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Jean François Galaup, comte de La Pérouse 23 août 1741 près d'Albi - 1788) fut un explorateur.
Il entra dans la marine quand il eut 15 ans et participa à la guerre de Sept Ans au large de l'Amérique du Nord. Il servit ensuite en Amérique du Nord, en Inde et en Chine. En août 1782 il devint célèbre en capturant deux forts britanniques sur la côte de la baie d'Hudson. L'année suivante sa famille consentit finalement à son mariage avec Louise-Eléonore Broudou, une jeune créole d'origine modeste qu'il avait rencontrée sur l'île de France (de nos jours l'île Maurice). Il fut nommé en 1785 pour conduire l'expédition dans l'océan Pacifique. Ses navires étaient l'Astrolabe et la Boussole, chacun de 500 tonneaux. C'étaient des navires marchands reclassifiés comme frégates pour la circonstance.
La Pérouse était un grand admirateur de James Cook, essayant d'avoir des relations harmonieuses avec les habitants des îles du pacifique, et était estimé de son équipage. Parmi les 114 hommes qui l'accompagnaient il y avait de nombreux scientiques : un astronome, un médecin, trois naturalistes, un mathématicien, trois dessinateurs et même des curés qui avaient une formation technique.
Il quitta Brest en août 1785, contourna le cap Horn, fit une enquête sur la colonie espagnole du Chili, et passant par l'île de Pâques et Hawaii, il vogua jusqu'en Alaska, où il débarqua près du Mont St. Elias à la fin de juin 1786 et explora les environs. Une barge et deux bateaux longs transportant 21 hommes furent perdus dans les courants violents de la baie nommée Port des Français par La Pérouse, que l'on appelle baie Lituya de nos jours. Ensuite il visita Monterey, où il examina les missions franciscaines et fit des notes critiques sur le traitement des amérindiens.
Il traversa à nouveau le Pacifique à Macao, où il vendit les fourrures achetées en Alaska, partageant le profit avec son équipage. L'année suivante, après une visite à Manille il se dirigea vers les côtes nord-est de l'Asie. Il découvrit les îles Quelquepart (Cheju), visitées seulement une fois par les Européens, un groupe de Hollandais qui y firent naufrage en 1635. Il visita la presqu'île de Corée, puis alla à Oku-Yeso (Sakhaline).
Les habitants d'Hokkaido lui montrèrent une carte mais il ne put trouver le détroit et mit le cap au nord vers la péninsule du Kamtchatka qu'il atteint en septembre 1787. Là il se reposa avec l'hospitalité des Russes. Il reçut des instructions de Paris par le truchement de Barthélemy de Lesseps, vice-consul de la France à Kronstadt, pour faire un rapport sur la colonisation en Australie.
Il s'arrêta ensuite aux Samoa (les Îles du Navigateur). Juste avant son départ les Samoans attaquèrent un groupe de ses hommes en tuant douze dont de Langle, le commandant de l'Astrolabe. Il navigua ensuite à la baie botanique à Sydney (Australie), arrivant le 26 janvier 1788, juste quand le capitaine Arthur Phillip transférait la colonie de cette baie à port Jackson. Les Britanniques le reçurent avec courtoisie mais ne purent lui donner de la nourriture car ils n'en avaient pas de disponible. Il donna ses journaux et lettres afin qu'ils soient transmis à l'Europe et obtint du bois et de l'eau fraîche. Il partit pour la Nouvelle-Calédonie, Santa Cruz, les îles Salomon, les Louisiades, et les côtes de l'ouest et du sud de l'Australie. Ni lui ni aucun de ses hommes ne furent vu de nouveau.
En 1791-1793 Antoine de Bruni, chevalier d'Entrecasteaux chercha La Pérouse mais ne trouva aucune trace de lui et ce n'est qu'en 1826 qu'un capitaine anglais, Peter Dillon découvrit des preuves de la tragédie. À Tikopia, l'une des îles de Santa Cruz, il acheta des épées pour lesquelles il avait des raisons de croire qu'elles avaient appartenu à La Pérouse. Il fit une enquête et découvrit qu'elles venaient du proche Vanikoro, où deux gros navires s'étaient disloqués. Il obtint un navire où il trouva des boulets de canon, des ancres et d'autres preuves des restes des vaisseaux dans l'eau entre les récifs de coraux. Il apporta plusieurs de ces objets en Europe ainsi que D'Urville en 1828. De Lesseps, le seul membre de l'expédition encore en vie à cette époque les identifia comme venant de l'Astrolabe.
En 1964 une reconstitution permit de montrer que ce fut d'abord la Boussole qui heurta les récifs. L'Astrolabe fut allégée. Un groupe d'homme, probablement les survivants de la Boussole fut massacré par les indigènes. Les autres construisirent une embarcation qui partit vers l'ouest neuf mois plus tard. Apparemment cet esquif sombra quelque part, probablement dans les îles Salomon.


