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Laurent Gbagbo

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Laurent Koudou Gbagbo (né le 31 mai 1945) est le président de la Côte d'Ivoire depuis 2000.

Originaire de Mama (village de la sous-préfecture de Ouragayo, département de Gagnoa), il est professeur d'histoire à l'Université de Cocody-Abidjan, et plus tard doyen de la faculté des langues et cultures. Il fonde le Front populaire ivoirien en 1982, mais part en exil pour la France en 1985. Il revient en 1988. Son épouse Simone, syndicaliste marxiste, est très proche des milieux évangélistes étatsuniens.

Sommaire

Vie politique

L'opposant au dictateur

Syndicaliste dès les années 70, il fait deux ans de prison pour un enseignement jugé subversif. Il obtient ensuite un poste à l'Institut d'histoire, d'art et d'archéologie africaines (IHAAA), qu'il dirige à partir de 1980. Laurent Gbagbo se révèle lors des manifestations étudiantes du 9 février 1982, dont il est le principal artisan et qui provoquent la fermeture des universités et des grandes écoles. Il fonde le Front populaire ivoirien (FPI). Il doit cependant s'exiler en France, et ne revient en Côte d'Ivoire qu'en 1988.

En 1990, il est le seul candidat face à Félix Houphouët-Boigny aux premières élections présidentielles libres, et remporte 18 % des suffrages. Le FPI obtient 8 sièges aux élections législatives de novembre.

Cependant, Laurent Gbagbo est arrêté le 18 février 1992 après des manifestations étudiantes importantes. Il est condamné le 6 mars à deux ans de prison (libéré en août).

En 1995, il appelle au boycott de l'élection présidentielle, à cause de la réforme du code électoral (8 décembre).

Un homme politique de premier plan

Gbagbo est le seul candidat à se présenter aux premières élections présidentielles libres en 1990 contre l'ancien dirigeant du pays, Félix Houphouët-Boigny, mais obtient seulement 18 % des suffrages. Il se présente aux élections du 22 octobre 2000 contre le dirigeant militaire Robert Guéï. Alors que Guéï proclame sa victoire, une révolte populaire en faveur de Gbagbo (qui affirme avoir gagné avec 59,4 % des suffrages) éclate dans la capitale, Abidjan. Guéï est forcé de partir, et Gbagbo devient président le 26 octobre. Les élections présidentielles de 2000 ont aussi été marquées par l'élimination de candidats (dont Alassane Ouattara) par la Cour suprême, pour nationalité douteuse et faux et usage de faux sur la filiation.

Présidence de la Côte-d'Ivoire

Rébellion du nord

Le 19 septembre 2002, des soldats rebelles tentent de prendre le contrôle des villes d'Abidjan, Bouaké et Korhogo. Ils échouent dans leur tentative de prendre Abijdan, mais sont victorieux dans les deux autres villes, respectivement dans le centre et le nord du pays. La situation tourne rapidement à la guerre civile entre un sud tenu par le gouvernement et le nord tenu par les rebelles, qui s'opposent notamment à la politique « d'ivoirité » des gouvernements successifs.

Accords de Marcoussis

Après plusieurs mois de combats un accord de paix est ratifié à Marcoussis le 26 janvier et la force de paix française (opération Licorne) se déploie pour patrouiller dans une zone de cessez-le-feu. D'après les termes de l'accord, Gbagbo doit rester en fonction (les rebelles ont précédemment exigé sa démission), un nouveau gouvernement de réconciliation doit être formé avec un premier ministre « neutre » suivi du désarmement des rébelles. Ce gouvernement inclue le FPI, l'opposition civile et des représentants des groupes rebelles. De plus, des lois doivent être votées afin de satisfaire aux exigences des rebelles.

En partant de France, il déclare :

« Je n'ai pas gagné la guerre, et c'est pour cela que je dois discuter, faire des compromis. Je m'en vais dire aux Ivoiriens : je n'ai pas gagné la guerre, il faut en tirer les conséquences. »

Revenu en Côte d'Ivoire, il tient compte du ressentiment du peuple et indique que l'accord Marcoussis est "un médicament amer qu'il faut essayer". Des lenteurs apparaissent dans l'application de cet accord suite à des divergences d'interprétation et la situation s'enlise. Les différents protagonistes espèrent que les parrains internationaux feront droit à leurs positions. Mais entre-temps, l'armée ivoirien, autrefois une armée d'opérette, en profite pour recruter des troupes nombreuses, acheter de l'armement lourd et se constituer une aviation.

L'ONU délègue à une force d'interposition (l'Onuci) la responsabilité d'accompagner un apaisement de la situation.

Remises en cause de l'accord

L'accord est dénoncé par les partisans du président qui pensent que trop de concessions sont accordées aux rebelles et que les Français soutiennent les objectifs politiques des rebelles. En novembre 2004, huit lois d'apaisement sur les dix-sept prévues sont effectivement votées.

Dans la première semaine de novembre 2004, Laurent Gbagbo lance une offensive aérienne contre les villes rebelles, Bouaké et Korhogo. En réaction, la France demande le 5 novembre au Conseil de sécurité de l'ONU une extension du mandat de l'ONUCI, afin qu'elle puisse s'interposer militairement aux combats entre forces gouvernementales et rebelles. Le 6 novembre les FANCI pilonnent un cantonnement des forces de l'opération Licorne basé à Bouaké et font 9 morts et 39 blessés dans les rangs de l'armée française. En riposte, celle-ci détruit deux avions de type Sukhoi et les hélicoptères MI-24 soit la totalité de la flotte aérienne ivoirienne. Les drones achetés à Israël sont saisis.

Le 20 novembre, Laurent Gbagbo affirme sur le forum internet du Nouvel-Observateur (suivre ce lien ) que l'armée française a décapité des jeunes ivoiriens lors de la répression des manifestations du week-end du 6 novembre.

Appréciations

Alors que certains États voisins de la Côte d'Ivoire apprécient Laurent Gbagbo (Mauritanie, Guinée), le président du Burkina Faso Blaise Compaoré a déclaré que le problème de la Côte d'Ivoire était lié à la présence de Laurent Gbagbo à la tête de l'État. Il se réclame du socialisme (il fait partie de l'internationale du même nom et il a fallu cette crise pour que le Parti socialiste français décide de rompre publiquement avec lui). Bref, c'est un chef populiste charismatique et manipulateur nationaliste qui ressemble par certains côtés aux fascistes (selon les déclarations de Jacques Chirac du 14 novembre).

Voir aussi




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