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Koursk (sous-marin)

Le K-141 « Koursk » (Kursk) était un sous-marin nucléaire d’attaque russe de type OSCAR II (nom de code Antey). Il porte le nom de la province de Koursk. Mis en chantier en 1992 puis en service fin 1994, le Koursk faisait partie des sous-marins les plus perfectionnés de la marine russe. Le bâtiment, disposant d'une double coque, était séparé en neuf compartiments, dont le dernier était un « compartiment-refuge », capable de se détacher du sous-marin et de remonter à la surface en cas d'accident.

Les sous-marins de la classe OSCAR II sont équipés de deux rangées de 12 tubes de lancement inclinés capables de tirer en plongée 24 missiles Granit SS-N-19. Ces sous-marins, conçus lors de la Guerre froide, devaient ainsi pouvoir contrer les porte-avions de l'OTAN et leur escorte.

Fer de lance de la marine russe, le Koursk s'était distingué lors d'une mission menée avec succès en mer Méditerranée, en été 1999.

Le naufrage

Le Koursk a sombré le samedi 12 août 2000 alors qu'il était en exercice, dans le cadre de grandes manœuvres en mer de Barents visant à affirmer le retour de la puissance militaire russe sur les mers. Le Koursk s'apprêtait à effectuer un dernier exercice de lancement de torpille, avant de ne plus émettre aucun signal.

Deux explosions dans le compartiment des torpilles, dont la seconde était beaucoup plus violente, ont détruit l'avant du sous-marin et ont fortement endommagé le reste, ce qui empêcha l'utilisation du compartiment-refuge pour remonter à la surface. La première explosion serait due à une fuite du peroxyde d'hydrogène qui se serait enflammée. Ces torpilles utilisées par la marine russe depuis 1957 permettent une grande vitesse par cavitation ont été retiré du service après cet accident. Le très court intervalle de temps séparant les deux explosions, 135 secondes, n'a sans doute pas laissé le temps à l'équipage de se préparer à une évacuation d'urgence et cette seconde explosion aurait tué une bonne partie d'entre eux. L'eau aurait envahie les neuf compartiments en seulement six ou sept heures.

Le Koursk a coulé à une profondeur de 108 mètres avec ses 118 hommes qui ont tous péri dans l'accident. La Russie a accepté l'aide britannique et norvégienne seulement quelques jours après. Plusieurs tentatives de sauvetage ont été lancées, à l'aide d'un mini-submersible britannique, mais en vain. Ces échecs étaient dus en partie par l'inclinaison du sous-marin reposant sur le fond, qui empêcha le mini-submersible de se fixer sur les issues de secours du Koursk.

À l'époque de l'accident, les causes étaient encore inconnues et trois hypothèses étaient étudiées : une explosion de torpille, une collision avec un sous-marin étranger ou l'explosion d'une mine de la Seconde Guerre mondiale. Les enquêtes menées ont retenu la première, notamment après le renflouage du sous-marin.

Le renflouage du Koursk

Le Koursk fut remonté à la surface à l'initiative du président Vladimir Poutine afin de récupérer les corps des victimes et de déterminer les causes de son naufrage. C'est la société hollandaise Mammoet qui décrocha le contrat de 65 millions de dollars. L'opération s'est terminée le 8 octobre 2001.

Le renflouage du Koursk a été un véritable exploit, puisqu'il s'agissait de remonter un sous-marin de 13 500 tonnes du fond marin. L'opération, délicate, s'est déroulée en trois temps. Il a fallut d'abord découper le compartiment avant afin de le séparer du reste qui sera remonté. 26 câbles de levage ont ensuite été fixés sur le sous-marin, qui fut remonté puis remorqué dans le Golfe de Mourmansk pour être mis en cale sèche.

Le renflouage du Koursk a permis l'identification et la mise en bière des corps. Un témoignage manuscrit a été retrouvé sur l'un d'entre eux, ce qui a aidé les enquêteurs pour déterminer les circonstances de l'accident.



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