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Jaufré Rudel né vers 1113 à Blaye dont il est le seigneur (surnommé le prince
de Blaye), mort vers 1170. Il prit part à la deuxième croisade.
Troubadour occitan (trouvère), il écrit des chansons d'amour au cours de la première moitié du douzième siècle et chante « l'amour lointain », – c'est-à-dire l'amour impossible et sans espoir, – en célébrant peut-être une dame de Tripoli, bien née et inaccessible. Il semble qu'il soit effectivement tombé amoureux d'une dame établie en Orient, et que, pour des raisons matérielles ou psychologiques, cet amour soit resté un amour de loin (« amor de lonh »).
Sept des poèmes de Rudel on survécu dont quatre avec leur notation mélodique.
Quan lo rius de la fontana
S'esclarzis, si cum far sol,
E par la flors aiglentina,
El rossinholetz el ram
Volf e refranh ez aplana
Son dous chantar et afina,
Dreitz es qu'ieu lo mieu refranba.
Quand le ruisseau de la fontaine
S'éclaircit, comme il le fait
Et paraît la fleur d'églantine
Et le rossignolet sur la branche
Lance et reprend et adoucit
Son doux chant embellit,
Il faut bien que le mien reprenne.


