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La république des Kiribati (prononcer [kiribæs], c'est-à-dire proche de kiribès) anciennement connue
sous le nom d'îles Gilbert, est un État insulaire du Pacifique. Les Kiribati sont situées à cheval de l'équateur et de la
ligne de changement de date, en Polynésie et en Micronésie, au sud des îles Marshall et de Hawaii et au
nord de Tuvalu, des Samoa, des îles Cook et de la Polynésie française. Un traité international délimite les frontières maritimes entre la France (Polynésie
française) et les Kiribati (îles de la Ligne). Les Kiribati sont constituées par trois archipels comprenant 33 îles, dispersées sur une zone maritime (ZEE) de 3 550 000 km2.
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| Devise nationale : « te mauri, te raoi ao te tabomoa » (gilbertin ou kiribati: Santé, Paix et Prospérité) | |||
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| Langues officielles | anglais et gilbertin | ||
| Capitale | Tarawa-Sud | ||
| Président | Anote Tong | ||
| Superficie - Totale - % eau |
Classé 172e
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| Population | Classé 195e
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| Indépendance | 12 juillet 1979 | ||
| Monnaie | Dollar australien, pièces gilbertines | ||
| Fuseau horaire | UTC +12, +13 (Phœnix), +14 (îles de la Ligne) | ||
| Hymne national | Teirake kaini Kiribati | ||
| Domaine Internet | .ki | ||
| Indicatif téléphonique | + 686 (puis 21 pour Tarawa et 81 pour Christmas) | ||
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| Sommaire |
Voir aussi : Histoire postale des Kiribati
Habitées depuis environ deux mille ans par un peuple micronésien, en contact épisodique avec les Samoans, elles ont été « découvertes » assez tardivement par les explorateurs européens et de façon exhaustive seulement au tout début du XIXe siècle (Magellan semble pourtant avoir aperçu l'île Caroline, baptisée la isla de los tiburones par Pigafetta, dès la toute première circumnavigation en 1520). Ces îles étaient occupées depuis au moins deux mille ans, sans doute davantage, par une population océanienne, en provenance de la civilisation Lapita tardive et qui provenait sans doute du sud-est des Salomon ou du nord de Vanuatu. Dès le début de leur occupation, les Gilbertins doivent faire face aux conditions géographiques difficiles et développent comme les habitants des Caroline et des Marshall, des techniques de navigation hors pair. Ils restent en contact, au moins épisodique avec leurs voisins immédiats. Elles doivent leur nom d'îles Gilbert (en français) à l'amiral Johann Adam de Krusenstern (un Estonien germano-balte, au service du tsar) qui les baptisa vers 1820 du nom du capitaine Thomas Gilbert, un britannique qui les avait traversées en 1788, de conserve avec le capitaine John Marshall, pendant leur retour entre Botany Bay (future Sydney) et Canton. Mais c'est le capitaine Louis Isidore Duperrey qui, le premier, représenta les seize atolls des Gilbert comme un archipel unique — sur une carte de 1820, précédant de peu la publication de Krusenstern. Elles sont visitées irrégulièrement par des baleiniers, des explorateurs, des Blackbirders et des Beachcombers et, à l'occasion, soumises au travail plus ou moins forcé dans les plantations ou les mines sud-américaines. Robert Louis Stevenson les visite quelques mois en 1889 (lire Dans les mers du Sud). Les missionnaires, d'abort protestants venus de Hawaii en 1857 ([[American Board of Commissioners for Foreign Missions]]) ou de Samoa London Missionary Society, puis catholiques en 1888 (Missionnaires du Sacré-Cœur), évangélisent les archipels et mettent par écrit les deux langues vernaculaires pour traduire la Bible.
En 1892, le Royaume-Uni place sous protectorat les seize îles Gilbert et les huit îles Ellice. Les îles Union (devenues Tokelau) en font également partie de 1916 à 1925 (et formellement, jusqu'en 1948). Elles deviennent une colonie britannique le 12 janvier 1916, comprenant également les îles Ocean (Banaba), Fanning et Washington (depuis 1901) — ainsi que l'île de Christmas (à partir de 1919). En 1971, la colonie des îles Gilbert et Ellice obtient son autonomie interne complète, qui avait débuté en 1963. Les îles Gilbert subissent (en partie) l'occupation japonaise (fin 1941, la bataille de Tarawa y met fin en novembre 1943 tandis que Banaba où était le chef-lieu de la colonie, reste occupée jusqu'en août 1945) et sont l'objet d'expériences nucléaires américano-britanniques (32 explosions sur Christmas entre 1957 et 1962). L'épuisement prévu des gisements de phosphate sur Banaba, principale richesse de la colonie, précipite la marche vers l'indépendance. La British Phosphate Commissionners, un consortium essentiellement britannique, a exploité les richesses en phosphate en les revendant, à bas prix, aux agriculteurs australiens et néo-zélandais. Le plus long procès civil de l'histoire légale britannique a opposé les habitants de Banaba au gouvernement britannique et à la BPC : les habitants évacués sur Rabi (Fidji) obtinrent in fine 25 millions de dollars australiens en 1981.
En 1978, l'indépendance est accordée aux îles Ellice, séparées des Gilbert depuis 1975 et qui prennent alors le nom de Tuvalu (« huit [îles] ensemble »), suivies des Kiribati, le 12 juillet 1979, 90 ans, jour pour jour, après l'arrivée de Stevenson. Kiribati est seulement la graphie, en gilbertin, de l'anglais Gilberts — où les lettres g, l, et s ne font pas partie de l'alphabet et où les syllabes sont ouvertes : ce n'est donc pas pas un nom nouveau, juste une translittération de l'ancien. Le 20 septembre 1979, les États-Unis abandonnèrent toutes prétentions sur les terres peu peuplées qu'ils revendiquaient des îles Phœnix et des îles de la Ligne qui restèrent donc rattachées aux Kiribati, en signant un traité (ratifié le 23 septembre 1983) avec la nouvelle république.
Parlement
Le parlement monocaméral des Kiribati, appelé Maneaba ni Maungatabu (« la maison commune de la montagne
sacrée ») est élu tous les quatre ans et se compose de 42 représentants (régime parlementaire). Un député non élu y représente la communauté déportée de Banaba sur l'île Rabi (Fidji). L' Attorney
general (le procureur de la République) en est membre ex officio, s'il n'est pas lui-même élu. Les élections
législatives se déroulent sur deux tours (dernières élections, les 9 et 14 mai 2003).
Chef de l'État
Le président s'appelle te beretitenti (« le président » en gilbertin) et est à la fois le chef de l'État et du
gouvernement. Il est élu par suffrage universel direct, parmi les trois ou quatre candidats proposés par le parlement en son
sein. Il ne peut effectuer plus de trois mandats. La vice-présidente, choisie par le président parmi les députés, est
actuellement Mlle Teima Onorio (depuis juillet 2003). Anote Tong a remplacé en
2003 Teburoro Tiito (ou Tito) qui avait été renversé par une motion de défiance du parlement début 2003, alors que son
3e mandat venait juste de commencer. Teburoro ne pouvant se représenter (3 mandats effectués), son parti a été défendu
par le docteur Harry Tong, le frère aîné d'Anote. Les résultats du 4 juillet 2003 ont été les suivants : Anote Tong 47,4 % - Dr. Harry Tong 43,5 % - Me Banuera Berina, un candidat
indépendant, 9,1 %. Les prochaines élections se dérouleront au plus tard en juillet 2007 (sauf motion de défiance
entre-temps).
Partis politiques
Les principaux partis, peu actifs, sont le Boutokaan te Koaua (BTK, les piliers de la vérité, au pouvoir) dont le leader
est Taberannang Timeon, le Maneaban te Mauri (MTM, opposition) dont le leader est Teburoro ainsi que le plus récent
Maurin Kiribati Party (MKB) de l'avocat privé Banuera. Le docteur Harry Tong a d'abord fait partie de l'opposition en
dirigeant le National Progressive Party (NPP) avant de rallier en 2003 le parti MTM de Teburoro. Le MTM est l'héritier
du Gilbertese National Party créé en 1965 et dont le principal leader était Reuben Uatioa (Chief Electer Member de 1967
à 1970 et Leader of Government Business de 1971 à 1974). Les parlementaires se répartissent entre 17 membres du BTK, 16
du MTM, 7 indépendants, 2 divers (dont l' Attorney General et le député de Rabi).
Gouvernement
Depuis juillet 2003, le cabinet, composé de 12 parlementaires, se répartit les portefeuilles comme suit : Président et
ministre des Affaires étrangères et de l'Immigration, S.E. Anote Tong;
vice-présidente et ministre de l'Éducation, de la Jeunesse et du Sport, Teima Onorio; ministre de l'Intérieur et des Affaires
sociales, Amberoti Nikora; ministre de la Santé et des Services médicaux, Natanera Kirata; ministre de la Communication, du
Transport et du Tourisme, Nataan Teewe; ministre du Travail et du Développement des ressources humaines, Bauro Tongaai; ministre
des Travaux et des Services publics, James Taom; ministre des Finances et du Développement économique, Nabuti Mwemwenikarawa;
ministre des Pêcheries et du Développement des ressources marines, Tetabo Nakara; ministre de l'Environnement, des Terres et du
Développement agricole, Martin Tofinga; ministre du Commerce, de l'Industrie et des Coopératives, Ioteba Redfern; ministre du
Développement des îles de la Ligne et des Phœnix, Titabu Tabane.
Conseils municipaux Chacune des 21 îles habitées possède son propre conseil local qui prend soin des affaires
quotidiennes. L'atoll de Tarawa où se trouve la capitale et l'essentiel du
gouvernement, possède trois communautés urbaines distinctes: Betio (Betio Town
Council), Tarawa-Sud (Teinainano Urban Council), Tarawa-Nord
(Tarawa Ieta). Le ministère du groupe des îles de la Ligne et des Phœnix se trouve quant à lui à Londres
(London, sur l'île Christmas), à plus de 3 000
km de Tarawa.
Membre des Nations unies depuis 1999. Pays ACP (accords de Lomé et de Cotonou, avec l'Union européenne). Une seule ambassade à l'étranger : un haut-commissariat ouvert en 2002 à Suva (Fidji).
Article de fond : Subdivisions des Kiribati
La constitution du 12 juillet 1979 (tableau 2, §132) ne subdivise pas la république en archipels ou districts mais donne la liste exhaustive des îles qui la composent, avec leur orthographe officielle (et les variantes autorisées : cf. article de fond Géographie des Kiribati). Les îles de la Ligne et Phœnix sont toutefois regroupées administrativement sous la juridiction d'un seul ministère déconcentré (Line and Phoenix Group Development Ministry), déconcentré à Londres (London, Christmas).
Les Kiribati se composent de trois archipels : les îles Gilbert (16 îles) à 1 500 kilomètres au nord des Fidji, les îles Phœnix (8 îles) à environ 1 800 kilomètres au sud-est des îles Gilbert et les îles de la Ligne (11 îles, dont 3 habitées) à environ 3 300 kilomètres à l'est des îles Gilbert et d'une île volcanique isolée à l'ouest Banaba. Cette dernière est l'ancienne île à guano, baptisée Ocean Island, annexée le 26 septembre 1901, puis rattachée à la colonie par les Britanniques — qui en ont également fait leur capitale administrative (gisements de phosphate épuisés en 1979, l'année de l'indépendance…). Les îles de la Ligne comprennent également l'île de Jarvis, le récif de Kingman et l'atoll Palmyra mais ceux-ci sont administrés par les États-Unis.
Les 33 îles sont réparties en trois archipels :
La quasi totalité de ces îles sont des atolls qui dépassent à peine le niveau de la mer (si on ne compte pas Banaba, seule île « haute », qui culmine à 81 mètres, le sommet de ces atolls est la colline de Joe, une dune d'une douzaine de mètres de haut, sur Christmas). À l'exception de celui de Christmas qui est le plus ancien et le plus grand atoll au monde, ces atolls ne devraient avoir complètement émergé, à partir de makatea, qu'au tout début de l'ère chrétienne (ce qui correspond à leur occupation humaine), l'holocène (6 000 avant J.-C.) correspondant à un niveau de la mer supérieur à l'actuel de 1 à 1,5 m environ. La minceur du sol, quasi inexistant, implique une faible végétation, d'origine humaine pour l'essentiel, en dehors des cocotiers et des pandanus, omniprésents, et entraîne de grandes difficultés pour l'agriculture, limitée, pour l'essentiel, à la récolte du coprah, du karewe (sève fraîche du cocotier) et du taro local (Cyrtosperma chamissonis). Cultures également de l'arbre à pain, de la banane et du pandanus (pour ses fruits, pour ses feuilles et son bois).
Kiribati a peu de ressources naturelles à l'exception des ressources halieutiques. Les gisements de phosphates commercialement exploitables ont été épuisés à l'heure de l'indépendance. Le coprah et la pêche représentent actuellement la majeure partie de la production et des exportations (y compris comme poissons d'aquarium). Elles s'élèvent à un peu plus de 6 millions de dollars américains — à comparer aux importations, 44 millions en 1999.
L'économie a fortement fluctué ces dernières années et n'a pas progressé au rythme de la forte croissance démographique. Le
développement économique est fortement limité par le manque de ressources naturelles, d'ouvriers qualifiés (à l'exception
toutefois des marins, bien formés par le Marine Training Centre de Betio et très
demandés en Allemagne et désormais, depuis 2001, aux États-Unis), la faiblesse de
l'infrastructure et l'éloignement des marchés internationaux.
Les lignes aériennes internationales sont devenues problématiques, surtout depuis qu'Air Kiribati a définitivement renoncé (en mars 2004) au seul avion qui lui permette de relier les Fidji et les Tuvalu (un ATR72) ainsi qu'au seul charter (un Boeing 737), assuré par Aloha Airlines, qui reliait quant à elle chaque semaine Honolulu à Christmas (fin avril 2004). Du coup, la seule compagnie qui relie actuellement Tarawa au reste du monde reste Air Marshall Islands, à partir de Majuro (Marshall) — et, à l'occasion, Air Nauru, quand son seul avion à réaction n'est pas sous séquestre. Air Kiribati assure, tant bien que mal, les liaisons internes entre les îles Gilbert (sauf Banaba), mais est incapable de relier directement les Phœnix ou les îles de la Ligne.
Le tourisme fournit plus d'un cinquième du PIB, mais il reste assez limité, en raison surtout du transport aérien difficile (deux hôtels principaux à Tarawa dont un gouvernemental, un hôtel gouvernemental à Christmas).
L'aide financière étrangère, provenant en grande partie du Royaume-Uni, de l'Australie et du Japon, apporte un supplément important à l'économie, (entre un quart et la moitié du PIB ces dernières années, 15,5 millions de dollars américains en 1995). Mais ce sont surtout les droits de pêche payés par l'Union européenne, la Corée du Sud ou désormais Taiwan qui représentent l'essentiel des revenus.
La plupart des Gilbertins ont des activités de subsistance (pêche, culture de légumes et fruits) qui améliorent leur train de vie.
Les télécommunations sont chères et le service est nettement insuffisant. Il n'y a pas de bande large et la compagnie nationale, TSKL qui a le monopole propose Internet à un des tarifs les plus chers au monde.
Les habitants sont les Gilbertins (en gilbertin, I-Kiribati). Ils sont en forte croissance démographique (+ 2,3 % par an ; 4,3 enfants par femme) et dépassent de peu les 100 000 habitants en 2004. Les densités non-urbaines sont parmi les plus fortes du monde, notamment à Betio, sur l'atoll de Tarawa. Tandis que l'anglais est la langue utilisée par la constitution, pour les lois et les actes officiels, le kiribati ou gilbertin est la langue vernaculaire habituelle, largement parlée par la totalité des habitants de la république (une langue micronésienne, descendante du Proto-Océanique, reconnue à parité à l'anglais par la constitution de 1979). Seules des minorités négligeables parlent également tuvalu (0,3 % de la population, ce sont les descendants des habitants des îles Ellice restés sur place lors de la séparation des Tuvalu en 1976). Le gilbertin est également parlé aux Tuvalu (sur une île, Nui), aux Fidji (île Rabi) et aux Salomon, ainsi que par les quelques expatriés en Nouvelle-Zélande et aux États-Unis (Hawaii). Le christianisme est la religion principale dans le pays, parfois mélangé à quelques pratiques des croyances ancestrales (de type animiste). La majorité des chrétiens est catholique (diocèse de Tarawa et Nauru) mais la Kiribati Protestant Church (KPC, congrégationalistes) est très bien représentée, dépassant plus d'un tiers de la population (de même que les autres protestants comme les mormons, les adventistes et la Church of Christ, nettement moins nombreux). La foi baha'ie est également bien représentée, surtout à Tarawa et à Christmas (moins de 3 %).
Article de fond : Culture des Kiribati
Sir Arthur Grimble, bien après Robert Louis Stevenson, a fait connaître au reste du monde
cette culture originale, grâce à des émissions populaires sur la BBC et à des livres comme
Pattern of Islands. Les travaux scientifiques majeurs ont d'abord été faits par Henry Evans (Harry) Maude (le premier
commissaire-résident britannique à être également anthropologue). En France, les travaux ont surtout été effectués par Jean-Paul
Latouche, ancien président de la Société des
Océanistes (Musée de l'Homme). La langue gilbertine a été d'abord décrite (et
écrite) par le révérend Hiram Bingham Jr. à la fin du XIXe siècle, puis codifiée tout au long du XXe par
des missionnaires (français et catholiques surtout), comme le Révérend Père Ernest Sabatier et son très complet Dictionnaire
Gilbertin-Français (Tabuiroa, 1952-1954), traduit en anglais par Sœur Olivia (édition de la commission du Pacifique Sud).
Si, faute de moyens, la littérature écrite reste peu développée, les chants et surtout les danses traditionnelles (te
mwaie), très codifiées, et particulièrement chères à Stevenson, constituent le mode d'expression artistique privilégié des Gilbertins. Dans sa thèse de
doctorat Tradition, Change, and Meaning in Kiribati Performance le premier travail aussi exhaustif, Mary Elizabeth
Lawson a écrit comment les Gilbertins décrivent leurs danses comme bai n abara, une chose de notre terre, quelque chose
qui trouve son origine des bakatibu, les ancêtres (1989, 79).
Avec les habitants des Marshall et des Carolines voisines, les Gilbertins sont des
spécialistes reconnus des pirogues à balancier, connues pour leur extrême rapidité et leur maniabilité (cf. We, the
Navigators). Si la maneaba (maison commune) constitue le centre incontournable de la vie communautaire et l'esprit
du katei ni Kiribati (façon gilbertine), les personnes (te aomata) y sont censées respecter les anciens codes
connus comme te bunna (protection), te kareka (écouter les avis), te betia (rester à l'écart du
danger), te boia (être aimé), te reita (garder de bonnes relations), te baema (rester avec son
groupe). Société très traditionnelle où la télévision hertzienne n'est pas diffusée, l'alphabétisation est cependant très
importante.
Sports pratiqués : football et volley surtout mais pas d'équipes nationales proprement dites. Un seul vrai stade à Bairiki (Tarawa).
Porte-drapeau olympique : THOMAS Meameaa (un haltérophile). Nom officiel du CNO : Kiribati National Olympic Committee Fondation : 2002 Reconnaissance par le CIO : 2003
Officiels : Président du CNO : Birima'aka Tekanene Secrétaire général du CNO : Willy Uan Participants à Athènes : 3 athlètes (deux garçons, une fille). Deux sports : athlétisme et haltérophilie. Première participation aux Jeux Olympiques : 2004
Titre : "Teirake kaini Kiribati" [Debout Kiribati]. Compositeur: écrit et composé par Urium Tamuera Ioteba. Entré en vigueur en : 1979
| Date | Nom français | Nom local | Remarques |
|---|---|---|---|
| 01.01 | Jour de l'An | ||
| variable | Vendredi Saint | ||
| variable | Lundi de Pâques | ||
| 18.04 | Jour de la Santé | ||
| 12.07 | Fête nationale | (dure jusqu'au 14.07 inclus) | |
| 07.08 | Fête de la Jeunesse | ||
| 25.12 | Noël | Kiritimati | (ainsi que le 26.12) |
Les archipels chevauchent le méridien 180° qui détermine le changement de jour (la ligne de changement de date), de sorte que, en prévision du passage à l'an 2000 les autorités décidèrent (en 1997) de changer de fuseau horaire les deux archipels orientaux (auparavant la république était coupée en deux et vivait sur deux dates simultanément, ce qui n'était pas toujours pratique pour les habitants : le titre de « Kiribati espace-temps » est d'ailleurs celui donné, en 1988, à la monographie de Benoît Antheaume et Joël Bonnemaison, Atlas des îles et États du Pacifique sud). Au lieu d'être les derniers à quitter l'an 1999, les habitants des îles Gilbert (Kiribati) devinrent les premiers à entrer dans l'an 2000 puis, l'année suivante, dans le nouveau siècle et le nouveau millénaire. Au passage, leur drapeau si évocateur montrant le soleil à l'horizon des vagues prend un sens symbolique qui l'assimile à Janus dont le double visage regarde à la fois le passé et l'avenir. Ce drapeau est basé sur les armoiries adoptées pour les Gilbert et Ellice en 1937, sur un dessin du commissaire-résident d'alors (1932), sir Arthur Francis Grimble. Il représente un soleil levant (otintaai), survolé par une frégate (te eitei), qui émerge des flots du Pacifique. Le soleil darde de 17 rayons (les 16 îles Gilbert et Banaba). Les flots du Pacifique sont coupés en trois parties, comme les trois archipels de l'État (Gilbert, Phœnix et îles de la Ligne). La frégate (Fregata minor), qui représente un messager traditionnel et respecté, est l'oiseau emblématique des I-Kiribati (ethnonyme vernaculaire des Gilbertins).
Article de fond : Langues de l'Océanie Langues austronésiennes Gilbertin
Langue de la famille océanienne (océanien), descendante donc d'anciens
locuteurs partis de Taiwan et ayant voyagé à travers l'Insulinde (parlant
proto-austronésien (groupe austronésien), comme les autres malayo-polynésiens) cette langue fait partie du sous-groupe micronésien de l'océanien (en anglais : Nuclear Micronesian) mais
semble avoir été influencée, plus tardivement, par les langues polynésiennes proprement dites (Samoa et Tuvalu surtout).
Parlée par un peu plus de 100 000 locuteurs (en complément de l'anglais, enseigné en fin d'école primaire et compris par les
jeunes et les citadins), le gilbertin est une langue qui présente une faible
variété dialectale (si ce n'est des accents différents et des particularités mineures qui séparent les îles du Nord de celles du
Sud) à l'exception toutefois de Banaba, dont
la langue est également représentée à Rabi Fidji. Un dialecte du gilbertin est également parlé à Nui (Tuvalu),
peuplée par des Gilbertins qui semblent y avoir remplacé la population polynésienne initialement installée.
C'est une langue flexionnelle (avec davantage de suffixes que de préfixes) pour quelques catégories grammaticales mais où les
particules (préposées pour l'essentiel) jouent un rôle non négligeable et qui pratique aussi une euphonie limitée. 13 lettres (et
autant de phonèmes) : A, B, E, I, K, M, N, NG, O, R, T, U et W. Palatisation du T devant I et devant U (dans certains
accents régionaux). La graphie moderne a tendance à distinguer deux A différents, dont un précédé d'un W non prononcé après B et
M (exemple : mwaneaba au lieu de maneaba). L'ordre des mots est la plupart du temps de type VOS, avec un
objet qui suit immédiatement le verbe. Exemples de phrases simples :
e bati te aine (il y a beaucoup de femmes, verbe bati précédé d'un préfixe pronominal e, 'il/elle', et
suivi de te, article, et de aine, 'femme', cognat de vahiné)
I kana te ika (je mange du poisson, verbe kana précédé d'un préfixe pronominal I, en lettre capitale
comme en anglais, ika poisson)
e matu Nareau (Nareau dort, verbe matu précédé de e, Nareau divinité ancestrale
gilbertine)
antai aram? (quel est ton nom ?, de ara nom suivi du suffixe possessif -m, 'ton').
Sur les langues de l'Océanie, lire l'article de Françoise Ozanne-Rivierre, « Langues d'Océanie et Histoire » in Le
Pacifique : un monde épars, éditeurs A. Bensa et J.-C. Rivierre, L'Harmattan, 1998.
Tony Whincup & Joan Whincup, Akekeia!, Traditional Dance in Kiribati, Wellington 2001, ISBN
0-646-41554-9 est le meilleur album photo sur les Kiribati et leurs danses et a obtenu le prestigieux prix
néozélandais Montana dans sa catégorie.
Tony Whincup, Nareau's Nation: A Portrait of the Gilbert Islands (1979) est plus daté
Rosemary Grimble (ed.), Migrations, Myths and Magic from the Gilbert Islands: early writings of Sir Arthur Grimble
(1972), publie les travaux de son père, sir Arthur Grimble, sur les
mythes et les traditions gilbertines.
Voir aussi : Gerd Koch, The Material Culture of Kiribati (1986; d'abord publié en allemand sous le titre
Materielle Kultur der Gilbert-Inseln 1965); Alaima Talu et al., Kiribati: Aspects of History (1979); Albert F.
Ellis, Ocean Island and Nauru: Their Story (1935); et, le plus complet notamment en histoire : Barrie Macdonald,
Cinderellas of the Empire: Towards a History of Kiribati and Tuvalu (1982), exhaustif. Sur l'histoire et la situation
politique des îles du Pacifique en général : Les Insulaires du Pacifique, I.C. Campbell et J.-P. Latouche,
« Politique d'aujourd'hui » aux PUF, 2001, ISBN 2130519261.
Sur la naissance de la démocratie, lire Jean-Paul Latouche in Qui veut prendre la parole ?, sous la direction de
Marcel Detienne, Seuil, 2003.
Sur l'île Christmas : Eric Bailey, The Christmas Island Story, Stacey International, Londres 1977.
Arthur Grimble : A Pattern of Islands John Murray,
Londres 1952 et Return to the Islands 1957. Ses travaux scientifiques ont été publiés sous la direction de H. E. Maude sous le titre de Tungaru Traditions: writings on the
atoll culture of the Gilbert Islands, University of Hawaii Press, Honolulu, 1989
Sur la navigation dans l'océan Pacifique : David Lewis, We, the Navigators, Reed, Wellington, 1972. En
français : Père Ernest Sabatier, Sous l'équateur du
Pacifique, éditions Dillen, Paris 1939 (traduit en anglais sous le titre Astride the Equator, Melbourne 1978)
Essentiel pour appréhender ces îles avant le protectorat : Robert Louis Stevenson, In the South Seas, University of Hawaii Press, London 1971 (traduit
en français : Dans les mers du Sud, Petite bibliothèque Payot/Voyageurs 248, 1995). La bibliographie mise à jour
par Trussel est la plus complète (cf. Liens ci-après).
Les meilleurs sites (une très complète bibliographie chez Trussel) :


