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Jean-Baptiste Tavernier (Paris, 1605 - Moscou, 1689), est un voyageur et pionnier français du commerce avec l'Inde. Son père Gabriel et son oncle Melchior occupaient la profession de géographe et de graveur.
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Cette atmosphère familiale va lui donner très tôt le goût du voyage et, à l'âge de seize ans, il a déjà visité l'Angleterre, les Pays-Bas et l'Allemagne. Quatre années et demi passées au service du vice-roi de Hongrie (1624-29), puis une année, en 1629, à celui du duc Rethel et de son père le duc de Nevers, le prince de Mantoue, lui donnent l'habitude des cours, ce qui lui sera très utile plus tard. Il acquiert aussi une certaine expérience militaire à Mantoue en 1629 et en Allemagne l'année suivante avec le colonel Walter Butler, devenu plus tard connu à l'occasion de la mort de Wallenstein.
En 1630, il a déjà visité l'Italie, la Suisse, l'Allemagne, la Pologne et la Hongrie, aussi bien que la France, l'Angleterre et les Pays-Bas et parle les principales langues de ces pays. Il est maintenant désireux de visiter l'Orient et, à Ratisbonne, il trouve l'occasion de se joindre à deux pères français, M. de Chapes et M. de Saint-Liebau, qui ont reçu une mission pour le Levant. En leur compagnie, il atteint Constantinople au début de 1631 et y passe onze mois, avant de rejoindre Tokat, Erzerum et Erivan en Perse. Il ira lors de ce premier voyage jusqu'à Ispahan avant de reprendre la route du retour par Bagdad, Alep, Alexandrette, Malte et l'Italie, et enfin Paris qu'il retrouve en 1633.
Des cinq années suivantes, on ne sait pas grand-chose de sa vie, mais c'est probablement durant cette période qu'il est au service de la maison du duc d'Orléans. En septembre 1638, il commence un deuxième voyage (1638-1643) par Alep et la Perse, et de là en Inde jusqu'à Âgrâ et Golkonda. Ses visites à la cour du grand moghol et aux mines de diamants sont le prélude à ses voyages suivants, au cours desquels Tavernier voyagera comme un marchand de haut rang, négociant des bijoux coûteux et d'autres marchandises précieuses, et trouvant ses principaux clients parmi les plus grands princes de l'Orient. Ce deuxième voyage sera suivi de quatre autres. Au cours de son troisième (1643-1649), il se rend jusqu'à Java et revient par Le Cap.
Dans ses trois voyages suivants (1651-1655, 1657-1662, 1664-1668), il ne va pas au-delà de l'Inde. Les détails de ces voyages sont souvent obscurs, mais ils montrent une excellente connaissance des itinéraires commerciaux en Orient et introduisent le négociant, maintenant célèbre, dans l'intimité des plus grands potentats indiens. Ils seront aussi à l'origine d'une importante fortune et d'une grande réputation en France. Tavernier est présenté à Louis XIV, pour le service duquel il avait fait ces voyages commerciaux et qui lui décerne des lettres de la noblesse, le 16 février 1669, ce qui lui permet, l'année suivante, d'acheter la baronnie d'Aubonne, près de Genève. En 1662, il épouse Madeleine Goisse, fille d'un joaillier parisien.
Ainsi installé, profitant de son aisance et de hautes protections, Tavernier s'occupe, suivant le désir du roi, semble-t-il, à publier le compte-rendu de ses voyages. Il n'a pas été un observateur scientifique des contrées traversées, mais, dans tout ce qui se rapporte au commerce de ces régions, sa connaissance est vaste et sans égale, et ne peut que prouver son utilité. Il se met donc au travail avec l'aide de Samuel Chappuzeau, un écrivain protestant, comme lui, et rédige sa « Nouvelle Relation de l'Intérieur du Sérail du Grand Seigneur » (Paris, 1675), basée sur ses deux visites de Constantinople au cours de ses premier et sixième voyages.
Suivront les « Six Voyages de J. B. Tavernier » (Paris, 1676) et le complément « Recueil de Plusieurs Relations » (Paris, 1679), pour lequel il est aidé par un certain La Chapelle. Ce dernier ouvrage contient une description du Japon, recueillie auprès de négociants et d'autres, et une du Tonkin, dérivée des observations de son frère Daniel, qui avait partagé son deuxième voyage et s'était installé à Batavia. Il contient également une violente attaque sur les agents de la Compagnie hollandaise des Indes orientales, avec lesquels Tavernier semble avoir eu plus que sa part de difficultés. En 1684, il se rend à Berlin, à l'invitation du Grand Électeur, qui souhaite le voir organiser une société de commerce en Orient, un projet qui ne verra jamais le jour.
Les voyages de Tavernier, bien que souvent réimprimés et traduits, ont deux défauts : l'auteur emploie du matériel descriptif provenant d'autres voyageurs, et ce sans le distinguer de ses propres observations ; son récit, plein de digressions, est confus, abandonnant souvent l'ordre chronologique et laissant la place à des notes décrivant des itinéraires concernant différentes destinations. Cependant, ces ouvrages remplissent correctement leur tâche de fournir un guide à d'autres négociants, répertoriant toutes les informations qui pourraient leur être utiles, comme les monnaies en cours et les taux de change pratiqués, les différentes mesures de poids et de longueurs, les règles douanières et commerciales.
Les dernières années de la vie de Tavernier sont mal connues. Les temps n'étaient plus favorables pour un protestant après la révocation de l'édit de Nantes, et certains supposent même qu'il passe un certain temps à la prison de la Bastille. Ce dont nous sommes sûrs, c'est qu'il a quitté Paris pour la Suisse en 1687, et qu'en 1689, il est de passage à Copenhague sur son chemin pour la Perse en passant par la Russie, et que, la même année, il meurt à Moscou. Il s'avère qu'il était toujours en relations d'affaires avec l'Orient, et que la négligence de ces dernières par son neveu, à qui il les avait confiées, avait décidé le vieil homme infatigable à faire ce nouveau voyage.
Boileau écrira ces vers pour accompagner un portrait de Tavernier.


