| Liste Articles: [0-A] [A-C] [C-F] [F-J] [J-M] [M-P] [P-S] [S-Z] | Liste Catégories | Une page au hasard | Pages liées | ||||||
Il convient de distinguer l'idée de justice d'une part et l'institution judiciaire d'autre part. Le mot justice revêt ainsi plusieurs sens selon le contexte dans lequel il
est employé :
| Sommaire |
D'un point de vue moral et philosophique, la justice est un terme ambigu, parce qu'il peut désigner la justice telle qu'elle existe dans une société (l'institution judiciaire), ou la justice en tant que trait de caractère d'un individu (la vertu). La différence entre ces deux sens apparaît bien si l'on remarque que la justice sociale peut se passer de la justice comme disposition vertueuse sans devenir injuste, alors que la justice en tant que vertu est ce qu'elle est en tant que disposition interne.
Cette distinction fait en outre apparaitre une tension fondamentale de la philosophie politique et morale : la justice sociale doit-elle se fonder sur la vertu des citoyens, et si non, cela n'entraîne-t-il pas nécessairement des conflits entre l'homme juste et le même homme en tant que citoyen ? Par exemple, un bon citoyen (i.e. qui respecte les lois) peut-il être en même temps injuste (i.e. du point de vue de la vertu) ? Et, inversement, un homme juste est-il nécessairement un bon citoyen ?
Il convient de remarquer que le concept de justice en tant que vertu appartient essentiellement à la philosophie morale antique et qu'il s'oppose à la conception libérale de la justice moderne.
Pour comprendre la portée de cette problématique, il faut commencer par déterminer le concept de justice en tant que disposition ou vertu individuelle.
La justice est définie par Platon comme un certain état de l'âme :
Ainsi, en tant que vertu, la justice rapporte l'action droite à un état interne de l'individu, et non à des normes sociales externes ou à d'autres normes telles que les conséquences de nos actes.
Dans la Chine des Tang, il y avait une règle: toute erreur judiciaire reconnue conduisait le juge qui l'avait commise à subir le même châtiment que celui qui avait été infligé à la victime de son erreur.
Plus que tout autre, Aristote est considéré comme le philosophe de la vertu. Mais, au contraire de Platon, il fait dépendre la vertu d'une situation, et en conséquence, d'éléments exterieurs à l'action de l'homme vertueux.


