| Liste Articles: [0-A] [A-C] [C-F] [F-J] [J-M] [M-P] [P-S] [S-Z] | Liste Catégories | Une page au hasard | Pages liées | ||||||
La Cité de Dieu (De Civitate Dei contra paganos)dont titre exact est la Cité de Dieu contre les païens est une œuvre en 22 livres d'Augustin d'Hippone qu'il composa en quinze années dans sa vieillesse.
| Sommaire |
Il y oppose la cité terrestre et la cité céleste :
« En écrivant cet ouvrage dont vous m’avez suggéré la première pensée, Marcellinus, mon très cher fils, et que je vous ai promis d’exécuter, je viens défendre la Cité de Dieu contre ceux qui préfèrent à son fondateur leurs fausses divinités; je viens montrer cette cité toujours glorieuse, soit qu’on la considère dans son pèlerinage à travers le temps, vivant de foi au milieu des incrédules, soit qu’on la contemple dans la stabilité du séjour éternel, qu’elle attend présentement avec patience, jusqu’à ce que la patience se change en force au jour de la victoire suprême et de la parfaite paix. [...] C’est pourquoi nous aurons plus d’une fois à parler dans cet ouvrage, autant que notre plan le comportera, de cette cité terrestre dévorée du désir de dominer et qui est elle-même esclave de sa convoitise, tandis qu’elle croit être la maîtresse des nations. »
L'auteur avait été marqué par la chute de Rome, qui l'avait profondément déconcerté, mais il projetait depuis longtemps d'écrire un livre sur le royaume de Dieu et l'Église terrestre. Comment la ville ou résidait le pape pouvait-elle ainsi s'effondrer, et sa civilisation (qui depuis Constantin Ier était officiellement chrétienne) apparemment commencer à disparaître ?
La tentative de réponse est que l'édifice auquel il convient de s'attacher et de travailler n'est pas la cité des hommes, mais ce qu'il nomme la cité de Dieu. Le sujet de l'œuvre est donc l'opposition des deux cités, leurs origines, leurs développement, leur fin :
Dans un premier temps (livres un à dix), Augustin traite de la religion des Anciens qu'il considère comme superstiteuse : d'une part il réfute ceux qui adorent les dieux pour les avantages qu'ils procurent en cette vie (livres un à cinq), d'autre part, ceux qui cherchent la félicité éternelle par ces mêmes dieux (livres six à dix) ; les livres onze à vingt-deux sont consacrés à l'origine et aux oppositions des deux cités.
Les romains, après le pillage de Rome, attribuèrent ces malheurs à la religion chrétienne et, en particulier, à l’interdiction du culte des dieux. Augustin s'élève contre cette opinion :
Augustin montre que Rome n'a jamais été protégée par ses dieux, et que ceux-ci sont donc faux ; tout ce que Rome a reçu de ses dieux ce sont les vices et la corruption de l'âme (livre deuxième) et les maux liés aux biens de ce monde (livre troisième).
Augustin montre dans ce livre que ce ne sont pas les dieux qui ont permis la grandeur de la puissance romaine, mais les décrets souverains du Dieu unique et véritable.


