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Victor Horta


Victor Horta (Gand, 6 janvier 1861 - Bruxelles, 1947) est un architecte belge. C'est le chef de file incontesté des architectes Art Nouveau en Belgique.

Sommaire

Biographie

Enfance

Victor Horta est né à Gand en 1861. Son père était un méticuleux cordonnier. Il lui a transmis l'amour du travail bien fait. Il a des rapports plus conflictuels avec sa mère, dont il n'apprécie pas les excès d'autorité, dont elle fait preuve entre autres en répétant systématiquement qu'il devrait étudier le droit ou la médecine. Le jeune Victor a un caractère hors du commun. Il n'aime pas l'autorité. Tant ses rapports avec sa mère qu'avec ses écoles (dont il se fait régulièrement renvoyer) en font la preuve. Il a déjà un esprit rebelle; il remet vite en cause les partis-pris, rêve d'innovations, nage à contre-courant des modes. Il a clairement la fibre artistique... Mais surtout musicale (tout comme son père). Il rêvait de devenir violoniste.

Le déclic

Ce serait à 12 ans, en aidant son oncle entrepreneur sur un chantier, qu'il a été pour la première fois attiré par l'art de bâtir. Ses parents, face au constat que leur fils ne réussirait que peu probablement ses études au lycée Gantois (tant à cause de ses renvois que de ses résultats), l'envoient chez un architecte décorateur d'intérieur, Jules Dubuysson, habitant Montmartre à Paris. Or à cette époque Paris est le berceau du monde moderne. Les premiers peintres impressionnistes et pointillistes y exposent leurs œuvres. Elle vont droit au cœur de Victor Horta. Il constate la remarquable corrélation entre l'évolution de la peinture et l'architecture de l'époque. Ces deux arts sortaient d'une lourde phase de classicisme qui avait fait que les mêmes styles revenaient constamment, que rien n'évoluait. Il voulait être à l'architecture ce que Vincent Van Gogh avait été à la peinture, l'émancipateur des éternelles règles classiques.

Études

À Paris, le futur architecte étudie les bâtiments classiques et leurs matériaux. Néanmoins, le plus important est qu'il entre en contact grâce à son maître avec les nouveaux matériaux que certains décorateurs utilisaient l'acier et de la verrerie plus évoluée. Il y comprend aussi que la grande renommée ne s'acquiert qu'en dessinant de grands bâtiments publics.

Lorsque son père meurt en 1880, il se hâte de retourner en Belgique. Il s'installe à Bruxelles, s'inscrit à l'académie des beaux-arts dont il sortira avec une médaille d'or et épouse une amie d'enfance, Pauline Heyse. Elle va lui donner deux filles, dont la première, Simone Laruelle-Horta meurt à un ans.

Sa vie à l'académie

V. Horta y fait la connaissance de Paul Hankar. Ils se lient d'amitié, ne devinant pas que leur admiration commune pour l'Art Nouveau en ferait de grands concurrents. Victor fait un élève exceptionnellement brillant et attire l'attention de beaucoup de ses professeurs. On retiendra parmi eux surtout Alphonse Balat, l'architecte du roi. Il prend son élève favori comme assistant. Ensemble, ils dessinent les Serres royales de Laeken, où sont à nouveau combinés les éléments que Horta admire le plus : les jeux de lumière, la verrerie et l'acier. Horta reprendra son cabinet à sa mort en 1895.

L'architecte

Musée Horta (1898), rue Américaine n° 25 à Bruxelles, ancienne résidence privée et atelier de l'architecte
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Musée Horta (1898), rue Américaine n° 25 à Bruxelles, ancienne résidence privée et atelier de l'architecte
Hôtel Solvay, avenue Louise n° 224 à Bruxelles
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Hôtel Solvay, avenue Louise n° 224 à Bruxelles

Une fois leur alliance rompue, il entreprend la construction (en 1885) de trois maisons mitoyennes à Gand, pour avoir tout de même son nom gravé quelque part, pour ne pas d'ores et déjà enterrer sa future carrière.


Ayant pour objectif clair et marqué de ne pas se satisfaire d'un succès facile, il refuse pendant huit ans tout autre projet résidentiel. Il participe à des concours publics, batit des petites constructions abritant des statues, même des tombeaux et autres petits monuments. Il peaufine ainsi son art, développe sa propre sensibilité. Il découvre petit à petit les courbes, refuse des lignes verticales droites. Il faut faire attention à ce qu'on en dit, de ses courbes. Il s'irritait fort lorsqu'on en disait qu'elles étaient magnifiquement issues de l'esprit d'un original illuminé. Pour lui, elles ne sont pas plus que le résultat d'une réflexion tout à fait posée que d'un désir purement artistique. Elles amplifient l'impression d'espace, guident le regard, supportent au mieux les constructions. Elles ne sont pas simplement « belles ».

Pendant cette longue période d'apprentissage, il se fait connaître des nouveaux bourgeois de Bruxelles. Les professeurs d'université (il le deviendra en 1912), les scientifiques font partie de son cercle de connaissances. Il entre ainsi dans le « club » franc-maçon et humaniste, « les amis philantropes ». Tous les éléments sont réunis pour initier une magnifique carrière. Son esprit est mûr et dans l'air du temps, il fréquente les meneurs des changements sociaux de l'époque. Dès qu'il se dit prêt à entamer la construction de demeures résidentielles, les commandes affluent. C'est en 1892 qu'il réalise l'Hôtel Tassel, le premier d'une longue série. Il est ainsi l'un des premiers architectes à faire de l'Art nouveau, approximativement en même temps que Guimard. On parle de lui dans toutes les revues spécialisées d'Europe. Habiter du Horta était un signe de statut, d'ouverture et surtout de richesse. Évidemment, vu le rythme effréné auquel il travaille, tous les riches bourgeois de Bruxelles ont assez vite été satisfaits, surtout qu'il était concurrencé par Henry van de Velde et Paul Hankar, deux autres architectes moteurs avec lui du renouveau de l'architecture moderne belge. Il a alors de plus en plus entrepris la réalisations de lieux publics et de magasins.

Il passe ensuite deux ans 1916-1918 aux États-Unis où il découvre de nouveaux matériaux de construction mais en se détournant du mouvement Art nouveau. C'est ainsi qu'il contruit le Palais des beaux arts avec une esthétique beaucoup plus cubiste.

En 1927, il devient pour quatre années le directeur de l'Académie des beaux-arts de Bruxelles.

Lorsque l'art nouveau est passé de mode, beaucoup des édifices de Horta furent détruits mais sa précédente maison (qu'il avait conçu en 1898) est devenue le Musée Horta.

Quelques œuvres

liens externes



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