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IMAX (pour Image Maximum) est un procédé cinématographique permettant la projection d'images de dimensions et de
résolutions supérieures au cinéma traditionnel (un écran IMAX mesure au minimum 22m de long et 16m de haut). L'architecture même
des salles IMAX est différente : la résolution de l'image étant plus importante, les sièges sont placés plus près de l'écran et sont orientés
de 23° dans les dômes OMNIMAX.
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La volonté d'accroître l'impact visuel d'un film existe depuis la création du cinéma : l'arrivée du train en gare de La Ciotat, par les frères Lumière (le train était filmé de face et les spectateurs quittaient la salle en hurlant, de peur de
finir écrasés) et les trucages de Georges Méliès en sont le meilleur exemple.
Des procédés 3D existaient (et Alfred Hitchcock y eut recours), mais imposaient aux spectateurs le port de lunettes, ce qui compliquait l'exploitation et gênait aussi le confort des spectateurs.
Abel Gance avait réalisé un film sur triple écran, son fameux Napoléon (dont la restauration et la projection en salle a fait partie des projets de Francis Ford Coppola).
Le pavillon des USA de l'exposition internationale de Bruxelles en 1958 avait dévoilé le Circorama : une vision à 360° au moyen de 9 (ou était-ce 7?) écrans disposés autour d'une salle circulaire. Le problème était tout de même pour les spectateurs de savoir dans quelle direction regarder, et pour le réalisateur d'arriver à prévoir leurs réactions.
Les procédés Cinémascope
(objectif Hypergonar de Louis Chrétien) et Vistavision élargissaient l'image à partir d'une bobine 35mm. Il existait également le Cinérama, technique nécessitant plusieurs
projecteurs. Bien qu'impressionnant, le Cinérama était difficile à mettre en œuvre et la jonction entre les écrans était trop
visible.
Le système IMAX a été développé par trois canadiens : Graeme Ferguson, Roman Kroitor et Robert Kerr. Durant l'exposition universelle de 1967 qui se tenait à Montréal, au Québec, leur système multi-projecteur rencontra des difficultés, ce qui les poussa à créer un système mono-projecteur. Il est à noter qu'au cours de la même exposition de 1967 le pavillon français exposait justement un système monoprojecteur sur demi-sphère concave : le Panrama.
La première démonstration du procédé IMAX eut lieu à Osaka, au Japon, en 1970. Le film de démonstration projeté avait été tourné avec trois caméras simultanément, ce qui devait permettre de « créer une impression évoquant le relief » (allégation déjà tenue en leur temps par le Cinémascope, puis par le Cinérama, et ne reposant sur aucune base sérieuse).
Le premier cinéma IMAX fut inauguré en 1971 à Toronto.
En mai 2003, il existait 230 cinémas IMAX dans 34 pays, la moitié d'entre eux étant des salles à but non lucratif (musées et centres scientifiques). Des réalisateurs comme Jean-Jacques Annaud ont donné une crédibilité artistique au procédé. Hélas, quelques salles IMAX ont également fermé dans le monde, comme celle de La Défense à Paris.
Le but de l'IMAX étant d'élargir l'image, la pellicule se déroule de part et d'autre de la caméra et non pas de bas en haut, comme sur une caméra
classique.
Sur un film 70mm traditionnel, la partie de la pellicule consacrée à l'image mesure 48.5mm de large pour 22.1mm de haut. Pour
l'IMAX, l'image mesure 69.6mm de large pour 48.5mm de haut.
Pour un film de même durée, une pellicule IMAX sera trois fois plus longue qu'un film traditionnel.
Les caméras IMAX utilisent des pellicules Estar (marque déposée de Kodak, équivalent au Mylar de DuPont), beaucoup plus
résistantes qu'un film conventionnel. En effet, les produits chimiques utilisés pour le développement des pellicules les
détériorent. Cette résistance est utile pour les projecteurs IMAX qui sont très sensibles aux variations d'épaisseur du film ou à
l'altération des perforations situées de chaque côté de la pellicule (ou plutôt en haut et en bas dans le cas d'un film
IMAX).
Le format IMAX est aussi appelé « 15/70 », en référence aux 15 perforations par image de 70mm.
Contrairement à un film traditionnel, un film IMAX ne comporte pas de piste son, afin de consacrer un maximum de pellicule à
l'image : un magnétophone à bandes 6 pistes/35mm est donc synchronisé au film (ce système était déjà utilisé dans le cinéma
traditionnel pour les doublages et l'insertion d'effets sonores). Depuis les années 90, le magnétophone à bandes a été remplacé
par son équivalent digital, synchronisé par code SMPTE (d'une plus grande précision), ce qui à ouvert la voie au DTS et au Dolby Digital.
L'IMAX était un vrai challenge technique. En effet, aucun projecteur 70mm de l'époque n'avait la précision nécessaire à
« l'expérience IMAX ». William Shaw, d'IMAX, adapta une lentille cylindrique au projecteur, ajouta un compresseur à air afin de fluidifier le déroulement du film
et de bien aplatir la pellicule dans le couloir de projection. Le parfait alignement de l'image est assuré par quatre
picots qui viennent s'enficher dans les perforations aux quatre coins de l'image. Des bras sont utilisés pour ralentir la
pellicule, afin d'éviter les micro-tremblements lors de l'insertions des picots dans les perforations. L'obturateur reste
ouvert environ 20% plus longtemps que dans le cas d'un équipement classique et l'ampoule est plus puissante. Les plus gros
projecteurs, équipés de lampes de 12 à 18 Kw à système de refroidissement à eau, peuvent peser jusqu'à 1.8 tonnes.
Parmi les évolutions de la norme IMAX, on peut noter les dômes OMNIMAX (comme le futuroscope de Poitiers ou bien la Géode de la cité des sciences
et de l'industrie, à Paris), les films en 3 dimensions, le cinéma dynamique, la
possibilité de filmer à 48 images par seconde (habituellement, un film au cinéma est diffusé à 24 images par seconde et à 25
images par seconde à la télévision, ce qui explique pourquoi un film à la télévision est plus court qu'au cinéma). Le système audio à également été amélioré pour permettre le son
3D.
Toutes ces techniques combinées (l'écran immense, sa proximité, les sons jaillissant de toutes parts) font vivre au spectateur
une véritable expérience visuelle. Il est littéralement enrobé par l'image et le son. Le cinéma dynamique (les sièges bougent de
façon synchronisée au mouvement de la caméra) renforce évidemment cette impression, certains spectateurs souffrant même « du
mal de mer » durant la projection.
Bien que le procédé IMAX soit impressionnant, les contraintes financières et techniques qu'il impose limite son utilisation à
des documentaires (la plupart des films IMAX durent une quarantaine de minutes). Des caméras IMAX ont ainsi été transportées dans
la navette spatiale, au sommet de l'Everest et jusqu'en Antarctique (mais également en tournée
avec les Rolling Stones).
Des salles IMAX diffusant également des films selon le procédé classique, c'est tout naturellement que l'industrie du
divertissement s'est intéressée à ce procédé. Des court-métrages sont apparus à la fin des années 1990, notamment T-Rex :
retour vers le crétacé (1998), Le château hanté (1998). En 1999, Disney produisit le
premier long métrage en IMAX : Fantasia 2000, puis plus tard Le jeune étalon noir (2003).
A l'automne 2002, IMAX et les studios Universal ont sorti au
cinéma une nouvelle version IMAX d'Apollo 13. Cette reprise fut
permise par l'utilisation d'une nouvelle technologie signée IMAX, le DMR, un procédé de remasterisation des films à la
norme IMAX. D'autres films bénéficièrent de cette technologie : La guerre des étoiles (une version raccourcie, à cause de limitations techniques comme la longueur de
la pellicule), Matrix Reloaded, et sa suite, Matrix Revolutions, qui fut le premier film à sortir simultanément en
salles IMAX et conventionnelles.
Les films ayant bénéficié du procédé DMR ont été bien accueillis par le public, même si les puristes ont fait remarquer que le
déclin du Cinérama a été précipité
par le DMR, procédé à leurs yeux simpliste et techniquement inférieur.
IMAX réservait son label de qualité « l'expérience IMAX » aux films originellement tournés en IMAX, mais dorénavant
l'applique aux films remasterisé grâce au DMR.
Le réalisateur James Cameron a réalisé un documentaire en IMAX 3D sur
l'épave du Titanic intitulé Les fantômes du
Titanic.
En 2002, huit films IMAX avaient été nominés aux Oscars, le court-métrage animé « le vieil homme et la mer » ayant remporté un Oscar en 2000.


