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Koyaanisqatsi est un film de Godfrey Reggio, musique de Philip Glass, images de Ron Fricke, produit par Francis Ford Coppola. 1983
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Le film ne raconte pas d' histoire, pas plus qu'il ne constitue un documentaire à proprement parler. Il propose simplement des images où l'on joue sur les échelles d'espace et de temps pour montrer au spectateur le monde où il vit sous un angle différent, et l'inviter lui-même à conclure dans le sens qu'il jugera bon. On peut considérer ce film par moments comme une description enthousiate de la technologie, parfois au contraire comme une vive critique de celle-ci. Le réalisateur admet avoir voulu montrer ce qu'il nomme la beauté de la bête (allusion sans doute à celle de l'Apocalypse)
Une chose en tout cas ne fait pas de doute à la vue du film : la technologie, qui il y a peu (du temps des Hopis, par exemple) était peu visible est maintenant bien présente, et se développe selon sa logique propre. Une image impressionnante d'une ville vue du ciel à différentes échelles se termine par la photographie des circuits d'un microprocesseur; l'image est claire : la population humaine a à peu près autant de liberté quand elle est prise dans son ensemble que les électrons de faire ce qu'il veulent dans un microprocesseur. Même si l'individu reste libre, son ensemble, lui, ne l'est plus totalement et n'est pas programmé pour l'être. La frénésie de l'activité urbaine (dans la très esthétique séquence The grid, tournée à l'accéléré) s'alterne avec une image frappante d'ennui et de vide intérieur des individus quand ils ne sont plus en train de produire (séquences passées au ralenti).
Ce film est le premier de la trilogie des Qatsi, dont la réalisation s'étala sur trois décennies, et qui comporte les films suivants :
La force de ce film, comme du reste de la trilogie, vient du fait que délibérément l'usage du verbe en a été écarté (le réalisateur aurait même voulu ne pas lui donner de titre; cela n'étant pas possible pour des raisons légales, il opta pour un titre culturellement neutre formé de deux mots de la langue des indiens Hopis. Restent les images, spectaculaires et totalement novatrices lors de la sortie du film (copiées abondamment depuis, par exemple dans le film IMAX Kronos, dans le clip de Jean-Luc Ponty Individual choice, etc.), et la musique de Philip Glass, qui les accompagne et en renforce l'effet dramatique.
Des événements survenus dans le monde depuis le tournage (explosion en 1986 de la navette spatiale Challenger, attentat du World Trade Center le 11 septembre 2001 interfèrent aujourd'hui fortement avec certaines images du film, lui donnant des connotations qui ne pouvaient bien entendu s'y trouver en 1983.
Les auteurs suivants, tous trois mentionnés explicitement dans le générique final :


