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Sevin Jacques, Ignace, Marie, Joseph. Prêtre catholique de la Compagnie de Jésus.
Cofondateur du scoutisme catholique en France. D.C.C. Secrétaire général, puis C.G. des SDF de 1920 à 1924. Commissaire à la formation des chefs et mestre du camp-école permanent de Chamarande. 1924/1933. Initiateur des ordres religieux scouts : La Ste Croix de Jérusalem et (par mgr Rupp de la Ste Croix de Riaumont). Totem scout: « Renard Noir ». Né à Lille le 7décembre 1882. Mort à Boran-Sur-Oise le 19 Juillet 1951.
Les origines :De tradition orale, la famille Sevin se disait rattachée aux Sevin de Quincy dont l'un des ancêtres fut compagnon de Jeanne d'Arc et l'un de ses descendants, général sous Louis XIV. Le bisaïeul de Jacques Sevin, considéré pendant la révolution comme un émigré, rendu circonspect par les sévices et les crimes révolutionnaires, n'avait jamais voulu avouer son véritable nom. Il avait seulement, à la naissance de son fils Jean, déclaré : « On l'appellera Sevin ! »
Son père : Adolphe Sevin était né à Amiens en 1852, et exerçait la profession de « courtier-juré » dans l'industrie textile, alors fort importante dans la région de Roubaix-Tourcoing. Sa mère, Louise Hennion était née à Lille en 1856.
[[Jeunesse et vocation.]]Jacques Sevin naquit également à Lille le 7 décembre 1882. Il a lui-même laissé des notes biographiques le concernant, et indiquant de façon précise le déroulement de sa vie enfantine et plus tard scolaire, ne faisant que fort peu référence à ses frères et sœurs dont il était l'aîné. Après un passage à l'âge de 5 ans chez les franciscaines de Tournai à « l'Asile Notre-Dame-des-Anges », il ne commença réellement ses études qu'en huitième au Collège du « Sacré Cœur » de Tourcoing en 1890, avec les premiers rudiments de latin. Mais c'est à la « Providence » d'Amiens qu'il débutait en 6ème où il eut la chance de bénéficier, au cours de ses premières années d'internat, d'un enseignement selon la méthode active (voir à pédagogie*) donné par un jésuite : le père Duvocelle. Il pousuivra une fort bonne scolarité jusqu'au baccalauréat (première partie de l'époque) passé en 1898. Après un intermède en Angleterre, où son père l'envoya se reposer à cause de maux de tête persistants, il reprit sa philosophie au collège « St. Joseph » de Lille où il obtint la seconde partie du diplôme en session spéciale en mars 1900, ce qui lui permit, dès avril suivant, de commencer une licence d'Anglais à l'Université catholique de Lille. Cependant, très tôt, en 1895, le jeune Jacques Sevin avait eu la prescience de sa vocation religieuse développée au sein d'une famille très chrétienne, et dans un collège dirigé par les jésuites. Au cours d'une retraite donnée en 1897, quelques jours après la mort de la petite Ste Thérèse de Lisieux, il se sentit confirmé dans ses intentions, qui se précisèrent tout à fait, en mai 1899, à Notre Dame du Hautmont. En 1900, le propre confesseur de son père orientait cette jeune vocation vers l'ordre des Jésuites. Sans plus attendre le jeune homme entrait au noviciat de St. Acheul d'Amiens, le 3 septembre suivant, après avoir sollicité par écrit l'autorisation de ses parents, et y prenait la soutane le 15 suivant.
Etudes chez les Jésuites.Dès lors, Jacques Sevin suivra pendant 14 ans le cycle normal de formation d'un jésuite. Au cours de sa première année, il reçut la charge supplémentaire de faire le catéchisme, de s'occuper d'un patronage de la banlieue d'Amiens et de faire un stage en hôpital. Mais en 1901, la loi sur la suppression des congrégations chassait les religieux de France. Pour le novice de Saint Ignace, ce fut l'exil qui devait durer jusqu'en 1918. Sa seconde année de noviciat se déroula à Arlon dans le Luxembourg belge. En 1902, cependant, ses supérieurs l'envoyaient à Tournai pour reprendre ses études d'anglais, dont il obtiendra la licence en 1903, tandis qu'il assumait la charge de professeur d'anglais dans plusieurs collèges, et notamment celui de Florennes, près de Charleroi, où il restera jusqu'en 1907. Ce fut pour lui une lourde tâche de poursuivre à la fois ses études religieuses tout en suivant activement ses élèves, mais il faisait preuve d'un dynamisme remarquable (Georges Tisserand). Il avait débuté son juvénat en juillet 1904, lors d'un court séjour de quelques mois à Arlon, et il parachevait ses études d'anglais au cours des vacances en séjournant à Rochampton, dans la banlieue sud-ouest de Londres. À la fin de 1907, il entreprenait ses études de philosophie à Gemert en Hollande et l'année suivante enseignait encore à Antoing. En 1911, il retrouvait le « scolasticat » d'Enghien près de Bruxelles et commençait ses études de théologie. "Déjà, à cette époque, écrira Georges Tisserand dans son ouvrage « Le père Sevin Fondateur », il se distinguait par son idéal élevé, son enthousiasme vibrant et son sens exemplaire de l'honneur et de l'héroïsme. Il écrivait avec une surprenante facilité en prose et en vers, cultivant le chant, le dessin et la musique..."
Le scoutisme belge et anglais,1912/1913.Pendant l'exil belge du futur Père Sevin, comme en France, l'idée du scoutisme s'était implantée dans ce pays depuis environ 1910 et, en 1912, une Fédération catholique se constituait à Bruxelles sous l'impulsion du chef Jean Corbisier et de l'abbé Jules Petit. Il faut noter que la première traduction en français de la promesse scoute « A Dieu, à l'Église, au Roi ( à la Patrie) », ainsi que l'article 3 de la Loi adapté du texte de Baden Powell* pour les catholiques (« Le scout est fait pour servir et sauver -spirituellement- son prochain »), sont le fait de Jean Corbisier. Le Père Sevin connaissait l'existence de ce précurseur et il a reconnu, lui-même, plus tard, ce qu'il lui devait. Mais plus encore que cette création belge, les fréquents séjours de Jacques Sevin en Angleterre pendant les vacances, lui avaient permis, au moins, d'être tenu informé de la création des « boy-scouts » dans ce pays. L'immense succès rencontré, les très nombreux articles des journaux anglais consacrés au scoutisme et à Baden Powell* l'avaient forcément familiarisé avec la méthode, dont ses parfaites connaissances linguistiques lui avaient même, très probablement, permis de lire « Scouting for boys » dans le texte original. Quand, les 20 février et 5 mars 1913, paraissaient dans la revue « Etudes » les articles du père Caye défavorables au scoutisme, le Père Sevin, bien informé de la question, sollicita l'autorisation de se rendre sur place pour enquêter de façon plus approfondie. Il arriva en Angleterre en septembre pendant les vacances scolaires, et puisa d'abord ses renseignements auprès de l'archevêché catholique de Westminster qui s'était d'emblée rallié au scoutisme avec Mgr. Bourne. Le 20 septembre, au cours du rallye de district du Nord de Londres, il rencontra le fondateur lui-même à l'Alexandra-Palace : « Je pris ma première tasse de thé avec Baden Powell », écrira-t-il dans son carnet de notes. Au cours d'une conversation à la fois sérieuse et humoristique, telle que savait la tenir le chef mondial du scoutisme, le Père Sevin fut conquis par l'homme et surtout sa méthode, formant le souhait de tenir plus tard dans son pays un rassemblement identique, mais avec des scouts catholiques.
Simultanément : ordination sacerdotale et la guerre !L'année 1914 devait être pour le Père Sevin l'aboutissement de ses longues études. Le 25 mars il recevait le sous-diaconat, le 3 mai il était fait diacre et finalement ordonné le 2 août, jour terrible entre tous, puisqu'il fut le signal poignant de la déclaration de la première guerre mondiale. Après avoir dit sa première messe le 3 et n'étant pas mobilisable puisque exempté des obligations militaires depuis 1902, il partit quelques jours en Angleterre. L'envahissement de la Belgique par les forces allemandes, au cours des premiers jours d'août, le ramenait très rapidement en France, pour la première fois depuis son exil, où il sollicita un poste d'aumônier militaire qui lui fut refusé. Son provincial lui enjoignit alors de tenter de passer en Belgique, pour porter et ramener des nouvelles du scolasticat d'Enghien près de Bruxelles. Ayant réussi à franchir les lignes allemandes, il arriva bien à destination mais, pris au piè


