 CH, soit un facteur 1030, il ne reste statistiquement plus de principe actif dans la gélule : le nombre de molécules dans un gramme de produit est de l'ordre de 1023 (voir : Avogadro, masse molaire).
Il faut noter que Hahnemann, en inventant l'homéopathie, ne connaissait pas ce fait, car le travail d'Amedeo Avogadro lui est postérieur (1811). L'homéopathie moderne a cherché à expliquer une efficacité en l'absence d'agent actif, mais aucune expérience acceptée ne l'a confirmé, aucune théorie sérieuse ne pourrait le justifier.
Voir article détaillé : Polémique sur le principe de dilution en homéopathie.
Le principe de soigner le mal par le mal n'a guère été validé en médecine, à part avec de rares substances comme la quinine. La vaccination fonctionnelle, elle, sur un principe différent : il s'agit de souche vivantes et non de produits chimiques inertes ; de plus il s'agit de préparer à se défendre contre un mal et non de le soigner.
La médecine allopathique reproche également l'absence de dosage précis de la quantité de produit actif dans la solution teinture mère.


