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Le jiu jitsu (柔術), signifiant littéralement « art doux » ou « art souple », regroupe des
systèmes de combat qui furent développés durant l'ère féodale du Japon et qui font appel
aux prises, étranglements, clés et projections afin de maîtriser un adversaire. Plus tard, cet art fut adopté par différents
groupes de personnes qui en développèrent plus particulièrement certains aspects. Ainsi naquirent différentes disciplines telles
que le karaté, développant la frappe, l'aïkido, les clés et les déplacements, le judo, les projections et le combat au
sol. De par ce fait, le jiu jitsu est souvent qualifié d'"art-mère".
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Le jiu jitsu, encore appelé jujutsu et ju jitsu ou yawara, est une méthode de combat faisant appel aux prises, clés et projections afin de maîtriser un adversaire et pouvant utiliser certaines armes. Le concept principal de cette technique est le jiu, éviter l'attaque et la contrôler, sans besoin de force. Par cette technique, Ju yoku go o sei suru : le doux vainc le dur.
Les méthodes de combats connues comme jitsu sont vieilles de 1500 ans au moins. Les débuts du jitsu peuvent être situés dans la période turbulente au Japon qui s'étalait entre le VIIIe et le XVIe siècle. Cette période connut au Japon d'incessantes guerres civiles et les systèmes d'armement classiques furent développés et éprouvés sur les champs de bataille. Les techniques de combat rapproché faisaient partie intégrante de ces systèmes afin de combattre efficacement des adversaires portant armes et armure.
La naissance du jitsu coïncide probablement avec l'origine de la classe des samouraïs datée à l'an 792. L'armée était constituée à cette époque de soldats se déplaçant à pied et armés de javelots. Les officiers étaient recrutés parmi les jeunes fils des grandes familles et étaient formés au maniement de l'arc, au commandement des troupes et également au combat sans armes. L'empereur Kammu construisit le Butokuden, une école formelle pour ces officiers que l'on connaît sous le nom de samouraïs. Ce terme provient du mot japonais service (saburaui). Pour être samouraï, il fallait être né dans une famille de samouraïs. Les samouraïs travaillaient pour leur maître, le shogun, qui domina la vie politique du Japon entre 1185 et 1868. Les samouraïs médiévaux étaient généralement illettrés, propriétaires de terres rurales et s'occupaient de leur domaine entre les batailles. Le terme de samouraï substitua celui de fermier avec le besoin et l'engouement sans cesse grandissant à défendre les classes dirigeantes. Le mot samouraï signifie « celui qui sert » et entra dans le langage en cette fin du VIIIe siècle.
À la fin du XIIIe siècle, les Mongols envahissent le Japon et les samouraïs se défendent durant des années dans de terribles combats. Les samouraïs développèrent un style de combat qui dépendait de l'épée comme première arme à la bataille. Au XVe siècle, les maîtres d'armes établirent des écoles afin d'enseigner leur style du ken-jutsu, l'art de l'épée. Entre 1467 et 1477, la Guerre d'Ônin fait rage, cette période voit le déclin du pouvoir des Shogun et le début du sengoku jidai, l'Âge du Pays en Guerre, qui va durer 150 ans.
Le premier jitsu ryu reconnu fut formé par Takenouchie Hisamori en 1532 et consistait aussi bien en des techniques usant de l'épée, du bâton et de la dague que du combat à mains nues. Les sauts et les coups de pied n'étaient pas enseignés dans le jitsu puisque les techniques étaient destinées à des combattants portant une armure. Le terme jiu jitsu commença à être utilisé vers 1600.
Il y a très longtemps vivait au Japon un certain docteur Akiyama. Lors d'un voyage en Chine, il fit la connaissance, en Mandchourie, d'une secte religieuse qui pratiquait une sorte de self-défense basée sur la connaissance du corps humain. Le docteur ne put prendre part aux entraînements mais fut autorisé à regarder les exercices. La discipline, qui s'appelait hakuda, permettait de se défaire d'un adversaire armé et visiblement plus fort. De retour au Japon, il essaya d'enseigner ces techniques à sa famille. Mais comme il n'avait pas pratiqué, il ne comprit pas le principe de base du hakuda. Ce principe, il le trouva d'une manière très naturelle. Il constata que durant l'hiver, les grosses branches du chêne se cassent sous le poids de la neige, alors que les fines branches du saule se plient et rejettent la neige. Voilà ce qu'était l'esprit du hakuda : employer la violence et le poids de l'adversaire pour le terrasser. Il nomma cette nouvelle méthode de combat le jiu jitsu, l'art doux.
En 1603, Tokugawa Ieyasu forme un gouvernement militaire et ramène la paix et la stabilité économique et politique dans le pays. Ceci marqua le début de la période Edo (1603-1868). Sous la direction de Tokugawa Ieyasu, la société était divisée en 4 classes : les samouraïs, les paysans, les artisans et les marchands. Seuls les samouraïs étaient autorisés à porter deux épées, le wakizashi (épée courte) à tout moment et le katana uniquement à l'extérieur. Cette période de paix présenta un problème pour les samouraïs qui faute de batailles n'avaient plus de revenus. Faire autre chose les aurait fait perdre leur statut pour les rabaisser à un rang inférieur. Les samouraïs sans maître devinrent des ronins. Le gouvernement essaya de les aider en leur attribuant des subsides et en les poussant vers l'éducation. Beaucoup de samouraïs devinrent des professeurs d'arts martiaux, mais apprenant alors des styles sans armes. Ces styles sans armes furent développés à partir des styles de combat armé et furent collectivement appelés jiu jitsu. Durant l'apogée de la période Edo, il y avait 725 styles officiellement reconnus. Ces styles différaient selon qu'ils s'axaient plus sur les coups de pied, coups de poing, les projections ou les clés.
Une grande partie de la population commença à se sentir opprimée par le régime de Tokugawa Ieyasu et plus particulièrement la classe grandissante des marchands qui voulait accroître ses contacts avec l'Amérique et l'Europe. En 1868, le régime de Tokugawa Ieyasu s'écroule lors d'une guerre civile connue comme la restauration Meiji. Ceci marqua la fin de la période Edo, le pouvoir quitta le shogun pour revenir à l'empereur. Comme une grande partie de la classe des samouraïs supportait le shogun, celle-ci fut démantelée par l'empereur Meiji qui introduisit le Serment Impérial des Cinq Articles. La classe des samourais perdit donc sa position privilégiée lorsque le féodalisme fut aboli en 1871. En 1876, Meiji déclare une loi interdisant le port des épées, le symbole ultime du guerrier. Les samourais mécontents fomentèrent de nombreuses rebellions durant les années 1870, la plus célèbre fut menée par le héros de la restauration Saigo Takamori. Et elles furent réprimées avec grandes difficultés par une armée nationale nouvellement formée. Les samourais avaient définitivement perdu leur profession et leur droit de porter les épées. Leur plus haute position sociale était abrogée après plus de 1000 ans d'existence.
Le Japon mena sa totale reconstruction en quelques décénnies. Rétrospectivement, elle semble avoir été aussi rapide que radicale. Or, les changements ne s'opèrent pas du jour au lendemain, mais par remaniements successifs et modérés des systèmes en place. La réhabilitation du tennô, qui n'avait plus guère d'impérial que le nom, en fut le principal vecteur. La première réforme consista à refondre les structures administratives et sociales. Dès 1870, les daimyo (daimyô) furent dépossédés des leurs fiefs, remplacés par des préfectures, et les paysans purent acheter des terres. Les samouraïs durent renoncer au port du daisho. Réduits au rang de simples citoyens, ils perdirent du même coups tout privilège économique. Mais si les rentes des seigneurs diminuèrent, elles étaient encore suffisamment élevées pour que ces réformes modernistes ne s'accompagnent pas, comme ailleurs, de violents soubresauts.
Un édit impérial déclara criminelle la pratique des vieux styles d'arts martiaux. Cependant, certains maîtres continuèrent de pratiquer leur art en secret ou s'expatrièrent pour permettre à leur style de se perpétrer. Ce n'est que plus tard, suite à la fin de l'occupation américaine en 1951 que le ban sur le jitsu fut levé, permettant une libre pratique de l'art.
Durant l'occupation américaine, les différents styles de jitsu furent bannis parce qu'on pensait qu'ils pouvaient contribuer au militarisme japonais. À partir de ce moment, un style de do, plus axé sur la maîtrise de soi et de son agressivité (dans une optique de paix que les autres pratiques sportives partagent), et découlant du jiu jitsu gagna en popularité (judo, karate do, aïkido). Le jiu jitsu ne s'est pas imposé comme sport aussi facilement, de ce fait la compétition n'y joue qu'un rôle mineur.


