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Homosexualité


Selon les définitions, l'homosexualité est le fait d'avoir :

1) des comportements sexuels avec des personnes du même sexe (perspective comportementaliste ou empirique)

ou

2) une orientation sexuelle pour des personnes du même sexe (perspective idéologique).

Sommaire

Appelations

Le mot homosexualité peut désigner aussi bien l'orientation chez les hommes que chez les femmes.

L'homosexualité masculine a autrefois été appelé uranisme. Quand l'homosexualité était identifiée principalement avec l'attirance des hommes envers les garçons adolescents, on utilisait le mot pédérastie, si bien qu'on l'utilisait même pour les attirances entre les hommes d'âge semblable. Or, la sexologie moderne ne perçoit chez les hommes homosexuels aucune tendance supérieure envers la pédophilie que les hommes hétérosexuels.

Chez les femmes, l'homosexualité est appelé lesbianisme (ou plus archaiquement saphisme); les deux termes font référence à la poète grecque Sapho de l'île de Lesbos, dont les poèmes passionnées envers ses amies et la vie entourée d'autres femmes l'a valu la réputation d'homosexuelle. Autrefois, on disait tribadisme, qui vient du mot grec tribein, « frotter »; aujourd'hui ce mot signifie une pratique sexuelle spécifique.

Une personne de cette orientation sexuelle est appelée un homosexuel ou une homosexuelle. Dans le langage courant, les homosexuels se nomment également gays (ou gais, orthographe standard au Canada) et les homosexuelles, lesbiennes (ou gaies).

À cause des perceptions sociales négatives de la société envers les homosexuels, plusieurs termes injurieux existent, dont pédé, pédale, tapette ainsi que fifi et fif (au Canada) pour les hommes gays, et brousse, gouine et brouteuse pour les lesbiennes.

Etymologie et évolution sémantique

Le mot homosexualité et sa déclinaison homosexuel(le) a été créé au XIXe siècle, dans le cadre de la définition et du classement psychiatrique des déviations sexuelles.

Il est le résultat d'un barbarisme étymologique, puisqu'il associe une racine grecque (homo, « semblable ») et une racine latine (sexuel).

Avant cette date, la distinction des différentes pratiques sexuelles ne considérait pas comme pertinente la distinction homo/hétéro mais comportait nombre de qualificatifs souvent voisins pour désigner des pratiques très diverses. Les relations entre personnes du même sexe ont vu passer les mots suivants : cinaède, bardache, bougre, sodomite, pédéraste, uraniste, lesbienne, saphiste, tribade, tapette, inverti, antiphysique, pédé, pédale, etc.

Certains de ces mots appartiennent au langage argotique, d'autres non. Certains font une distinction entre comportement actif ou passif, ce qui a été le cas dès l'Antiquité et reste encore vrai aujourd'hui dans beaucoup de cultures, voire de législations.

De nos jours, le mot homosexualité est sorti de la simple définition médico-légale qualifiant des relations sexuelles, pour qualifier également des revendications, de l'art, voire des relations n'ayant rien à voir avec la sexualité.

On utilise souvent le mot pour parler de sexualité avant le XIXe siècle. Ceci fait l'objet d'un débat vif. Certains soutiennent que c'est un abus de la pertinence du mot qui aboutit à dévoyer les débats sur cette question, cas flagrant quand on veut parler de l'homosexualité dans l'Antiquité, et amenant parfois au contre-sens. D'autres répliquent que, bien que chaque culture approche l'homosexualité d'une façon différente, le phénomène de base a toujours existé; il est donc pertinent de discuter l'histoire de l'orientation sexuelle en utilisant les expressions homosexuel, hétérosexuel, bien que les personnes concernées ne se seraient pas identifiées d'une façon correspondante.

Relations avec la religion

Beaucoup de groupes religieux estiment que l'homosexualité est un péché. Certains groupes (notamment religieux, et certaines associations de psychologues comme le N.A.R.T.H.) assimilent l'homosexualité à la pédérastie. L'homosexualité a ainsi longtemps été interdite et sévèrement punie dans de nombreux pays, soit en raison de l'orientation sexuelle elle-même, soit pour les pratiques qui peuvent en découler (pénétration anale, pénétration orale ou masturbation) sans qu'elles soient nécessairement propres aux homosexuels. Certains pensent que seul le passage à l'acte serait un péché alors que la tentation homosexuelle en elle-même ne le serait pas. Les plus radicaux voient dans l'homosexualité un vice dangereux pour la société et s'opposent fermement à sa banalisation comme une forme normale de sexualité.

Certains groupes mormons cherchant à « guérir » l'homosexualité utilisent des méthodes de conditionnement pavloviens sur des homosexuels en associant des images à des décharges électriques.

Il existe cependant de nombreuses associations homosexuelles se revendiquant d'une religion et qui souvent aident les croyants à vivre sereinement leur homosexualité en leur montrant qu'elle n'est pas incompatible avec leurs croyances.

Psychologie

Selon Freud, l'homosexualité était un trouble - la perversion du modèle de maturation psychique qu’est l’Œdipe; il avait toutefois dit qu'il n'y a pas à en avoir honte et qu'un homosexuel heureux n'a pas besoin de guérison.

En 1973, l'American Psychological Association retire l'homosexualité en tant que telle de sa liste de maladies DSM-IV. Ce n'est pas sans polémique, les uns reprochant aux autres de le faire pour des raisons politiques et non-scientifiques, les autres rétorquant que c'était dans la liste pour des raisons non-scientifiques, voire biaisées, dès le début.

La situation est aujourd'hui moins polémique qu'à l'époque. Aucune organisation psychiatrique ou psychologique majeure de l'Occident ne considère l'homosexualité comme étant une maladie ni un sujet d'intervention en tant que tel. Au contraire, beaucoup d'entre elles dénoncent fermement tout essai de changement d'orientations sexuelle comme étant dangereux, non-nécessaire et inefficace. Le consensus dans la communauté psychiatrique et psychologique est que l'homosexualité est soit innée, soit apparaît très tôt dans la vie (sans pour autant être sûr de l'origine précise de l'orientation sexuelle), et est immuable (bien que la compréhension de son orientation sexuelle peut évoluer au cours de sa vie.)

Banalisation

Au contraire, dans plusieurs pays, l'homosexualité est simplement considérée comme une forme banale de sexualité n'ayant pas à faire l'objet de stigmatisation particulière, certains reconnaissant officiellement la possibilité de mariage homosexuel. Certains affirment que l'homosexualité correspond à une tendance naturelle chez l'être humain, même hétérosexuel, à être attiré par des individus de même sexe. L'expression de cette attirance serait un facteur important de l'équilibre du comportement sexuel. Les comportements homosexuels observés (tout comme les comportements hétérosexuels) chez nombre d'enfants et d'adolescents constitueraient également une étape fondamentale de la différenciation sexuelle et de l'émergence du sentiment d'appartenance au sexe féminin ou masculin. Or, il faut signaler que dans tous les pays, même les plus tolérants, la violence contre l'homosexuel continue d'avoir lieu. Voir ci-après.

Histoire de la législation sur l'homosexualité

Discriminations

Encore de nos jours, les homosexuels subissent souvent une discrimination, nommée fréquemment homophobie, parfois très lourde, au point que la première cause de suicide chez les jeunes est la souffrance ressentie à cause de l'exclusion due à l'homosexualité. D'autres estiment que le terme d'homophobie, dont l'étymologie est contestable (voir l'article qui lui est consacré) constitue plutôt un terme utilisé par les associations homosexuelles pour censurer toute critique de l'homosexualité. Le terme homophobie peut donc sembler politiquement campé et ne pas être une définition officielle en psychologie. Il est plutôt a rapprocher de termes comme racisme, sexisme, antisémitisme et tous les termes désignant une discrimination ou une forme de violence fondée sur l'appartenance à un groupe. Les agressions homophobes vont ainsi de l'insulte à la barbarie, voire au meurtre.

Il est aussi notable que dans le vocabulaire des injures, celles-ci sont souvent misogynes ou homophobes : de fait, l'homosexuel se développant dans une société qui le promeut — comme un certain nombre de pays occidentaux — n'est pas assuré d'être respecté.

Encore il y a peu, les femmes homosexuelles etaient parfois excisées aux États-Unis, ce qui etait censé les « guérir ».

Le rejet violent de l'homosexualité (ou des homosexuels) par les sociétés vient souvent d'un amalgame entre l'homosexualité, la pédérastie et, par extension, la pédophilie.

Il est également à l'origine de l'argument homophobe de « l'homosexuel détruisant le modèle familial », et par raccourci la famille tout court, ce qui conduit naturellement au rejet du mariage homosexuel et de la reconnaissance juridique de l'homoparentalité. L'homosexuel n'étant en effet aucunement stérile, de nombreux enfants sont élevés par des couples homosexuels. Ces enfants sont les fruits d'adoptions, des différentes méthodes de procréation assistée, ou plus simplement d'une relation hétérosexuelle antérieure.

Enfin il explique le rapprochement entre les communautés homosexuelles et transsexuelles, bien que l'identité de genre n'a pas de rapport nécessaire avec l'orientation sexuelle.

Persécution

Durant la Seconde Guerre mondiale, le régime nazi déporta de très nombreux homosexuels vers les camps de concentration. Ces prisonniers homosexuels étaient marqués d'un triangle rose, d'une grandeur supérieure aux autres triangles classificatoires pour permettre de les stigmatiser particulièrement. (On utilise aujourd'hui le triangle rose comme un symbole d'identité gay.) Bien qu'aucune campagne spécifique d'extermination n'ait été entreprise contre les homosexuels comparable à la Solution finale contre les juifs, plusieurs chefs nazis exprimèrent des sentiments appelant à leur élimination (de nombreux homosexuels ont tout de même été emmenés en camps pour ce seul motif), et les homosexuels étaient souvent ciblés pour des barbaries extraordinaires dans les camps de concentration. Le calvaire des homosexuels sous les nazis ne fut guère reconnu ni compensé financièrement jusqu'à nos jours, mais quelques commémorations officielles ont eu lieu dès lors, dont le Homomonument à Amsterdam et un projet de monument à Berlin.

On avance le chiffre de 8 millions d'homosexuels déportés.

Voir aussi : système de marquage nazi des prisonniers

Peuples qui pratiquaient librement et publiquement l'homosexualité

Voir aussi

Articles connexes

Liens externes



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