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Écritures du japonais |
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Les kanji sont les éléments d'un des trois ensembles de caractères de l'écriture japonaise avec les hiragana et les katakana.
| Sommaire |
Les kanji, 漢字, (terme sino-japonais ; en mandarin hànzì) sont les caractères chinois, 字, de la dynastie chinoise 漢 Hàn utilisés en langue japonaise et empruntés aux Chinois1.
Note : dans cet article, kanji restera masculin et invariable. Les transcriptions sont données en rômaji Hepburn.
Les kanji sont également utilisés en coréen, dont 75% du vocabulaire est d'origine chinoise, mais ont tendance à n'être utilisés que par les personnes âgées et/ou « lettrées ». Chaque pays les utilisant leur a fait subir des simplification plus ou moins draconiennes. Ainsi, la République de Chine (Taiwan) et la Corée n'ont fait aucune simplification, le Japon a fait des simplifications modérées tandis que la République Populaire de Chine (souvent désigné par le simple terme « Chine » malgré les possibles confusions avec Taïwan) a beaucoup simplifié les sinogrammes. Par conséquent, les mêmes caractères peuvent s'écrire différemment d'une langue à l'autre. Leur qualification d'idéogrammes est grandement erronée : en effet, les idéogrammes ne représentent qu'une infime partie des sinogrammes.
Les kanji sont associés entre eux et avec des signes syllabiques (Hiragana et Katakana) pour former les phrases japonaises 2. Parfois on utilise des kana de petite taille au-dessus (écriture horizontale) ou à droite (écriture verticale) des kanji pour en spécifier la prononciation. Ces caractères sont alors appelés furigana.
Les caractères chinois sont arrivés au Japon vers le IVe siècle, via la Corée. Comme les Japonais n'avaient pas d'écriture, ils ont tenté d'utiliser les caractères chinois non pas seulement pour écrire le chinois, mais aussi leur propre langue. Certains caractères ont été pris dans une valeur purement phonétique, c'est ce qu'on appelle les man'yōgana (万葉仮名), par référence au Manyōshū (万葉集) un recueil de poèmes du VIIIe siècle. C'est une diminution drastique du nombre de caractères utilisés phonétiquement (un par son) et une grande simplification et stylisation des traits qui donnèrent naissance aux hiragana (平仮名) et katakana (片仮名) modernes, deux syllabaires interchangeables de 50 signes.
Les caractères chinois sont donc utilisés pour écrire soit des mots d'origine chinoise, soit des mots japonais; le reste de l'habillage grammatical de la phrase étant écrit phonétiquement avec les kana.
Les prononciations issues du chinois ont donné ce qu'on appelle les prononciations ON, en japonais onyomi (音読み, lecture phonétique), tandis que les prononciations issues du japonais sont appelées kun, en japonais kunyomi (訓読み, lecture explicative).
Pour corser les choses, il peut exister plus d'une lecture ON, suivant l'époque (le chinois ayant évolué) à laquelle elle fut introduite au Japon, ou encore suivant la région de Chine d'où elle est venue. Parmi les lectures ON on distingue ainsi les kan'on (漢音, prononciation des Han), introduits vers le VIIe et VIIIe siècles, il s'agit du groupe le plus nombreux; les goon (呉音, prononciation des Wu, importée via la Corée, du sud-est de la Chine), introduisant principalement des termes bouddhistes; les tōon (唐音, prononciation des Tang), introduits lors de la dynastie Song, il s'agit principalement de termes techniques; les « sôon » (宋音, du début de l'ère Song) ;les kan'yōon (慣用音, prononciation usuelle), il s'agit de prononciations erronées qui sont devenues courantes.
Le nouveau dictionnaire de caractères anglais-japonais de Jack Halpern, publié en 1990 y ajoute quelques catégories supplémentaires, non-classiques et moins courantes: les chūon (中音, prononciation chinoise), il s'agit de prononciations inspirées du mandarin moderne; les gaion (外音, prononciation étrangère), qui ne sont pas issues du chinois, mais d'autres langues (comme l'anglais); et les waon (和音, prononciation japonaise) qui sont des prononciations ON crées par analogie de caractères semblables pour les caractères kanji crées par les Japonais et inexistants en chinois, les kokuji (国字, caractères nationaux).
En plus de tout cela, il y a aussi des lectures possibles qui ne sont ni des lectures ON, ni des lectures kun. Il s'agit des ateji (当て字, caractères plaqués) qui ne sont utilisés que phonétiquement (il s'agit donc ici du choix d'une prononciation ON, mais sans référence aucune au sens de cette prononciation). Cet usage est de nos jours tombé en désuétude, on utilise les katakana pour transcrire phonétiquement des mots. En dernière lecture spéciale, on trouve les jukujikun (熟字訓, lecture de caractère spécial), il s'agit d'un mot japonais qui est écrit avec des caractères chinois qui en donnent le sens, mais sans lien entre un caractère donné et une partie du mot ; il se peut même que le mot ainsi écrit ait plus de kanji que de syllabes.
Au début du XXe siècle des débats sur l'éventualité de reformes orthographiques ont lieu, mais ils sont bloqués par le pouvoir en place, et ce n'est qu'après la Deuxième Guerre mondiale que les réformes pourront véritablement avoir lieu.
Tout d'abord une reforme de l'usage des caractère syllabiques, dont l'écriture n'était plus du tout phonétique, rendit l'usage des kana conforme à la prononciation actuelle du japonais, à deux petites exceptions près (deux éléments grammaticaux monosyllabiques) toute phrase japonaise peut désormais s'écrire phonétiquement selon des règles simples.
Une reforme des kanji et de leur usage suivra. En 1946 est édictée une liste de kanji d'usage courant, la tōyō kanji (当用漢字), comprenant 1850 caractères. En 1948 on désigne 881 d'entre eux comme devant être connus à la sortie des six ans de scolarité obligatoire, parallèlement, le nombre de lectures de plusieurs caractères est réduit.
En 1949 on simplifie la forme de plusieurs caractères. En 1951 la tōyō kanji est augmentée de 92 kanji pouvant être utilisés pour les noms propres.
Mais le nombre de caractères (1942) est jugé nettement inapproprié par un grand nombre de Japonais, ainsi que certains choix qui furent faits; certains caractères d'usage rarissime sont dans la liste, alors que d'autres d'usage très courant, comme oreiller ou jour de l'an n'y sont pas. Entre 1973 et 1980 plusieurs ajouts sont faits, et finalement en 1981 le ministère de l'Éducation publie une nouvelle liste de kanji usuels (jōyō kanji, 常用漢字) qui compte un total de 2229 kanji. En avril 1990 est publiée la jinmei kanji (人名漢字, kanji pour les noms propres), une liste de 284 caractères supplémentaires acceptables à l'état civil pour les noms et prénoms. Les mille six (1006) premier kanji que les Japonais apprennent au primaire (et qui font parti des jōyō kanji) sont les gakunenbetsu kanji haitôhyô, 学年別漢字配当表).
En dehors de la liste officielle des kanji d'usage courant, il en existe beaucoup d'autres utilisés dans des domaines spécialisés (médecine, philosophie,...), ou pour des noms de personnes et de lieux; un bon dictionnaire de kanji en répertorie plus de 4 000. Le standard JISX0208 actualisé en 1990 définit un jeu de caractères informatique de 6 879 caractères, dont 6 355 kanji répartis en deux blocs, le premier inclut 2 965 kanji usuels arrangés par ordre de lecture la plus fréquente, le deuxième bloc inclut 3 390 kanji arrangés par radical et par nombre de traits. La même année est sorti le standard JISX0212 qui définit un jeu de caractères supplémentaires à utiliser en conjonction du précédent, et qui comprend 6 067 caractères supplémentaires dont 5 081 kanji. Autrement dit, sur un ordinateur avec un support moderne du japonais, on a à disposition pas moins de 11 436 kanji différents.
La connaissance d'un grand nombre de kanji est une marque de culture et d'érudition ; les professeurs de littérature peuvent connaître jusqu'à dix mille kanji. Dans les publications officielles, les kanji non-officiels doivent être accompagnés d'un guide de lecture (petits caractères hiragana ou katakana sur le côté dans le cas de l'écriture en colonne et au-dessus dans le cas de l'écriture en ligne, dans cet emploi on parle de furigana).
L'étude des kanji demande beaucoup de travail, ainsi qu'une pratique constante. En effet, pour chaque kanji, il faut mémoriser :
Les kanji peuvent être classés dans un dictionnaire principalement selon :
Les clefs correspondent à une partie du caractère qui permet de regrouper des kanji. On en compte traditionnellement 214, mais certains dictionnaires fonctionnent avec un nombre de clés plus réduit.
D'autres critères de classement plus modernes existent, tels que la méthode SKIP qui consiste à reconnaître l'agencement entre les éléments constituants, la méthode des 5 traits, surtout utilisée en chinois, qui se base sur l'orientation du premier trait du kanji.
La plupart du temps, des index combinant ces critères permettent de trouver le caractère souhaité.
On trouve aussi de nos jours des dictionnaires électroniques qui utilisent le numéro de code informatique (dans les standard JIS ou Unicode) comme critère de classement et de recherche, ou encore qui permettent une reconnaissance à partir d'un caractère tracé à la main ou à la souris.
Vous pouvez obtenir des informations détaillées sur un kanji en particulier dans wikipedia en le retrouvant dans une des listes de kanji:
Exemple de kanji : 木 (voir à 木 pour la décomposition du tracé et plus d'informations)
Autre exemple : 本 (voir à 本)
Autre exemple : 日 (voir à 日)
Notes :
1 : en Chinois, ces caractères se nomment hanzi.
2 : la présence de kanji n'est pas obligatoire. Des mots n'en contiennent pas.
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