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Kutuzov, fils d'un ingénieur militaire, embrasse la carrière des armes dès l'âge de 12 ans. Il connaît six langues, l'arithmétique et la géographie. Débutant dans les corps d'artillerie de Catherine II, il participe aux campagnes de Pologne et d'Ukraine avant de prendre part à la guerre contre les Turcs en 1770. Une balle lui traverse la tête en 1773 : il perd son œil droit. Il sert ensuite sous les ordres de son maître à penser, Souvorov. En 1788, il frôle la mort encore une fois. Il récupère à temps pour prendre une part active aux dernières batailles contre les Turcs.
Entre 1793 et 1801, Kutuzov est investi de diverses missions diplomatiques. En 1801, gouverneur militaire de Saint-Pétersbourg, il refuse de participer au complot contre Paul 1er. Alexandre, devenu tsar, l'écarte des postes importants.
En 1805, au moment de la troisième coalition contre la France, Kutuzov a 60 ans. Il est un chef populaire et malgré son goût immodéré pour l'alcool et les femmes, tout le monde s'accorde à le trouver courtois, cultivé, rusé. Alexandre 1er le charge de soutenir les Autrichiens contre Napoléon. Kutuzov bat Mortier à Dürrenstein en novembre 1805. À Austerlitz, il déconseille de livrer bataille mais le tsar, présent sur le champ de bataille, fait la sourde oreille. Après la défaite, Kutuzov qui a eu le tort d'avoir raison, tombe à nouveau en défaveur. Il est assigné à des postes d'importance mineure.
En 1811, les victoires décisives qu'il remporte contre les Turcs en Moldavie aboutissent au traité de Bucarest. Le tsar consent à lui confier à nouveau le commandement en chef de l'armée russe lors de l'invasion française. Kutuzov emploie alors la tactique de la terre brûlée. Il laisse les Français pénétrer à Moscou, évitant l'affrontement. Les Cosaques harcèlent les troupes françaises par des actions ponctuelles, qui ne sont pas sans rappeler la guérilla espagnole. Une exception : de la bataille de la Moskova, à l'issue incertaine. Kutuzov talonne ensuite l'armée en retraite. Lors du passage de la Bérézina, les débris de la Grande Armée lui échappent de justesse. Il a chassé les Français, il gagne ainsi son titre de prince, moins d'un an avant de s'éteindre, en avril 1813.
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