Jules Supervielle
Jules Supervielle (1884-1960)
était un poète et un écrivain
français.
Jules Supervielle s'est toujours tenu à l'écart des Surréalistes
qui régnaient littéralement sur la première moitié du XXème siècle (rappelons que le Manifeste d’André Breton date de 1924). Désireux de
proposer une poésie plus humaine et de renouer avec le monde, il rejetait l'écriture automatique (que les surréalistes ont
eux-mêmes bien vite abandonnée) et la dictature de l'inconscient, sans pour
autant renier les acquis de la poésie moderne depuis Baudelaire, Rimbaud et Apollinaire, ainsi que certaines innovations fondamentales du
surréalisme.
Attentif à l'univers qui l'entourait comme aux fantômes de son monde intérieur, il a été l'un des premiers à préconiser cette
vigilance, ce contrôle que les générations suivantes, s'éloignant du mouvement surréaliste, ont mise à l'honneur. Il a anticipé
sur les mouvements des années 1945-50, dominés par les puissantes personnalités de René Char, Henri Michaux (son ami intime), Saint-John Perse ou Francis Ponge, puis - après la parenthèse avant-gardiste des années 1960-70 - sur ceux des poètes désireux de
créer un nouveau lyrisme et d'introduire une certaine forme de sacré ou, tout au moins, une approche plus modeste des mystères de
l'univers, sans remise en cause radicale du langage : Yves Bonnefoy,
Philippe Jaccottet, Jacques Dupin, Eugène Guillevic, Jean Grosjean, André Frénaud, André du Bouchet, Jean Follain, pour ne citer qu'eux.
Ses admirateurs ou successeurs spirituels se nomment René Guy Cadou, Alain Bosquet, Lionel Ray, Claude Roy, Philippe Jaccottet ou encore Jacques Réda…
Les grands évènements de la vie de Supervielle
Une famille très unie :
- De 1880 à 1883 : Bernard, oncle du poète,
fonde en Uruguay une banque avec sa femme Marie-Anne. Cette entreprise devient
rapidement familiale : Bernard demande à son frère Jules, père du poète, de venir le rejoindre en Uruguay. Jules fait du trio un parfait quatuor en épousant sa propre belle-soeur, Marie, soeur de Marie-Anne
et mère du poète.
Naissance d'un orphelin :
- 1884 : Le poète naît à Montevideo, en Uruguay, d'un père béarnais et d'une mère basque. La
même année, le petit Jules et ses parents rentrent en France pour rendre visite à leur
famille. C'est à ((Oloron-Sainte-Marie]] que se produit un tragique accident : son père et sa mère meurent brutalement, sans
doute empoisonnés par l'eau d'un robinet ou victimes du choléra. L'enfant est
d'abord élevé par sa grand-mère.
- 1886 : Son oncle Bernard ramène le petit Jules en Uruguay, où il l'élève avec sa femme comme s'il était son propre fils.
Les débuts d'une vocation littéraire :
- 1893 : A l'âge de neuf ans, le petit Jules apprend par hasard qu'il n'est que le
fils adoptif de son oncle et sa tante. Il commence la rédaction d'un Livre de fables sur un registre de la banque
Supervielle.
- 1894 : Son oncle et sa tante s'installent à Paris. Jules y fera toutes ses études secondaires.
- 1901 : Il publie à compte d'auteur une plaquette de poèmes intitulée Brumes du passé. Il passe
ses vacances d'été en Uruguay en 1901, 1902 et 1903.
- De 1902 à 1906 : Jules poursuit ses études,
depuis le baccalauréat jusqu'à la licence ès lettres. Il fait aussi son service militaire mais, de santé fragile, il supporte mal
la vie de caserne.
L'entrée dans la vie adulte :
- 1907 : Il épouse Pilar Saavedra à Montevideo. De cette union naîtront six enfants,
nés entre 1908 et 1929.
- 1910 : Il dépose un sujet de thèse sur "Le sentiment de la nature dans la poésie
hispano-américaine". Des extraits paraîtront dans le Bulletin de la bibliothèque américaine.
- 1912 : Après de nombreux voyages, il s'installe à Paris, dans un appartement, 47,
boulevard Lannes, où il demeurera pendant vingt-trois ans. Mais, très souvent, il traversera l'Atlantique pour se rendre en
Uruguay, sa seconde patrie.
- De 1914 à 1917 : Jules est mobilisé. Il
exercera notamment des activités au ministère de la Guerre, en raison de ses compétences linguistiques. À partir de 1917, il lit beaucoup et découvre Claudel, Rimbaud, Mallarmé, Laforgue et Whitman.
Naissance d'un poète :
- 1922 : Parution de son premier recueil important de poèmes : Débarcadères.
- 1923 : C'est le début d'une longue amitié avec Henri Michaux, qui deviendra son ami intime. C'est aussi cette année-là qu'il publie son premier
roman : L'Homme de la pampa.
- 1925 : Il se lie avec le grand poète allemand Rainer Maria Rilke et publie un des recueils poétiques majeurs du XXème siècle : Gravitations.
- 1927 : Il devient l'ami intime de Jean Paulhan et lui soumet désormais tous ses
textes.
- 1931 : Il écrit son premier recueil important de nouvelles : L'Enfant de la haute mer. À cette époque, il
s'adonne à de nombreuses activités littéraires et acquiert la reconnaissance de la critique, y compris en Uruguay. Sa première pièce importante, La Belle au bois, voit aussi le jour à cette époque. Par ailleurs, il ne cessera de
remanier ses textes, donnant lieu à de multiples rééditions, et les fait passer souvent d'un genre littéraire à un autre.
- 1938 : Il se lie avec Etiemble.
Les années d'exil :
- 1939 : Avec la déclaration de guerre commencent des années difficiles : la
tension internationale, des difficultés financières et des ennuis de santé (problèmes pulmonaires et cardiaques) conduisent Jules
Supervielle à s'exiler pour sept ans en Uruguay. Il est nommé officier de la Légion d'honneur.
- 1940 : La banque Supervielle fait faillite ; le poète est ruiné. Mais son
activité littéraire est toujours aussi intense et ses pièces de théâtre seront par la suite montées par de grands metteurs en
scène, dont Louis Jouvet. Il continue par ailleurs de s'adonner à des
traductions (Guillen, Lorca, Shakespeare...) et recevra plusieurs prix littéraires tout au long de ces années de la
maturité.
- 1944 : Il fait une série de conférences à l'Université de Montevideo sur la poésie française contemporaine.
La consécration :
- 1946 : Supervielle rentre en France,
ayant été nommé attaché culturel honoraire auprès de la légation d'Uruguay à Paris. Il publie ses premiers contes mythologiques
sous le titre Orphée.
- 1951 : Il publie un récit autobiographique intitulé Boire à la source,
ainsi que quelques pages précieuses sur sa conception de la poésie : En songeant à un art poétique, à la suite de son
recueil poétique Naissances.
À cette époque, il souffre d'arythmie et des séquelles de son affection pulmonaire.
- 1959 : Il fait paraître son dernier recueil poétique, Le Corps tragique.
- 1960 : Supervielle est élu Prince des poètes par ses pairs. Le 17 mai, il meurt dans son appartement parisien ; il est inhumé à Oloron-Sainte-Marie. En octobre, la NRF fait paraître un numéro
spécial qui lui rend hommage.
- De 1966 à 1987 : parution aux éditions
Gallimard (collection "Poésie") de ses principaux recueils poétiques.
- 1976 : Pilar meurt à son tour ; elle est enterrée aux côtés de son mari.
- 1996 : Parution des oeuvres poétiques complètes de Jules Supervielle dans la
Bibliothèque de La Pléiade, aux éditions Gallimard.
Principales oeuvres
voir Toute son oeuvre
Lien externe
Pour en savoir plus, il existe également une association "Les Amis de Jules Supervielle" dont l'objet est de :
- Faire connaître Jules Supervielle et son oeuvre, par tous moyens appropriés (expositions, parutions, site Internet,
interventions dans les établissements scolaires, colloques, recherches, etc.)
- Faire rayonner son oeuvre sur les plans local (Oloron-sainte-Marie), régional (Pyrénées-Atlantiques), national et
international
- Favoriser l’amitié nationale et internationale autour de l’œuvre de Supervielle (échanges, notamment, avec les associations
d’Amis d’autres écrivains...)
Mettre en évidence le désir de fraternité universelle qui animait Supervielle (liens avec l’écologie, les associations
humanitaires et la recherche spirituelle)
e-mail : supervielle.univers@free.fr site : http://supervielle.univers.free.fr
Siège Social de l'association: Librairie "Le temps de Lire" 18, rue Louis Barthou 64.400 Oloron-sainte-Marie Tél :
05.59.39.19.45

