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L'Origine des espèces


L'Origine des espèces (The Origin of Species) est un ouvrage de Charles Darwin, publié en 1859, dans lequel il explique le mécanisme qui peut présider à l'évolution des espèces dans la nature. Les nombreux exemples qui illustrent l'ouvrage sont issus de ses voyages d'étude, en particulier celui qu'il fit sur la Beagle du 27 décembre 1831 au 2 octobre 1836 et qui passa par les îles Galapagos. Darwin emmenait avec lui, à cette occasion, les Principes de géologie de Charles Lyell traitant des fossiles et de leur évolution.

Sommaire

Genèse de l'œuvre

D'après la thèse de Stephen Jay Gould, il semble qu'il n'était pas dans les intentions de Darwin de publier ses travaux, qu'il garda privés durant vingt ans. Ce n'est que lorsque Alfred Russel Wallace lui présente les siens qui mènent aux mêmes conclusions qu'il décide de publier pour garder la paternité de la théorie.

L'évolution dirigée des espèces était déjà à son époque un fait largement admis et mis en pratique par les éleveurs au moyen de croisements. Elle ne prêtait pas à contestation, et n'était d'ailleurs pas nommée ainsi. On parlait simplement alors d'« amélioration de la race », en général bovine ou ovine. Le choix des meilleures bêtes pour la reproduction était sans doute pratiqué depuis l'Antiquité dans cette optique : qui aurait acheté à prix fort un taureau malingre pour la reproduction ? Qui n'aurait observé que les enfants affichent certains des traits de leurs parents plutôt que ceux des voisins (en principe) ?

L'apport de Darwin se trouve ailleurs :

Le mécanisme

Pourquoi y a-t-il une sélection ? Parce que le nombre d'enfants possibles par couple est supérieur à deux : la population augmente aussi longtemps que des ressources sont disponibles, et une fois qu'elles sont saturées, alors tous les individus ne peuvent pas survivre en même temps. Ce point est repris de Thomas Malthus, qui avait semble-t-il été le premier à l'énoncer.

Darwin ne se pose pas dans son livre en dogmatique. Chacune de ses démarches intellectuelles y est expliquée et étayée d'exemples. Les erreurs qu'on y trouve (hérédité du dressage des chiens pointers) sont mineures en regard de l'apport du reste, et compréhensibles s'agissant d'une théorie venant juste de naître.

Plus précisément, Darwin montre que sa théorie est compatible avec une éventuelle transmission de caractères acquis, même si elle n'a pas, pour paraphraser Laplace besoin de cette hypothèse. Là se situe sa véritable opposition avec Lamarck : dans la théorie de ce dernier, en effet, cette transmission était indispensable sous peine d'effondrement de la théorie.

Insuffisances ?

Darwin admet dans son livre que certaines fonctions, en particulier celles de l'œil, restent difficilement explicables dans le cadre de sa théorie (elles le sont moins aujourd'hui, affirme Richard Dawkins, en étayant cette idée de petites simulations de principe sur ordinateur). Mais s'il admet que sa théorie puisse être incomplète, les exemples qu'il donne ne permettant pas de la supposer fausse.

L'accueil

L'idée sera adoptée immédiatement par Ernest Renan. Victor Hugo, en revanche, y restera opposé toute sa vie.

Le compte rendu de 1859 de l'Académie royale britannique établissant son bilan annuel de l'avancement des sciences n'en mentionnera pas moins « une année scientifique un peu décevante, où rien de très important n'a été découvert » !

Anecdotes

Liens externes



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