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Immortalité


L'immortalité est le fait d'échapper à la mort et d'exister pour une période de temps indéfinie, voire éternelle.

Sommaire

Chronologie inverse

Il est difficile de savoir quand ce concept est apparu. Nous allons essayer ici de remonter progressivement le temps.

J'ai, Napopolassar, fils de Nabuchodonosor, fait ériger cette tour en hommage au dieu Mardouk. Seigneur Mardouk, accorde-nous la vie éternelle.
A qui correspond ce « nous » ? S'agit-il de l'ensemble des Babyloniens, des seuls bâtisseurs, ou de Nabopolassar et de ses proches ? Dans le premier cas, il s'agirait d'un des témoignages les plus anciens d'une conception de l'immortalité pour tous.

Vision moderne

Nous n'entendons pas par moderne le fait que les visions des religions soient archaïques : même si plusieurs ont disparu dans le passé avec les civilisations qui les avaient adoptées, toutes celles qui survivent se considèrent comme intemporelles. Ce terme précise simplement que ces autres visions sont apparues plus récemment, ce qui ne constitue pas un jugement de valeur.

Rostand : La fleur ou la chaise

Le biologiste Jean Rostand déclare dans une interview que « nous ne savons pas si l'homme est une fleur ou une chaise » et s'explique de ce propos provocateur : la chaise est potentiellement éternelle dès lors qu'elle est traitée avec soin et réparée régulièrement. La fleur, au contraire, porte déjà en elle le programme de sa propre destruction. Dans les deux cas, les hommes peuvent espérer découvrir un jour l'immortalité physique : un entretien, c'est en général affaire de technique et de discipline; un programme, ça peut sans doute s'altérer au niveau du gène. Mais, pour Rostand, le plus urgent est d'y voir plus clair afin de savoir dans laquelle des deux directions travailler.

Au soir de sa vie, Rostand se dira persuadé que « si l'on avait consacré aux recherches en biologie toutes les sommes consacrées aux budgets militaires de tous les pays, la question de l'immortalité ou au moins de la jouvence éternelle serait déjà réglée ».

Limite de Hayflick. Les télomères

En 1961, le biologiste Hayflick découvre que certaines cellules spécialisées ne semblent pouvoir se diviser qu'environ 50 fois successives. Mieux : si on les laisse se diviser 30 fois, puis qu'on les met ensuite au repos pendant un temps élevé, une reprise des reproductions les limitera à 20 divisions successives : ces cellules semblent donc posséder une sorte de compte à rebours interne. Ses pairs lui donnent le nom de limite de Hayflick. On découvrira par la suite que cette limite est due à une reproduction incomplète des extrémités du brin d'ADN (télomères). Or cette reproduction n'est pas incomplète en ce qui concerne les cellules sexuelles. On finit par découvrir des agents inhibant ces télémérases. Toutefois, en rendant des cellules immortelles, il faut prendre garde à ne pas en faire des cellules cancéreuses (voir Henrietta Lacks). Par ailleurs se pose le problème de traiter la totalité des cellules d'un organisme vivant.

Ettinger : la salle d'attente cryologique

En 1964, Robert Ettinger publie son livre L'homme est-il immortel ?.

Ce livre contient quatorze expériences de pensée sur le thème de l'identité. Sa préoccupation est de cerner quelles sont les transformations d'un individu qui nous paraissent acceptables (cryogénisation comprise) pour considérer qu'il est toujours lui-même. La question se pose avec une acuité plus grande encore si on crée (expérience de pensée) une copie à distance d'un individu : peut-on alors sans problème de conscience détruire l'original et considérer que l'individu a simplement été téléporté ?

Gamow et Hofstadter : qu'est-ce que le « moi » ?

Dans M. Tompkins s'explore lui-même (ouvrage non réédité) le physicien Gamow s'interroge sur la question de savoir où est le moi dans un individu. Il imagine par la pensée une population de clones à l'esprit conservé vierge (peu importe comment) et dans lesquels on pourrait transférer par un procédé donné toutes les connaissances et habitudes d'un individu ainsi que ses goûts. Une fois l' esprit transféré dans le nouvel individu, peut-on considérer que la personne a changé de corps et simplement se débarrasser de l'ancien ? Il est difficile de répondre à cette question, voisine de la précédente.

Douglas Hofstadter et Daniel Dennett, passionnés par cette question de la cognition et de l'identité, décident pour établir une sorte d' état de l'art de créer une compilation des plus intéressants articles, d'après eux, écrits sur le sujet. Ce sera The mind's I, traduit en français sous le nom Vues de l'esprit. On y trouve beaucoup d'expériences de pensée, dont une qui permet de penser que le moi peut fort bien être délocalisé en plusieurs endroits si les communications suivent (« Where am I ? »). Voir aussi l'article noosphère.

La thèse de Bruno Marchal (CPC)

Cette thèse, en principe d'informatique, développe une quantité d'expériences de pensée s'inspirant de la réalité virtuelle, de la mécanique quantique et de réflexions sur l'identité pour en arriver à la démonstration, alléguée dans son chapitre 4 que « le mécanisme est incompatible avec le matérialisme ». La question de l' immortalité individuelle est abordée, bien que ne constituant pas le sujet principal de la thèse qui est plutôt celui de l' identité.

Kurzweil et le rêve d'immortalité par l'IA

Kurzweil reprend l'exemple de substitution progressive également exposé par Bruno Marchal :

L'immortalité comme source d'inspiration

L'immortalité dans la littérature

L'immortalité au cinéma



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