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Isocrate, en grec ancien Ἰσοκράτης Isokrátês
(Athènes -436/-338), l'un des dix orateurs attiques.
Isocrate est le fils de Théodore, le riche propriétaire d'une manufacture de flûtes, qui lui donne une éducation soignée. Il suit l'enseignement des sophistes, Prodicos, Théramène, Protagoras et surtout Gorgias, ainsi que celui de Socrate.
Désireux tout d'abord d'entreprendre une carrière publique, il y renonce par timidité, manque de mémoire, et manque de souffle. La fin de la guerre du Péloponnèse ayant ruiné son père, il s'engage dans une carrière de logographe. En -404, il enseigne dans une école de rhétorique à Chios, et en -403 revient à Athènes, où il ouvre sa propre école en -392. Il rencontre un grand succès, et on lui attribue un grand nombre d'élèves, parmi lesquels :
Cicéron, dans son De Oratore, compare l'école d'Isocrate au cheval de Troie, rempli des héros grecs.
Parallèlement à son enseignement, Isocrate rédige des discours épidictiques, destinés à être lus et non déclamés. L'un d'entre eux peut être considéré comme un manifeste pour son école, c'est le Contre les sophistes. Mais l'essentiel est de nature politique : il plaide pour la paix et le compromis, ainsi que l'alliance des Grecs, y compris avec Philippe II de Macédoine, contre les Perses.
Il meurt peu après la bataille de Chéronée. Selon la tradition, reprise par John Milton dans le dixième sonnet de ses poèmes, il se serait affamé à mort, désespéré par la fin de la liberté grecque.
Une soixantaine de discours lui était attribuée dans l'Antiquité, dont la moitié seulement serait authentique. Seuls 21 textes nous sont parvenus, six sont des plaidoyers de logographe :
Il y a quelques éloges, dont un Éloge d'Hélène caractéristique du goût sophistique pour les éloges paradoxaux. Le principal est constitué par ce qu'on pourrait appeler les manifestes politiques :


