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Ibn Battûta (Langue arabe|arabe: ابن بطوطة ibn baṭūṭa) est un voyageur Marocain né à Tanger en 1304. Il termine sa vie au Maroc comme juge appartenant à l'école malikite en (1377).
C'est le « Marco Polo » (Venise 1254-Venise 1324) de l'islam. Ibn Battûta parcourt 120 000 Km en 28 ans de voyages. Il est plus précis et moins fabulateur que Marco Polo.
Le 14 juin 1325, Ibn Battûta part de Tanger pour son pèlerinage à La Mecque, Il traverse rapidement l'Algérie alors en pleine guerre civile, et pourtant Ibn Battûta n'y fait aucune allusion. Il arrive à Tunis sous le règne du sultan hafside Abû Yahyâ Abû Bakr al-Mutawakkil au moment de la fête de la fin du Ramadan. Il se joignit à une caravane partant pour l'Arabie. De passage à Tripoli il se marie une première fois et repart avec son épouse. En cours de chemin un différent avec son beau père le fait divorcer. Il se remarie avec une autre femme de la caravane fille d'un lettré originaire de Fès.
En Janvier 1326 il arriva à Alexandrie. Ibn Battûta donne une description détaillée du phare d'Alexandrie et signale qu'à son retour en 1349 il ne trouvera sur ces lieux qu'un tas de ruines. Ibn Battûta passe au Caire. Il explique alors le système fiscal local basé sur la hauteur de la crue annuelle du Nil, cette crue étant le signe de récoltes plus ou moins abondantes. Il passa près des Pyramides de Gizeh. À l'époque elles étaient encore couverte d'un parement de calcaire qui les rendaient luisantes au soleil. Ibn Battûta raconte qu'un souverain voulut pénétrer une pyramide en attaquant le parement calcaire avec du vinaigre chaud jusqu'à ouvrir une brèche. Partant du Caire Il remonta le Nil. Au passage on apprend qu'un homme s'est enrichi en se servant des pierres des temples antiques pour construire une école coranique. Arrivé au bord de la mer rouge il ne peut traverser et doit faire demi-tour vers le Caire. Dans ce chemin de retour depuis Assouan jusqu'au Caire il semble s'attarder un peu plus à chaque étape.
Pour cette partie du récit, Ibn Battûta semble faire une synthèse de plusieurs séjours dans la région. D'Egypte il monte vers Gaza et de là vers Hébron, puis Jérusalem. La crainte de voir les croisés revenir prendre Jérusalem et s'y installer, avait fait prendre la décision paradoxale de raser toutes les fortifications. Ibn Battûta s'émerveille devant le dôme du Rocher.
Il remonte ensuite le long de la côte Méditerranéenne en passant par Tyr, Sayda, Beyrouth, de là il fait un crochet par Damas. Retour à Tripoli sur la côte. Il fait un nouveau crochet par le Krak des Chevaliers et Homs (Emèse), il descend le cours de l'Oronte vers Hama : « ville charmante et exquise entourée de vergers où tournent des roues hydrauliques. ». Se dirigeant toujours vers le Nord il atteignit Alep. Il s'attarde sur la description de la citadelle d'Alep, citant un poète : « l'âpre citadelle se dresse contre ceux qui veulent la prendre avec sa haute vigie et ses flancs abrupts. ». Le nom de la ville viendrait de « halab Ibrahim » (le lait d'Abraham) (Langue arabe|arabe : حَلَب ḥalab, lait ou Alep). De là il retourna encore une fois vers la côte à Antioche. Il redescendit vers le Sud jusque Lattaquié, puis au pied de la forteresse du Marquab qu'il dit semblable au Krak des Chevaliers, puis vers Baalbek puis revient à Damas pour s'y attarder : « Si le paradis est sur la terre, c'est à Damas et nulle part ailleurs. ».
Dans la mosquée omeyyade de Damas il dit voir le tombeau de Zacharie père de Jean-Baptiste alors que Ibn Joubayr (1145-1217) un siècle avant lui parlait du « mausolée de la tête de Jean, fils de Zacharie. » comme le fait la tradition actuelle.
Il reçoit à Damas la licence d'enseigner en 1326 et part vers La Mecque avec une caravane.
La caravane fait halte à Bosra pour quelques jours. Au passage il passe près « de la demeure des Thamûd creusées dans des montagnes de grès rouge avec des seuils sculptés et qu'on croirait construites récemment. Les ossements cariés sont à l'intérieur des demeures. ». Il s'agit certainement du site de Pétra en Jordanie où la plupart des abris creusés dans la falaise n'étaient pas des maisons mais des tombeaux, mais l'interprétation d'Ibn Battûta va dans le sens du Coran :
Arrivée à Médine, Ibn Battûta est allé se recueillir dur la Tombe du prophète. Il raconte les divers étapes de l'agrandissement de la mosquée et des querelles que cela amena entre les divers clans de la famille. Après avoir fait le tour des sites que le prophète avait fréquenté, il repartit pour La Mecque. Ibn Battûta fait une assez longue et précise description des lieux et des rites du pèlerinage. Dix jours après la fin du pèlerinage, il part avec un caravane en direction de l'Irak (17 novembre 1326).
Ibn Battûta passa à Nadjaf y voir le tombeau de `Ali, il fait le récit de miracles ayant lieu sur ce tombeau mais il précise ne pas y avoir assistés lui-même. Alors que la caravane repart vers Bagdad, Ibn Battûta décide au d'aller à al-Basra (Bassora). Là en assistant à la prière il s'étonne de voir l'imam commettre des fautes de langage. Après un passage à Abadan il va à Ispahan.


