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Joseph Bové dit José Bové, né à Talence (Gironde) France le 11 juin 1953, est un paysan du Larzac, syndicaliste et militant altermondialiste, pacifiste partisan de la lutte non violente.
Exploitant agricole dans le Larzac (éleveur de moutons pour la fabrication du roquefort), il est surtout connu pour sa participation à des débats ou des manifestations contre la mondialisation.
Il est père de deux filles.
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Son père, d'origine luxembourgeoise, se voit attribuer la nationalité française en devenant directeur régional de l'Institut National de la Recherche Agronomique (INRA) et est membre de l'Académie des Sciences. Sa mère est professeur de sciences naturelles, l'un de ses frères est ingénieur, l'autre informaticien. Il parle anglais couramment, ayant suivi, à l'âge de trois ans, ses parents invités en tant que chercheurs à l'Université de Berkeley.
Réfractaire au service militaire et refusant le statut d'objecteur de conscience, José Bové, recherché par l'armée trouve refuge dans une exploitation agricole des Pyrénées. Son opposition à l'armée le conduit tout naturellement à participer à la lutte contre l'extension du camp militaire du Larzac, qui fédère paysans et ouvriers au cours des années 1970. Il décide avec sa compagne de squatter une ferme à l'abandon et de mettre en valeur les terres convoitées par l'armée.
En 1987, il participe à la création de la Confédération paysanne, syndicat agricole prônant une politique respectueuse des personnes et de l'environnement, jugée incompatible avec le modèle de l'industrie agro-alimentaire moderne. Il devient l'un des cinq secrétaires nationaux du tout jeune syndicat. À ce titre, il est l'une des figures en vue dans la lutte contre les OGM (organismes génétiquement modifiés). Il est en particulier connu pour sa lutte contre la « malbouffe », symbolisée par les repas servis dans la restauration rapide (comme les McDonald's).
L'engagement de José Bové ne se limite pas au syndicalisme agricole. En 1995, il participe dans l'océan pacifique à l'opération menée par Greenpeace contre la reprise des essais nucléaires décidée par le président Chirac, fraîchement élu. Il intervient également pour soutenir les mouvements des Tahitiens et des Kanaks.
Il participe en 1999 à des manifestations à Seattle contre le sommet de l'Organisation Mondiale du Commerce (OMC). En janvier 2001 en marge du Forum Social Mondial, il mene une action anti-OGM au Brésil contre une unité de la société Monsanto qui produit, de manière illégale, des semences de soja transgénique.
En mars 2002, il participe à une délégation de Via Campesina composée de Paul Nicholson (paysan basque) et Joao Pedro Stedile (responsable brésilien du MST), invitée par les paysans palestiniens pour commémorer le Jour de la Terre. Cette visite s'inscrit dans le cadre plus large de la Campagne civile internationale pour la protection du peuple palestinien (CCIPPP). L'offensive lancée par l'armée israélienne le lendemain de leur arrivée dans les Territoires occupés bouleverse le programme originel. L'ensemble de la mission décide alors de rejoindre la ville assiégée de Ramallah puis de se rendre au Palais présidentiel pour éviter qu'il ne soit pris d'assaut. José Bové est arrêté par l'armée israélienne alors qu'il sortait à la tête d'une délégation pour entamer des négociations. Il est expulsé, sans jugement, après deux jours d'emprisonnement. Il est violemment pris à parti à son arrivée à Orly par des membres du Betar, un groupe sioniste d'extrême droite.
Dans son action syndicale ou politique, José Bové, assisté d'autres militants, a parfois recours à des méthodes de désobéissance civile, ce qui le place hors-la-loi comme par exemple lors du « démontage » (terme qu'il emploie et qui devient célèbre) d'un restaurant McDonald's en construction, ceci en réponse à la décision de l'OMC de rendre obligatoire l'autorisation des importations de bœuf aux hormones en provenance des États-Unis. On peut aussi citer l'arrachage de champs d'essai d'organismes génétiquement modifiés (OGM) ou de plants de riz transgénique dans un laboratoire du CIRAD avec l'aide de militants indiens qui pratiquent régulièrement ce genre d'action dans leur pays, se positionnant dans la lignée des actions de Gandhi (voir aussi à ce sujet Coca-Cola et Bophal).
À ce titre, José Bové est condamné à de nombreuses reprises (voir liste ci-dessous). On retient surtout sa condamnation à dix mois ferme en 2003, après un appel et un pourvoi en cassation. La Confédération paysanne dénonce alors « la dureté sans précédent de cette condamnation, aucun responsable syndical de niveau national n'ayant été incarcéré depuis le régime fasciste de Vichy », condamnation qui « montre la dégradation des libertés syndicales [en France] ». Peu après son incarcération en juin 2003, son avocat demande pour José Bové le statut de prisonnier politique. Cette demande fait suite à une arrestation assez musclée à l'origine de multiples protestations.
José Bové reste porte-parole national de la Confédération paysanne jusqu'à son congrès des 7 et 8 avril 2004 qui se tient à Strasbourg dans l'hémicycle du parlement européen. Il annonce son retrait à la fin du grand rassemblement du Larzac en août 2003, refusant ainsi de devenir « porte-parole » à vie. Il est remplacé dans cette fonction par un de ses compagnons de lutte Jean-Emile Sanchez, également éleveur de brebis sur le plateau du Larzac. Il fait également partie des membres fondateurs de l'association ATTAC.
José Bové poursuit néanmoins son activité syndicale internationale. Lors de la quatrième conférence internationale de Via campesina, se tenant au Brésil en juin 2004, il se voit confier le soin d’animer la campagne internationale visant à faire reconnaître la souveraineté alimentaire comme un nouveau droit de l’Homme. Il représente Via campesina à la conférence de la CNUCED de Sao Paolo où il présente cette proposition à Koffi Annan, Secrétaire général des Nations Unies.
En juin 2004, il se rend en Bolivie où il participe à une mission de solidarité à Franscisco Cortes, militant colombien emprisonné dans ce pays depuis alors plus d’un an. Il est reçu par Evo Morales, député bolivien, président du Movimiento Al Socialismo, première force politique du pays et par Carlos Mesa, président de la République.
Au mois de septembre 2004, José Bové se rend en Corée du sud à l’invitation du Korean Paesants League, syndicat agricole coréen affilié à Via campesina, pour participer aux manifestations en mémoire du syndicaliste paysan coréen Lee Kyang Hae qui s’est suicidé le 10 septembre 2003 à Cancun pour protester contre l’OMC.
Au cours de l’été 2004, José Bové et d’autres membres du réseau des « faucheurs volontaires » relancent la campagne de destruction d’essai d’OGM en plein champs.
Les soutiens de José Bové le présentent comme le défenseur des petits agriculteurs en France et dans le monde. C'est ainsi que le « démontage » du McDonald's en construction à Millau (en réaction aux mesures douanières des États-Unis sur divers produits dont le roquefort à cause du dossier du bœuf aux hormones) est considéré comme le symbole de la lutte contre la mondialisation libérale et de son plus grand représentant, les États-Unis. De façon similaire, la destruction de plants de riz transgénique dans un laboratoire du CIRAD, quelques jours avant qu'ils ne soient replantés dans l'espace naturel protégé de la Camargue, est considérée par ses sympathisants comme le symbole de la lutte contre l'imposition d'un modèle d'agriculture potentiellement dangereux, rappelant les veaux aux hormones américains et la maladie de la vache folle. Cela constitue donc, d'après eux, un acte de désobéissance civile.
Parmi les détracteurs de José Bové, certains n'acceptent pas les actions illégales, notamment lorsqu'elles s'accompagnent de la violation des droits de propriété et de la destruction des biens d'autrui. Concernant les OGM, on lui reproche souvent de faire obstacle aux avancées de la science (même si la trangénèse n'est pas a proprement parler de la recherche scientifique mais plutôt de la technique) et aux progrès de l'agriculture productiviste. D'autres enfin, y compris dans son propre syndicat, supportent difficilement sa trop grande médiatisation.
Au cours de son parcours judiciaire tumultueux, José Bové a été accompagné par François Roux, avocat à la Cour de Montpellier


