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Une langue est dite morte quand il n'existe plus de locuteurs natifs l'utilisant.
De nombreuses langues de l'Antiquité le sont aujourd'hui. On peut citer, par exemple :
Le latin est généralement considéré comme une langue morte, même si c'est la langue officielle du Vatican. Selon un article de Pierre Georges dans sa chronique du « Monde », le latin se serait néanmoins enrichi de 60 000 termes et locutions au cours des deux derniers siècles; son article en donne quelques exemples : Vis atomica pour « puissance nucléaire », res inexplicata volans pour « objet volant non identifié », etc. Une wikipédia existe en latin : Wikipedia, libera encyclopaedia .
Le grec ancien s'estompa d'après Paul Valéry peu après la Première Guerre mondiale; voir un honnête homme lire Thucydide dans le texte n'étonnait personne dans sa jeunesse.
L'hébreu est l'exemple type d'une langue morte qui a été ressuscitée: supplantée durant l'Antiquité par l'araméen, elle fut conservée comme langue liturgique et utilisée dès le XIXe siècle par les mouvements sionistes. C'est aujourd'hui à nouveau une langue vivante utilisée en Israël.
De nos jours, les linguistes considèrent qu'un nombre important de langues sont en cours de transition du statut de langue vivante à celui de langue morte. En effet, de nombreuses cultures (et les langues qui les accompagent ou les portent) sont menacées de disparition devant la réduction du nombre des locuteurs. Le XXIe siècle pourrait ainsi voir disparaître la moitié des langues parlées en l'an 2000, gonflant ainsi rapidement le bataillon des langues mortes. Réciproquement, il existe plus de bretonnants en 2004 qu'en 1954, et des émissions de télévision ont régulièrement lieu en occitan.
Un des enjeux des langues mortes ou de la disparition des langues reste leur conservation qui passe par la restitution (de manière durable) de leur contenu linguistique. Pour les langues dont on ne dispose plus d'aucun locuteur vivant, l'analyse des documents anciens et le travail du linguiste peut permettre de reconstituer en tout ou partie la langue orIginale (par exemple, la reconstitution des langues égyptiennes antiques à partir des hiéroglyphes gravés conservés et des liens entre ces langues et leurs descendantes). Pour les langues en cours de disparition ou pour lesquelles les documents (écrits ou enregistrés) sont encore très nombreux, l'enjeu est souvent de constituer des dictionnaires et des grammaires afin de préserver un corpus aussi large que possible (voir, par exemple, les travaux de préservation de certaines langues amérindiennes ou du sud-est asiatique).
Les langues presque disparues ont parfois joué un rôle dans le cryptage des communications; ainsi des opérateurs navajos communiquaient-ils par radio dans leur langue lors des opérations du Pacifique pendant la Seconde Guerre mondiale, à l'abri de toute interception japonaise.


