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Alphabet phonétique international


L'alphabet phonétique international est un alphabet utilisé pour la transcription phonétique des mots. Il permet d'indiquer la prononciation d'un mot, ce qui est utile lorsque celle-ci n'est pas évidente, ou lorsqu'il s'agit d'un mot étranger au lecteur. Cette transcription se note entre crochets droits.

Il a été développé par des phonéticiens britanniques et français sous les auspices de l'Association phonétique internationale, fondée à Paris en 1886 par Paul Passy (cette association et son alphabet sont plus connus sous le sigle API). La plupart des lettres sont empruntées à l'alphabet latin ou en dérivent, certaines sont d'origine grecque, et quelques caractères sont sans rapport apparent avec les lettres ordinaires. Le principe général est d'employer un symbole unique pour chaque segment sonore de la parole, en évitant les combinaisons de lettres. Des signes diacritiques peuvent être combinés avec les symboles de l'API pour transcrire des valeurs phonétiques légèrement modifiées ou des articulations secondaires. Il existe également des symboles spéciaux pour noter des phénomènes suprasegmentaux, comme les tons mélodiques. Révisé en 1990 et en 1993, l'API comprend 118 caractères principaux, 76 diacritiques et 23 marques de tons.

L'utilisation de cet alphabet est maintenant très établie dans l'enseignement, l'apprentissage et l'étude des langues, d'autant plus quand elles ne sont pas écrites et ne peuvent qu'être transcrites. De nombreuses langues d'Afrique maintenant dotées d'une orthographe, utilisent comme signes complémentaires des caractères de l'API. L'alphabet pan-nigérian, à l'origine de nombreuses orthographes, s'en inspire aussi.

L'API n'est cependant pas la seule méthode de transcription. Il en existe d'autres, qui se limitent généralement à des familles de langues. Le système de Bourciez (utilisé dans la transcription de l'ancien français) en est un bon exemple. Consulter cette liste pour plus de détails.

Sommaire

Exemples

Langues étrangères

castillan: constitución /kons.ti.tu.ˈθion/
français : constitution /kõ.sti.ty.sjõ/.


Description de l'alphabet

En français, on peut citer le cas des voyelles suivies de /v, z, ʒ; ʀ, vʀ/ final qui subissent un allongement en fin d’énoncé, un semi-allongement ailleurs:
Pose cette rose! /ˌpoˑzsɛt'roːz/

Voyelles

Quand deux symboles sont indiqués, le première est celui utilisé traditionnellement, le second ressortit à une analyse plus fine ou en opposition avec cette tradition (rencontrée principalement dans les dictionnaires, les méthodes d'apprentissage, les grammaires, etc.).


Transcription théorique des voyelles françaises en API
API Glose Exemple Écriture habituelle
Antérieures non arrondies
i vite i, y
e étang é, et
ɛ être è, ê, ai, es, e (el)
a a antérieur1 chat a
Antérieures1 arrondies
y chute u
ø feu eu,
ə (ou ə̹) e « muet » 2 le e
œ fleur e, eu
Postérieures3 arrondies
u mou ou
o o fermé poteau o, ô, au, eau
ɔ o ouvert porte o
Postérieure non arrondie
ɑ a postérieur pâtes â, as
Nasalisées
ɔ̃ (ou õ) o ouvert (ou fermé 4) nasalisé on on, om
ɛ̃ è nasalisé vin in, ein, ym, ain
œ̃ eu ouvert nasalisé un un, um
ɑ̃ (ou ɒ̃) a post. non arrondi (ou arrondi5) nasalisé an an, am, en, em

Notes :

  1. Ou antéro-centrale(s).
  2. Le e « muet » (ou caduc ou encore instable) français standard n'est pas la voyelle neutre dite schwa de l'API. En effet, issu du schwa, ce phonème s'est labialisé au cours du XVe siècle pour arriver à /ə̹/.
  3. Ou postéro-centrales, alors que /u, o, ɔ/ sont postérieures dans la plupart des langues.
  4. Il s’agit selon certains auteurs d’un /o/ fermé.
  5. Pour certains auteurs, la version nasalisée du /a/ postérieur est arrondie alors que la version orale ne l’est pas ; il est donc plus cohérent ─ dans le cadre de cette interprétation ─ de la représenter par le symbole /ɒ/ arrondi de l’IPA (contrairement à l’usage en vigueur qui se sert de /ɑ/).

On ne perdra pas de vue qu'il ne s'agit là que d'un modèle théorique : le français ne se prononce bien sûr pas d'une manière uniforme à travers toute la France, encore moins à travers toute la francophonie. On pourra se reporter à l'Enquête phonologique du français d'Henriette Walter, aux PUF (1re édition en 1982), laquelle montre clairement qu'à chaque locuteur correspond une réalisation propre des phonèmes (selon leur origine sociale, leur provenance géographique, leur niveau d'instruction, etc.). On peut aussi consulter en ligne Les accents des Français , qui, bien que basé sur des enregistrements datant d’il y a plus de vingt ans, permet de relativiser le caractère parfois théorique de la phonétique appliquée à une langue.

Consonnes

Unicode

Unicode contient une grande partie des caractères de l'API ainsi que les diacritiques et signes annexes requis.

Voir aussi

Liens externes



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