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Jean Daniel, de son vrai nom Jean Bensaïd, est un journaliste français, né le 21 juillet 1920 à Blida (Algérie).
Il est le onzième et dernier enfant de Jules Bensaïd, qui s'était élevé socialement de modeste ouvrier, analphabète de surcroît, à celle de riche négociant en minoterie.
Élevé dans une famille israélite très pieuse, Jean Daniel s'est constamment revendiqué comme « sépharade jusqu'au bout des ongles ».
Il commença son parcours universitaire en Algérie, mais le termina à Paris où, s'y étant fixé, Il obtint une licence de philosophie.
Il fut un moment proche du Parti communiste français, mais s'en éloigna après la signature du Pacte germano-soviétique en 1939, pour se rapprocher, à la fin de l'année 1941, du gaullisme.
Il collabora à la revue Esprit, puis fonda et anima la revue Caliban.
Engagé dans les Forces françaises libres, il fut sergent-chef dans la division Leclerc, participant aux campagnes de Libye et de France et y gagnant la Croix de guerre.
Il fut brièvement membre d'un cabinet ministériel en 1946.
Il se tourna alors vers l'enseignement, à Paris jusqu'en 1952, puis à Oran à partir de cette date.
En 1953, il publia, sous son vrai nom, un roman intitulé l'Erreur.
Peu après, à la suite de son entrée à la Société générale de presse, il choisit de se consacrer exclusivement au journalisme, adoptant à cette occasion le pseudonyme de Jean Daniel, son premier article étant publié sous ce nom dans l'Express le 1er novembre 1954, jour du déclenchement de la Guerre d'Algérie, sans qu'il y ait lien de cause à effet, bien que Jean Daniel ait déjà manifesté depuis quelque temps l'option d'un soutien à des négocations avec le FLN, ce qui avait causé sa rupture avec son ami Albert Camus.
Il fut également, de 1957 à 1962, correspondant de presse de l'hebdomadaire américain The New Republic.
Ses articles « peu favorables » à la cause de l'Algérie française lui valurent d'être un temps catalogué comme « fonctionnaire secret du FLN » et occasionnèrent la saisie de l'Express à plusieurs reprises. Ils lui valurent également deux inculpations pour atteinte à la sécurité intérieure et extérieure de l'État.
Il fut signataire de l'Appel des 121, qui jugeait justifiés « justifié le refus de prendre les armes contre le peuple algérien » et « la conduite des Français qui estiment de leur devoir d'apporter aide et protection aux Algériens opprimés au nom du peuple français ».
Lorsque la politique du général de Gaulle, revenu au pouvoir après le 13 mai 1958, prit, sans le dire expressément, le virage favorable à l'indépendance algérienne, Jean Daniel se rangea résolument parmi les soutiens du président français.
Séjournant à Bizerte (Tunisie), il y fut grièvement blessé à la jambe lors du bombardement du 20 juillet 1961.
Il collabora un temps à la réaction du Monde avant d'accompagner Claude Perdriel et Gilles Martinet lors de la mutation de France-Observateur en Nouvel Observateur.
Entré au Nouvel Observateur comme rédacteur en chef, il prit le titre de directeur de la rédaction en 1965 puis de directeur en 1978.
Il a été un temps membre du conseil supérieur de l'Agence France-Presse (AFP) et administrateur du Matin de Paris, quotidien fondé par Claude Perdriel.


