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IVe concile œcuménique du Latran



Le quatrième concile œcuménique du Latran (souvent surnommé Latran IV) est le douzième concile œcuménique de l'Église catholique, tenu en 1215 à l'initiative du pape Innocent III.

L'idée du concile a d'abord été celle de l'empereur d'Orient et du patriarche de Constantinople, avant le Grand Schisme d'Orient de 1204 : ils souhaitaient discuter d'une réunion avec l'Église d'Occident. Quand Innocent III reprend l'idée d'un nouveau concile universel, c'est plutôt dans le but de prêcher la croisade et de parler de la réforme de l'Église.

Le concile se veut universel dès le début : 80 provinces ecclésiastiques sont représentées, soit 400 cardinaux, archevêques, évêques ou patriarches, 800 abbés, prieurs ou doyens. En tout, 1 200 personnes sont rassemblées (contre 200 à peine pour le concile du Latran I). C'est l'application du principe de droit romain « Quod omnes tangit ab omnes approbetur » (« ce qui concerne tout le monde doit être approuvé par tout le monde »). Pourtant, il est indéniable que les 70 décrets ou canons pris par le concile sont avant tout l'œuvre du pape.

Les décisions principales du concile concernent :

Sommaire

La foi

Le symbole issu de Latran IV est cinq fois plus long que celui de Nicée-Constantinople. Le concile affirme (principalement pour condamner les cathares) la Trinité, l'incarnation humaine du Christ, et introduit dans le dogme, sous l'influence des théologiens Pierre Lombard et Étienne Langton, le concept de la transsubstantiation.

La réforme de l'Église

Les clercs

La simonie et le nicolaïsme sont de nouveau condamnés, de même que, pour les clercs, l'ivrognerie, le jeu, la participation aux festins et aux duels ou encore la pratique de la chirurgie. Le concile insiste sur leur décence nécessaire : interdiction des habits de luxe, obligation d'assister aux offices, de garder les lieux de culte propres et convenables.

Pour ce qui est des moines, la décadence de certains ordres comme Cîteaux est dénoncée. Le concile interdit toute nouvelle création d'ordre et toute nouvelle règle.

Les laïcs

En ce qui concerne les laïcs, les sacrements font l'objet d'un travail de définition. C'est le cas par exemple pour la confession, mais aussi l'eucharistie : le décret Utriusque sexus impose la confession et la communion annuelle à tous les laïcs de plus de 7 ans.

Contre le catharisme, le mariage est réhabilité comme l'un des sept sacrements et défini comme l'union de deux volontés plus que comme celle de deux corps. La législation a ce sujet est raffinée : la parenté minimale est ramenée à 4 degrés (au lieu de 7 depuis la réforme grégorienne), les bans deviennent obligatoires même si les mariages sans prêtre et sans bans demeurent valables : ce sont les mariés et non le prêtre qui confèrent le sacrement.

Enfin, dans le domaine judiciaire, l'ordalie (ou jugement de Dieu) est interdite.

Hérétiques et infidèles

Le concile s'occupe de la question albigeoise : Raymond VI, comte de Toulouse, est destitué. Plus généralement, le concile réaffirme les fondements de la politique catholique contre les hérétiques : les évêques sont chargés de débusquer les hérésies, et les autorités civiles doivent leur prêter leur concours. Le concile condamne également les amauriciens, jugés coupables de panthéisme, et les œuvres de Joachim de Flore, accusé de trithéisme.

Les Juifs font l'objet de mesures de discrimination :

Latran IV se tient peu après le Grand Schisme d'Orient de 1204 : le concile condamne vigoureusement l'« insolence » du clergé grec, les rites orientaux et réaffirme la préémenince du pape.

Enfin, le concile appelle à la croisade contre les Sarrasins et rappelle l'indulgence dont bénéficient les croisés, et la protection accordée par l'Église aux personnes et aux biens des croisés. Par ailleurs, interdiction est faite de nouveau de commercer avec les musulmans. Innocent III meurt peu après le concile, et finalement la croisade qu'il prêchait ne partira pas.



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