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Jean Lesage (Montréal, 10 juin 1912 - Sillery, 12 décembre 1980) était un homme politique canadien.
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Fils de Xavéri Lesage, enseignant et fonctionnaire à Montréal, et de Cécile Côté, Jean Lesage fit ses études au jardin de l'enfance Saint-Enfant-Jésus de Montréal, au pensionnat Saint-Louis-de-Gonzague à Québec, au séminaire de Québec et à l'université Laval. Diplômé en droit, Jean Lesage fut admis au barreau de la province de Québec le 10 juillet 1934.
Il exerça sa profession d'avocat à Québec avec Me Paul Lesage en 1934, puis avec Charles Gavan Power, Valmore Bienvenue, Paul Lesage et Jean Turgeon. Il épousa Corinne Lagarde, cantatrice, fille d'Alexandre Lagarde, gérant de commerce, et de Valéria Matte. Il fut Procureur de la couronne de procureur de la Commission des prix et du commerce en temps de guerre, de 1939 à 1944.
Jean Lesage adhèra au Parti libéral du Québec, et fut élu député de la circonscription de Montmagny-L'Islet à la Chambre des Communes d'Ottawa en 1945, mandat reconduit en 1949. Il fut alors nommé adjoint parlementaire du secrétaire d'État aux Affaires extérieures du 24 janvier 1951 au 31 décembre 1952, puis adjoint parlementaire du ministre des Finances du 1er janvier au 13 juin 1953. Réélu en 1953, Jean Lesage devint Ministre des Ressources et du Développement économique dans le cabinet Saint-Laurent du 17 septembre au 15 décembre 1953, puis ministre du Nord canadien et des Ressources nationales du 16 décembre 1953 au 21 juin 1957. Il survécut à la vague conservatrice de Diefenbaker, et fut réélu député en 1957 et 1958, mais démissionna de ce poste le 13 juin 1958 suite à son élection à la direction du Parti libéral le 31 mai de la même année.
Élu député à l'Assemblée nationale du Québec, Jean Lesage remporta le scrutin de 1960 et devint Premier ministre, président du Conseil exécutif et ministre des Finances du 5 juillet 1960 au 16 juin 1966, et également Ministre des Affaires fédérales-provinciales du 28 mars 1961 au 16 juin 1966 et Ministre du Revenu du 30 mai au 8 août 1963.
Le programme de Jean Lesage et de son gouvernement est allé bien au-delà de simples réformes économiques. Ancré dans une tradition conservatrice, le Québec disposait d'une autonomie relative, tant au plan politique qu'au plan économique. Lesage voulait transformer les institutions et les mentalités, et la nationalisation des toutes-puissantes compagnies hydroélectriques de la province devait être un « détonateur ».
Il convoqua prématurément des élections générales le mercredi 14 juillet 1962 sur le thème de la nationalisation de l'électricité. Un débat politique télévisé, le premier de l'histoire du Canada, eut lieu le dimanche 11 novembre au soir, et opposa le chef du gouvernement et président du Parti libéral Jean Lesage, au chef de l'Opposition et chef de l'Union Nationale Daniel Johnson. Le Premier ministre en chef réussit ce tour de force et remporta un scutin aux enjeux vitaux pour la province :
« Il faut rendre au peuple du Québec ce qui appartient au peuple du Québec ; son plus riche patrimoine, celui de l'électricité. Et ça presse, demain il sera trop tard. C'est maintenant ou jamais que nous serons maître chez nous. »
Profitant d'une forte croissance économique, le gouvernement Lesage remodela profondément l'État québécois en lancant des projets majeurs d'investissements publics, comme la nationalisation des richesses naturelles, avec la création des sociétés d'État Sidérurgie du Québec en 1964 et Société québécoise d'exploration minière en 1965. Préoccupé par l'indépendance et la compétence de l'État, Jean Lesage initia une vaste réforme de l'enseignement public, conduite par son gouvernement, dont l'apogée fut la création du Ministère de l'Éducation en 1964. La période Lesage vit également la création en 1961 de l'assurance maladie québécoise, « l'assurance-hospitalisation », et des ministères des Affaires culturelles, du Revenu et des Affaires fédérales-provinciales. Enfin, la représentation du Québec à l'étranger fut développée, avec l'inauguration des Délégations générales du Québec à Paris en 1961 et à Londres en 1963.
Mais la réforme du scrutin de 1966, qui privilégia les comtés ruraux au détriment des comtés urbains, eut raison du gouvernement de la « Révolution tranquille ». À la fin de son mandat exécutif, Jean Lesage devint député de la circonscription de Louis-Hubert en 1966, et chef de l'opposition jusqu'en 1970. Ayant fait part de sa décision d'abandonner le poste de chef du Parti libéral le 28 août 1969, il demeura en fonction jusqu'au congrès de janvier 1970, au cours duquel il ne s'était pas représenté.
Après avril 1970, Jean Lesage fit partie de la commission chargée par le gouvernement du Québec de la préparation de la législation. Colonel honoraire du 6e régiment d'artillerie de 1965 à 1970, il occupa dès lors le poste de directeur de plusieurs compagnies, notamment Lever Brothers Ltd., Montreal Trust Co., Mondev Corporation Ltd., Campbell Chibougamau Mines Ltd. et J.J. Baker Ltd. Membre du conseil d'administration de la Canadian Reynolds Metals Co. en 1971, Jean Lesage fut nommé président du conseil d'administration des Nordiques de Québec en juin 1972.
Jean Lesage décéda le 12 décembre 1980 à Sillery.


