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Jean Bureau

A retoucher

Sommaire

Introduction

La différence entre être héros ou un anonyme inconnu est, assez souvent, rencontrer quelqu'un, plutôt un écrivain renommé, qui perpétue son nom dans les écrits de quelque pièce littéraire immortelle. Les Anglais ont eu la chance de rencontrer William Shakespeare qui a immortalisé Henry V et les héros d'Azincourt. Quant aux Français, nonobstant plusieurs d'entre eux qui avaient écrit sur Jeanne d'Arc, ils ont oublié des noms très importants. Parmi eux un nom très spécial, il s'agit de maître Jean Bureau, maître artilleur du Roi, de Charles VII qui, en utilisant l'artillerie sur une grande échelle, pour la première fois en occident, a obtenu la victoire pour son pays, pendant la guerre de Cent Ans, combat enduré entre l'Angleterre et la France.

Depuis 1337, quand Philippe VI de France a pris le duché anglais de Guyenne, d'Édouard III d'Angleterre, qui réclamait le trône de France, il y a eu plusieurs périodes de combat et de relâche jusqu'en 1453, quand les Anglais, enfin, ont perdu Bordeaux. Il faut bien rappeler que Calais est restée au pouvoir des Anglais jusqu'en 1558 et que les monarques anglais ont continué à adopter le titre de roi ou de reine de France jusqu'au traité d'Amiens, en 1802. On peut bien imaginer les mauvaises relations entre les deux pays ! Nous rapportons ici des disputes qui ont duré presque cinq siècles ! Pendant que les Anglais se souvenaient avec fierté de leurs victoires et de leurs héros, des lieux comme Crécy, Poitiers et Azincourt et des noms comme Édouard III, le Prince Noir et le célèbre Henri V, les Français souffraient terriblement du souvenir de la dévastation totale de leur pays, car la guerre a eu lieu en plein territoire français. Avec une très grande amertume, ils se souvenaient de leurs héros pas moins formidables comme Charles V, qui a presque mis en déroute les Anglais; le grand Charles VII (le Dauphin de Jeanne d'Arc) qui, enfin, les a vaincus, Jeanne d'Arc qui l'a inspiré et le Connétable du Guesclin, son grand guerrier. Et finalement, on a presque oublié notre admirable maître d'artillerie : Jean Bureau.

La carrière

Un texte de l'époque, écrit par l'évêque Basin, que notre héros a certainement connu, le décrit comme « un homme d'origine humble, de basse stature, mais d'une grande détermination et courage ». Bureau est né en Champagne et est allé à Paris pour étudier le Droit. Comme avocat, il a travaillé pour le gouvernement de l'occupation anglaise dont le siège était à cette époque à Paris, sous l'ordre du Duc de Bedford. En 1434, il a quitté la capitale et s'est associé au destin du roi Charles VII. Plus tard, il a été nommé collecteur des impôts de Paris et, en 1443, trésorier général de France. Il peut paraître étrange qu'un fonctionnaire du secteur financier soit devenu un technicien en artillerie ; bien qu'au XVe siècle, il était très commun d'embaucher des maîtres artilleurs parmi les civils qui, comme Bureau, fondaient leurs propres canons. Il a commencé à travailler comme artilleur pour les Anglais qui, à l'époque, occupaient presque 2/3 de la France. Son travail, au moyen d'un contrat commercial, était secondé par son frère Gaspard. Heureusement, son succès pour la France est arrivé sous les ordres de Charles VII.

Avant la campagne de la Normandie, les frères Bureau ont eu une action célèbre à Montereau (1437), à Meaux (1439), à Saint-Germain-en-Laye (1440) et dans l'importante reprise de Pontoise, déjà tout près de Paris (1441). Bureau, selon les récits, était un perfectionniste, méthodique, il avait un esprit mathématique, en étant en même temps un brillant administrateur, en plus d'un imaginatif technique, qui arrivait à obtenir un maximum de ces armes primitives.

Les armes

Pendant le XVe siècle, la complexe et dangereuse activité des Bureau évoluait lentement. Vers 1429, un grand progrès technologique a été obtenu avec l'invention du moulin à poudre. Avant, la poudre devait être mélangée sur le champ de bataille. Le mélange consistait en une mesure de charbon végétal, une mesure de soufre et six mesures de salpêtre ; cette recette venait de la Chine. Au commencement, elle était employée plus comme agent incendiaire que comme explosif, d'où le nom « d'armes à feu » qui alors signifiait plutôt « des armes qui font du feu ». Cela parce que les poudres n'étaient pas très explosives, car la chimie de la poudre n'était pas encore maîtrisée. Le pas en avant a été fait quand on a découvert que la poudre éclatait mieux quand elle était assez broyée. Ensuite, il y a eu une rapide évolution dans la fonderie des canons en bronze, laiton et plus rarement, en fer. Ceci dit, il arrivait souvent aux canons d'éclater. Pendant le siège de Cherbourg, le fait que seulement quatre canons aient éclaté a été un motif de célébration !

Cette arme efficiente et relativement peu onéreuse a été ensuite développée. Ces « bâtons à feu » étaient inexactement appelés « couleverines », en les confondant avec les canons qui utilisaient ce nom. Ils avaient des bouches en laiton ou en bronze et des courtes crosses en bois, appuyés dans une tige. Pour les faire fonctionner, on les appuyait sur la poitrine et pas sur l'épaule. On préparait une boule de plomb, en utilisant une poudre spéciale, deux fois plus chère que celle utilisée dans les armes plus puissantes. Le mécanisme de tir était une serpentine en forme de S avec des pointes agissant l'une comme détente et l'autre comme une mèche. Bien qu'elles coûtaient moitié moins qu'une arbalète, ces armes n'étaient pas beaucoup utilisées, à cause de leurs poids. Malgré tout, utilisées en bastion, elles ont prouvé leur efficacité pendant les sièges.

Jean Bureau n'a pas seulement enseigné à des centaines de spécialistes le maniement de ces armes, mais il a passé aussi sont temps à les utiliser dans des tranchées particulièrement développées, où le pouvoir du feu était accumulé en une échelle tout à fait inconnue à l'époque...

La libération de la Normandie

Le 31 juillet 1449, Charles VII a attaqué la Normandie, occupée alors par les Anglais, avec trois armées, avec un effectif total de 30 000 hommes. Ils attaquèrent dans trois directions: du nord, du sud et de l'est. Le commandant anglais, le Duc de Somerset, au lieu de concentrer ses troupes pour essayer de combattre les Français séparément, les a divisées par plusieurs garnisons, avec l'ordre de résister le plus longtemps possible, pendant que les renforts étaient sollicités aux alentours. Au nord, Pont-Audemer, Pont-l'Évêque et Lisieux tombèrent à la mi-août. Au centre, Verneuil, Mantes, Vernon et Argentan, début octobre; et au sud, Coutances, Carentan, Saint-Lô et Valognes.

Le 9 octobre, Charles et le Bâtard d'Orléans (maintenant comte de Dunois) se sont installés sur les bords de la Seine un peu au-dessus de Rouen. Le 16, une grande attaque française dépasse les remparts extérieurs, mais elle est repoussée par les Anglais. Cependant, trois jours après, la population française s'est soulevée et a ouvert les grandes portes pour ses compatriotes, obligeant la garnison anglaise à se réfugier dans la citadelle. Somerset avait seulement 1 200 soldats et était pratiquement sans provision. Le 22 octobre, Charles a attaqué la citadelle avec les canons de maître Bureau en forçant les Anglais à demander une trêve. Après douze jours de discussion, la réddition a été convenue : Somerset a été autorisé à se retirer à Caen, en laissant comme otage son sous-commandant Lord Talbot, comme caution d'une substantielle indemnisation. Charles VII est rentré à Rouen escorté par sa Garde Écossaise et tout de suite après il a amnistié tous les nobles, le clergé et les bourgeois qui avaient collaboré avec les Anglais, tandis que toutes les propriétés et biens de l'ennemi ont été confisqués.

Pendant l'hiver, les Français ont libéré Harfleur, Honfleur et Fresnoy, l'artillerie de Bureau ayant détruit les remparts de ces villes et favorisé la victoire de la Fleur de Lys. Au début du printemps de 1450, les Anglais étaient coincés dans la péninsule de Cherbourg. L'invasion de la Normandie a pris les Anglais par surprise. Il y a eu un choc avec la perte de Rouen. C'est seulement le 15 mars que des renforts venus d'Angleterre ont débarqué. Sir Thomas Kyriell commandait à peine 2.500 hommes. Le 12 avril, avec Sir Matthew Gough comme son commandant immédiat, il a marché à la tête de 4.000 Anglais pour lever le siège à Bayeux. Charles a envoyé deux forces, faisant alors à peu près 4.500 hommes, sous les ordres respectivement du connétable de Richemont et du comte de Clermont.

À déplacer dans bataille de Formigny

Dans la matinée du 15, Kyriell était bien proche de la ville de Formigny, en route pour Bayeux, quand les sentinelles anglaises ont vu les troupes de Clermont. Très rapidement, ils ont formé leurs troupes, composées au-dessus d'une colline, en formant une longue file (les chevaliers anglais, depuis Crécy ont lutté toujours démontés) avec les archers divisés entre le centre et les côtés (ils creusaient des petites tranchées et enfonçaient des piquets pointus au-devant de leurs positions). Il y avait, derrière les Anglais, une forêt où coulait une petite rivière que protégeait leur arrière-garde. Ironiquement, le dispositif était identique à celui de Crécy et Azincourt. Clermont qui venait avec 3.000 hommes, les a démontés et essayé une attaque frontale, facilement rejetée. Après trois heures de combat indéfini, les Français ont apporté deux coulevrines (des petits canons) pour déloger les archers anglais. Les archers, en recevant les premiers tirs, au lieu de reculer, ont attaqué et capturé les deux canons. À ce moment, si Kyriell avait attaqué dans toute la ligne peut-être aurait-il été le vainqueur. Son indécision a facilité la contre-attaque française. Ils ont attaqué les archers sur les côtés, recupété les deux canons et ils ont engagé les Anglais dans un combat sur toute la ligne. Les Anglais auraient pu encore vaincre, mais à ce moment le connétable est apparu, venant du sud, à la tête de 1.200 hommes. Clermont a laissé libre ses combattants, afin de préparer une attaque ensemble avec le connétable. Kyriell a réuni ses troupes en demi-cercle, en se préparant pour recevoir une attaque du sud et de l'ouest. Les Anglais étaient déjà affaiblis et quand l'attaque est arrivée. Malgré une forte résistance, ils ont été rejetés vers le fleuve où ils ont été anéantis. Mattew Gough a été capturé. Dans la matinée suivante les écuyers ont compté 3.774 Anglais morts. Formigny a été la première bataille décisive que les Anglais ont perdue, depuis Bannockburn, contre les Écossais, en 1314.

En juin, Caen a été assiégé. Après trois semaines de bombardement par les canons de Bureau, Somerset s'est rendu. Une des boulets de Bureau a atteint la chambre occupée par l'épouse et les enfants du duc, qui heureusement n'a blessé personne, mais a servi pour accélérer sa décision. De nouveau le retrait de Somerset pour Calais a été autorisé. Peu de temps après tombaient Vire, Bayeux et Avranches. Falaise s'est rendu le 21 juillet, en échange de la libération de Lord Talbot et dix jours plus tard, de Domfront. La dernière résistance était à Cherbourg. Thomas Gower commandait une garnison de 1.000 hommes. Bureau a placé ses batteries à la plage, à côté de la ville. Les canons ont été imperméabilisés avec de la graisse pour n'avoir pas besoin d'être enlevés pendant la pleine mer, en permettant ainsi sa constante utilisation. Selon la chronique de Monstrelet, on n'a pas vu un bombardement comme celui-ci. Gower a lutté avec un grand courage et le nombre de morts, tant d'un côté comme de l'autre, a été important y compris le commandant naval français l'amiral Prégent de Coëtivy, décédé pendant le combat. En Angleterre on essayait désespérément de former une nouvelle armée sous l'ordre de Sir John Fastolf, mais le 12 août 1450 Cherbourg s'est rendu. La Normandie a été libérée par les Français.

La lutte finale - Castillon

Les Anglais avaient du mal à croire qu'ils avaient perdu la Normandie. Un grand nombre de réfugiés arrivèrent du continent et des faux bruits de trahison étaient des motifs d'étourdissement de la population. Depuis Crécy, il y avait déjà plus de 100 ans, les Anglais ont toujours vaincu les Français en créant une croyance absurde : « Un Anglais en bataille vaut plus que deux Français ». Ce mythe d'invincibilité est chanté en prose et en vers par Shakespeare, dans Henry V :

« O noble English, that could entertain
With half their forces the full pride of France,
And let another half stand laughing by,
All out of work, and cold for action ».
(« Oh! noble Anglais, toi qui, avec la moitié de tes forces,
a pu entretenir le grand orgueil de la France,
et laisser l'autre moitié rire sans arrêt,
sans avoir rien à faire, anxieux pour agir ! »)

La dernière grande région occupée par les Anglais était le duché de Guyenne (les Anglais étaient dans cette région depuis 300 ans !) qui comprenait ce qui est aujourd'hui le sud-ouest de la France. Au nord, Calais et une petite région autour de la ville était aussi anglaise. En avril 1451, le Bâtard d'Orléans a envahi la Guyenne en amenant avec lui maître Bureau et toute son artillerie. Très rapidement, Blaye, Fonsac et Saint-Émilion ont été libérés en laissant isolée la capitale ducale, Bordeaux. Après une courageuse résistance des Anglais et de ses alliés bordelais, la ville s'est rendue le 30 juin. En dernière place, on voit Bayonne tomber le 20 août.

Des lourds impôts perçus par les Français ont peiné la population et celle-ci a obligé les Gascons à demander de l'aide aux Anglais. Le Duc de Somerset a alors commencé les préparatifs pour une nouvelle invasion.

Le 17 octobre 1452, Lord Talbot a débarqué dans le Médoc avec 3.000 hommes. Les Français avaient connaissance du débarquement, mais ils pensaient que celui-ci serait effectué en Normandie. Alors, ils n'étaient pas préparés pour les attendre à la Guyenne. Avec l'aide de ses alliés gascons, les Anglais tout de suite ont repris les villes que les Français avaient prises. Bordeaux, la capitale, est devenue de nouveau anglaise le 21 octobre, à peu près un an et trois mois après sa libération par le Bâtard et les canons de Bureau. Charles VII ayant été pris par surprise, a passé tout l'hiver a organiser la contre-attaque pour l'année suivante. À la fin de l'année, Talbot a reçu des renforts : 3.000 hommes sous la direction de son propre fils, le vicomte de Lisle. Au printemps de 1453, trois armées françaises ont attaqué du nord-est, de l'est et du sud-est, en convergeant toute sur Bordeaux. Le plan de Talbot était d'essayer d'engager chaque armée séparément. En juillet, les Français qui avançaient de l'est ont assiégé la ville de Castillon, proche de Libourne, aux bords du fleuve Dordogne, 55 kilomètres au-dessus de Bordeaux. Les Français comptaient avec une force de 9.000 hommes et n'avaient aucun commandant désigné. Malgré tout, tous obéissaient à maître Bureau qui exerçait une autorité naturelle sur tous les autres commandants. Suivant la routine, Bureau a construit un parc fortifié d'artillerie en dehors de la portée des batteries plus proches les unes des autres, toutes reliées au parc par des tranchées de communication. Cette mesure servait de protection aux batteries en cas de sortie des défenseurs ou d'une attaque d'une troupe de renforts. Le parc, construit par 700 ouvriers de Bureau, était un fossé profond, ayant par derrière un mur très épais de terre ferme, affermi par des tranches de troncs d'arbres. Son format était irrégulier, en rendant ainsi possible un mortel feu croisé, technique assez connue de Bureau. Ses dimensions étaient mille mètres de longueur et deux cent mètres de largeur. Le parc restait parallèle à la Dordogne qui coulait à peu près deux mille mètres de distance, tandis qu'un des deux côtés était protégé par le fleuve Lidoire, un affluent de la Dordogne. Bureau a apporté 300 pièces à feu, dont en majorité des coulevrines et la serpentine. Les armes ont été placées au sommet des murs de terre.

Le 16 juillet, Talbot quitte Bordeaux avec toute son armée, presque 10.000 hommes. Il a parcouru 36 kilomètres, en arrivant à Libourne au coucher du soleil avant son infanterie, forte de 500 chevaliers et 800 archers montés. Au soleil levant, il a attaqué et exterminé un détachement français, proche d'un monastère. C'est alors qu'il a eu connaissance du parc d'artillerie et a envoyé Sir Thomas Evringham pour l'examiner, tandis qu'il attendait le restant de leur troupe. Un messager de Castillon a informé que les Français fuyaient. En ville, les Anglais ont vu le nuage de poussière soulevé par les détachements français en mouvement de déroute. Imaginant que toute l'armée française battait en retraite, Talbot a donné l'ordre d'attaquer immédiatement le parc. Talbot était le plus grand guerrier anglais encore en vie, vétéran des grandes campagnes, bien portant malgré ses 75 ans. Il se distinguait comme l'unique cavalier monté, car les autres Anglais, selon la tradition, descendèrent de leur monture pour l'attaque. Aux cris de « Talbot ! Saint George ! » ils ont couru vers le parc d'artillerie. Quelques-uns uns sont arrivés à franchir le fossé et d'autres, bien peu nombreux, ont escaladé le mur de terre y compris le porte-drapeau Sir Thomas Evringham, mort immédiatement d'un tir de coulevrine. Les armes françaises tiraient sans arrêt presque à brûle-pourpoint sur les Anglais qui venaient d'être anéantis. À la mesure que les autres unités anglaises arrivaient, l'attaque était renouvelée. Après une heure de combat cruel, venait le coup de miséricorde : en arrivant du sud, où ils avaient franchi le Lidoire, 1000 Bretons ont attaqué les Anglais sur leur côté droit avec une violence extrême. Selon le chroniqueur Monstrelet, même sans l'attaque des Bretons, les armes de Bureau auraient pu détruire les Anglais. Ils ont commencé à fuir en direction de la Dordogne, qui était à l'arrière-garde, tandis que Talbot et son fils essayèrent de se retirer avec un petit groupe de combattants. Plusieurs anglais ont pu croiser le fleuve au Passage de Rozan et arriver à Bordeaux, mais le vieux héros était une cible facile sur son grand cheval de bataille, lequel a été atteint par un tir. Par terre, Talbot a été tué par un archer français, appelé Michel Perunin, à coup de hache. Son fils, qui venait à son secours, a été aussi tué. Les Anglais ont été poursuivis jusqu'à Saint-Émilion. Son armée avait été totalement détruite. Fin septembre, seulement Bordeaux résistait encore. La ville était tout à fait assiégée et le fleuve Gironde bloqué. Il n'y avait aucune possibilité de secours de l'Angleterre et, en 19 octobre 1453, la capitale de la Guyenne se rendait inconditionnellement. Le premier acte du roi Charles VII a été celui de nommer Bureau maire de Bordeaux, à vie. On aurait dit que personne ne s'était rendu compte que la guerre de Cent Ans était finie...

La même année (1453), le roi d'Angleterre, Henry VI, est devenu fou, en ayant dans une lutte pour prendre le pouvoir, finissant dans une guerre civile entre la Maison de York et celle de Lancastre. Aussi dans la même année, les formidables défenses de Constantinople sont tombées devant les canons de Mahomet II, qui marquait alors la fin du Moyen Âge. Un autre fait remarquable cette même année, venait changer tout à fait la vie dans la planète : le premier document imprimé apparaît, créé par Gutenberg, à Mayence ...

Conclusion

Les guerres altèrent, depuis le commencement des temps, la destinée de l'humanité. Les grands empires se succèdent dans le commandement, toujours par la force des armes. Leur succès est dû toujours aux progrès technologiques qui rendent les armes invincibles jusqu'à ce de nouveaux progrès les remplacent. Ainsi c'est arrivé avec la phalange grecque, la légion romaine et la cavalerie mongole.

Au commencement du XIVe siècle, la France était le plus grand et le plus riche pays d'Occident. L'Angleterre, petite, pauvre et avec une population réduite, ne semblait pas être une menace à la domination française. Néanmoins, l'Angleterre possédait une innovation militaire.

L'arc, d'origine galloise, a commencé à être développé pendant le règne d'Édouard Ier d'Angleterre pour être utilisé pendant la guerre contre les Écossais. Les archers anglais et gallois expérimentés tiraient de 10 à 12 flèches par minute, à peu près d'une distance de 300 mètres. En comparaison, l'arbalète, très utilisée par les armées de l'époque, tirait deux flèches en même temps. Les flèches de 90 cm de longueur étaient utilisées avec des arcs de 1.80 m, sur une distance de 200 m et presque toujours on frappait le but. Édouard III d'Angleterre, avant l'invasion de la France, a interdit, sous peine de mort, n'importe quel sport excepté le tir à l'arc et il a pardonné les dettes de tous les fabricants de ces produits manufacturés. En outre, il était meilleur marché de former une troupe d'archers qu'un groupement de cavaliers avec des armures lourdes et chères, avec ses énormes chevaux de bataille et de chers écuyers. Les archers étaient habillés avec des robes légères avec une protection en cuir et, en plus de l'arc et des flèches, une dague, et quelques-uns portaient aussi des haches de guerre. Les troupes, normalement marchaient à pied et ils étaient le groupe plus nombreux de l'armée anglaise. L'armée française possédait aussi un contingent d'archers. Pourtant, ses arcs étaient plus grands et plus lourds, et sa fréquence de tirs était plus lente. Un autre facteur contre les archers français était la tradition qui empêchait son utilisation à grande échelle. C'était une question d'honneur pour les cavaliers avec leurs lourdes armures, d'avoir le rôle principal dans les batailles. Le résultat était l'effet meutrier des nuages des flèches meurtrières et justes sur la chevalerie française, en renversant les chevaux et chevaliers, car les lourdes cuirasses pénétraient et atteignaient bien de fois les régions du corps pas protégées. Le choc de cette innovation était semblable avec ce qui est arrivé aussi, des siècles plus tard, en territoire français, avec les divisions Panzer allemandes qui, en introduisant la nouveauté de l'emploi des blindés à grande échelle, n'avaient sur eux aucune défense protectrice. Seulement après plus de 100 ans de souffrance et de dévastation, les Français ont pu réagir avec une nouveauté technologique qui est venu pour vaincre l'invincibilité anglaise, l'utilisation de l'artillerie à grande échelle. Le résultat de cette guerre a modifié toute la destinée de l'humanité. L'empire anglo-saxon, à l'exception de courtes périodes, a dominé le monde jusqu'à nos jours. Les pillages qui ont épuisé les richesses de la France ont servi de fondements pour cette domination. L'Angleterre est sortie de la guerre extrêmement riche et puissante. C'était commun en Angleterre de voir des paysans partir à la guerre ayant seulement un arc et des flèches et plus tard d'avoir sa retraite et d'habiter des châteaux construits presque entièrement avec les matériels pillés chez l'ennemi. Le processus était très bien organisé avec des lois bien détaillées expliquant comment faire avec le pillage et comment définir les commissions à payer à tous jusqu'au roi.

Si vous visitez la Sainte Chapelle, à Paris, avec ses vitraux merveilleux, vous en verrez plusieurs avec l'inscription : « ce vitrail est une copie, l'original est au château ..., en Angleterre ».


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