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L'hydrochlorure de kétamine est une molécule utilisée comme
anesthésique général en
médecine humaine et en médecine vétérinaire. D'un point de vue pharmacologique elle est
très proche des molécules DXM et PCP.
Sa formule chimique est C13H16ClNO.
Elle fut utilisée pour la première fois par les soldats américains durant la guerre du Viêt Nam, mais on en évite maintenant l'emploi en raison de ses effets secondaires désagréables : elle provoque des sensations proches d'une expérience de mort imminente. Elle reste cependant parfois utilisée en médecine humaine pour des patients dont on ne connaît pas les antécédents médicaux (comme les victimes d'accident de la route). Dans ces conditions, c'est alors le premier produit que l'on tente d'employer, pour son efficacité et son innocuité. Elle reste aussi utilisée en pédiatrie, pour de petites opérations chirurgicales et accessoirement pour le traitement de la migraine. En médecine vétérinaire, elle est plutôt utilisée pour de grands animaux, comme les chevaux. On peut également y avoir recours, en combinaison avec d'autres anesthésiques, pour des opérations chirurgicales sur de plus petits animaux, notamment pour calmer chats, lapins et rats.
La kétamine influe moins sur les fonctions respiratoires et cardiaques que d'autres molécules. Lorsqu'elle est utilisée à des doses anesthésiques, elle peut même avoir tendance à stimuler le système circulatoire plutôt que de le ralentir. Il est quelques fois possible de pratiquer une anesthésie à la kétamine sans prendre de mesure de protection pour les voies aériennes. La kétamine est aussi un analgésique puissant et peut être utilisé en doses infra-anesthésiques pour soulager des douleurs aiguës ; toutefois, ses propriétés psychotropes doivent alors être prises en considération.
Des recherches sont actuellement menées sur son utilité pour traiter la douleur, l'alcoolisme et la dépendance à l'héroïne.
Les patients traités à la kétamine rapportent parfois avoir été dans d'autres mondes ou avoir rencontré Dieu alors qu'ils étaient sous anesthésie. De tels effets secondaires psychotropes ont rendu son usage moins fréquent.
D'un point de vue psychopharmacologique, il s'agit d'un inhibiteur de glutamate non compétitif au niveau des récepteurs de NMDA. Cet effet est observé principalement au niveau de l'hippocampe et du cortex préfrontal, ce qui explique ses effets importants sur la mémoire et la conscience.
La kétamine est aussi connue sous la dénomination de K, Ket, ou Vitamine K (à ne pas confondre avec la Vitamine K).
La kétamine produit des effets similaires au PCP, et au DXM. Comme d'autres anesthésiques dissociants utilisés à des doses faibles à moyennement fortes, ses effets hallucinogènes ne se font sentir que dans l'obscurité ou dans des conditions de privation sensorielle. Ses usagers affirment que les trips qu'elle procure sont meilleurs que ceux du PCP ou du LSD, dont les effets hallucinogènes sont à court terme, ne durant qu'une heure tout au plus. Cette drogue peut cependant affecter les sens, le jugement et la coordination motrice durant 18 à 24 heures. La kétamine vendue dans les rues provient de diverses sources où elle a sa place légitime, principalement des cliniques vétérinaires. Son apparence est proche de celle de la cocaïne pharmaceutique. Elle peut être inspirée, placée dans des boissons alcooliques, ou fumée en combinaison avec du cannabis. La fréquence d'utilisation de la kétamine en tant que stupéfiant augmente, et elle commence à être prise en compte dans les rapports établis sur des rave parties organisées par des adolescents. La kétamine a été placée sur la Liste III de la loi sur les substances contrôlées aux États-Unis en août 1999.
La kétamine amène l'utilisateur vers un état dissocié, ce qui veut dire qu'ils perdent la sensation d'eux-mêmes ou la notion de réalité autour d'eux. Si une quantité suffisamment grande de produit est prise, les utilisateurs passent un seuil nommé en anglais le k-hole, et font l'expérience de mondes ou de dimensions impossibles à décrire dans notre langue, tout en perdant complètement la notion de leur identité et du monde extérieur. Ils ont l'impression que leur perception se retrouve logée si profondément dans leur esprit que le monde réel semble distant (d'où l'expression de hole --trou-- pour décrire cette expérience). Il arrive souvent que l'utilisateur ne se rappelle pas cette partie de son trip lorsqu'il revient à la conscience. Le processus de « ré-intégration » est lent, et l'usager redevient progressivement conscient des choses qui l'entourent. Il peut ne plus se souvenir de son nom au début de ce processus, voire ne plus se souvenir qu'il est humain, ou de ce que cela signifie. Les mouvements sont particulièrement pénibles, et il peut même ne plus se rendre compte qu'il possède un corps. Il arrive aussi qu'on utilise cet état à des fins thérapeutiques, en utilisant cette dissociation entre l'esprit et le corps du patient. Une fois l'expérience terminée, certains des changements induits à cette occasion peuvent persister.
De nombreux usagers de drogues ont souvent un premier contact involontaire avec la kétamine lorsqu'une dose leur est vendue comme une autre drogue (souvent de l'Ecstasy).
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