Jean-Marie Le Pen
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Jean-Marie Le Pen (né à La Trinité-sur-Mer le 20 juin 1928) est un homme politique français d'extrême droite (ou de droite
nationale, selon son propre vocabulaire) identifiable aux courants poujadistes. Il est actuellement président du Front national (FN, à ne pas confondre avec le mouvement de résistance Front
National, créé en 1941 par le parti communiste français).
Ses débuts
De son premier mariage avec Pierrette Lalanne, épousée le 29 juin 1960 à Paris (VIIIe arrondissement), et dont il a divorcé en 1985 ou 1986, il a eu trois filles qui lui ont donné neuf
petits-enfants.
La plus jeune de ses filles, Marine Le Pen, est membre du Bureau
politique du Front national
et l'une de ses vice-présidentes depuis avril 2003 (à la suite du Congrès de Nice).
Jean-Marie Le Pen s'est remarié le 31 mai 1991
avec Jeanne-Marie Paschos dite Jany, née en 1933, divorcée de l'homme d'affaires belge
Jean Garnier et fille d'un
marchand de tableaux grec et d'une mère partiellement néerlandaise.
Fils de patron pêcheur, il est pupille de la nation : son père a heurté une mine anglaise à bord de son bateau. Il est
diplômé d'études supérieures de sciences politiques et licencié en droit. Il a été Président des étudiants en droit de Paris
puis, par la suite, Président d'honneur de la « Corpo ».
Il tient une partie de son patrimoine de la vente de la société de cimenterie Lambert, que lui a léguée par testament Hubert
Lambert (héritier des ciments Lambert, décédé sans enfant à l'âge de 42 ans et auteur de très nombreux articles dans diverses
revues nationalistes). Cette succession donna lieu à un début de poursuites judiciaires qui ont été abandonnées, après
négociation avec les cousins de Lambert. Depuis, il est assujetti à l'ISF. Certains l'accusent de
captation d'héritages. Traditionnellement, les dons aux partis politiques (comme des héritages) sont adressés à une association
reconnue d'utilité publique. Jean-Marie Lepen a été condamné en 1997 pour ne pas avoir appliqué cette précaution à tous les dons.
Cette fortune miraculeuse l'a mis à l'abri du besoin et a aidé son ascension politique à la fin des années 1970. Il tirait jusque
là ses revenus des éditions phonographiques SERP.
Dirigeant et pratiquant sportif (rugby), il fut vice-président du Comité Pierre de Coubertin. Il a exercé les métiers de pêcheur, mineur,
métreur...
Jean-Marie Le Pen est un ancien combattant des guerres d'Indochine et
d'Algérie. Il a servi en 1955 comme
officier dans le 1er Bataillon étranger parachutiste en Indochine. Député en 1956, il quitte néanmoins les bancs de l'Assemblée nationale et se porte volontaire pour se battre pour la défense de l'Algérie française.
Quarante ans plus tard, il justifiera l'usage de la torture, par d'autres que lui, lors de son temps de service en Algérie, contre des partisans avérés ou présumés du FLN, cette pratique étant, selon lui,
nécessaire pour lutter contre le terrorisme.
Il participera plus tard à l'opération franco-britannique de Suez. Jean-Marie Le Pen est
décoré de la Croix de la valeur militaire. Il estime que son engagement politique est fondé sur l'amour du peuple et de la
patrie.
En janvier 1953, il prend l'initiative d'organiser une colonne de secours d'étudiants
volontaires pour porter assistance aux populations sinistrées lors d'inondations aux Pays-Bas. Il reçoit pour cette initiative l'appui publique et politique de Vincent Auriol. En 1955, il est le Délégué général de l'Union de
Défense de la jeunesse française.
Il a commencé sa carrière politique à Paris en 1956 comme député de Paris. À vingt-sept ans, il était le plus jeune député de
l'Assemblée nationale. En 1957, il devient Secrétaire général du Front national des
Combattants (FNC). L'année suivante, il est réélu député de Paris Ve et adhère au groupe parlementaire du Centre national des Indépendants et Paysans présidé par Antoine Pinay. Il est à cette époque rapporteur du budget de la guerre à l'Assemblée
nationale et de la défense au Sénat de la communauté. Il devient le directeur de
campagne présidentielle de Jean-Louis Tixier-Vignancour en 1965.
En 1972, il fonde le Front national et continue son combat pour ses idées nationalistes. Les résultats
électoraux du Front national sont en hausse depuis les élections municipales de 1983.
En 1984 et 1999, Jean-Marie Le Pen a été élu
député au Parlement européen. Néanmoins, à la suite de la
décision de la Cour européenne de Justice, il a été privé de son siège de parlementaire le 10 avril 2003. Cette décision fait suite à la
condamnation de Jean-Marie Le Pen en 1998 pour agression et à un décret du Conseil d'État
français du 31 mars 2000 mettant fin à son
mandat d'eurodéputé.
En 1992 et 1998, il est élu au Conseil régional de Provence-Alpes-Côte d'Azur. Il rencontre le plus
de succès dans l'Est et le Sud-Est de la France, où le développement économique est le plus faible et où existent de nombreuses
tensions sociales, en partie liées aux communautés d'origine maghrébine et Pieds-Noirs.
Style
Ses propos, délibérément provocateurs, choquent souvent. Ils procèdent probablement d'une stratégie d'accès aux médias, car
ses propos non-provocateurs sont le plus souvent passés sous silence.
- Un cas est celui des chambres à gaz présentés comme « point de détail » de l'histoire. Nul ne peut certes prétendre
que le type de mort qu'on inflige à une personne constitue un détail - on ne guillotinait pas par exemple un militaire du temps
de la peine de mort. Toutefois son argumentation résidait dans le fait que ces chambres à gaz ne seraient pas mentionnées dans
les Mémoires sur la deuxième Guerre mondiale de Winston Churchill (Plon, 1953), point qu'il se garda bien de mentionner
sur le moment.
- En parlant des malades du sida, le 6 mai
1987, à la télévision (Antenne 2), il dit : « Les sidaïques, en respirant du
virus par tous les pores, mettent en cause l'équilibre de la nation. (...) Le sidaïque est contagieux par sa transpiration, sa
salive, son contact. C'est une espèce de lépreux ». Il invoque souvent que cette forme d'expression est pour lui le seul
moyen de se faire entendre, ses propos n'étant selon lui jamais retransmis par les médias que lorsque que ceux-ci estiment, à
tort ou à raison, pouvoir s'en servir contre lui.
- Un troisième propos, non relayé, concernait en 2001 le cinquantième anniversaire de la CECA. « Constatons que cinquante ans après la création de cet organisme, on ne fait pour ainsi dire plus ni de
charbon ni d'acier en Europe. Voilà le brillant résultat des institutions européennes », ironisa-t-il.
Élections présidentielles
Le Pen s'est présenté aux élections présidentielles de 1974, 1988, 1995 et 2002, en professant des
idées nationalistes, dont certaines considérées par ses adversaires comme xénophobes et/ou extrémistes :
Lors de l'élection présidentielle de 2002, Jean-Marie
Le Pen a obtenu 16,86% des voix. Cela lui a permis, en raison notamment de l'éparpillement des voix sur un grand nombre de
candidats du premier tour, de participer au deuxième tour contre Jacques
Chirac, qu'il a perdu de façon attendue avec 17,94% des voix contre 82,06%, à la suite d'une forte mobilisation largement
orchestrée (à laquelle refusa de participer Lutte ouvrière, qui
constatait que les jeux étaient déjà faits d'avance et voyait dans ce mouvement une simple tentative de transformer l'élection en
plébiscite pour le candidat Jacques Chirac. Cette élection a constitué un événement important dans la vie politique française car
c'était la première fois qu'un candidat d'extrême droite (ou de
droite nationale) passait le cap du premier tour, à la présidentielle. Mais c'était sans doute la première fois aussi
que passait au second tour un candidat ayant récolté seulement 17% des suffrages au premier.
Jean-Marie Le Pen est connu pour ses débordements oratoires (qui lui valent l'admiration technique d'un de ses anciens
camarades de faculté, le réalisateur Claude Chabrol), ses références à
l'histoire de France (avec des simplifications ou des raccourcis parfois vivement contestés), ainsi que pour des commentaires
jugés en diverses occasions racistes et antisémites. Il a été pour certains condamné, pour d'autres relaxé.
Ses partisans soulignent quant à eux que son équipe comporte des personnes d'origines diverses, de confession juive comme
Jean-Pierre Cohen,
d'origine maghrébine comme Farid
Smahi, ou antillaise comme Huguette Fatna avec qui semble le lier une certaine complicité. Ils affirment aussi qu'une partie de la
communauté juive de France se serait rapprochée de ses idées, ressentant une pression de
l'antisémitisme en France dont la responsabilité serait à imputer en
partie à l'immigration musulmane que
Jean-Marie Le Pen rend responsable de nombreux maux.
Parcours politique
- 1956 : Il est élu député de Paris.
- décembre 1972 : Il fonde le Front national (FN), parti d'extrême
droite (ou de droite nationale).
- avril 1974 : Il se porte candidat à l'élection
présidentielle. Il obtient 0,74 % des voix.
- novembre 1976 : Attentat à la bombe contre son domicile parisien qui est
complétement détruit.
- 1978 : Assassinat de François Duprat, membre du bureau politique.
- avril 1981 : Il n'obtient pas les 500 parrainages nécessaires pour se présenter à
l'élection
présidentielle.
- juin 1984 : Il est élu député européen.
- mars 1986 ; élu député de Paris lors des élections législatives (scrutin de liste
proportionnel à un tour) (~ juin 1988).
- avril 1988 : Il se porte candidat à l'élection
présidentielle. Il obtient 14,38 % des voix.
- novembre 1990 : Il se rend en Irak pendant la guerre pour négocier directement
avec Saddam Hussein la libération de 55 otages qu'il ramène en France.
- mars 1992 : Il est élu conseiller régional de Provence-Alpes-Côte d'Azur.
- juin 1994 : Il est réélu député européen.
- avril 1995 : Il se porte candidat à l'élection
présidentielle. Il obtient 15 % des voix.
- mars 1998 : Il est réélu conseiller régional de Provence-Alpes-Côte d'Azur.
- juin 1999 : Il est réélu député européen.
- 21 avril 2002 : Ayant dépassé de
justesse les 500 parrainages nécessaires pour se porter candidat à l'élection
présidentielle, il crée une vive surprise en se retrouvant en deuxième position avec 16,86 % des suffrages (sur 16
candidats) et en se qualifiant pour le second tour. Il devance ainsi Lionel
Jospin qui, ayant obtenu 16,18 % des voix, semble avoir gravement sous-estimé l'éparpillement causé par la multiplicité
des candidatures issues de la Gauche plurielle et le risque de non-qualification pour le second tour.
- 5 mai 2002 : Il obtient 17,94 % des voix
au deuxième tour de l'élection présidentielle contre 82,06 % pour Jacques Chirac.
- février 2004 : sa candidature pour l'élection régionale des 21 et 28 mars en
Provence-Alpes-Côte d'Azur est rejetée
par le préfet de Région, pour cause d'absence de domiciliation ou d'attache fiscale dans la région.
- Mars 2004 : Sa fille, Marine
Le Pen, obtient 10.11 % des voix dans la région Île-de-France
aux élections Régionales.
- Juin 2004 : Il est réélu au Parlement européen ainsi que Marine Le Pen.
Citations
- Je suis socialement à gauche, économiquement à droite et plus que jamais, nationalement de France. (21 avril 2002)
- Les femmes maghrébines sont en rut, enfin en action, c'est la même chose. (discours du 8 juin 1984).
- L'affirmation que leur corps leur appartient [aux femmes] est tout à fait dérisoire, il appartient à la vie et aussi en
partie à la nation. (interview au Parisien, 20 mars 1996)
- Oui, je crois à l'inégalité des races (31 août 1996)
La question de la succession
Évoquant la rivalité implicite entre Bruno Gollnisch et Marine Le Pen dans l'optique de sa succession, Jean-Marie Le Pen a déclaré, dans
un entretien au Figaro du 6 novembre 2004 :
- « La succession n'est pas ouverte. Il y a peut-être des gens qui, le soir, mettent des épingles dans des poupées de
vaudou en pensant à moi. Mais pour l'instant, je ne me sens pas hors de combat ni hors de situation. »
Il a également confirmé, à cette occasion, qu'il avait subi, avant et pendant la campagne pour l'élection présidentielle de
2002, un traitement pour lutter contre un cancer
localisé, et qu'il en serait désormais guéri. Son seul souci de santé actuel se limitant, selon lui, à un problème d'arthrose de
la hanche pouvant le contraindre à une « opération banale ».
Procès
Condamnations
- 27 avril 1964 : condamné pour coups
et blessures volontaires.
- 16 janvier 1969 : condamné pour
coups et blessures volontaires par le Tribunal de
grande instance de Paris.
- 14 janvier 1971 : reconnu
coupable par la Cour de cassation d'« apologie de crime de guerre ».
- 11 mars 1986 : condamné pour
« antisémitisme insidieux ».
- 27 mars 1986 : reconnu coupable
d'apologie de crime de guerre dont la déportation pour l'édition d'un disque sur lequel on peut entendre « un hymne du parti
nazi » et « Vive Hitler ».
- 16 novembre 1987 : condamné
pour « provocation à la haine, la discrimination et la violence raciale » par le Tribunal de Paris à la suite de la distribution d'un tract lors des élections municipales de 1983.
- 29 mars 1989 : condamné par la
Cour d'appel de Paris pour « provocation à la discrimination, à la
haine ou à la violence raciale » pour ses propos lors d'une l'émission du 14 février 1984, selon lesquels « le monde
islamo-arabe » constituerait un « danger mortel ».
- 23 mai 1991 : condamné par la Cour
d'appel de Lyon pour « utilisation du terme SIDA pour stigmatiser l'immigration qui
représenterait un danger aussi grave que la maladie porte une atteinte intolérable à la dignité des malades, qui ont droit au
respect et à la solidarité et également une atteinte intolérable à la dignité des populations immigrées ».
- 18 décembre 1991 :
condamné par la Cour d'appel de Versailles pour « banalisation de crimes
contre l'humanité, consentement à l'horrible » pour avoir dit à propos des chambres à gaz des camps d'extermination
nazis : « Je n'ai pas étudié la question mais je crois que c'est un point de détail de l'histoire de la Seconde
Guerre mondiale. »
- 3 juin 1993 : condamnation à 10.000
francs de dommages et intérêts par la Cour d'appel de Paris pour son « Durafour-crématoire », « injure
publique » au ministre de la Fonction publique de l'époque, Michel Durafour.
- 8 novembre 1995 : condamné à un
redressement de 1,4 millions de francs pour « oublis de plus-value boursière et sous-estimation de loyer ».
- 15 novembre 1996 : condamné
pour « atteinte gravement portée à un magistrat ».
- 6 janvier 1997 : condamné par le
Tribunal de Strasbourg pour avoir qualifié une association de
« mouvement de tueurs de flics ».
- 4 juillet 1997 : condamné par le
Tribunal de Paris pour propos racistes.
- 26 décembre 1997 :
condamné par le Tribunal de Nanterre pour « banalisation de crimes contre
l'humanité, consentement à l'horrible », pour avoir dit que « dans un livre de mille pages sur la Seconde Guerre
mondiale, les camps de concentration occupent deux pages et les chambres à gaz dix à quinze lignes, ce qui s'appelle un
détail ».
- 2 avril 1998 : condamné à deux ans
d'inéligibilité (réduits à un an par la Cour de Cassation) et trois mois de prison avec sursis par le Tribunal correctionnel de Versailles pour « violences en
réunion » et « injures publiques » après avoir agressé la candidate socialiste Annette Peulvast-Bergeal lors des
législatives de 1997.
- 9 septembre 1998 : condamné
pour avoir présenté une tête en carton à l'effigie de Catherine
Trautmann lors d'un meeting du Front national.
Relaxes, acquittements et procès gagnés
- TF1 et FR3, 14/1/82
- JJ Servan-Schreiber, 21/10/89
- Georges Marchais, 21/12/83
- MRAP, 11/10/90
- Stéphane Collaro, 22/11/84
- Hervé Bourges, Siné et Cabu, 31/10/84
- Serge July, 23/10/85
- Roger Fressoz, 7/11/89
- Autre condamnation de Roger Fressoz, 27/6/90
- Serge July, 15/1/86
- Michel Polac, 15/1/86 (deux procès distincts à la même date, donc)
- Autre condamnation de Michel Polac, 21/6/89
- Jean-François Kahn, 16/12/86
- Autre condamnation de JFK, 12/2/90
- Autre condamnation encore de JFK, 14/6/91
- Jean-Pierre Elkabbach, 27/4/88
- Alain Ayache, 11/7/90
- Philippe Amaury, 14/11/90
- Costa-Gavras, 28/11/90
- BHL, 31/10/91
Œuvres
- Les Français d'abord (Carrère Lafon, 1984)
- La France est de retour (Carrère-Lafon, 1985)
- L'Espoir (Albatros, 1989)
- J'ai vu juste (Éditions nationales, 1998)
- Lettres françaises ouvertes (Objectif France, 1999).
Jean-Marie Le Pen a également préfacé Droite et démocratie économique (1978) et Pour la France (Albatros,
1986).
Bibliographie
- Les Hommes de l'extrême droite : Le Pen, Jean-Marie, Ortiz et les autres de Alain Rollat (Calmann-Lévy,
1985)
- La vérité sur Jean-Marie Le Pen de Roger Mauge (France-Empire, 1988)
- Le Gros Blond avec sa chemise noire de Cabu (1988)
- À la découverte de leurs racines, tome I, chapitre Jean-Marie Le Pen, de Joseph Valynseele et Denis Grando
(L'Intermédiaire des Chercheurs et Curieux, 1988)
- La haine anti-Le Pen de François Brigneau (Collection Mes derniers cahiers, Auto-édition François Brigneau,
1992)
- Le Pen de Gilles Bresson, Christian Lionet (Seuil, 1994)
- Le Pen de A à Z de Olivier Warin (Albin Michel, 1995)
- Le Pen : les mots de Maryse Souchard ( Le Monde Éditions, 1997)
- Le Procès de Jean-Marie Le Pen (roman) de Mathieu Lindon (P.O.L., 1998)
- Le Retour du gros blond de Cabu (1998)
- La face cachée de Le Pen d'Yves Daoudal (Godefroy de Bouillon, 2002)
- Album Le Pen, ouvrage collectif illustré (Objectif France, 2002)
Liens externes

