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Voir la naissance de l'opération dans article détaillé La préparation de l'Opération Torch
Plusieurs sections en double dans cet article
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Le 8 novembre 1942, à l'aube, les
premiers vaisseaux de l'opération Torch abordèrent les plages
d'Afrique du nord.
La flotte alliée, au grand étonnement de ses équipages, arriva sans encombre devant ses différents objectifs, sans avoir été
inquiétée par les sous-marins de l'Axe, qui l'attendaient plus loin, du coté de Malte. Un seul vaisseau fût perdu, le Thomas
Stone touché par un avion de la Luftwaffe
Mais la grande préoccupation des amiraux et généraux alliés est désormais de savoir quel accueil sera réservé à leurs unités par
les forces du gouvernement de Vichy.
La neutralisation pendant plusieurs heures des autorités civiles et militaires de Vichy en Afrique du Nord, par la résistance
algéroise, le 8 novembre 1942, a d'abord eu sur le plan militaire, comme on le verra plus loin, les conséquences prioritairement
recherchées, c'est à dire le succés du débarquement allié, suivi, aprés 3 journées de combat sanglant contre les alliés, du
retournement de l'armée française d'Afrique qui terminera la guerre dans le bon camp.
Mais, sur le plan politique aussi, les conséquences de ce succés de la résistance et du débarquement allié seront capitales,
puisque la neutralisation momentanée des autorités vichystes, suivie de leur capitulation va entrainer la création immédiate d'un
nouveau pouvoir français à Alger, d'abord vichyste, mais que les évènements vont ensuite contraindre à se démocratiser au point
qu'après avoir fusionné avec celui de Londres, il deviendra, sous l'autorité du général de Gaulle, celui de toute la France.
La prise d'Alger par les résistants a donc été un véritable coup d'Etat, et un coup d'Etat, pour une fois réussi, de civils
contre des militaires. D'où son surnom local dans les mois suivants de "Coup du 8 novembre". Par la suite, la dénomination de
"putsch" lui a été donnée lorsque l'on s'est avisé que ce coup d'Etat antihitlérien avait eu lieu, par une ironie du sort, un 8
novembre, c'est à dire à la même date que le "putsch" manqué d'Hitler à Munich.
À Alger, le 6 novembre 1942, les principaux chefs de groupe de la résistance, se rencontrent pour la première fois au Q.G. de la conjuration, qui allait devenir celui du putsch, chez le Professeur Henri Aboulker, au 26 de la rue Michelet. Il s'agît de Jean Athias, André Morali-Daninos, Maurice Ayoun, Paul Ruff, Raphaël Aboulker et du capitaine Pilafort. Plusieurs se connaissaient déjà fort bien. Mais ils ignoraient leurs appartenances respectives au même complot, tant le secret avait été rigoureusement respecté entre les différents groupes. José Aboulker les présente à Henri d'Astier et au colonel Jousse qui leur exposent les buts de la conjuration et les invitent à commencer la mobilisation de leurs hommes.
Le role de la résistance allait être, la neutralisation, pendant au moins 2 heures, du XIXe corps d'Armée, soit quelques 12 000 hommes (dont une partie dans les garnisons de Blida et Koléa), sans parler d'un bon millier de fascistes du S.O.L. (Service d'ordre légionnaire de Darnand) directement armés par les Commissions d'Armistice de l'Axe. En outre devraient être réduites au silence les batteries du Fort de Sidi-Ferruch, principal site du débarquement.
Pour atteindre ces objectifs,le colonel Jousse, récemment nommé major de garnison, allait permettre aux résistants de retourner contre les autorités de Vichy le plan "M.O." (plan de maintien de l'ordre), destiné par ces dernières à résister à toute intervention alliée: Ce plan visait en effet à faire occuper, en cas de débarquement allié, les différents points stratégiques par les membres du S.O.L. de Darnand, porteurs de brassards spéciaux, de sorte que les forces de Vichy auraient pu, en sachant leurs arrières assurés, porter tout leur effort contre les forces alliées et les rejeter à la mer. En fait, c'est le contraire qui allait se passer, car ce furent les résistants qui appliquèrent le plan "M.O.", à leur façon.
Malheureusement les armes promises à Cherchell (750 mitraillettes Sten) avaient vainement été attendues sur les plages, par suite d'une mauvaise indication des points de livraison au commandant de la corvette anglaise camouflée en chalutier chargée de débarquer ces armes. Les résistants ne disposèrent donc pour remplir leur mission que de vieux fusils Lebel cachés aux Commissions d'Armistice.
Les chefs de groupe repassèrent, le lendemain, samedi 7 novembre, au Q.G. du "26" pour rendre compte des premiers résultats de leur mobilisation: Ceux-ci semblaient en baisse par rapport aux prévisions, en raison de l'absence des armes étatsunienes promises. On ne misait plus sur 800 volontaires, mais sur 600 seulement. Ces chefs de groupe reçurent leurs ordre de mission et leurs dernières instructions en vue de rassembler leurs groupes dans la soirée, et d'aller ensuite occuper les points relevant de leurs différents secteurs et sous-secteurs. Les brassards officiels "V.P." (« Volontaires de Place ») leur furent remis. Ils les distribueront aux volontaires, avec les fusils, dans les véhicules qui les transporteront vers leurs objectifs.
Finalement seuls quelques 400 résistants se présentèrent aux points rendez-vous. Celà ne les empêcha pas d'occuper presque tous les points stratégiques sans coup férir : Peu aprés 1h30 du matin, les résistants, auxquels on avait distribué en cours de route les brassards officiels "V.P." destinés aux militants collaborationnistes, avaient atteint et occupé leurs objectifs: Munis d'ordres de mission signés de Mast ou de Jousse, leurs chefs de groupe ou de secteurs en uniforme y avaient relevé sans difficulté les différents postes de garde et s'étaient installés dans les casernes, à l'arsenal, dans les centraux téléphoniques, dans les commissariats de police, au Gouvernement général, à la préfecture et à Radio Alger.
Le jeune José Aboulker (22 ans), accompagné d'une vingtaine de camarades, avait occupé le Commissariat Central, vers 1h30 du matin, aprés l'installation préalable d'un nouveau commissaire central, nommé par le général Mast, en vertu de l'état de siège. Aboulker accueilli par le nouveau maître des lieux, le commissaire Esquerré, s'y installa vers au standard téléphonique, et y fit brancher la ligne officielle. De là un contact suivi fût établi avec les différents chefs de groupe vers 1h50.
L'Amirauté et l'état-major Marine, à l'Hotel Saint-Georges, n'avaient pu être pris en raison du manque d'effectifs signalé plus haut. Néanmoinis, les 15 hommes du volontaire Rager avaient bloqué les issues de cet état-major, tandis que d'autres jeunes gens, ceux qui occupaient l'état-major de place,, allaient réussir à fermer l'entrée de l'amirauté pendant toute la nuit.
Pendant que les points stratégiques étaient occupés, un groupe de policiers résistants dirigé par le Commissaire Achiary s'était chargé de neutraliser les personnalités civiles collaborationnistes, tandis que d'autres groupes de volontaires se chargeaient d'arrêter ou d'encercler les généraux au-dessus de 3 étoiles dans leurs résidences (général Juin, général Mendigal, général Koeltz, et amiral Fenard). Il s'agissait que le pouvoir militaire passe automatiquement au général Mast, en attendant l'arrivée de Giraud. Malheureusement, lorsque le sous-lieutenant Imbert et son groupe avaient occupé l'état-major de division, ils n'y avaient pas trouvé le général Mast.
De son coté, vers 2h du matin, le général de Montsabert chef de la garnison de Blida, rallié par Mast à la conspiration, se chargea d'intervenir, avec un détachement de ses tirailleurs algériens, à l'aérodrome de Blida. Il était important de neutraliser cet aérodrome du point de vue stratégique, et, de plus, c'était là que Giraud devait atterir. Malheureusement le nom de Giraud ne produisit aucun effet sur le colonel d'aviation de Montrelay, qui refusa de laisser Montsabert s'y installer. C'est ainsi qu'un face à face menaçant s'établit pendant plusieurs heures entre les soldats de l'armée de l'Air et les tirailleurs algériens de Montsabert.
À Sidi-Ferruch, un autre des rares officiers d'active résistants, le colonel Baril, avait réussi à en faire occuper le fort par l'une de ses compagnies, et à neutraliser ses batteries. Si bien que les forces de débarquement alliées allaient pouvoir y prendre pied sans aucune perte. Les autres points de débarquement se situaient à la Ponte Pescade, à l'entrée d'Alger et sur les plages du Cap Matifou, de l'autre coté de la ville.
Malheureusement, c'est avant d'arriver au rivage que de nombreux soldats du général Ryder allaient perdre la vie, cette nuit là. En effet, la mer fût agitée et la nuit trés noire. Or, les pilotes des barges de débarquement, qui allaient faire leurs preuves ultérieurement, n'avaient pratiquement subi aucun entrainement, faute de temps. Si bien que de nombreuses barges chargées de soldats lourdement équipés cognèrent les coques des navires, se heurtèrent, ou furent mal amarrées sur les plages de débarquement et rejetées par la mer sur celles qui les suivaient. Aussi nombre d'entre elles se retournèrent et coulèrent avec leurs occupants. De ce fait les soldats survivants débarquèrent en nombre plus réduit que prévu, tandis que les barges de matériel étaient jetées sur d'autres plages que les soldats chargés de les utiliser.
Dans ces conditions le général Ryder, qui pendant des heures ne disposa d'aucun véhicule, n'osa pas, malgré les objurgations des envoyés de la résistance, marcher immédiatement sur Alger. Et par la suite, lorsqu'il se mit en route, il se borna, conjointement avec ses forces débarquées à l'est de la ville, à encercler celle-ci par les hauteurs sans y pénétrer. En vérité, désemparé par ses pertes en mer, il n'arrivait pas à admettre que quelques centaines de volontaires civils avaient réellement pu s'emparer d'une ville défendue par un corps d'armée.
Du moins, le colonel Baril, qui avait réquisitionnés quelques camions les jours précédents, les mit-il à la disposition d'un commmando anglais. Celui-ci partit dans l'aprés-midi pour Blida où il vint soutenir les hommes de Montsabert. Le colonel de Montrelay accepte alors de livrer sa base. Mais Giraud n'arriva pas.
Si bien que les résistants qui occupaient les points stratégiques allaient attendre vainement leur relève par les alliés.
Vers 1 heure du matin le consul Murphy s'était rendu à la villa des Oliviers pour remettre un message du président Roosevelt au général Juin. Celui-ci avait été capturé par un groupe de lycéens de terminale, commandés par le jeune aspirant de réserve Pauphilet, qui encerclait sa résidence. Le message de Roosevelt demandait à l'armée d'Afrique d'accueillir les forces des États-Unis en amies et de se joindre à elles pour libérer la métropole.
Juin, commandant en chef en Afrique du nord, avait le pouvoir de prendre cette décision. Mais, furieux, il rejeta la demande de Murphy. Il ajouta que Darlan, son supérieur, étant à Alger c'était de toutes façons à lui qu'il convenait de transmettre le message de Roosevelt. Darlan, en effet, avait été appelé, la veille, à Vichy, à venir d'urgence à Alger,au chevet de son fils Alain. Celui-ci, qui semblait à l'article de la mort, avait été installé dans le poumon d'acier de l'hopital Maillot, à la suite d'une attaque de paralysie infantile (poliomyèlite).
Darlan rejoignit alors Juin à la villa des Oliviers, où les jeunes conjurés le laissèrent pénétrer. Entrant dans une violente colère, il rejeta, lui aussi, la demande de Roosevelt. Henri d'Astier survint peu aprés et informa sèchement les deux officiers généraux qu'il étaient prisonniers. Puis il se retira. Peu aprés son départ,Darlan se radoucit et laissant entendre que Pétain pourrait peut-être prendre une décision favorable, il demanda à Murphy l'autorisation d'envoyer une lettre à l'amirauté, en donnant sa parole d'officier qu'elle n'aurait aucun caractère militaire. En réalité, tout en invitant l'amiral Leclerc, destinataire du message, à le faire parvenir telegraphiquement à Pétain, il lui donnait, dans son dernier paragraphe, l'ordre de résister aux alliés. En outre, en demandant expressément l'envoi de son télégramme en "clair", c'est à dire sans le coder, il avertissait du même coup les services d'écoute allemands de l'intervention alliée.
Murphy, décidément naïf, donna son accord, mais le porteur de ce message s'arrêta heureusement en chemin au Q.G. de la résistance, au 26 de la rue Michelet. Là le lieutenant abbé Cordier, chef du groupe chargé d'occuper le central protégé militaire et compagnon d'Henri d'Astier, auquel il venait rendre compte de la neutralisation de ce central, n'avait aucune confiance en Darlan. Aussi intercepta t'il son message: Resté au "26", ce document a été conservé jusqu'à ce jour par le professeur José Aboulker. Malheureusement, une demi-heure plus tard, Darlan envoyait une seconde lettre à l'amirauté, avec l'assentiment de Murphy, et celle-ci fût directement portée. À la réception de cette lettre, les forces navales de l'Amirauté ouvrirent le feu sur les commandos alliés.
C'est pourquoi, vers 3 heures du matin, des détonations retentirent dans le port, où deux destroyers étatsuniens avaient réussi à s'introduire, et à débarquer un détachement de 300 marines dirigés par le colonel Swenson sur l'une des jetées. Le but de ce débarquement était de s'emparer du port, pour le maintenir intact, afin qu'il puisse être immédiatement utilisé pour débarquer les renforts alliés. L'artillerie de l'amirauté, en canonnant les vaisseaux alliés, réveilla alors tout Alger. Quant à la gendarmerie maritime de Darlan, aprés avoir tué une douzaine de soldats alliés, elle ne parvint pas à l'emporter face aux étatsuniens bien armés. C'est seulement plus tard, qu'avec l'aide des blindés du 5e chasseurs, l'attaque du port fût neutralisée.
Le bruit des détonations avait réveillé la population. Alors beaucoup d'Algérois tentèrent de téléphoner pour s'informer. Mais
les communications civiles avaient été coupées par les volontaires qui avaient occupé le Central téléphonique. Aussi les
personnalités locales, désireuses de s'informer, se retournèrent-elles t'elle vers les commissariats de police, où fonctionnait
toujours la ligne officielle qui les reliait au Commissariat Central. Là, José Aboulker, Bernard Karsenty ou Guy Calvet leur
répondaient que l'on avait besoin d'eux, et les invitaient à venir rapidement au Commissariat Central pour y organiser la
riposte. Ces personnalités s'empressaient d'accourir et, à leur arrivée, les volontaires de garde les saluaient respectueusement.
Aprés quoi, aussitôt entrés, ils étaient poussés dans les cachots, sous les quolibets des jeunes résistants. C'est ainsi que le
Secrétaire général du Gouvernement général Ettori, qui, en l'absence du Gouverneur Châtel, dirigeait l'administration, vint
spontanément se faire capturer par les résistants. Un autre officiel, le général Roubertie, passant par là, vint féliciter, au vu
de leurs brassards "V.P.", un groupe de volontaires pour leur bonne tenue. Ceux-ci le remercièrent du compliment,... et
l'arrêtèrent. À la préfecture, le chef de la Légion Breuleux, réputé collaborationniste, vint se mettre à la disposition de
l'administration et subit le même sort. C'est ainsi qu'à Alger, ce 8 novembre 1942, pour la première et seule fois de l'histoire
les partisans d'un régime renversé vinrent spontanément se faire arrêter par leurs adversaires.
Au fur et à mesure que le temps passait, les chefs des groupes de volontaires, inquiets de ne pas être relevés par les
étatsuniens, téléphonaient, eux-aussi, au Commissariat Central pour s'informer. José Aboulker, répondait à leur appels impatients
en leur annonçant les étapes d'une lente et totalement fictive progression étatsuniene vers Alger.
Voir la naissance de l'opération dans article détaillé La préparation de l'Opération Torch
Le 8 novembre 1942, lorsque les vaisseaux de l'opération Torch arrivent au large des plages d'Afrique du nord, la grande préoccupation des amiraux et généraux alliés est désormais de savoir s'il pourront y débarquer pacifiquement. Celà leur sera possible à Alger, neutralisé par la résistance, mais non à Oran et au Maroc, où la résistance aura échoué.
La neutralisation pendant plusieurs heures des autorités civiles et militaires de Vichy en Afrique du Nord, par la résistance
algéroise, le 8 novembre 1942, va d'abord avoir sur le plan militaire, comme on le vérifiera plus loin, les conséquences
prioritairement recherchées, c'est à dire le succés du débarquement allié, suivi du retournement de l'armée française d'Afrique
qui terminera la guerre dans le camp allié.
Mais, sur le plan politique aussi, les conséquences de ce succés de la résistance et du débarquement allié seront capitales,
puisque la neutralisation momentanée des autorités vichystes, suivie de leur capitulation va entrainer la création immédiate d'un
nouveau pouvoir français à Alger, certes d'abord vichyste, mais ensuite contraint sous la pression des évènements, à se
démocratiser, au point qu'après avoir fusionné avec celui de Londres, il deviendra, sous l'autorité du général de Gaulle, celui de toute la France.
La prise d'Alger par les résistants a donc été un véritable coup d'Etat, et un coup d'Etat pour une fois réussi, de civils contre
des militaires. D'où son premier surnom local dans les mois suivants, de "Coup du 8 novembre". Puis la désignation allemande de
"putsch" lui a été préférée lorsque l'on s'est avisé que ce putsch antihitlérien avait eu lieu un 8 novembre, c'est à la même
date que le "putsch" manqué d'Hitler à Munich.
À Alger, le 6 novembre 1942, les pricipaux chefs de groupe de la résistance, se rencontrent pour la première fois au domicile du Professeur Henri Aboulker, 26 rue Michelet, Q.G. de la conjuration avant de devenir celui du "putsch". Il s'agît de Jean Athias, André Morali-Daninos, Maurice Ayoun, Paul Ruff, Raphaël Aboulker et du capitaine Pilafort. Plusieurs se connaissaient déjà, mais ignoraient leurs appartenances respectives au complot, tant le secret avait été rigoureusement respecté entre les différents groupes. José Aboulker les présente à Henri d'Astier et au colonel Jousse qui leur exposent les buts de la conjuration et les invitent à commencer la mobilisation de leurs hommes.
Le role de la résistance allait être, la neutralisation, pendant 2 à 3 heures, du XIXe corps d'Armée, soit quelques 12 000 hommes, sans parler d'un bon millier de fascistes du S.O.L. (Service d'ordre légionnaire de Darnand) directement armés par les Commissions d'Armistice de l'Axe. En outre devraient être réduites au silence les batteries du Fort de Sidi-Ferruch, principal site du débarquement.
Pour atteindre ces objectifs,le colonel Jousse, récemment nommé major de garnison, allait permettre aux résistants de retourner contre les autorités de Vichy le plan "M.O." (plan de maintien de l'ordre), destiné par ces dernières à résister à toute intervention alliée: Ce plan visait en effet à faire occuper, en cas de débarquement allié, les différents points stratégiques par les membres du S.O.L., de sorte que les forces de Vichy auraient pu, en sachant leurs arrières assurés, porter tout leur effort contre les forces alliées et les rejeter à la mer. En fait, c'est le contraire qui allait se passer, car ce fut par les résistants que fût appliqué le plan "M.O.", à leur façon.
Malheureusement les armes promises à Cherchell (750 mitraillettes Sten) avaient vainement été attendues sur les plages, par suite d'une mauvaise indication des points de livraison au commandant de l'aviso anglais chargé de débarquer ces armes. Les résistants ne disposèrent donc pour remplir leur mission que de vieux fusils Lebel cachés aux Commissions d'Armistice.
Les chefs de groupe repassèrent, le lendemain, samedi 7 novembre, au Q.G. du "26" pour rendre compte des premiers résultats de leur mobilisation: Leurs effectifs semblaient en baisse par rapport aux prévisions, en raison de l'absence des armes étatsunienes promises. On ne mise plus sur 800 volontaires, mais sur 600 seulement. Ces chefs de groupe reçoivent leurs dernières instructions en vue de rassembler leurs groupes dans la soirée, et d'aller ensuite occuper les points relevant de leurs différents secteurs et sous-secteurs. Leurs ordres de mission et les brassards officiels "V.P." (« Volontaires de Place ») leur sont remis. Ils distribueront ces derniers aux volontaires dans les véhicules qui les transporteront vers leurs objectifs.
Finalement seuls quelques 400 résistants se présentèrent aux points rendez-vous. Celà ne les empêcha pas d'occuper presque tous les points stratégiques sans coup férir : Peu aprés minuit, les résistants, auxquels on avait distribué les brassards officiels "V.P." destinés aux militants collaborationnistes, avaient atteint et occupé leurs objectifs: Munis d'ordres de mission signé de Mast ou de Jousse, leurs chefs de groupe ou de secteurs en uniforme y avaient relevé sans difficulté les différents postes de garde et s'étaient installés dans les casernes, à l'arsenal, dans les centraux téléphoniques, dans les commissariats de police, au Gouvernement général, à la préfecture et à Radio Alger.
Le jeune José Aboulker (22 ans), accompagné d'une vingtaine de camarades, avait occupé le Commissariat Central, vers 1h30 du matin, aprés l'installation préalable d'un nouveau commissaire central, nommé par le général Mast, en vertu de l'état de siège. Aboulker accueilli par le nouveau maître des lieux, le commissaire Esquerré, s'y installa vers au standard téléphonique, et y fit brancher la ligne officielle. De là un contact suivi fût établi avec les différents chefs de groupe vers 1h50.
L'Amirauté et l'état-major Marine, à l'Hotel Saint-Georges, n'avaient pu être occupés en raison des effectifs insuffisants signalés plus haut. Cependant, les jeunes gens qui occupaient l'état-major de place avaient réussi à bloquer l'entrée de l'amirauté pendant la nuit
Pendant que les points stratégiques étaient occupés, un groupe de policiers résistants dirigé par le Commissaire Achiary s'était chargé de neutraliser les personnalités civiles collaborationnistes, tandis que d'autres groupes de volontaires se chargeaient d'arrêter ou d'encercler les généraux au-dessus de 3 étoiles dans leurs résidences (général Juin, général Mendigal, général Koeltz, et amiral Fenard). Il s'agissait que le pouvoir militaire passe automatiquement au général Mast, en attendant l'arrivée de Giraud. Malheureusement, lorsque le sous-lieutenant Imbert et son groupe avaient occupé l'état-major de division, ils n'y avaient pas trouvé le général Mast.
De son coté, vers 2h, le général de Montsabert chef de la garnison de Blida, rallié par Mast à la conspiration, se chargea d'intervenir, avec un détachement de ses tirailleurs algériens, à l'aérodrome de Blida. Il était important de neutraliser cet aérodrome du point de vue stratégique et, de plus, c'était là que Giraud devait atterir. Mais le nom de Giraud ne produisit aucun effet sur le colonel d'aviation de Montrelay, qui refusa de laisser Montsabert s'y installer. C'est ainsi que les soldats de l'armée de l'Air firent face, pendant de longue heures, aux fantassins.
À Sidi-Ferruch, un autre des rares officiers d'active résistants, le colonel Baril, avait réussi à faire occuper le fort par l'une de ses compagnies et à neutraliser ses batteries. Si bien que les forces de débarquement alliées allaient pouvoir y prendre pied sans aucune perte.
Malheureusement, c'est avant d'arriver au rivage que de nombreux soldats du général Ryder allaient perdre la vie, cette nuit là. En effet, la mer fût agitée et la nuit trés noire. Or, les pilotes des barges de débarquement, qui allaient faire leurs preuves ultérieurement, n'avaient pratiquement subi aucun entrainement, faute de temps. Si bien que de nombreuses barges chargées de soldats lourdement équipés cognèrent les coques des navires, se heurtèrent, ou furent mal amarrées sur les plages de débarquement et rejetées par la mer sur celles qui les suivaient. Aussi nombre d'entre elles se retournèrent et coulèrent avec leurs occupants. De ce fait les soldats survivants débarquèrent en nombre plus réduit que prévu, tandis que les barges de matériel étaient jetées sur d'autres plages que les soldats chargés de les utiliser.
Dans ces conditions le général Ryder, qui pendant des heures ne disposa d'aucun véhicule, n'osa pas, malgré les objurgations des envoyés de la résistance, marcher immédiatement sur Alger. Et par la suite, lorsqu'il se mit en route, il se borna, conjointement avec ses forces débarquées à l'est de la ville à encercler la ville sans y pénétrer. En vérité, désemparé par ses pertes en mer, il n'arrivait pas à admettre que quelques centaines de volontaires civils avaient réellement pu s'emparer d'une ville défendue par un corps d'armée.
Du moins, le colonel Baril, qui avait réquisitionnés quelques camions les jours précédents, les mit à la dispsition d'un commmando anglais. Celui-ci partir pour Blida où il soutenir les hommes de Montsabert. Le colonel de Montrelay accepte alors de livrer sa base. Mais Giraud
Si bien que les résistants qui occupaient les points stratégiques allaient attendre vainement leur relève par les alliés..
Vers 1 heure du matin le consul Murphy s'était rendu à la villa des Oliviers pour remettre un message du président Roosevelt au général Juin. Celui-ci avait été capturé par un groupe de lycéens de terminale, commandés par le jeune aspirant de réserve Pauphilet, qui encerclait sa résidence. Le message de Roosevelt demandait à l'armée d'Afrique d'accueillir les forces des États-Unis en amies et de se joindre à elles pour libérer la métropole.
Juin, commandant en chef en Afrique du nord, avait le pouvoir de prendre cette décision. Mais, furieux, il rejeta la demande de Murphy. Il ajouta que Darlan, son supérieur, étant à Alger c'était de toutes façons à lui qu'il convenait de transmettre le message de Roosevelt. Darlan, en effet, avait été appelé, la veille, à Vichy, à venir d'urgence à Alger,au chevet de son fils Alain. Celui-ci, qui semblait à l'article de la mort, avait été installé dans le poumon d'acier de l'hopital Maillot, à la suite d'une attaque de paralysie infantile (poliomyèlite).
Darlan rejoignit alors Juin à la villa des Oliviers, où les jeunes conjurés le laissèrent pénétrer. Entrant dans une violente colère, il rejeta, lui aussi, la demande de Roosevelt. Henri d'Astier survint peu aprés et informa sèchement les deux officiers généraux qu'il étaient prisonniers. Puis il se retira. Peu aprés son départ,Darlan se radoucit et laissant entendre que Pétain pourrait peut-être prendre une décision favorable, il demanda à Murphy l'autorisation d'envoyer une lettre à l'amirauté, en donnant sa parole d'officier qu'elle n'aurait aucun caractère militaire. En réalité, tout en invitant l'amiral Leclerc, destinataire du message, à le faire parvenir telegraphiquement à Pétain, il lui donnait, dans son dernier paragraphe, l'ordre de résister aux alliés. En outre, en demandant l'envoi de son télégramme en "clair", c'est à dire sans le coder, il avertissait du même coup les services d'écoute allemands de l'opération alliée.
Murphy, décidément naïf, donna son accord, mais le porteur de ce message s'arrêta heureusement en chemin au Q.G. de la résistance, au 26 de la rue Michelet. Là le lieutenant abbé Cordier, chef du groupe chargé d'occuper le central protégé, et compagnon d'Henri d'Astier, auquel il venait rendre compte de la neutralisation du central protégé, n'avait aucune confiance en Darlan. Aussi intercepta t'il son message: Resté au "26", ce document a été conservé jusqu'à ce jour par le professeur José Aboulker. Malheureusement, une demi-heure plus tard, Darlan envoyait une seconde lettre à l'amirauté, avec l'assentiment de Murphy, et celle-ci fût directement portée. À la réception de cette lettre, les forces navales de l'Amirauté ouvrirent le feu sur les commandos alliés.
C'est pourquoi, vers 3 heures du matin, des détonations retentirent dans le port, où deux destroyers anglais avaient réussi à s'introduire et à débarquer un détachement de 300 marines sur l'une des jetées. Le but de ce débarquement était de s'emparer du port, pour le maintenir intact, afin qu'il puisse être immédiatement utilisé pour débarquer les renforts alliés. L'artillerie de l'amirauté, en canonnant les vaisseaux alliés, réveilla ainsi tout Alger. Quant à la gendarmerie maritime de Darlan, aprés avoir tué une quinzaine de soldats alliés, elle ne parvint pas à l'emporter face aux Américains bien armés. C'est seulement plus tard, qu'avec l'aide des blindés du 5e chasseurs, les Vichystes neutralisèrent l'attaque du port.
Le bruit des détonations avait réveillé la population. Alors beaucoup d'Algérois tentèrent de téléphoner pour s'informer. Mais
les volontaires, en occupant le Central téléphonique y avaient coupé les communications civiles. Aussi les personnalités locales,
désireuse de s'informer, se retournèrent-elles t'elle vers la ligne officielle qui les reliait au Commissariat Central. Là, José
Aboulker, Bernard Karsenty ou Guy Calvet leur répondaient que l'on avait besoin d'eux, et les invitaient à venir rapidement au
Commissariat Central pour y organiser la riposte. Les personnalités s'empressaient d'accourir et, à leur arrivée, les volontaires
de garde les saluaient respectueusement. Aprés quoi, aussitôt entrés, ils étaient poussés dans les cachots, sous les quolibets
des jeunes résistants. C'est ainsi que le Secrétaire général du Gouvernement général Ettori, à qui exerçaiten l'absence du
Gouverneur Châtel dirigeait l'administration, vint spontanément se faire capturer par les résistants. Un autre officiel, le
général Roubertie, passant par là, vint féliciter, au vu de leurs brassards "V.P.", un groupe de volontaires pour leur bonne
tenue. Ceux-ci le remercièrent du compliment et l'arrêtèrent. À la préfecture, le chef de la Légion Breuleux, réputé
collaborationniste, vint se mettre à la disposition de l'administration et subit le même sort. C'est ainsi qu'à Alger, ce 8
novembre 1942, pour la première et seule fois de l'histoire les partisans d'un régime renversé vinrent spontanément se faire
arrêter par leurs adversaires.
Au fur et à mesure que le temps passait, les chefs des groupes de volontaires, inquiets de ne pas être relevés par les
étatsuniens, téléphonaient, eux-aussi, au Commissariat Central pour s'informer. José Aboulker, répondait à leur appels impatients
en leur annonçant les étapes d'une lente et totalement fictive progression étatsuniene vers Alger.
Les colonels, réveillés par les détonations, se rendirent compte de la coupure des lignes téléphoniques normales et de la
présence de volontaires civils bloquant l'entrée de leurs casernes. Ils auraient alors dû logiquement prendre en mains leurs
régiments et réagir spontanément. Or curieusement, il s'enfermèrent dans leurs casernes, "en attendant les ordres" et pas un
n'essaya de réagir avant 6 heures du matin.
Seul, le chef de cabinet de Juin, le commandant Dorange, partisan déclaré du régime de Pétain, fit preuve d'initiative lorsque,
de retour d'une soirée, il eût la surprise de voir des civils armés monter la garde devant l'état-major de place. Ces civils
portaient des brassards "V.P." destinés à la mise en œuvre du plan "M.O.". Or, si un tel plan avait été déclenché, même à titre
d'exercice, Dorange aurait dû le savoir. Aussi s'adressa t'il au lieutenant-médecin, qui commandait ces volontaires, et, aprés
s'être fait reconnaître, lui demanda t'il d'expliquer sa présence. Ce dernier, le lieutenant André Cohen, le fit dans les formes
réglementaires, et lui présenta alors son ordre de mission signé du général Mast. Le nom de Cohen porté par cet officier, alors
que tous les officiers juifs avaient été chassés de l'armée par le régime de Vichy, ne pouvait que paraître suspect au commandant
Dorange. C'est pourquoi,lorsqu'il entendit les premiers coups de canons, ses soupçons devinrent certitude. C'est alors qu'il
déclencha la répression.
Dorange dût pour celà se rendre à la caserne de la 7ème légion de la Garde mobile, sur les hauteurs d'Alger, et demanda son intervention rapide. Le colonel Zwinglin qui la commandait se rendit alors vers 5h du matin avec un escadron motorisé, à la villa des Oliviers. Là il surprit les jeunes résistants. Ceux-ci, qui avaient reçu, comme les autres volontaires, l'ordre de ne pas verser le sang français,ne résistèrent pas et furent presque tous capturés, ainsi que les représentants des Etats-Unis encore sur place.
Darlan et Juin avaient reçu un choc en apprenant que la marine américaine, qu'ils croyaient hors d'état de lancer une attaque
transatlantique avant longtemps, apparaissait brusquement devant les ports d'Afrique du nord, mais plus encore, lorsqu'ils se
rendirent compte de leurs séquestration par de jeunes civils en armes. Aussi, passant d'un extrème à l'autre, surestimèrent-ils,
pendant toute la nuit et la journée suivante la force des résistants (pour avoir osé arrêter des généraux, il fallait qu'ils
fussent trés forts), ainsi que celle des forces alliées.
C'est pourquoi, une fois Darlan et lui-même libérés, Juin donna l'ordre à la Garde mobile, aux chars du 5e
Chasseurs et au 13e Sénégalais de reconquérir les positions tenues par les volontaires. Pour ces généraux, en effet,
"l'Inconcevable" était cette action des civils. Aussi lancèrent-ils d'abord prioritairement contre eux leur action de reconquête
d'Alger, au lieu de s'attaquer immédiatement aux Américains encore sur les plages. De plus, le sentiment d'insécurité de Juin fût
tel qu'il alla s'installer à l'abri du Fort-L'Empereur pour y diriger, dans les plus mauvaises conditions, la reconquête d'Alger,
au lieu de se rendre au Palais d'hiver où se trouvait son Q.G. opérationnel.
De plus il perdit son temps à recevoir ses colonels qui, au lieu de se mettre à la tête de leurs troupes, vinrent encore perdre
du temps à justifier de leur inaction.
Quant à Darlan,en réponse à un télégramme lui offrant une aide de l'aviation allemande, il répondit à Vichy par un télégramme
demandant à la Luftwaffe de bombarder les transports alliés au large.
Parallèlement, entre 3h et 6h du matin, le commando étatsunien du colonel Swenson débarqué dans le port avait remporté plusieurs
succés. Aussi l'amiral Leclerc demanda t'il, pour le réduire, des renforts qu'il n'obtint que progressivement. D'où le succés de
la contre-offensive menée par les gendarmes maritimes de Darlan contre les résistants qui avaient pris position à l'état-major de
place, d'où ils bloquaient l'entrée de l'Amirauté, depuis plusieurs heures: À 7h30, renforcés par des Sénégalais qui avaient
bouché toutes les issues,les gendarmes de Darlan attaquèrent les résistants français. Ceux-ci qui s'étaient d'abord refusé à
riposter, furent tirés au fusil mitrailleur et obligés de faire feu à leur tour, avec leurs faibles moyens, pour ralentir leurs
adversaires. Les marins mitraillèrent même ceux qui tentaient de s'échapper en se jetant à la mer. Finalement les volontaires
furent capturés et enchainés, sans soins pour les blessés, dans les cachots barbaresque de l'Amirauté où des officiers de marine
vinrent de temps en temps les insulter et leur annoncer qu'ils allaient être fusillés. Par contre, face aux commandos américains
bien armés, ils furent moins brillants et reculèrent jusqu'à ce que vers 11 heures, ils aient reçu le renfort du 5ème Chasseurs
et de ses automitrailleuses, auxquelles s'étaient joints 2 tanks. De leur coté, deux groupes d'automitrailleuses du 5e
Chasseurs étaient venus vers 7 heures encercler la Grande poste, commandée par le lieutenant Jean Dreyfus et le volontaire,
inspecteur des postes Boillat, tandis que Les gardes mobiles de Zwinglin, accompagnés de Dorange, toujours en civil mais
mitraillette au poing, se présentaient devant le XIXe Corps. Ce poste était tenu par le Capitaine Pilafort, patriote
exemplaire et vieux baroudeur, idole de ceux des volontaires qui le connaissent pour l'avoir rencontré depuis des mois dans la
salle de culture physique Géo Gras, où ils s'étaient entrainés.
Les chefs de groupe téléphonèrent alors au Commissariat central pour demander ce qu'ils devaient faire. Une terrible responsabilité pesa alors sur ce jeune homme de 22 ans. Il y fit face en répondant aux chefs de groupes que leur opération était réussie, puisque les alliés avaient, grace à leur action, débarqué sans opposition tout autour d'Alger. Dans ces conditions, il n'y avait pas lieu de résister, mais simplement de n'abandonner leurs positions que le plus tard possible, en essayant de parlementer pour gagner du temps. Ainsi serait retardée d'autant la mobilisation des forces vichystes.
A la Grande-poste, un premier tir de mitrailleuses des hommes de Juin, auquel les volontaires ne répondirent pas, prit fin à 8
heures. Un parlementaire du 5e Chasseurs s'approcha alors de la poste. Jean Dreyfus qui vint à sa rencontre, fût sommé
de se rendre. Il rejeta l'ultimatum ainsi formulé, et exhorta son interlocuteur à rentrer dans son devoir en reprenant le combat
contre l'Allemagne, seul véritable ennemi de la France. Aprés quoi Dreyfus se retourna pour rejoindre ses camarades. C'est alors
que l'adjudant-chef Constant du 5e Chasseurs lui tira une balle dans le dos. Les camarades de Dreyfus, le voyant
s'écrouler quittèrent alors leur position, pour venir à son secours, et les vichystes en profitèrent pour réoccuper la Grande
Poste.
Le sacrifice de Dreyfus n'avait cependant pas été vain, car c'est pendant que le 5e Chasseurs assiégeait les quelques civils mal armés retranchés à la Grande Poste - alors que ce régiment aurait dû, selon le plan "M.O.", garder l'aeroport de Maison Blanche - que cet aérodrome fût pris sans résistance, vers 7h30, par le 39e d'Infanterie des Etats Unis.Ce succés joint à la neutralisation de l'aérodrome de Blida par Montsabert, empêcha toute intervention de l'aviation française (39 bombardiers et 50 chasseurs)contre les Alliés.
Au XIXe Corps, le Colonel Zwinglin, demanda lui-aussi aux volontaires de se rendre. Mais Pilafort, tenu en joue par
les fusils mitrailleurs de 2 gardes mobiles, rejetta lui aussi l'ultimatum et informa Zwinglin de la venue du général Giraud.
Dorange voulut alors attaquer, mais Zwinglin adjura Pilafort de se rendre, pour lui éviter la mort dans un combat perdu d'avance.
Pilafort répondit alors qu'il préfèrait mourir que de se rendre et tous ses compagnons firent de même. Alors commenca un
marchandage de longue haleine. Pour le faire durer, des volontaires sortaient du bâtiment par l'arrière et repassaient ensuite
par l'entrée en affectant de venir de l'extérieur, en annonçant une arrivée des étatsuniens de plus en plus proche. Aprés quoi
les volontaires obtinrent un délai d'une heure pour libérer leurs prisonniers, qu'ils s'employèrent à relacher le plus lentement
possible. Le général Koeltz qui sortit le premier, hurla qu'il fallait fusiller les volontaires. Il invoquait de plus, à leur
encontre, un grief bien plus grave que l'occupation du XIXe corps: Ces jeunes gens "s'étaient permis de fumer en sa
présence"! (ce qui, en cette heure où le sort de la France se jouait, en disait long sur l'échelle des valeurs de ce général).
Entre temps,les derniers prisonniers étaient sortis, et c'est alors qu'on annonca que Giraud parla à Radio-Alger.
En réalité, un volontaire du groupe du Docteur Raphaël Aboulker, cousin de José, y avait remplacé Giraud défaillant, et composé
un discours censé prononcé par ce dernier. Ce discours, qui se terminait par le slogan "Un seul but la victoire", dont par la
suite Giraud fera un usage indû, allait passer sur un disque de Radio-Alger pendant plusieurs heures.
Aprés avoir entendu ce discours dans le recueillement, les volontaires et les gendarmes entonnèrent ensemble la Marseillaise, et
le colonel Zwinglin annonca, passant outre aux protestations de Dorange, que les gardes mobiles arrêtent les hostilités contre
les volontaires. Mais, lorsqu'il se retira, étaient arrivées derrière lui les auto mitailleuses du 5e Chasseurs,
venant de la Grande Poste, où l'un de leurs sous-officiers avait assassiné le lieutenant Dreyfus. Aprés une dicussion entre le
commandant du 5e Chasseurs et Pilafort qu'il connaissait, un arrangement fût conclu. Aux termes de celui-ci chacun
devrait se retirer de ses positions, et le XIXe Corps rester vide.
Les volontaires de la grande poste et du XIXe Corps ainsi libérés allèrent constituer des barrages pour empêcher
l'armée de se mobiliser, ou se rendirent au Commissariat central pour le renforcer.
Vers 10h30, Zwinglin, qui apparemment avait changé d'avis (aprés tout il n'avait plus de nouvelles de Giraud, et Darlan était
là), se présenta devant la préfecture, avec son escadron, et tenta d'en obtenir la reddition. Les chefs de groupe, Jacques
Zermati et Sadia Oualid, avertirent José Aboulker au Commissariat central. Celui-ci vint alors lui-même en renfort avec un autre
groupe de résistants, et reprit la négociation avec le colonel, toujours pour gagner un maximum de temps au profit des alliés. Or
Aboulker portait en évidence, accrochée à l'épaule,une mitraillette Sten que Murphy lui avait remise, comme échantillon des 750
autres que les conjurés avaient vainement attendu sur les plages.
Zwinglin qui n'avait jamais vu une telle arme interrogea à ce sujet Aboulker qui lui répondit qu'une grande partie des
volontaires en disposait. Le colonel, qui n'avait pas envie de faire massacrer ses hommes par les civils retranchés derrière les
murs trés solides de la préfecture et disposant de telles engins, fût plus enclin à la négociation, et, au terme de celle-ci il
fût convenu que le groupe de volontaires se retirerait "avec les honneurs de la guerre"(sic). En conséquence de quoi les
volontaires se replièrent en bon ordre avec leurs armes et deux fusils mitrailleurs "récupérés",.... pour renforcer leurs autres
compagnons.
Lorsqu'Aboulker rejoignit son P.C., il apprit que Pilafort était en difficulté à la Colonne Voirol, à la sortie sud d'Alger. Il
partit immédiatement le rejoindre avec Bernard Karsenty et un groupe mobile.
Pilafort y avait d'abord été arrêté par des gendarmes qui ne réalisaient pas leur imprudence. Il avait alors rapidement renversé
la situation et installé un barrage où il arrêtait des personnalités vichystes tentant de fuir vers l'intérieur. C'est ainsi
qu'il avait capturé l'amiral Moreau, préfet maritime, et le secrétaire général de la prefecture.
Aprés quelques heures, le groupe redescendit avec ses prisonniers, au Commissariat central qui tenait toujours au centre
d'Alger.
D'autre part,à 12h15, ordre avait été donné aux volontaires du Central téléphonique, menacés par 6 auto mitrailleuses, de
l'évacuer, puis vers 12h30 au groupe du Palais d'été, de l'abandonner à son tour. Mais le Commissariat central tenait toujours,
et, devant cet édifice, Pilafort et Aboulker avaient installé un nouveau barrage sur le boulevard Baudin, l'un des 2 axes de
circulation traversant Alger, toujours pour enrayer la mobilisation des troupes de Vichy qui commençaient à se ressaisir.
D'autres arrestations continuèrent à être effectuées sur ce barrage, où Bernard Karsenty, armée d'une carabine automatique, que
le général Clark lui avait donnée à Cherchell, avait capturé une douzaine de S.O.L. de Darnand qui tentaient de se mobiliser: Ces
militants de la collaboration, qui excellaient à défiler et menacer les opposants sans défense, ne manifestaient plus aucune
témérité face à des adversaires armés.
Pilafort, de son coté, braquant nonchalament son revolver, arrêtait plusieurs véhicules militaires, y compris même deux
autos-canons, dont les occupants s'étaient rendus et qui avaient été mis en batterie dans la cour du Commissariat central, face à
son entrée. Mais, peu avant 16 heures, un nouveau véhicule approcha: Pilafort lui fit signe de stopper, mais une portière
s'entrouvrit, et le colonel Jacquin qui s'y trouvait tira une rafale de mitraillette dans le ventre de Pilafort. Celui-ci réussit
à riposter avant de s'écrouler, et tous les volontaires présents vidèrent leurs armes sur Jacquin. Fort heureusement, leurs
balles épargnèrent de justesse le malheureux chauffeur du colonel, qui n'était pour rien dans cet incident et sortit de la
voiture décomposé.
José Aboulker, qui était étudiant en médecine, prit alors Pilafort dans sa voiture et l'emmena d'urgence à la clinique Solal.
Faute de médecins, ce dimanche,il y réalisa lui-même l'anesthèsie et assista le chirurgien qui fit l'opèration. Mais le cas était
désespèré et Pilafort allait mourir deux jours plus tard.
C'est seulement vers 17h30, aprés la capitulation d'Alger, que le Commissariat Central, dernier point stratégique tenu par les volontaires, fût librement évacué par ceux-ci. De même qu'ils libérèrent volontairement leurs prisonniers. Ce dernier poste avait été tenu 16 heures au lieu des 2 prévues, avec l'aide des agents de police, dont la plupart s'étaient joints aux résistants. Juin, qui surestimait le nombre et la force des putschistes, n'avait osé aucune tentative pour s'emparer de cette position clé. Il ne pouvait concevoir, en effet, que si peu de conspirateurs munis de si peu d'armes aient suffi à immobiliser ses milliers de soldats, et à le capturer.
Ainsi, peu avant 17h, les vichystes n'avaient-ils pas repris complètement le contrôle d'Alger, au centre de laquelle susistait
la base la plus forte des volontaires. De leur coté, les hommes du général Ryder, profitant de la concentration des forces de
Vichy contre les volontaires, avaient encerclé Alger. Aprés quoi, ayant reçu des renforts, les alliés commençaient à y pénétrer.
Vers 16h30, des avions alliés avaient bombardé les docks , puis deux tirs de mortier venaient d'atteindre le
Fort-L'Empereur.
Juin et Darlan se résignèrent alors à capituler, et le firent vers 17h. Le débarquement, trés compromis à Oran et au Maroc par la
contre-attaque des forces vichystes, venait de réussir grace à la résistance française, à Alger, centre stratégique de l'Afrique
du Nord. Du même coup, ils disposaient d'un grand port intact, où troupes et matériels allaient pouvoir immédiatement débarquer
sur une grande échelle. Mais ce premier cessez-le-feu concernait seulement Alger: Darlan et Juin allaient refuser pendant 3
jours, de donner l'ordre de cessez-le-feu à leurs subordonnés d'Oran et du Maroc, où le combat fratricide entre Français et
alliés allait se poursuivre inutilement. Ce fût seulement à suite des pressions particulièrement vigoureuses du général Clark
qu'ils finirent, sous la menace, par ordonner le cessez-le-feu à leurs subordonnés d'Oran et du Maroc.
EN CONSTRUCTION
A Oran , le chef des résistants, Roger Carcassonne, avait accepté, pour réaliser la neutralisation des points stratégiques, de
se faire « coiffer » par le colonel d'active Tostain. Mal lui en prit, car, la veille du débarquement, ce colonel
avertit de son propre chef, le général Boisseau, commandant la place, du débarquement en lui demandant de prendre le commandement
de la résistance. Ce dernier mit immédiatement Tostain aux arrêts et déclencha un dispositif d'alerte dans son secteur. Mais ne
prenant pas vraiment le colonel au sérieux, et s'imaginant qu'on avait simplement voulu « l'intoxiquer », Boisseau
n'avertit pas Alger. De ses arrêts, le colonel Tostain fit alors prévenir les résistants de sa démarche inconsidérée et de son
échec. Si bien que, par la faute de cet officier, Carcassonne, qui ne voulait pas risquer d'envoyer ses hommes au carnage, dût
décommander l'opération.
Il se borna seulement à maintenir certaines interventions de sabotage et de guidage des parachutistes alliés, ainsi que la
protection par son adjoint, l'ingénieur Moyne, des installations portuaires, qu'il fallait conserver intactes pour les alliés.
Ainsi ces installations allaient-elles pouvoir rester utilisables par les étatsuniens aprés la prise de la ville par ces
derniers.
Au Maroc, seuls quelques officiers et controleurs civils avaient été associés à la conspiration, car Rigault, collaborateur de
Lemaigre-Dubreuil, avait volontairement laissé de coté la seule organisation gaulliste pourvue d'armes, celle de
Valabrègue.
Le chef des conjurés le général Béthouard, ne disposa que de quelques jours, lorsque la date du débarquement lui fût communiquée,
pour préparer son action.
Il se réserva l'arrestation du général Noguès, Résident général, à Rabat avec l'aide du colonel Magnan et de son régiment. ll
devait y prendre le pouvoir et constituer un cabinet, avec les controleurs civils Gromand et Boniface pour le seconder. Il avait
chargé son adjoint, le général Desrée, d'accueillir pacifiquement à Casablanca les deux colonnes alliées qui devraient y faire
leur jonction.Il annoncerait alors la rentrée en guerre derrière le général Giraud et inviterait l'amiral Michelier à accueillir
pacifiquement à Casablanca la flotte alliée. Alors, Michelier, complètement isolé, ne pourrait que s'incliner.
Dans la nuit du 7 au 8 novembre, aprés avoir fait arrêter par les frères Guillaume, des civils, les généraux Lascroux et
Lahoulle, Béthouard fait encercler, à 1 heure du matin, la Résidence générale par les hommes du colonel Magnan. C'est alors qu'au
lieu d'arrêter Noguès et de discuter ensuite, comme le préconise Magnan, Béthouard commit l'erreur de lui envoyer à Noguès l'un
de ses officiers pour lui demander de se rallier à la résistance et d'en prendre la tête.
Il attendit en vain une réponse pendant plusieurs heures, mais son envoyé ne revint pas. Pendant ce temps Noguès ne perdit pas de
temps: Il appella, car Béthouard a omis de lui couper le téléphone, l'amiral Michelier à Casablanca, où celui-ci démentit les
dires de Béthouard. Selon lui aucun navire étatsunien ne s'annoncait au large, et donc aucune trace du débarquement massif
allégué par Bethouard.
Noguès alors apella le colonel Leyer et ses chasseurs, ainsi que le colonel de Vernejoul et ses spahis, et leur donna l'ordre de
venir encercler le régiment insurgé qui fût sommé de se rendre.
En outre, lorsque Béthouard l'appella à son tour, Noguès lui répondit qu'il était un menteur ou avait été abusé par la propagande
étatsuniene.
Béthouard était un homme courageux, mais les alliés auraient dû débarquer depuis plusieurs heures aux endroits prévus. L'effet de
surprise était donc manqué de toutes façons. D'autre part, s'il refusait de se rendre, Béthouard risquait de faire couler
inutilement le sang français. Il ne songea pas que, s'il s'emparait de Noguès, qui constituerait alors un otage de poids entre
ses mains, tout en faisant proclamer par son adjoint de Casablanca la reprise du combat sous les ordres de Giraud, il pourrait
tenter d'inverser la situation.
Bethouard décida donc de se rendre, et fût immédiatement arrêté et emprisonné avec ses compagnons.
Si bien que, lorsqu'à 7 heures du matin,Casablanca fût enfin survolé par des avions alliés qui couvrirent la ville de tracts, tandis que la flotte alliée paraissait à l'horizon, la flotte et l'armée d'Afrique étaient en état d'alerte.
Michelier décida de riposter. Mais, comme il avait tardé à en donner l'ordre, sa flotte ne put se déployer et affronter les vaisseaux alliés qu'en formation concentrée, alors que ceux-ci, étaient totalement dispersés.
Le plan d’attaque allié sur Oran se résumait en un mouvement en pince entre les alliés débarquant à l’est et l’ouest de la ville.
Comme on l’a vu plus haut, l’est d’Oran est l’objectif de la Force Z : ce sont les 16e et 18e régiments de la 1re Division d’Infanterie US, le 1er bataillon de Rangers, la 2e brigade (combat command B) de la 1e division blindée US qui effectuent l’assaut sur le port d’Arzew.
À l’ouest de la ville, la Force Y prend pied sur la plage Les Andalouses avec le 26e régiment de la 1re Division d’Infanterie US sous le commandement du général de brigade (Brigadier General) Theodore Roosevelt qui l’on reverra plus tard sur la plage d'Utah Beach puis à Sainte-Mère-Église lors du débarquement en Normandie.
Enfin, le centre du dispositif, sous la direction du général de division (Major General) Lloyd Fredendall qui avait combattu sous le ordre du général John Pershing, devait prendre Oran par le sud avec la 1ere Division blindée US et s’assurer le contrôle des ports de La Senia et Tafaroui.
L’assaut sur Arzew s’effectue à 00 h 55 : les barges de débarquement déversent leurs troupes qui se rendent rapidement maîtres de lieux en surprenant les troupes françaises en plein sommeil.
Arzew sous contrôle, les Rangers du Lieutenant-colonel Darby s’attaquent alors au Fort du Nord situé sur les hauteurs d’Oran qui menace, de par sa position, la flotte alliée : les Français de Boisseau accueillent les « visiteurs » sous le feu de leurs armes automatiques. La réponse étatsuniene se fera par des tirs de mortiers qui écraseront la défense : le fort sera pris à 3 h 55.
De son coté, la Force Y débarque sans aucune opposition : le général Roosevelt prendra pied sur la plage... à la nage !, après que sa jeep a coulé suite à une mauvaise appréciation de la profondeur de l’eau par les barges de débarquement.
Au centre, la situation est beaucoup moins enviable : l’HMS Walney et HMS Hartland, engagés dans l’Operation Reservist, qui se dirigent sur les ports d’Oran, se retrouvent sous les canons des sous-marins français Ceres et Pallas ainsi qu'aux destroyers Tramontane et Typhon. Le Walney et le Hartland sont détruits et on dénombrera environ 120 morts et une centaine de blessés dans les rangs alliés. Parallèlement, le commandement du port, un forcené, fait saborder une trentaine de vaisseaux français et tente sans succés, grace aux résistants de Moyne, de bloquer l'entrée du port.
Au Maroc, où l'opération manquée de Béthouard a donné l'éveil, les forces alliées sont attendues de pied ferme, et, même aprés le survol de Casablanca par des avions lanceurs de tracts selon lesquels les alliés viennent en libérateurs, l'armée d'Afrique est prête à les combattre. En ce qui concerne la flotte, l'amiral Michelier l'envoie délibérément au désastre, lorsqu'apparaissent au large les navires alliés déployés. En effet, prisonnier des fausses informations du Deuxième Bureau de la Marine, il s'est décidé trop tard à faire sortir ses vaisseaux du port et ceux-ci appareillent en formation concentrée. C'est alors que les capitaines de Vichy mènent courageusement au désastre les navires que la France leur a confiés et se font écraser.
les forces terrestre reçoivent les alliés à coup de canon et vont bloquer leurs 3 débarquements à Casa et Safi. Les hommes d'Eisenhowwer sont des soldats non entrainés et les professionnels de l'armée d'Afrique vont leur causer de grosses pertes pendant 3 jours, et tout celà au profit des Allemands. Noguès fait fuir au Maroc espagnol les membres des commissions d'armistice de l'Axe. Il engage par ailleurs une forte répression contre les milieux gaullistes réels ou supposés, tandis que les auteurs du putsch manqué de Rabat comparaissent devant un tribunal où ils jouent leur tête. N'étant pas sur de vaincre sur le littoral, Noguès propose au Sultan de se replier avec lui dans l'Intérieur, pour y engager des opérations de guérilla contre les alliés. Mais alors le Sultan Mohammed V qui avait toujours suivi ses conseils, refuse cette fois de lu obéir.
Pendant 3 jours des combats incertains vont se dérouler à Casablanca, Fedala et Safi, avec de fortes pertes. Heureusement, le 11 novembre, les généraux français d'Alger, menacés par Clark d'être traités en prisonniers et encerclés par une cinquantaine de marins alliés du lieutenant Marler pointant sur eux leurs mitrailleuses (et qui, rescapés du vaisseau coulé le 7 novembre, sont particulièrement hostiles aux généraux qui font tirer sur leurs camarades), finissent par céder. Alors, tandis que Darlan prend le pouvoir au nom du Marechal "empêché", en invocant l'invasion allemande de la zone sud, le général Juin ordonne enfin le cessez le feu au Maroc.
[modifier]
La résistance réussit son opération a Alger, où ses volontaires sont des civils commandés par des officiers de réserve:
Ceux-ci interdisent toute riposte aux forces de Vichy et entravent leur mobilisation un temps suffisant pour que les alliés
débarquent sans opposition et encerclent la ville. Les rares éléments de l'armée à réagir le font avec retard, et concentrent
toute leur action sur les 400 résistants civils mal armés et sur le commando du port, au lieu de se porter contre les forces
alliées. Les vichystes achèvent de reprendre le controle de la ville à 16 heures,à l'exception du Commissariat central, mais,
lorsque les alliés aprés un bombardement des docks, attaquent avec quelques coups de mortiers, Juin et Darlan décident de se
rendre. Mais ils ne capitulent que pour Alger et refusent d'ordonner le cessez le feu à Oran et au Maroc, malgré les vigoureuses
pressions auxquelles les soumet le général Clark, adjoint d'Eisenhower.
À Oran et au Maroc, il en va autrement: Les conjurés, presque tous officiers d'active eux-mêmes, éprouvent une réticence extrème
à arrêter leurs supérieurs pétainistes, Boisseau et Noguès. Alors, dans les deux cas, au lieu de les arrêter, ils leur demandent,
sans rire, de prendre la tête de la résistance! Dans ces deux cas, évidemment, la conjuration échoue et les vichystes livrent
combat pendant 3 jours aux Alliés. Ils n'arrêtent le combat que lorsque Juin et Darlan, prisonniers à Alger, leur donnent enfin
l'ordre de cessez-le-feu, aprés des pertes importantes dans les deux camps, sans parler des nombreux vaisseaux français et alliés
coulés: Aprés 3 jours de combats à 0ran et au Maroc, la riposte vichyste à l’opération Torch aura causé environ 550 morts dans
les rangs étatsuniens, 300 chez les Britanniques et 700 du coté français.
On ne peut même pas dire que les généraux de Vichy ont appliqué strictement les conventions d'armistice, car, lorsque ce sont les Allemands qui se présentent, comme c'est le cas enn Tunisie,ils leur livrent la Régence sans un coup de feu, se bornant à replier leur armée de terre sur la frontière algérienne. Quant aux amiraux, ils livrent la flotte de Bizerte à l'ennemi sans la saborder. Toutefois à partir du 19 novembre, le général Barré surmonte ses hésitations et se met décide à appliquer les nouveaux ordres d'Alger. L'armée de Tunisie va alors se battre courageusement et barrer la route de l'Algérie aux forces allemandes, avec l'aide des troupes britanniques. Ainsi va t'elle donner le temps aux étatsuniens trés éprouvés par les combats d'Oran et du Maroc, de reformer leurs unités puis de venir à la rescousse..
En résumé c'est grace à la résistance française qu'Alger a été pris le 8 novembre 1942, et c'est grace à cette prise d'Alger où se trouvait le centre nerveux de l'armée d'Afrique que le commandant en chef Juin et l'Amiral Darlan ont pu ensuite étre contraints de cesser le feu à Oran et au Maroc. Il est donc permis de penser que sans l'action des patriotes d'Alger le débarquement aurait pu échouer, non seulement à Alger, mais aussi au Maroc, et que les Allemands au lieu d'occuper seulement la Tunisie, seraient intervenus au Maroc pour soutenir les troupes de Noguès.... Quoiqu'il en soit, les alliés ont donc pris pied sur le sol africain et atteint les objectifs fixés, en Algérie, comme au Maroc: la campagne de Tunisie va pouvoir être lancée contre l’Afrika Korps et l'armée Italienne chassées de Libye par la 8ème armée britannique.
Sur le plan politique, le résultat semble peu brillant, du point de vue de la résistance: Un gouvernement de l'Afrique française est constitué par Darlan,le 12 novembre 1942, sous le nom de "Haut-Commissariat de France en Afrique". Il prend le pouvoir au nom du Maréchal et mobilise les Français d'Afrique du Nord pour "libérer le Maréchal". Giraud se rallie à lui et finit par être commandant de l'armée d'afrique. De plus le Haut-Commissariat maintient toutes les lois d'exception de vichy en vigueur (comme l'exclusion des enfants juifs de l'école) et tous les résistants internés dans les terribles camps de concentration du sud. Sur place, les résistants se sentent floués et réagissent en informant les correspondants de guerre étrangers qui alertent les opinions publiques anglaise et étatsuniene. Churchill se fait interpeller aux Communes tandis que Roosevelt, pris à partie par la presse étatsuniene qui est libre, explique que accords Clark-Darlan ne sont que des "expédients militaires"provisoires. Finalement les tensions générées par la prise de pouvoir de Darlan, déboucheront sur son meurtre à Alger le 24 décembre par le jeune patriote Bonnier de la Chapelle. Darlan avait mis à la disposition des Allemands une base en Syrie et ravitaillé sur leur demande, les forces irakiennes en lutte contre les Anglais avec les stocks d'armes de l'armée du Levant. Les alliés feront alors en sorte que le nouveau haut-commissaire choisi par les autorités vichyste soit Giraud. Celui-ci, loin dadoucir le système Darlan, le refusa pendant plusieurs mois. Ainsi l'empire en guerre était-il désormais partagé entre deux pouvoirs, celui de Darlan-Giraud, à Alger, soutenu par Roosevelt,qui maintenait le régime de Vichy, et le Comité Français de Londres, en apparence plus faible, qui voulait restaurer l'ordre républicain.
Mais la rentrée en guerre de l'Afrique contenait en germe, compte tenu de la nature des régimes dictatoriaux combattus, la nécessité d'y rétablir les institutions démocratiques et l'indépendance de la France. Or le seul champion de ce retour à la démocratie était le général de Gaulle qui avait maintenu ou rétabli les libertés dans tous les territoires ralliés à la France Libre. C'est pourquoi, malgré les effectifs des Forces françaises libres, beaucoup plus réduits que ceux de l'armée de Giraud, et malgré le soutien obstiné de Roosevelt à ce dernier, les vichystes ralliés à Giraud allaient perdre la partie: C'est de Gaulle qui allait remporter la victoire, rétablir l'indépendance et être accueilli par la France en libérateur .
Professeur Yves Maxime Danan, La vie politique à Alger de 1940 à 1944, Paris, L.G.D.J., 1963.
Christine Levisse-Touzet, L'Afrique du Nord dans la guerre, 1939-1945, Paris, Albin Michel, 1998.
Robert Paxton, La France de Vichy, Paris, Le Seuil, 1972.
Jacques Cantier, L'Algérie sous le régime de Vichy, Thèse, Toulouse II, 1999.
Professeur José Aboulker et Christine Levisse-Touzet, 8 novembre 1942 : les armées étatsuniene et anglaise prennent Alger en quinze heures, Paris, « Espoir », n° 133, 1942.
José Aboulker, Nous qui avons arrêté le général Juin, Paris, « La Nef », n° 25, avril 1959.
Général Giraud, Un seul but : la victoire, Alger 1942-1944, Paris, Julliard, 1949.
Général Alphonse Juin, Les mémoires du maréchal Juin, Paris, « Le Figaro », mars 1949.
Daniel Rondeau et Roger Stéphane, Des hommes libres : la France libre par ceux qui l'ont faite, chapitres 18 à 20, Paris, 1997.
A Oran , le chef des résistants, Roger Carcassonne, avait accepté, pour réaliser la neutralisation des points stratégiques, de
se faire « coiffer » par le colonel d'active Tostain. Mal lui en prit. En effet, la veille du débarquement, ce colonel
décida de son propre chef, d'avertir du débarquement son supérieur le général Boisseau, commandant la place, en lui demandant de
prendre le commandement de la résistance. Ce dernier mit immédiatement Tostain aux arrêts et déclencha un dispositif d'alerte
dans son secteur. Mais ne prenant pas vraiment Tostain au sérieux, et s'imaginant qu'on avait simplement voulu
« l'intoxiquer », Boisseau n'avertit pas Alger. De ses arrêts, le colonel Tostain fit alors prévenir les résistants de
sa démarche inconsidérée et de son échec. Si bien que, par la faute de cet officier, Carcassonne, qui ne voulait pas risquer
d'envoyer ses hommes au carnage, dût décommander l'opération.
Il se borna seulement à maintenir certaines interventions de sabotage et de guidage des parachutistes alliés, ainsi que la
protection par son adjoint, l'ingénieur Moyne, des installations portuaires, qu'il fallait conserver intactes pour les alliés.
Ainsi ces installations allaient-elles pouvoir rester utilisables par les étatsuniens aprés la prise de la ville par ces
derniers.
Au Maroc, seuls quelques officiers et controleurs civils avaient été associés à la conspiration par Rigault, collaborateur de
Lemaigre-Dubreuil, qui avait volontairement laissé de coté la seule organisation de gaullistes pourvue d'armes, celle de
Valabrègue.
Le chef des conjurés le général Béthouard, ne dispose que de quelques jours, lorsque la date du débarquement lui est communiquée,
pour préparer son action.
Il se réserve l'arrestation du général Noguès, Résident général, à Rabat avec l'aide du colonel Magnan et de son régiment. ll y
prendra le pouvoir et constituera un cabinet pour le seconder, avec les controleurs civils Gromand et Boniface. Il charge son
adjoint à Casablanca, le général Desrée, d'y accueillir pacifiquement les deux colonnes alliées qui devraient y faire leur
jonction.Il annoncera alors la rentrée en guerre derrière le général Giraud et invitera l'amiral Michelier, à Casablanca, à
accueillir pacifiquement la flotte alliée. Si Michetlier a des doutes, il appellera Alger où Mast et Giraud lui confirmeront les
dires de Béthouard. Alors, Michelier, complètement isolé, ne pourra que s'incliner.
Dans la nuit du 7 au 8 novembre, à 1 heure du matin, aprés avoir fait arrêter par les frères Guillaume, des civils, les
généraux Lascroux et Lahoulle, Béthouard fait encercler la Résidence générale par les hommes du colonel Magnan. C'est alors qu'au
lieu d'arrêter Noguès et de discuter ensuite, comme le préconise Magnan Béthouard commet l'erreur de lui envoyer l'un de ses
officiers pour lui demander de se rallier à la résistance et d'en prendre la tête.
Il attend en vain une réponse pendant plusieurs heures, mais son envoyé ne reviendra pas. Pendant ce temps Noguès ne perd pas de
temps: Il appelle, car Béthouard a omis de lui couper le téléphone, l'amiral Michelier à Casablanca, où celuiu-ci dément les
dires de Béthouard. Selon lui aucun navire étatsunien ne s'annonce au large, donc aucune trace du débarquement massif.
Noguès alors apelle le colonel Leyer et ses chasseurs, ainsi que le colonel de Vernejoul et ses spahis, et leur donne l'ordre de
venir encercler le régiment insurgé qui est sommé de se rendre.
En outre, lorsque Béthouard l'appelle à son tour, Noguès lui répond qu'il est un menteur ou a été abusé par la propagande
étatsuniene.
Béthouard est un homme courageux, mais les étatsuniens auraient dû débarquer depuis plusieurs heures aux endroits prévus. L'effet
de surprise est donc manqué de toutes façons. D'autre part, s'il refuse de se rendre, Béthouard risque de faire couler
inutilement verser le sang français. Il ne songe pas que s'il s'emparait de Noguès, qui constituerait un otage de poids entre ses
mains, tout en faisant proclamer par son adjoint de Casablanca la reprise du combat sous les ordres de Giraud, il pourrait tenter
d'inverser la situation.
Bethouard décide donc de se rendre. Il est immédiatement arrêté et emprisonné avec ses camarades.
Si bien que lorsque, à 7 heures du matin, Casablanca est enfin survolé par des avions étatsuniens qui couvrent la ville de tracts, tandis que la flotte alliée paraît à l'horizon, la flotte et l'armée d'Afrique sont en état d'alerte.
Michelier décide de riposter, mais, comme il a tardé à en donner l'ordre, sa flotte ne put se déployer et affronta les vaisseaux alliés en formation concentrée, alors que ceux-ci, étaient totalement dispersés.
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Le plan d’attaque allié sur Oran se résume en un mouvement en pince entre les étatsuniens débarquant à l’est et l’ouest de la ville.
Comme nous l’avons vu plus haut, l’est d’Oran est l’objectif de la Force Z : ce sont les 16e et 18e régiments de la 1re Division d’Infanterie US, le 1er bataillon de Rangers, la 2e brigade (combat command B) de la 1e division blindée US qui effectuent l’assaut sur le port d’Arzew.
AÀ l’ouest de la ville, la Force Y prend pied sur la plage Les Andalouses avec le 26e régiment de la 1re Division d’Infanterie US sous le commandement du général de brigade (Brigadier General) Theodore Roosevelt qui l’on reverra plus tard sur la plage d'Utah Beach puis à Sainte-Mère-Église lors du débarquement en Normandie.
Enfin, le centre du dispositif, sous la direction du général de division (Major General) Lloyd Fredendall qui avait combattu sous le ordre du général John Pershing, devait prendre Oran par le sud avec la 1ere Division blindée US et s’assurer le contrôle des ports de La Senia et Tafaroui.
L’assaut sur Arzew s’effectue à 00 h 55 : les barges de débarquement déversent leurs troupes qui se rendent rapidement maîtres de lieux en surprenant les troupes françaises en plein sommeil.
Arzew sous contrôle, les Rangers du Lieutenant-colonel Darby s’attaquent alors au Fort du Nord situé sur les hauteurs d’Oran qui menace, de par sa position, la flotte alliée : les Français de Boisseau accueillent les « visiteurs » sous le feu de leurs armes automatiques. La réponse étatsuniene se fera par des tirs de mortiers qui écraseront la défense : le fort sera pris à 3 h 55.
De son coté, la Force Y débarque sans aucune opposition : le général Roosevelt prendra pied sur la plage... à la nage !, après que sa jeep a coulé suite à une mauvaise appréciation de la profondeur de l’eau par les barges de débarquement.
Au centre, la situation est beaucoup moins enviable : l’HMS Walney et HMS Hartland, engagés dans l’Operation Reservist, qui se dirigent sur les ports d’Oran, se retrouvent sous les canons des sous-marins français Ceres et Pallas ainsi qu'aux destroyers Tramontane et Typhon. Le Walney et le Hartland sont détruits et on dénombrera environ 120 morts et une centaine de blessés dans les rangs alliés. Parallèlement, le commandement du port, un forcené, fait saborder une trentaine de vaisseaux français et tente sans succés, grace aux résistants de Moyne, de bloquer l'entrée du port.
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La résistance réussit son opération a Alger, où elle interdit toute riposte au forces de Vichy et entrave leur mobilisation suffisament de temps pour les Alliés débarquent sans opposition et encerclent la ville. Les rares éléments de l'armée à réagir le font avec retard, et concentrent toute leur action sur les 400 résistants civils mal armés, au lieu de se porter contre les étatsuniens.Les vichystes achèvent de reprendre le controle de la ville à 16 heures,mais, lorsque les alliés aprés un bombardement des docks, attaquent avec quelques coups de mortiers, Juin et Darlan décident de se rendre. Mais ils ne capitulent que pour Alger et refusent d'ordonner le cessez le feu à Oran et au Maroc, malgré les vigoureuses pressions auxquelles les soumet le général Clark, adjoint d'Eisenhower. À Oran et au Maroc, il en va autrement: Les conjurés, presque tous officiers d'active,éprouvent une réticence extrème à arrêter leurs supérieurs pétainistes, Boisseau et Noguès. Alors, dans les deux cas, au lieu de les arrêter, ils leur demandent, sans rire, de prendre la tête de la résistance! Dans ces deux cas, évidemment, la conjuration échoue et les vichystes livrent combat pendant 3 jours aux Alliés. Ils n'arrêtent le combat que lorsque Juin et Darlan, prisonniers des étatsuniens à Alger, leur donnent l'ordre de cessez-le-feu, aprés des pertes importantes dans les deux camps, sans parler des nombreux vaisseaux français et alliés coulés: Aprés 3 jours de combats à 0ran et au Maroc, l’opération Torch aura causé environ 550 morts dans les rangs étatsuniens, 300 chez les britanniques et 700 du coté français.
On ne peut dire que les généraux de Vichy ont appliqué strictement les conventions d'armistice, car, lorsque ce sont les Allemands qui se présentent, comme c'est le cas enn Tunisie,ils leur livrent la Régence sans un coup de feu, se bornant à replier leur armée de terre sur la frontière algérienne. Quant aux amiraux ils livrent la flotte de Bizerte à l'ennemi sans la saborder. Toutefois à partir du 19 novembre, le général Barré surmonte ses hésitations et se met enfin sous les ordres d'Alger. L'armée de Tunisie va alors se battre courageusement et barrer la route de l'Algérie aux forces allemandes, avec l'aide de quelques troupes britanniques. Ainsi va t'elle donner le temps aux étatsuniens trés éprouvés par les combats d'Oran et du Maroc, de reformer leurs unités puis de venir à la rescousse..
En résumé c'est grace à la résistance française qu'Alger a été pris le 8 novembre 1942, et c'est grace à cette prise d'Alger où se trouvait le centre nerveux de l'armée d'Afrique que le commandant en chef Juin et l'Amiral Darlan ont pu ensuite étre contraints de cesser le feu à Oran et au Maroc. Il est donc permis de penser que sans l'action des patriotes d'Alger le débarquement aurait pu échouer, non seulement à Alger, mais aussi au Maroc, et que les Allemands au lieu d'occuper seulement la Tunisie seraient intervenus au Maroc pour soutenir les troupes de Noguès.... Quoiqu'il en soit, les alliés ont donc pris pied sur le sol africain atteint les objectifs fixés Montgomery en Algérie, Patton au Maroc, Rommel en Tunisie : la campagne de Tunisie va pouvoir être lancée contre l’Afrika Korps et l'armée Italienne.
Sur le plan politique, le résultat semble peu brillant, du point de vue de la résistance: Un gouvernement de l'Afrique française est constitué par Darlan,le 12 novembre 1942, sous le nom de "Haut-Commissariat de France en Afrique". Il prend le pouvoir au nom du Maréchal et mobilise les Français d'Afrique du Nord pour "libérer le Maréchal". Giraud se rallie à lui et finit par être commandant de l'armée d'afrique. De plus le Haut-Commissariat maintient toutes les lois d'exception de vichy en vigueur (comme l'exclusion des enfants juifs de l'école) et tous les résistants internés dans les terribles camps de concentration du sud. Sur place, les résistants se sentent floués et réagissent en informant les correspondants de guerre étrangers qui alertent les opinions publiques anglaise et étatsuniene. Churchill se fait interpeller aux Communes tandis que Roosevelt, pris à partie par la presse étatsuniene qui est libre, explique que accords Clark-Darlan ne sont que des "expédients militaires"provisoires. Finalement les tensions générées par la prise de pouvoir de Darlan, déboucheront sur son meurtre à Alger le 24 décembre par le jeune patriote Bonnier de la Chapelle. Darlan avait mis à la disposition des Allemands une base en Syrie et ravitaillé sur leur demande, les forces irakiennes en lutte contre les Anglais avec les stocks d'armes de l'armée du Levant. Les alliés feront alors en sorte que le nouveau haut-commissaire choisi par les autorités vichyste soit Giraud. Celui-ci, loin dadoucir le système Darlan, le refusa pendant plusieurs mois. Ainsi l'empire en guerre était-il désormais partagé entre deux pouvoirs, celui de Darlan-Giraud, à Alger, soutenu par Roosevelt,qui maintenait le régime de Vichy, et le Comité Français de Londres, en apparence plus faible, qui voulait restaurer l'ordre républicain.
Mais la rentrée en guerre de l'Afrique contenait en germe, compte tenu de la nature des régimes dictatoriaux combattus, la nécessité d'y rétablir les institutions démocratiques et l'indépendance de la France. Or le seul champion de ce retour à la démocratie était le général de Gaulle qui avait maintenu ou rétabli les libertés dans tous les territoires ralliés à la France Libre. C'est pourquoi, malgré les effectifs des Forces françaises libres, beaucoup plus réduits que ceux de l'armée de Giraud, et malgré le soutien obstiné de Roosevelt à ce dernier, les vichystes ralliés à Giraud allaient perdre la partie: C'est de Gaulle qui allait remporter la victoire, rétablir l'indépendance et être accueilli par la France en libérateur .
Professeur Yves Maxime Danan, La vie politique à Alger de 1940 à 1944, Paris, L.G.D.J., 1963.
Christine Levisse-Touzet, L'Afrique du Nord dans la guerre, 1939-1945, Paris, Albin Michel, 1998.
Robert Paxton, La France de Vichy, Paris, Le Seuil, 1972.
Jacques Cantier, L'Algérie sous le régime de Vichy, Thèse, Toulouse II, 1999.
Professeur José Aboulker et Christine Levisse-Touzet, 8 novembre 1942 : les armées étatsuniene et anglaise prennent Alger en quinze heures, Paris, « Espoir », n° 133, 1942.
José Aboulker, Nous qui avons arrêté le général Juin, Paris, « La Nef », n° 25, avril 1959.
Général Giraud, Un seul but : la victoire, Alger 1942-1944, Paris, Julliard, 1949.
Général Alphonse Juin, Les mémoires du maréchal Juin, Paris, « Le Figaro », mars 1949.
Daniel Rondeau et Roger Stéphane, Des hommes libres : la France libre par ceux qui l'ont faite, chapitres 18 à 20, Paris, 1997.


