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A la différence de la déduction
qui est un raisonnement logique, l'induction conduit du particulier au général et n'a de validité que
psychologique (car elle peut être démentie par les faits) et constitue une règle raisonnable en l'absence de contre-exemple, et
une hypothèse de travail à explorer (accréditer par d'autres exemples, ou infirmer par un contre-exemple).
tous les chats que j'ai rencontré étaient gris donc tous les chats sont gris
La plus célèbre des inductions est probablement l'exemple qu'en donne Aristote:
L'âne, le mulet, le cheval vivent longtemps; Or, ce sont là tous les animaux sans fiel; Donc, tous les animaux sans fiel vivent longtemps.
On voit bien que l'induction repose sur une supposition: que "ce sont là tous les animaux sans fiel". Le syllogisme inductif est dit hypothétique (non-scientifique)
Socrate est chauve Socrate est un homme, donc les hommes sont chauves
a une conclusion fausse, car Socrate ne peut pas représenter l'homme, en la matière.
exemple célèbre d'induction de Claude Bernard, illustrant la méthode scientifique :
un lapin normalement nourri a une urine basique, le même lapin à jeun à une urine acide, donc tous les herbivores ont une urine basique, alors que tous les animaux mal nourris et les carnivores ont une urine acide.
On voit là l'usage de l'induction: à partir d'observations (qui sont toujours des propositions particulières), l'induction produit des propositions générales hypothétiques qui sont ensuite testables. C'est l'analyse de Claude Bernard, ainsi que celle de Karl Popper.
Hume considérait (Enquête sur l'entendment humain, VII,2) que l'origine de l'induction (l'idée de connexion) est l'habitude. Il donne ainsi une force psychologique à l'induction, qui n'a pas de force logique.
Karl Popper (Conjectures et réfutations, p. 78) montre que "Hume [n'a] jamais reconnu toute la portée de sa propore analyse logique", et propose un renversement "au lieu d'expliquer notre propension à présumer l'existence de régularité comme un effet de la répétition, j'ai imaginé d'expliquer ce qui est répétition à nos yeux comme le résultat de notre tendance à supposer et à rechercher de la régularité".
Longtemps purement empirique, le processus d'induction a été formalisé par le Théorème de Cox-Jaynes qui confirme la rationalité de la méthode pour la mise à jour des connaissances, la quantifie, et unifie l'univers de la logique booléenne avec celui des probabilités (vues non plus en tant que passage à la limite de fréquences, mais comme traduction numérique d'un état de connaissance dans ce paradigme)


