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L'ingénierie sociale (social engineering en anglais, abrégé en SE) est la discipline
consistant à obtenir quelque chose (un bien ou une information) en exploitant la confiance
mais parfois également l'ignorance ou la crédulité de tierces personnes.
Ce terme est surtout utilisé en jargon informatique pour définir les méthodes des crackers ou des hackers, qui usent d'ingénierie sociale pour obtenir respectivement un accès à un système informatique ou pour satisfaire leur curiosité.
Voici un exemple d'une possible conversation téléphonique entre un cracker et une secrétaire d'une société X. Le cracker n'a aucune information lui permettant d'entrer dans le système. Néanmoins, il a fait de la recherche préliminaire sur la société, pour pouvoir tromper la secrétaire de manière convaincante (commentaires entre parenthèses)
À l'issue de cette conversation, le cracker dispose d'un accès au réseau de la société. Cet accès peut se révéler très court si la victime parle de cette conversation et que quelqu'un se rend compte du subterfuge, mais suffisant pour installer un autre accès à la machine.
De nos jours, l'ingénierie sociale en informatique se heurte de plus en plus à l'éducation des utilisateurs. De plus en plus, les départements de gestion informatique font circuler un document décrivant les règles de sécurité de base : choisir un mot de passe long et ne se trouvant pas dans le dictionnaire, ne jamais donner son mot de passe à personne, pas même à un employé du département informatique... Ces microformations permettent aux employés de ne pas divulguer accidentellement des informations sensibles et de donner l'alerte.
L'exemple ci-dessus est, en comparaison avec ce que les crackers utilisent, un exemple très caricatural. En effet, le SE n'est pas particulièrement employé par une entreprise contre cette même entreprise mais plutôt contre une autre cible à laquelle la société est liée (FAI, etc.).
Les crackers parviennent souvent à acquérir quelque chose d'un peu moins évident par ce biais. Par exemple, les plus culottés essayeront même par la suite de se présenter dans les locaux de l'entreprise en tant qu'employés de la société de maintenance informatique pour avoir un accès physique à la machine.
Pour l'anecdote, le SE a permis, durant la « Nuit blanche » à Paris, à deux hackers de rejoindre les hackers allemands du Chaos Computer Club au 18e étage de la BNF, en trompant les vigiles. Comme quoi le SE ne sert pas qu'à obtenir des informations.
"The art of deception" by K. Mitnick -- Excellent livre du maître.


