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L'Ivoirité est un concept visant à définir la nationalité ivoirienne dans un processus de démocratisation.
Le mot est employé d'abord par le président Henri-Konan Bédié en 1995. Il en fait un usage plutôt libéral, en faisant un projet d'identité culturelle commune pour tous ceux vivant en Côte d'Ivoire, Ivoiriens comme étrangers (qui représentent en 1998 le quart de la population).
Mais, repris par ses adversaires politiques, ce concept est bientôt imprégné d'idées nationalistes et xénophobes. Des campagnes de presse ont ainsi imposé ce concept, qui conduit notamment à l'élimination du candidat du nord de la Côte d'Ivoire, Alassane Ouattara. Ce rejet d'Ouattara est facilité par le rejet ancien du dioula, l'homme du nord pour les Ivoiriens de la côte et du centre. À une différence ethnique, s'ajoute en effet une différence de religion : les Ivoiriens du nord, musulmans, sont soupçonnés d'être de mauvais Ivoiriens, et sont donc rejetés par les Ivoiriens du sud. Mais il aboutit à un sentiment d'exclusion des populations du nord, notamment les Malinkés dont les patronymes ont le plus facilement une consonance étrangère.
Cette notion d'ivoirité est dénoncée par la FIDH comme étant à la base d'un « système xénophobe », qui dénonce également la loi sur la nationalité et la loi foncière, qui violent selon elle les droits civils, politiques, économiques et sociaux protégés par les pactes de l'ONU.


